‹ Journal de l'agriculture (volume 3)Chapitre 191 sur 691 · IV. — Le bétail à V Exposition universelle de Chicago · texte numérisé non relu

IV. — Le bétail à V Exposition universelle de Chicago

Dans \q Journal du 14 octobre 1891 (p. 722), nous avons donné le premier programme établi en Amérique pour les concours temporaires de bétail vivant à l'Exposition universelle de Chicago. Après avoir indiqué l'insuffisance de ce programme, nous disions : « On est en droit d'attendre du Ministère de l'agriculture qu'il fasse réformer le programme de l'Exposition de Chicago dans un sens plus libéral pour les races françaises. :» Le programme définitif, qui aparu récemment, porte bien quelques rectifications utiles, en même temps que les dates des concours ont été changées. Ceux-ci auront lieu : pour les race^ bovines^ les chevaux, ânes et mulets, du 21 août au 21 septembre ; pour les races ovines et porcines ^ du 25 septembre au 14 octobre; pour les animaux de basse-cour et le bétail gras, du 16 au 28 octobre. Mais le programme est accompagné de règlements tels qu'il serait absolument illusoire de songer à envoyer des animaux des races bovines, ovines ou porcines à l'Exposition de Chicago; en effet, ceux des races bovines seraient astreints à une quarantaine de 90 jours, ceux des races ovines ou porcines à une quarantaine de 15 jours. Si cette mesure est maintenue, elle constitue un véritable ostracisme ; elle soulève de vives protestations en Angleterre comme en France. Le Comité français de l'exposition du bétail vivant à Chicago (comité n" 10) a pris, sur ce sujet, une délibération dont voici le texte :

« Le Comité n" 10, après avoir pris connaissance des règlements établis par les départements du Trésor et de l'Agriculture du gouvernement américain, réglenienls çjui rendent illusoire l'invitation faite aux éleveurs français, par l'administration de l'Exposition colombienne, de prendre part aux concours de bétail qu'elle a institués, prie le commissaire général du Gouvernement français de transmettre à l'administration américaine les observations suivantes :

« 1° L'obligation pour les bêtes appartenant à l'espèce bovine, de subir une quarantaine de 90 jours à leur arrivée dans un port de l'Union, dans le but de prévenir tout danger d'importation d'une maladie contagieuse, rendant impossible l'envoi d'animaux à l'Exposition colombienne, en raison aussi bien des frais considérables que l'application de cette mesure entraînerait que des chances d'accidents, de dépérissement et de contamination provenant de source étrangère, auxquelles ils seraient soumis pendant un séjour aussi prolongé dans un lazaret, où ils ne trouveront certainement pas les conditions d'hygiène qu'exige leur bon entretien :

« Le Comité demande que la durée de la quarantaine soit limitée à huit jours à partir du jour du débarquement, le Grouvernement français, de par l'organisation du service sanitaire. sur son territoire, pouvant s'engager à certifier que depuis un an aucune maladie à longue incubation (péripneumonie contagieuse) n'a régné dans la commune d'oii proviennent les animaux, que les dits animaux seront transportés dans des véhicules, wagons et navires préalablement désinfectés, que l'exécution de ces prescriptions sera surveillée, par le vétérinaire, chef du service sanitaire du département, ou tout autre agréé par le Ministre des Etats-Unis en France.

« 2° Les règlements du département du Trésor, prescrivant que les reproducteurs ne pourront être admis en franchise qu'à la condition que l'importateur de ces animaux fournira un .certificat établissant : a, leur inscription au herd-book de leur race; 6, que leur père et leur mère sont également inscrits au dit herdbook ; c, que dans les quatre générations qui précèdent celle de la mère, les mâles figuraient sur ce livre généalogique ;

« Le Comité demande, étant donné que dans l'espèce l'établissement de herdbooks pour les races bovines françaises, à l'exception de la race de Shorthorn, ne date que de 1884 pour les plus anciens, que les reproducteurs qui auront figuré à l'Exposition colombienne et dont le Comité officiel français du bétail vivant aura certifié la pureté d'origine soient admis en franchise, non seulement à l'Exposition, mais encore à la clôture de celle-ci, dans un point quelconque de l'Union.

« 3° Le Comité demande, en s'appuyant sur les mêmes considérations que celles qu'il vient de faire valoir pour l'espèce bovine et en prenant du reste les mêmes engagements :

« a. Que les animaux de l'espèce ovine ne soient astreints qu'à une quarantaine de huit jours.

« h. Qu'il ne soit exigé aucun certificat d'inscription dans un flock-book^ les livres généalogiques spéciaux aux bêles à laine n'existant officiellement en France que pour les animaux de la bergerie nationale de Rambouillet. »

Celte réclamation si légitime sera-t-elle accueillie? Nous n'osons pas l'espérer; en tous cas, le Commissariat français de l'Exposition ne néglige aucun effort pour arriver à un bon résultat. Si ces efforts n'aboutissent pas, ce sont seulement les chevaux et les mulets ou les animaux de basse-cour qui pourront témoigner, à Chicago, delà valeur de notre élevage. A cette occasion, nous rappellerons que le vœu émis par la Société d'agriculhire du Pas-de-Calais, sur la proposition de M. Moleux, relativement à la création d'une classe spéciale pour les chevaux de race boulonnaise, paraît devoir aboutir ; d'après les renseignements donnés par le Ministre de l'agriculture, cette classe spéciale sera créée si le nombre des chevaux boulonnais exposés s'élève à dix ou douze, nombre jugé suffisant par l'administration américaine.

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