‹ Journal de l'agriculture (volume 3)Chapitre 140 sur 691 · XI. — Questions viticoles · texte numérisé non relu

XI. — Questions viticoles

Un viticulteur bien connu, M. G. Couderc, vient de présenter à l'Académie des sciences une note sur l'oïdium européen et l'oïdium américain , qui tend à montrer l'identification de ces deux maladies de la vigne. Cette identification a été pressentie par de Bary, dont l'hypothèse a été reprise en 1887 par M. P. Viala, qui constata en Amérique l'entière similitude des caractères extérieurs des maladies causées en Europe par YErysiphe Tuckeri, et en Amérique par V Uncinulaspiralis. La découverte faite, par M. Couderc, en novembre 1 892, des périthèces de VEry^iphe Tuckeri établit définitivement cette identité. Il décrit ainsi ses observations :

en

fiques de V Uncinula spiralis ; même coloration, même forme, mêmes dimensions des périthèces, des asques et des sporidies, poils ou fulcres en tout point semblables. De ce fait, on doit conclure à l'identité de YErysiphe Tuckeri et de V Uncinula spiralis. Cependant, vu la similitude des organes végétatifs et des conidiophores des deux oïdium supposés différents, on pourrait objecter l'introduction accidentelle dans celte serre de l'oïdium américain. Pour savoir si cette hypothèse devait être écartée, j'ai fait des recherches qui m'ont amené à découvrir, en des lieux fort éloignés et en plein air, des périthèces d'oïdium, peu nomr breux, il est vrai, et souvent arrêtés à divers états de développement, mais identiques aux précédentes par tous leurs caractères spécifiques. On les trouve sur des portions de pampres ayant végété tard et abrités contre des murs ou par des arbres. J'en ai constaté d'abord autour d'Aubenas, puis à Montéiimar et à Valence (Drôme); enfin à Rueil (près Paris) dans les anciens jardins du parc de la Malmaison et chez M. Ferdet, entrepreneur.

« Les points rares et limités des sarments couverts de taches d'oïdium, où l'on trouve des périthèces, se distinguent par leur aspect blanc, grossièrement farineux ou laineux, aspect dû à la condensation du mycélium concomitant de la formation des périthèces. »

Ainsi que M, Couderc l'ajoute avec raison, la certitude relative à l'identité des deux maladies ne présente pas seulement de l'intérêt au point de vue systématique, mais aussi au point de vue viticole ; en effet, les deux maladies n'en faisant qu'une, on n'a pas à redouter, de ce côté, l'importation d'une maladie nouvelle dans les vignobles français.

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