L'ALCOOL EN ALLEMAGNE
L'alcool est, ainsi que la bière, une boisson nationale en Allemagne. Les chiffres que nous donnons ne comprennent pas la Bavière, .le Wurtemberg et Bade qui ont gardé leur législation spéciale. Dans le tableau qui suit, nous indiquons le nombre des distilleries, et le revenu net fiscal, y compris les droits de douane et déduction faite des primes d'exportation et des remises pour l'alcool dénaturé.
Prusse
Saxe
Hesse
Mecklembourg
Thuringe
Oldenbourg
Brunswick
Anhalt
Alsace-Lorraine
Les recettes brutes se sont élevées à C4,002,G89 marcs, les bonifications à 17,533,550 marcs. Il reste 46,460,139 marcs auxquels il faut ajouter, pour les droits de douane et de passage, 1 ,9 1 7,872 marcs.
Le Luxembourg qui fait partie de l'Union douanière compte 1,639 distilleries dont 750 industrielles, donnant un revenu fiscal de 119,310 marcs.
L'exportation a fait sortir de l'Allemagne, dans l'année fiscale 1881-1882, à laquelle se rapportent tous ces chiffres, plus d'un million d'hectolitres à 100 degrés de l'alcoomètre de Tralles. Le commerce d'exportation a pris depuis quelques années un développement considérable. Les restitutions du Trésor pour l'alcool exporté et dénaturé ont doublé depuis dix ans. En 1881-1882 l'industrie a utilisé 109 mille hectolitres d'alcool dénaturé.
La Prusse possède de grands établissements. 207 distilleries paient au fisc 21 à 24 mille marcs; 144,24 à 27 mille ; 134, 27 à 30 mille; 315, 30 à 60 mille et 41 au delà de 60 mille marcs. Le grand nombre de distilleries de l' Alsace-Lorraine n'a pas la moindre importance. Le
Distilleries.
Disiilleries industrielles.
Recettes fiscales.
marcs.
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fisc regarde comme distillateur, tout bouilleur de cru, même celui qui ne fait que quelques litres d'eau -de-vie de marc ou de lie.
3,791) disiilleries livrent l'alcool à 80 degrés.
En 1 881 -î 882 on a utilisé dans cette industrie près de 4 millions de quintaux métriques de céréales, et 27 millions de quintaux de pommes de terre.
Le revenu fiscal s'est élevé de 42 millions de marcs en 1 872 à 48 millions et demi en 1881. La charge annuelle par tète d'habitant est de 1 marc 34. Paul Miller.
L'organisation du Concours général agricole de Paris est aujourd'hui achevée. Au moment où ce numéro paraîtra, toutes les parties en seront ouvertes aux visiteurs. On a vu, par les indications que nous avons précédemment publiées, que les déclarations des exposants sont très nombreuses dans toutes les sections ; partout, la partie matérielle de l'exposition a été conduite avec grand soin sous la direction de M. Heuzé, inspecteur général de l'agriculture.
La Section des machines et instruments agricoles a été ouverte le 24 janvier. Elle présente un très grand intérêt ; jamais encore le concours n'avait présenté une aussi brillante collection des engins qui sont misa la disposition des agriculteurs. Tous les constructeurs rivalisent de zèle et d'ardeur pour apporter la plus grande perfection à leur matériel. Signalons immédiatement quelques machines nouvelles ou quelques perfectionnements qu'une première visite nous a permis de constater.
Dans l'exposition de la maison Albaret, de Liancourt (Oise), nous trouvons plusieurs machines que l'on devra étudier avec soin.
C'est d'abord une presse à fourrage^ mue par deux chevaux avec un puissant levier d'une structure particulière pour bien utiliser le travail des animaux ; les balles de fourrage peuvent atteindre 1 50 kilog. A côté, nous remarquons un égrenoir à maïs à grand travail, puis un puissant hache-mats, muni de l'élévateur que nous avons déjà décrit, et qui a obtenu un très grand succès au concours spécial de Sainte- Mcnehould, en 1882. Plusieurs perfectionnements, indiqués par l'espérience, ont été apportés à la construction des rouleaux à vapeur. On doit considérer ces appareils comme agricoles, à cause du rôle important que jouent les chemins dans tous les travaux de l'agriculture. Signalons aussi un nouveau rouleau à traction de chevaux pouvant être également très utile aux cultivateurs. Eufin des améliorations nombreuses de détails ont ; té apportées dans les autres machines agricoles exposées par M. Albaret.
M. A. Pécard, constructeur à Nevers, qui a un dépôt, 05 et 67. rue d'Allemagne, à Paris, expose cette année deux machines nouvelles.
