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XII. — La représentation de l'agriculture en Tunisie

On sait, d'après les renseignements que nous avons donnés {Journal du 9 avril 1892, p. 675), qu'une Chambre consultative d'agriculture a été créée en Tunisie. D'après le décret d'organisation, en date du 19 mars, cette Chambre a été élu par un collège électoral, composé comme il suit :

« 1° Les agriculteurs français établis en Tunisie depuis six mois au moins, et

dont la profession, unique ou principale, est d'exploiter un fonds rural comme propriétaires, usufruitiers, usagers régisseurs, locataires, fermiers, colons ou métayers; les contre-maîtres, maîtres de chai et chefs de culture, attachés depuis un an au moins à une exploitation agricole.

« 2° Les arboriculteurs, horticulteurs, pépiniéristes, jardiniers et maraîchers français qui, depuis six mois au moins, exercent par eux-mêmes leur industrie en Tunisie.

« 3° Les propriétaires, usufruitiers ou usagers d'un fonds rural ou de propriétés forestières qui, depuis six mois au moins, possèdent lesdites exploitations, qu'ils soient ou non résidents en Tunisie.

« Les électeurs doivent être âgés de vingt-cinq ans au moins, et posséder leurs droits civils et politiques.

ce Les électeurs possédant le droit électoral dans plusieurs circonscriptions ne peuvent exercer ce droit que dans une seule. »

Les élections de la Chambre consultative ont eu lieu le 5 juin ; ont été élus MM. Castel, Dumont, Gilliard, Guignard, Lefebvre, le vicomte de l'Espinasse-Langeac, Prouvost, lliban, Robert, Terras, Trouillet et Vassel. — Dans sa première session, la Chambre a constitué son bureau, savoir : président, M. Terras; vice-président, M. le vicomte de l'Espinasse-Langeac; secrétaire -général, M. Dumont; trésorier, M. Riban; elle s'est adjoint M. Guinand comme secrétaire-archiviste.

La Chambre d'agriculture a tenu sa deuxième session au mois de novembre. L'exposé de ses travaux, que nous avons sous les yeux, montre qu'elle y a étudié avec attention quelques-uns des principaux problèmes qui sont à résoudre pour assurer la prospérité de l'agriculture tunisienne; elle rendra certainement des services considérables à celle-ci. C'est un exemple de ce que pourra donner la représentation de l'agriculture, lorsqu'elle aura été enfin organisée en France. XIIL- — Les syndicats agricoles.

A l'occasion de la note parue dans la chronique du 28 janvier (page 126), M. Sainte-Claire Deville, directeur de l'Office général des agriculteurs, nous adresse la lettre suivante que l'impartialité nous fait un devoir de publier :

« Monsieur, le numéro du 28 janvier de votre estimable Journal contient quelques lignes relatives aux changements qui viennent de s'opérer dans le personnel du Syndicat des agriculteurs de France, et notamment celte phrase :

c. On nous annonce que son Conseil d'administration vient de renouveler une « partie de son personnel pour opérer des modifications nécessaires et répondre « aux exigences de son service et aux vœux de ses adhérents. «

« Permettez-moi de prolester contre l'inexactitude de cette note, car j'ai le devoir de défendre mes anciens employés techniques, qui ont contribué plus que tous autres à la prospérité du Syndical central.

a Non, ce n'est pas pour répondre aux vœux de ses adhérents que l'administration du Syndicat central a renouvelé une partie de son personnel, c'est parce que ce personnel démissionnaire- n'a pas voulu rester. Si les plus capables de mes anciens collaborateurs du Syndicat central m'ont suivi dans ma retraite, et s'ils ont cru devoir sacrifier une position assurée, il faut leur rendre hommage et non pas les dénigrer en insinuant qu'ils n'étaient pas à la hauteur de leur mission.

« Si le Syndicat central a été créé, s'il a prospéré pendant six ans, s'il a amassé près de cent quarante mille francs, il le doit en grande partie au travail, à l'intelligence, au savoir et au dévouement du personnel démissionnaire qui vient de le laisser à l'apogée de sa prospérité.

