‹ Journal de l'agriculture (volume 3)Chapitre 17 sur 691 · LE SARRASIN COMME ENGRAIS VERT · texte numérisé non relu

LE SARRASIN COMME ENGRAIS VERT

dans l'atmosphère. Ces plantes consomment l'azote du sol et des engrais, et vivent aux dépens du stock d'azote de la ferme. Nous les nommerons en conséquence plantes consommatrices d'azote », par opposition avec « toutes les papillonacées... qui concourent à V accroissement » du stock d'azote de la ferme.

Si l'on tient pour exacte l'indication de l'auteur de la Notice sur le sarrasin, on comprendra cette plante dans la liste de celles dont la culture dérobée et l'enfouissement en vert préparent utilement les récoltes de céréales consommatrices d'azote ;

Si nous en croyons le directeur de la Station de Darmstadt, nous nous garderons au contraire, comme d'une erreur grave, de recourir au sarrasin comme engrais vert, en tant que plante « accumulatrice d'azote. »

Où est la vérité? Il serait utile à beaucoup, je crois, d'être fixé à cet égard.

Veuillez agréer, etc. V. Burtin.

Le passage de l'étude de M. Garnier que nous avons publiée auquel notre correspondant fait allusion, ne nous paraît pas reposer sur une expérience directe ; on ne doit pas, à notre avis, considérer le sarrasin comme une plante améliorante au même titre que les Légumineuses.

Ce ne serait pas cependant un motif pour en condammer l'usage comme engrais vert. Si l'on doit préférer les Légumineuses à raison de leur aptitude à accroître le stock du sol en azote, les autres plantes à végétation rapide, comme le sarrasin, le colza, la moutarde, etc., peuvent rendre des services pour empêcher la déperdition d'azote que la nitrification provoque sur le sol nu, ainsi qu'il résulte des recherches de M. Dehérain sur ce sujet, que nous avons fait connaître précédemment. H. S.

Séance du 4 janvier 1893. — Présidence de M. Tisserand.

M. Renou communique le résumé des observations météorologiques faites au parc de Saint-Maur pendant le mois de décembre 1892. Ce compte rendu est publié in extenso dans le Journal.

MM. Foëx et Ilouvière remercient la Société de leur nomination en qualité de correspondants.

La correspondance imprimée comprend les ouvrages suivants : Le Cultivateur vétérinaire, par C. Coutier; La Bière, par M. Lindet; Notions de chimie agricole, par M. Schlœsing; Traité général de la vigne et des vins, par Emile Viard.

La Société félicite M. Trasbot, le sympathique directeur de l'Ecole vétérinaire d'Alfort, de sa promotion au grade d'officier de la Légion d'honneur.

M. André entretient la Société de la fructification d'arbres plus ou moins rares dans la région méditerranéenne. Tout le monde sait que le'Phœnix dactylifera ne mûrit pas sur la côte de la Méditerranée; fécondé par le Phœnix canariensis, il a donné naissance à des fruits embryonnés. Il en a été de même d'un croisement entre le Phœnix canariensis et le Phœnix senegalensis.

Parmi d'autres plantes, le cocotier du Chili {Jubœa spectabilis) a fructifié à Lisbonne ; le cocotier austral {Cocos aiistralis depressa) a fructifié sur les bords du littoral méditerranéen. A la villa Thuret, on a îaithuctiiîer \e Cycas revoluta, le Madrona (Arbutus menziezii) qui atteint '^0 mètres de hauteur; c'est un arbousier spécial.

La vigne du cap(FùiS capensis), à feuilles persistantes, a fructifié au golfe Juan; le fruit a une pulpe d'un rouge 1res foncé. Enfin, on a fait fructifier le noisetier d'Australie {Macadamia terni folia).

M. Chabot-Karlen entretient la Société de la production des huîtres àMarennes. — Le Journal publiera cette communication.

M. Chauveau présente, de la part de M. Neumann, une note sur une nouvelle maladie cryptogamique du blé. Cette maladie est due à un champignon non encore signalé et auquel M. Neumann a donné le nom de Mystrosporiiim abradens. La maladie a son siège principal aux feuilles et aux nœuds qu'elle attaque par la périphérie,

M. Cornu présente lefruit du Papayer, ou melon en arbre. La chair est d'une couleur orangée. Les graines noires sont attachées sur la chair. Le suc de l'arbre a les mêmes propriétés que la pepsine, c'est la papaïne.

11 est ensuite procédé à l'élection de la Commission des fonds pour l'année 1893. Sont réélus, MM. Muret, Bouquet de la Grye et Mascart.

La Société procède à l'élection d'un correspondant étranger dans la section de grande culture. M. Bieler, de Lausanne, est élu par 33 voix contre 4 données à M. Fischer, de Luxembourg.

Georges Marsais.

REVUE GOMxMERGIALE ET PRIX-COURANT DES DENRÉES AGRICOLES

(7 JANVIER 1893) I. — Situation générale.

La huitaine a été très calme comme transactions, et a amené peu de changements dans les cours de toutes les denrées. Les alcools elles sucres ont été assez bien tenus à la reprise des affaires. La viande de bonne qualité s'est un peu mieux vendue.

Page 1