‹ Journal de l'agriculture (volume 3)Chapitre 229 sur 691 · ESSAIS SUR LA CULTURE DU LATHYRUS SILVESTRIS · texte numérisé non relu

ESSAIS SUR LA CULTURE DU LATHYRUS SILVESTRIS

dernier, mon correspondant insistait sur le danger de faire des expériences avec des graines non régénérées et du plant plus ou moins sauvage.

M. Mathey, à Ornans (Doubs), s'étant mis en communication directe avec M. W. Wagner, a fait des essais qui doivent être considérés comme dignes d'encouragement. Il a obtenu du fourrage dès la fin de l'été. Il l'a présenté au concours de région à Ornans au mois de septembre. La Société d'agriculture lui a décerné un diplôme d'bonneuf pour ses travaux et la vulgarisation du Lathyrus en France. Il est à regretter que cet importateur n'ait pas envoyé des échantillons de ses produits au concours agricole de Paris ; cette exposition aurait constitué le meilleur mode de propagation d'une plante qu'il serait prématuré d'adopter sans nouvelles expériences, mais qu'il serait imprudent de rejeter sans l'avoir étudiée avec plus de suite.

Si le cultivateur a besoin de patience pour se mettre à même de connaître une nouveauté, il lui en faut, je l'ai dit dans mes articles de l'année dernière, une dose plus énergique pour une légumineuse qui, par sa nature, reste parfois deux ans sans révéler ses mérites. Le Lathyrus, grâce au développement extraordinaire de ses racines, commence par déployer toute son énergie vitale à se creuser, dans les couches profondes du sol, un vaste système d'un réseau alimentaire dont il profitera pendant les longues années de son existence. C'est une plante accumulatrice de réserves. Peu pressée de paraître, elle commence par s'épargner de puissants réservoirs de nourriture. Quand son grenier est plein, qu'elle a assuré ses approvisionnements, elle se décide à montrer au soleil sa puissance et sa luxuriante végétation, pareille à ces familles modestes et sensées qui ne gaspillent pas leurs trésors au dehors et ne cherchent à briller que quand elles se sont procuré une solide fortune. Les expériences sont en cours : plus de 600 expéditions de graines ou de replants ont été faites par M. Mathey. On devra bien consacrer cette année encore quelques parcelles pour essais, surtout en terres profondes, dépourvues d'humidité, sur d'anciens vignobles arrachés, dans des pentes d'un accès difficile pour les autres cultures. Je conseille de s'adresser directement à M. Wagner ou à M. Mathey pour s'assurer l'origine certaine du plant ou de la graine.

P. DU Pré-(^.ollot.

SOCIÉTÉ NATIONALE D;A(}RIGULTURE

Séance du 1" mars 1893. — Présidence de M. Tisserand, M. Louis Passy présente, de la part de M. Paul Leroy-Beaulieu, la collection de ses ouvrasses.

La correspondance imprimée renferme les ouvrages ci-après : La mesure et le rôle du calcaire dans les terres arables, par A. Bernard; Dessèchement des Wateringues et des Mo'êres dans l'arrondissement de Dunkerque, par M.-L. Quarré-lieybourbon ; Concours sur la culture des betteraves à sucre en Vaucluse^ par K. Zacharewicz ; Expériences sur les engrais appliqués à la culture de la vigne ^ par le même.

M. Renou présente le résumé des observations méléorologiques faites au parc de Saint-Maur, pendant le mois de février 1893. Ce compte rendu sera inséré in extenso Hans le Journal.

M. Aimé Girard offre à la Société de la part de M. Garola, directeur de la Station agronomique de Chartres, un tiès important ouvrage intitulé : Contribution à rétude des tourteaux alimentaires. C'est un ouvrage original qui fait le plus grand honneur aux auteurs, MM. Garola et Auffray.

M. le marquis de Vogue pose sa candidature à la place de membre associé national vacante dans la section hors cadre par suite du décès de M. Teisserenc de ï3ort.

M. Lechartier adresse un travail effectué avec M. Hérissant sur la culture de diverses variétés de pommes de terre comestibles {section de grande culture).

