IV. — Le phylloxéra
La Section permanente de la Commission supérieure du phylloxéra s'est réunie le 15 juin sous la présidence de M. Dumas. Elle a d'abord approuvé Texécution de traitements administratifs sur 2 hectares 62 ares dans la commune d'AiTosez (Basses-Pyrénées). L'autorisation de la culture des vignes américaines dans les arrondissements de Castelnaudary et de Limoux (Aude) a été accordée. Il a été décidé que des subventions pourraient être accordées à des associations syndicales de viticulteurs, comme il suit : Basses-Alpes, syndicat départemental comptant 29 propriétaires pour traiter 36 hectares par le sulfure de carbone; — Gers^ annexion de 40 propriétaires au syndicat de recherches de Gimont, pour 74 hectares, et de 3 propriétaires pour 21 hectares, à celui de Touget ; — Gard, deux syndicats à Aubard et à Congeuies, comptant ensemble 13 propriétaires pour traiter 13 hectares^ par le sulfure de carbone ; — Raute-Garonne, un syndicat de recherches à Portets-Cugnaux, comptant 1 72 propriétaires pour 571 hectares ; un syndicat à Martres-Boussens, comptant 44 propriétaires pour 249 hectares ;
— Loire, un syndicat de 32 propriétaires à Lézigneux pour traiter 18 hectares par le sulfure de carbone; — Ardeche, quatre syndicats à Privas, Chalençon, Saint-Andiol-de-Bourlène, Vals-les-Bains, comptant 68 propriétaires pour traiter 63 hectares; — Rhône, deux syndicats à Fleurie et à Belmont comptant 1 8 propriétaires pour traiter 78 hec-
tares ; — Ain, deux syndicats à Péronges et à Geyzérieu et Chavarnay, comptant 24 propriétaires pour traiter 18 hectares; — Gironde^ neuf syndicats à Marcillac, Saint-Lonbès, Samt-Sulpice deFabyrens, Saint- Pey de Castets, Ambès^, Tauriac, Saint-Laurent et Moules, Artigues, Léoniau et Cadanjac, comptant 97 propriétaires pour traiter 1 18 liectares par le sulfure de carbone, parle sulfocarbonate ou par la submersion. — M. Balbiani a rendu compte de ses expériences sur le badigeonnage, et il a montré deux pots de vignes traités par le goudron et dont la végétation est florissante ; malheureusement, pendant l'hiver, lorsque le froid sévit, les applications sur les ceps sont difficiles, parce que le goudron se solidifie sous l'action du froid ; il faudrait trouver un moyen de le maintenir liquide.
Nous avons annoncé que le phylloxéra avait été découvert dans le vignoble de la commune de Martigné-Briant, arrondissement de Saumur (Main^î-et-Loire). Cette constatation a vivement ému les agriculteurs de la région ; M. Couanon, délégué régional, a trouvé plusieurs taches rayonnant autour d'une pépinière formée avec des plants de cépages introduits en 1876 d'une contrée phylloxérée; on va demander que ces taches soient soumises à un traitement administratif. Actuellement, des recherches actives sont poursuivies dans tout le vignoble de la vallée du Layon, afin de voir si de nouvelles taches n'y existent pas. Elles ont abouti à la découverte de taches dans la commune de Faveray, arrondissement d'Angers.
La Société d'agriculture de la Gironde vient de publier le procèsverbal des réunions qu'elle a tenues du 9 au 1 1 mars, à Bordeaux, sur la reconstitution des vignobles par les vignes américaines (en vente à la librairie Féret et fils, à Bordeaux; prix, 1 fr.). Cette brochure renferme l'exposé des expériences faites par les viticulteurs les plus distingués de la Gironde, et un excellent rapport sur les instruments de greffe présentés à ces réunions. — Il faut en dire autant de la brochure publiée par la Société d'agriculture de l'Hérault, et qui est consacrée aux réunions publiques des 5, 6 et 7 mars. A la suite du procèsverbal de ces réunioas, principalement consacrées aux vignes américaines, on trouve un rapport intéressant sur les greffoirs présentés au concours organisé par la Société.
M. Louis Jaussan, vice-président du Comice agricole de Béziers, bien connu pour l'énergie avec laquelle il lutte pour sauver ses vignes, vient de publier une note sur la question suivante : Est-il avantageux de défendre par les insecticides les vignes phylioxérées? Sa conclusion est que son propre exemple doit empêcher les viticulteurs du se décourager. « Vous pouvez, dit-il, vous devez vous défendre, votre intérêt bien compris l'exige. Il n'y a pas de victoire sans blessure, mais qu'importe la blessure si la victoire vous reste, si vous augmentez l'héritaii-e de vos enfants. »
Y. — Transport des ouvriers agricoles à prix réduit,
La Compagnie des chemins de fer de l'Ouest vient de prendre une mesure à laquelle on ne saurait trop applaudir, pour faciliter l'exécution des travaux agricoles. M. Delattre, directeur général, a donné avis à M. le président du Comice agricole de Chartres que le Conseil d'administration de sa compagnie avait décidé qu'une réduction de 50 pour 100 en^S" classe (tarif plein à l'aller, gratuit au retour) aurait lieu pour
les ouvriers agricoles se rendant d'une gare quelconque située dans les départements du Finistère, des Côtcs-du-Nord, d'Hle-et-Vilaine, de la Manche, de l'Orne, de la Mayenne, de la Sartlie, et de l'arrondissement de Nogent-le-Rotrou à une gare quelconque du réseau d« l'Ouest, située dans Eure-ot-Loir. Il existe des types de carte de*/ânt servir à l'obtention de cetlc réduction, déterminant exactement les formalités à remplir ; ces caries seront adressées par k Compao;nie de l'Ouest aux maires des localités, sur leur demande préalable indiquant le nombre d'ouvriers agricoles à transporter, ainsi que la gare de départ. Ces dispositions sont entrées en vigueur, à titre d'essai, depuis
le 1 5 mai.
YI. — Coimnerce horticole.
Le Journal officiel annonce que, par décret en date du 23 juin 1883, rendu sur la proposition des ministres de l'agriculture et des finances, le bureau de douane de la Gliapelle-sous-Rougemont (arrondissement de Belfort) est ouvert à l'importation des plantes et produits divers des pépinières, jardins, serres et orangeries, venant de l'Alsace- Lorraine, sous les réserves spécifiées aux articles 2 et 3 du décret du 28 août 1882. Ces réserves sont relatives au mode d'eniballagi^ et aux certificats d'origine constatant que ces produits et plantes proviennent de terrains qui ne contiennent aucun pied de vigne.
D'après les renseignements les plus positifs sur lés résultats des éducations de vers à soie, il paraît certain que la récolte des cocons sera inférieure sous le double rapport de la quantité et de la qualité à celle de 1882, dans toutes les parties de la France oii l'on cultive le mûrier. Les appréciations sont à peu près les mêmes en ce qui concerne les éducations en Espagne; quant à l'Italie, les avis sont meilleurs dans l'ensemble. Sur les premiers marchés des déparlements du Gard, de l'Ardèche et de la Drôme, les prix des cocons ont varié de 3 fr. 50 à 4 fr. 10 par kilog. pour les races indigènes.