« Le chef qui le lendemain de la victoire ne reconnaît plus ses soldats, mérite qu'on lui rappelle que la Roche-Tarpéiennc n'est pas loin du Gapilole. Je ne veux pas encourir ce reproclie, et je tiens à rendre un hommage public à ceux qui ont été à la peine sans être aux honneurs, à ceux sur qui je reporte tout le mérite de

l'œuvre que j'ai créée et dirigée pendant près de sept ans. C'est à eux que je dois plus de mille témoignages de sympathie reçus depuis mon départ du Syndicat central, et je leur en exprime toute ma reconnaissance.

ce Veuillez agréer, etc. E. Sainte-Glaire Deville.

Nous recevons, d'autre part, la note suivante sur l'assemblée générale du Syndicat central :

« L'assemblée générale du Syndicat central des agriculteurs de France a eu lieu hier, à 9 heures du matin, dans l'un des salons de l'hôtel Continental.

« La séance a été présidée par M. Welche, qui a fait, au nom de la Chambre syndicale, un rapport sur les opérations du Syndicat central, entré aujourd'hui dans la septième année de son existence. Le chitïVe des affaires s'acccroît chaque année, ainsi que le nombre des adhérents, et les relations avec les syndicats départementaux fort nombreuses et très suivies vont se développer encore et se resserrer par suite de la coalition des marchands d'engrais groupés par les soins d'une jDuissante compagnie pour ramener les très hauts prix et pour assurer une sorte de monopole aux participants. Cette manœuvre sera déjouée par l'esprit d'entente des syndicats et leur ferme résolution de créer des unions régionales centralisées par l'Union des Syndicats, transportée aujourd'hui, 8, rue d'Athènes, et opposant à la coalition la forte centralisation de leurs commandes par le Syndicat central qui défendra énergiquement leurs intérêts, — Les services techniques du Syndicat central ont été heureusement réorganisés et présentent désormais la compétence la plus sûre jointe à l'esprit le plus conciliant : les efforts de la nouvelle direction montreront la puissance de l'esprit syndical sincèrement appliqué et rendant plus intimes et plus confiants les rapports des associés. Les comptes de l'exercice écoulé et le budget de la prochaine année ont été approuvés à l'unanimité par l'assemblée. »

jNous ne pouvons que constater les dissensions qui ressortent tant de cette note que de la lettre précédente de M. Sainte-Claire Deville, Les agriculteurs et les syndicats qui sont en relations d'affaires avec les deux offices qui existent actuellement sont désormais éclairés; c'est à ce point que notre rôle doit se borner. Nous n'aurons donc plus à y revenir. Heivry Sagnier.

Séance du 8 février 1893. — • Présidence de M. Tisserand.

M. Mlintz présente, de la part de M. Grandeau, le tome I de son ouvrage sur l'Alimentation de l'homme et des animaux domestiques. Ce volume qui tait partie de la Bibliothèque de l'enseignement agricole est consacré à la nutrition animale.

M. le Ministre de l'agriculture transmet ampliation des arrêtés approuvant les élections de MM. Léouzon et Guilloteaux comme correspondants nationaux.

M. Chambrelent fait une importante communication sur l'exportation des forêts des Lande^ et en même temps sur les incendies qui ravagent ces forêts, M. Chambrelent conclut en demandant que la loi sur les incendies, en ce qui concerne les forêts des Maures et del'Esterel, soit appliquée aux forêts des Landes.

M. Le MoLilt, président du syndicat de Gorron, présente une note sur le hanneton. Il appelle l'attention des cultivateurs sur la nécessité de préparer la lutte contre le fléau dans les départements de l'ouest. C'est, en effet, au printemps prochain qu'aura lieu, pour ces départements, la grande invasion des hannetons.

M.Emile Mer fait une communication sur les conditions que doivent

remplir les éclaircies en sylviculture pour être efficaces. Il faut^faire les éclaircies de bonne heure et les répéter fréquemment. — Une longue discussion s'engage sur cette question et sur le rôle des éclaircies dans le développement des arbres. Accessoirement, la Société traite la question de l'exportation des feuilles mortes des bois. MM. Bouquet de la Grye, Risler, Cornu échangent leurs vues. Le premier n'est pas partisan de l'exportation ; le second, au contraire, prétend qu'il importe de tirer le meilleur parti possible du sol.

M. Prillieux présente, de la part de M. Lavergne, une brochure intitulée : Contribution à r histoire des Orobanches , et spécialement celle qui attaque le tabac. Georges Mârsais.

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