SOCIÉTÉ D'ENCOURAGEMENT A L'AGRICULTURE
chercher à en établir ici une classification, on suivra l'ordre des discussions.
La première question étudiée a été celle des ferments des vins ; M. Kayser, chef des travaux chimiques à l'Institut agronomique, a exposé les résultats acquis, et qui se résument ainsi : c'est que l'emploi judicieux de levures sélectionnées peut contribuer à améliorer le goût du vin et en faciliter la clarilication et la conservation. Des échantillons de vins que M. Hardon présente avec quelques explications à l'appui, confirment ces conclusions.
M. Larvaron a fait une communication sur la greffe de la vigne dans la mousse et sur les résultats qu'on en obtient.
Après un rapport de M. Georges Groux sur le crédit agricole et une discussion à laquelle ont pris part MM. Quintaa, Guénin, Dutet, Ghazal, etc., l'Assemblée a émis le vœu suivant :
« Qu'il importe de faire aboutir le plus promptement possible l'organisation du Crédit agricole, et que cette organisation comporte divers éléments : 1" le principe du Crédit fondé sur les syndicats; 2" la création d'une Société de Crédit agricole et populaire sous le contrôle de l'Etat; 3" la constitution de l'assurance agricole; 4" l'établissement de stocks et élévateurs destinés aux produits de l'agriculture;
« Qu'en conséquence, il est indispensable que le Parlement vote, dans le plus bref délai, les propositions qui lui sont soumises sur ces quatre questions, et, qu'en attendant ce vote, il modifie les articles du Gode civil se rapportant au privilège du propriétaire et au gage sur nantissement, sans déplacement du gage. »
Convient-il de provoquer la création d'une série de taureaux approuvés^ comme il existe des étalons approuvés? Une discussion sur ce sujet entre MM. de Lagorse, Rossignol, Pousset, Laroche, Carré, se termine par la résolution suivante : ce La Société, considérant la nécessité d'améliorer nos diverses races bovines françaises, reconnue par l'organisation des herd-books et la création des concours spéciaux, émet le vœu que des taureaux approuvés avec subvention soient désignés par des Commissions techniques pour être mis à la disposition des cultivateurs aux conditions fixées par les dites Commissions, avec obligation de délivrance de cartes de saillies. »
M. AudiflVed propose le vœu suivant, qui est adopté : « que l'Etat prenne en main la police sanitaire an bétail à l'intérieur comme à la frontière. »
M. Heuzé présente une étude intéressante sur les pâturages temporaires. En voici les conclusions : « Les prairies temporaires destinées à remplacer les pâtis appartenant à la culture pastorale mixte, ne peuvent pas avoir une durée de plus de trois années au maximum, parce qu'elles commencent à la fin de la seconde année à ne plus être aussi productives. Dans les circonstances ordinaires, leur première production herbacée est consommée sur place par les bêtes bovines. C'est seulement quand elles ont dix- huit mois d'existence, qu'on les livre au parcours des bêtes à laine. Ces prairies ou pâturages temporaires résultent, comme je l'ai dit, de graines de légumineuses et de graminées, projetées au mois de mars ou d'avril sur les champs occupés par une céréale d'hiver ou de printemps. 11 est très utile de ne pas les faire pâturer durant l'automne qui suit les semis, afin que les plantes qui y ont pris naissance puissent acquérir toute la vitalité voulue et qu'elles fournissent, au printemps suivant, une bonne production herbacée. Chaque année, quelle que soit la durée de l'assolement, l'exploitation doit ensemencer une sole en prairie temporaire et défricher la sole engazonnée qui est la plus ancienne et la moins productive. Il est sous-entendu que la substitution du. pdlu- , rage artificiel au pâtis ou pâturage naturel^ ne modifie en rien les surfaces occupées annuellement par les céréales et les plantes fourragères que les exploitants sont dans l'habitude de cultiver. »
M. Rozeray a présenté le résultat de ses observations sur la fabrication du cidre par diffusion. Cette méthode, sauf quelques applications dans de grandes cidreries, n'a pas reçu jusqu'ici un grand développeraentr
M. Grandeau a présenté un aperçu sur le développement de l'emp/oic/es entrais en France; il préconise surtout l'usage des engrais phosphatés riches; malheureusement un grand nombre de cultivateurs montrent des tendances tout à fait difiérentes. A cette occasion, M. Couteaux a rappelé, en la déplorant, l'exportation des phosphates français dans les pays étrangers.
A l'occasion de V exposition de Cliicago^ la Société a émis le vœu, sur la propo-
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sition de M. de Lagorse, que la quarantaine de quatre-vingt-dix jours, imposée aux animaux des races bovines, fût levée, et que des démarches fussent faites dans ce sens auprès du Gouvernement des Etats-Unis; et sur la proposition de M. Moleux, que les races chevalines françaises figurassent à cette exposition sous leur nom d'origine : percheronne, boulonnaise, etc. P. Florent.