‹ Journal de l'agriculture (volume 3)Chapitre 215 sur 691 · V. — La fièvre aphteuse · texte numérisé non relu

V. — La fièvre aphteuse

A l'occasion du passage de notre dernière chronique consacré à' la contamination de la fièvre aphteuse, du bétail exposé au concours de Paris (p. 285), nous avons reçu la lettre suivante de M. Thierry, vétérinaire et directeur de l'Ecole pratique d agriculture de La Brosse (Yonne) :

« Monsieur le directeur, dans le numéro du 25 février de votre Journal vous reproduisez les doléances de M. le marquis de Poncins, dont la cocotte a envahi les étables. Je comprends la vive contrariété éprouvée par votre honorable correspondant en voyant cette maladie contagieuse importée chez lui au retour du concours général agricole de Paris. Mais vos réflexions, qui précèdent et suivent la lettre de M. de Poncins, sont absolument justes.

« J'ai parcouru le concours plusieurs fois, seul et avec des confrères vétérinaires. Et nous nous sommes tous lait cette réflexion qu'il était extraordinaire, cette année, de ne pas voir le moindre signe de fièvre aphteuse pas plus chez les ovins et les porcins que chez les bovins.

« C'est donc bien évidemment en cours de route que les animaux de M, lemarquis de Poncins ont contracté le mal, car, quoi qu'en disent les compagnies^ de ; chemins de fer, la désinfection des wagons est illusoire. J'ai bien souvent assisté à de prétendues désinfections qui ne désinfectent rien du tout et nesont qu'un trompe-l'œil pour les naïfs ou pour les gens qui ne sont pas du\ métier. Et quoique fassent les chefs de gare, quoique fassent les agents du contrôle, l'opération sera défectueuse tant qu'un homme compétent n'y présidera. f>as. Et je puis bien ajouter que les 2 francs réclamés par les compagnies sont: ructueuses, l'opération telle qu'elle est faite ne devant pas coiîter plus dedouze ou quinze sous, et je suis généreux.

« J'ai pu, dans une pratiquede trente-deux ans, constater des faits qui prouventià' l'évidence que, seules, les compagnies de chemins de fer sont coupables. Voici un fait entre vingt autres. Au retour d'un concours de Paris où il n'y avait pas trace de péripneumonie contagieuse, M. Textoris, de Gheney, ramène cette maladie dans son magnifique troupeau de Durham et de Hollandais. Or,

jusque là la péripneumonie était inconnue par le Tonnerrois où mon père ne l'a jamais rencontrée après plus de 'iS ans de pratique vétéi inaire. Si donc la maladie était inconnue à Gheney, si elle n'avait pas été constatée au concours de Paris, où les animaux de M. Textoris auraient-ils contracté la pleuro-pneumonie, qui lui a coûté une douzaine de ses plus belles bêtes, si ce n'est en cnemin de fer?

« Et, monsieur le directeur, non seulement les wagons sont mal désinfectés, mais les quais d'embarquement ne le sont jamais dans un grand nombre de gares que je pourrais indiquer sous la garantie de ma signature.

« Je crois donc, comme vous, que M. le marquis de Poncins fait erreur en incriminant le service vétérinaire du concours de Paris, service qui est fait avec le plus grand zèle et avec un compétence signalée.

« Recevez, etc. Emile Thierry.

Les mesures prévenlives prises par le service sanitaire au concours de Paris ne peuvent faire de doute pour quiconque a assisté à cette solennité. Mais il paraît désormais hors de doute, ce que nous ignorions la semaine dernière, et ce qui nous est confirmé de divers côtés, qu'elles n'ont pas donné tous les efîets qu'on en attendait. Le cas signalé par M. de Poncins n'est pas un cas isolé, des cas semblables ont été constatés dans d'autres régions où des animaux ont ramené la maladie du concours, par exemple dans Saône-et-Loire et ailleurs encore. On doit mettre, dans ce cas, les compagnies de chemin de fer hors de cause et admettre que les animaux ont contracté la maladie dans l'enceinte du Palais de l'Industrie. Il est probable que celle-ci y a été amenée par des visiteurs, bouchers ou commissionnaires du marché de La Viilette ; car on ne saurait expliquer autrement les accidents qui nous sont signalés. En effet, l'incubation de la fièvre aphteuse ne dure que cinq à six jours; les animaux exposés ont passé; pour la plupart, sept jours au Palais de l'Industrie, et jusqu'au dernier jour, aucun cas suspect ne s'est manifesté; c'est seulement à la fin du concours, ou plutôt après le concours, qu'ils ont été signalés. Quoi qu'il en soit, on espérait empêcher complètement tout accident, et on a pris à cet égard toutes les mesures nécessaires; si l'on n'y a pas réussi, la faute n'en incombe pas au service sanitaire du concours. C'est ce que nous avons déjà dit, et c'est ce que nous tenons pour exact. VL — Exposition d'animaux de basse-cour.

La prochaine exposition internationale d'animaux de basse-cour organisée par la Société nationale d'acclimatation, se tiendra du 22 au 26 mars, au Jardin zoologique d'acclimatation du Bois de Boulogne, dans le palais d'hiver. Le nombre des récompenses (récompenses en argent) sera proportionnel à la quantité des lots exposés, c'est-à-dire que, dans chaque classe, le nombre des prix à décerner augmentera av(!c le nombre des volailles présentées. Pour se procurer le programme des prix et tous les renseignements, on doit s'adresser au secrétaire-adjoint de la section d'aviculture, commissaire général des expositions, au Jardin zoologique d'acclimatation du Bois de Boulogne.

VIL — Le bétail à V Exposition universelle de Chicago.

Dans notre précédente chronique (page 284), nous avons signalé les protestations du Comité français contre les mesures exorbitantes imposées par le Gouvernement des Etals-Unis pour l'introduction du bétail devant figurer à l'Exposition universelle de Chicago. Nous exprimions la crainte que ces protestations n'aboutissent pas. Il pour-

rait se faire qu'il en soit autrement. Nous apprenons, en effet, que, cédant aux vigoureuses protestations du Gouvernement canadien, le Gouvernement des Etats-Unis a rapporté en ce qui concerne les provenances du Canada, les mesures de quarantaine imposées au bétail étranger envoyé à Chicago. Les animaux canadiens seront admis librement, sur un certificat d'un médecin- vétérinaire local montrant qu'il n'existe pas de maladie contagieuse dans les localités d'où proviennent les animaux. Il n'existe pas de motif pour qu'on refuse aux nations européennes les facilités concédées au Canada.

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