C'est d'abord une nouvelle batteuse dans laquelle le constructeur emploie, pour le nettoyage, une force naturelle aspiratrice, due au mouvement rapide de rotation du batteur. Cet avantage est obtenu sans aucune complication d'organes et sans exiger plus de force motrice, car cette aspiration qui se produit toujours, et qui a été perdue jusqu'ici, a été utilisée et employée avec le plus grand succès. Le battage se fait proprement sans laisser de grains dans les épis et sans
casser les grains du blé. La paille est bien secouée et est entièrement débarrassée de grains. Le blé est rendu bien propre; outre le vannage ordinaire, il subit trois autres nettoyages, lesquels sont produits par l'aspiration de buses latérales. Ces aspirations séparées et successives enlèvent des grains battus toutes les parties légères et tous les otons ou autres parties ayant échappé au premier battage, et les repassent tangentiellement entre le batteur et le contre-batteur où ils subissent un second battage. Le battage parfait, ainsi qu'un nettoyage sans reproche, est assuré avec ce nouveau système. Les batteuses Pécard sont bien connues; elles ont, avant ces modifications, remporté les premiers prix en 1879, au concours régional de Marseille, et en 1880, à Clermonl-Ferrand, et les premiers prix à Nevers, Mantes, Dangé, Nanteuil-le-Haudouin et différentes autres localités; elles ont figuré
Fi g. 13. — ChaiTuc tilbury automatique en travail.
avec honneur aux essais dynamométriques qui ont eu lieu à la ferme de l'institut agronomique, à Vincennes.
M. Pécard expose aussi la nouvelle moissonneuse-lieuse de Hornsby. Cette machine, qui lie à la ficelle, a obtenu les 28 et 29 août 1882, au concours de Bishopton, ouvert par la Société d'agriculture des Highlands et de l'Ecosse, le premier prix, de la valeur de 2,500 francs. La largeur de coupe de cette moissonneuse-lieuse est de 1'".52. La traction a été considérablement réduite, pour que deux chevaux ordinaires puissent la faire fonctionner. Le système Heur est automatique du commencement à la fin. Les céréales coupées tombent sur une toile sans fin qui les conduit à l'élévateur, d'oi^i elles sont déposées sur la table du Heur; elles sont prises par de serreurs qui les mettent en gerbe. La grosseur est réglée avant le travail. Le levier compresseur est mû par la force des serreurs qui pressent la gerbe contre lui ; lorsque la grosseur de la gerbe est atteinte, sans que le conducteur ait à s'en occuper, automatiquement le Heur se met en marche, opère le liage et la gerbe parfaitement liée est projetée sur le sol. Trois différentesgrosseurs de gerbes peuvent être fiiites. Tous les organes de cette machine sont solides et sont construits avec des matières de premier choix; ils sont protégés de toutes parts contre les accidents. La machine
entière est disposée de telle sorte, que le conducteur peut, de son siège, effectuer toutes les manœuvres sans aucun ennui. Les manœuvres de conduite sont les suivantes : 1° faire basculer le tablier, de façon à changer la hauteur de coupe momentanément ou pour éviter un obstacle ; 2" lier la gerbe plus près ou plus loin du bout opposé à l'épi afin de faire un beau liage dans les pailles longues ou courtes ; 3° embrayer ou débrayer la machine; 4" changer la hauteur de coupe; 5" faire varier le rabatteur afin d'opérer un bon travail dans les blés inclinés ou suivant la direction du vent, etc.
M. Pilter, qui se tient à l'affût de tous les progrès, fait fonctionner au Palais de l'Industrie, une laiterie danoise, dont la description sommaire est donnée au compte rendu de la dernière séance de la Société nationale d'agriculture, dans ce numéro (page 154). Le Journal reviendra d'ailleurs sur ces appareils qui doivent être signalés, d'une manière spéciale, à l'attention des agriculteurs.
On pourra étudier aussi la charrue tilbury automatique, importée par M. Rogy, dont nous avons donné la description dans notre dernier numéro. Cette charrue est représentée en travail par la fig. 13. A l'occasion de la description que nous en avons donnée, M. Vermorel, président du Comice agricole de Villefranche (Rhôae), nous adresse la lettre suivante :
Villefranche, le 21 janvier 1883.
« Monsieur, permettez-moi, je vous prie, défaire une petite rectification à votre intéressant article sur la charrue tilbw y.
« Vo'is ne pensez pas, dites-vous, ((u'aucune de ces charrues ait été conservée en Europe. Je suis heuieux de pouvoir vous dire que, dans le Rhône, où je les ai importées, quelques-unes de ces charrues travaillent depuis plusieurs années déjà.
« Cette rectification serait entièrement sans importance, si elle ne me fournissait, en même temps, l'occasion d'affirmer avec vous les excellentes qualités de cette nouvelle charrue qui offre les plus grands avantages pour faire rapidement les labours légers.
