V. — La fièvre aphteuse
Nous avons dit que l(3s précautions les plus minutieuses ont été prises au concours général de Paris contre l'explosion de la fièvre aphteuse dans l'enceinte du Palais; ces précaulions, dont la bonne exécution nous a été garantie par un certain nombre d'exposants de bétail, avaient paru être efficaces. C'est donc avec un réel étonnement que nous avons reçu la lettre suivante ;
« Je viens vous signaler un fait absolument déplorable, pour les intérêts agricoles, c'est celui de l'importation chez nous, de la fièvre aphteuse, dite vulgairement cocote, par des animauîi qui ont figuré au concours do Paris.
ce Dans ces derniers temps le Ministère de l'agriculture d'un côté, et les grandes
Sociétés, comme celle des Agriculteurs de France d'un autre, se sont livrés à
des études aussi minutieuses que savantes, pour étudier les moyens d'arrêter la
)ropagation de la cocote. (Jr, voici qu'au concours de Paris, au centre de toutes
es lumières, sous l'œil vigilant du Ministre de l'agriculture, eu présence de
toutes les sommités de l'art vétérinaire, la cocote se déclare, se propage- pendant plusieurs jours, sans qu'aucun des intéressés soit averti, et sans qu'aucune des mesures prescrites pour empêcher le transport des animaux contanainés soit prise.
« Victime moi-même de l'importation de la cocote dans mon exploitation, par un animal sorti du concours de Paris, je tiens à signaler ce fait, e-t à dire qu'il est accompagné de bien d'autres semblables, pour que les autorités com-
f)étentes se rendent compte de la faute qui a été- commise, quand on a gardé e silence sur l'invasion de la cocote, au lieu de la signaler publiquement et de prendre toutes les mesures que comportait cette fâcheuse situation. « Veuillez agréer, etc. Marquis de iPoncins,
Membre de la Société nationale d'agi'icaUure de Franoe, Président de la 2" section de la' Soeiété des- agriculteurs de France, Président du Comice et du Syndicat agricole de Feurs (Loire).
Le fait signalé par M. de Poncins est extrêmement regrettable^ Toutefois, rien ne paraît démontrer que le taureau dont il parle n'ait pas contracté le germe de la maladie en cours de route. Jusqu'au dernier jour du concours, le service vétérinaire a déclaré queFétat sanitaire du bétail était excellent, et nous ne voyons pas poiar qud motif il eûl dissimulé la vérité, s'il en avait été autrement.