M. Levasseur offre une brochure intitulée : Résumé historique de Renseignement de l'économie politique et de la statistique en France (/e 1882 ft 1892.

M. Risler présente, de la part de M. Marcel Vacher, un ouvrage intitulé : L agriculteur et la main-d'œuvre.

M. Ghambreient appelle l'attention sur une discussion qui s'est eno-aarée au moment de la discussion du budget du Ministère de l'aerriculture, en ce qui concerne la fixation des torrents et le reboisement des montagnes. Il signale l'importance de la question et cite l'éloquent discours prononcé par M. Trélat sur la question. Il constate avec satisfaction le vote par la Chambre d'un crédit supplémentaire de 2,500,000 francs pour le reboisement des montagnes.

M. Prillieux a récemment appelé l'attention de la Société sur le Miné., maladie de la barbe de capucin. Aujourd'hui M. Prillieux rend compte des expériences de traitement qu'il a entreprises. Il a d'abord multiplié le mycélium en le cultivant sur des carottes; à l'aide de ces carottes, il a infecté de jeunes fèves. Les différents pots ensemencés ont été traités les uns au saccharate de cuivre, les autres ont été abandonnés sans traitement. Les pieds non traités sont tombés; ils sont morts ; les pieds traités au saccharate de cuivre sont complètement indemnes. Il résulte de ces expériences que la bouillie Michel Perret peut protéger les plantes contre l'invasion du parasite qui cause le Miné de la barbe de capucin. L'application de ce procédé s'impose donc pour arrêter la maladie.

M. Duclaux fait hommage à la Société de l'ouvrage qu'il vient de publier sous ce titre : Principes de laiterie. L'auteur s'est attaché à parler des ferments du lait, de la crème, du fromage. Il s'est efforcé de montrer qu'ils sont partout et qu'ils commandent tout, même les pratiques où ils semblent n'avoir aucun rôle, car, dit-il, qu'est-ce qu'une écrémeuse centrifuge, sinon un appareil antiseptique. Et comme toujours M. Duclaux a écrit en maître, en technicien savant et convaincu. Il termine en s'exprimant ainsi : « La science et l'industrie sont deux ignorantes qui font bien d'aller ensemble à l'école mutuelle. » Je crois bien que l'industrie du lait devrait aller à l'école de M. Duclaux,

M. Bouquet de la Grye présente une brochure intitulée : La culture du poirier dans les terres pauvres. Cet ouvrage est du à M. Edmond Barotte; l'auteur propose de greffer le poirier sur l'aubépine. M. André propose d'essayer le greffage sur le poirier à feuilles d'amandier, ou

sur le poirier tardifolia. Il y a un intérêt à essayer dans les terres pauvres ces greffes qui peuvent être appelées à rendre des services.

L'ordre du jour appelle l'élection d'un membre correspondant dans la section d'économie des animaux, M. Arloingest élu par 44 voix, soit l'unanimité des votants.

M. Duclaux appelle l'attention de la Société sur la vente de certains laits dits phosphatés qui contiendraient une plus grande quantité de phosphate de chaux que le lait normal. M. Duclaux s'élève contre la mise en vente de ces produits ; car il n'est pas possible d'obtenir de laits superphosphatés. Si, en ajoutant du phosphate d'os pulvérisé au lait normal, on arrivait à augmenter la richesse en phosphate de chaux de ces laits, la science possède les moyens suffisants pour déceler la fraude. Georges Marsais.

(4 MARS 1893) I. — Situation générale.

La prolongation du temps pluvieux arrête les travaux des semailles de printemps qui sont commencés presque partout. La culture réclame unanimement un temps plus sec. La situation commerciale ne change pas. Les avoines sont tenues assez fermes, mais les autres grains ont une tendance faible. Les fourrages et graines fourragères conservent leurs prix élevés. Les alcools, les huiles, les sucres, les fécules sont calmes. Les produits de basse-cour et les beurres sont toujours en baisse. Le bétail se vend ordinairement.

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