« Tous les agriculteurs q û les ont vu fonctionner au Comice de Trévoux, ou aux essais de charrues de Villefranche, ont été étonnés de la rapidité et de la facilité avQC lesquelles elles retournent une bande de 0"'.40 de largeur. — Un des points intéressants aussi, c'est l'aisance avec laquelle le laboureur, du haut de son siège, peut modifier la profondeur du labour, sans descendre de la charrue.
« Un de ces instruments fonctionne, depuis longtemps déjà, pies (ue tous les jours, chez M. Benoît Bernard, à Arnas, qui est enchanté de son travail et de sa solidité. On ne peut reprocher à ces charrues que leur haut prix (300 francs) ; mais je crois que, entre les mains des constructeurs français, les prix de ces charrues s'abaisseront et qu'elles sont appelées à un brillant avenir.
« Agréez, etc., Vermorel,
Président du Comice agricole de Vil'efranche i.
Nous n'ajouterons qu'un mot, c'est que la charrue Weir se distingue, ainsi que nous avons essayé de le faire comprendre, par un mouvement d'encliquetage qui rend le relèvement du soc et du versoir absolument automatique, de sorte que le conducteur n'a aucune dépense de force à (aire; nous avons vu un enfant de douze ans cou duire l'appareil avec entrain, sans aucune peine.
La collection des charrues est nombreuse au concours du Palais de l'Industrie. Signalons, en terminant., les brabants doubles bisocs et les brabants doubles avec fouilleuse, de M. Fondeur, constructeur à Viry (Aisne). Le brubant double bisoc est certainement un instrument d'avenir. Ces excellentes charrues sont d'ailleurs unanimement appréciées par les cultivateurs. Henry Sagmer.
Séance dti 23 janvier 1883. — Présidence de M. Chevreul.
M. Bailly, statuaire, fait hommage d'une réduction de la statue d'Olivier de Serres, récemment érigée à Aubenas, et dont il est l'auteur.
M. Boreau, chef de pratique à Grignon, envoie une note sur la charruedite de l'avenir, qu'il expose auconcours du Palais de l'Industrie.
M. Triana fait iiommage d'une note sur le Quimiuina cuprea, et M. Lescuyer envoie une étude qu'il vient de publier sur la forme et la coloration des oiseaux.
M. Barrai fait une communication sur l'organisation d'une laiterie d'après le nouveau système danois, à la ferme exploitée par M. Baquet, àVesly, près de Gisors (Eure). Lelait est écrémé avec l'écrémeuse centrifuge de Laval ; la crème est barattée après vingt-quatre heures, avec la baratte danoise verticale, à palettes ; lebeurr3est misa égoutter dans une auge en bois, oia il est pétri avec des spatules en bois cannelées, pour former des boules, qui sont enfm soumises à l'action d'un malaxeur rotatif, qui en fait sortir tout le petit-lait. Suppression du lavage du beurre à l'eau et de tout pétrissage à la main, tels sont les points saillants de cette méthode de fabrication. Le lait écrémé est mis en présure et sert à faire du fromage façon Mont-d'Or ; quant au petitlait, il est donné aux porcs. M. Baquet traite chaque jour en moyenne 800 litres de lait provenant en partie de sa vacherie, et en partie des fermes voisines. Il fabrique du beurre qui obtient, à la vente à la halle de Paris, un prix notablement supérieur à celui de tous les beurres du pays. Avec ce système de fabrication, la laiterie est simple, facile à surveiller et à nettoyer; surtout on obtient un beurre de qualité excellente, en épuisant complètement le lait de la crème qu'il renferme. La laiterie de Vesly a été installée par M. Pilter, qui a importé en France les ustensiles de la laiterie danoise. L'écrémage parla force centrifuge remplace aujourd'hui, en Danemark, l'écrémage parle système Sch >Yarz qui y avait été généralement adopté.
M F. Raoul-buval demande à la Société de revenir sur la question de Timpôt sur le sucre, soulevée;' il y a quelques mois, par M. Jacquemart. Renvoi à la Commission spéciale.
M. Henry Mares présente quelques observations sur une variété du cépage américain, le Rupcslris^ qu'il cultive depuis quatre ans. Comme le llupestris sauvage, cette variété se montre réfractaire aux attaques du phylloxéra; mais elle donne des raisins plus gros et plus sucrés. M. Mares pense qu'elle pourrait être encope améliorée à cet égard, au moyen de l hybridation. — M, Gaston Bazille fait remarquer que les Rupestris sauvages sont principalement recherchés au point de vue de la greffe des vignes françaises, et que toutes les vari'étés donnent pleine satisfaction. Henry Sagnier.
REVUE CO^IMERCIALE ET PRIX COURINT DES DENRÉES AGRICOLES