X. — Nécrologie
Nous devons un hommage, au moment où il descend dans la tombe, à M. Aclocque, ancien député, président de l'Association de l'industrie française, dont les obsèques ont été célébrées le 27 mars. M. Aclocqiie a consacré, en effet, une grande activité et un talent élevé à défendre les intérêts de l'agriculture nationale en même temps que ceux de l'industrie dans les longues discussions sur la réforme douanière ; il a contribué puissamment à réaliser l'union de l'industrie et de l'agriculture qui a permis de mener cette œuvre à bonne fin. XL — Ecoles nationales d'agriculture.
Les examens de fin d'études ont eu lieu récemment dans les Ecoles nationales d'agriculture. Voici la liste des élèves de la promotion 1890 qui ont été proposés à M. le Ministre de l'agriculture pour l'obtention du diplôme, à Grignon et à Montpellier :
Ecole de Grignon. — 1, François-Jules (îoutière (Meurthe-et-Moselle) ; 2, Louis-Edmond Georges (Meuse); 3, Joseph-Paul Fournier (Vosges); 4, Anatole- Pierre-Gabriel Renault (Eure); 5, Etienne-Louis Tessiot (Cher); 6, Louis Joseph (Pas-de-Calais); 7, Marie-Alexandre Maurice (Loiret); 8, Georges Truffant (Seine-et-Oise) ; 9, Octave-Isidore Perret (Sarthe); 10, Marie-Joseph-Félix Cartier (Haute-Saône); 11, André-Emile Avenel (Seine-Inférieure); 12, Henri- Albert Dusart (Seine) ; 13, Louis Groizier (Charente); 14, Victor-Paul Dautier (Seine-et-Oise); 15, Charles-Georges Holderer (Eure); 16, Georges-Paul Rémond (Seine-et-Marne); 17, Edouard-i ouis Lanier (Iles Seychelles) ; 18, Albert-Michel Rambaud (Allier); 19, Léopold-Marie- Joseph-Lazare Jullien (Bouches-du- Rhône); 20, Paul-Charles Blaizot (Aube); 21, Joseph Tantôt (Allier); 22, Georges Galliet (Orne'); 23, (Girard de) Alban-Léon de Vasson (Indre); 24, Gaston-Alphonse Burdel (Seine); 25, Jules-Augustin Cambier (Pas-de-Calais); 26, Paul-Louis Marienval (Seine-et-Oise) ; Adolphe-Louis Méliot (Seine-Inférieure) ; 28, Louis-Joseph Bonfils (Seine) ; Stanislas Boudny (Pologne) ; 30, Vicior-Louis-Aimé Didot (Meuse); 31, Georges-Léon Saintin (Seine-et-Oise); 32, Diran Margossian (Turquie) ; 33, Gilbert Chemel (Allier); 34, Nicolas Constandaky (Roumanie) ; 35, Louis-Emile Lecherf (Pas-de-Calais); Joseph Anlony Gzechowicz (Seine), 37, Jules Hamel (Côtes-du-Nord).
Ecole de Montpellier. — Gillin (Isère), — Barraud (Gironde). — Foussat (Vaucluse). — Sénéquier (Var). — Gagnaire (Dordogne). — Sauget (Vaucluse). — Lupont (Hérault). - Veyret (Puy-de-Dôme). — Desmoulins (Isère). — Vernou (Charente). — Musseri (Egypte). — Bonnet (Gard). — Cellier (Bouches~du- Rhône). — ■ Pouchol (Puy-de-Dôme). — Meynier de Salinelles (Gard). — Ragenal (Irlande). — Barbaroux (Bouches-du-Rhône). — Munlwiller (Alpes-Maritimes). — Apostolidès (Turquie). — Clady (Oran). — Chiron (Vaucluse). —
Mallet (Hérault). — Gampdepadros (Espagne). — Boissier (Hérault). — Dumas
(Gard). — Mandeville (Haule-Garonne). — Campagnol (Lot-et-Garonne).
Drakidès (Egypte). — Bouis (Gard). — Gouault (Seine). — Peyrebère (Landes).
— Antonoff (Bulgarie). — de Montredon (Landes). — Tachoires (Haute-Garonne).
— Benestan (Yar). — Teboulle (Alger). — Parachimonas (Egypte). Ratao-ne
(Var). — Claude (Rhône). — Laballe (Charente). — Bérard (Vaucluse). — Bories (Aude). — Muratel (Hérault). — Vallord (Oran). — Pétropoulos (Grèce).
Ces deux listes comportent 37 élèves diplômés pour l'école de Grignon et 45 pour celle de Montpellier. C'est un accroissement notable sur les années précédentes.
XH. — Les prises d'eau en Durance.
Une discussion intéressante a été soulevée, dans la séance du 28 mars de la Chambre des députés, par M. Pourquery de Boisserin relativement à un décret provoqué par le Ministre de l'agriculture pour autoriser les travaux d'exécution du canal dérivé de la Durance à Cabannes (Bouches-du-llhône) en vue d'une ancienne concession d'eau qui n'avait jamais été utilisée. La légalité de ce décret, attaquée vivement par M. Pourquery de Boisserin, a été défendue par M. le Ministre de l'agriculture, et la Chambre des députés lui a donné raison en passant à l'ordre du jour par 350 voix contre 115. — Audessus de ce débat plane une question d'une importance capitale pour l'agriculture des deux départements de Vaucluse et des Bouches-du- Rliône. Depuis un siècle, ces deux départements sont en lutte perpétuelle pour l'usage des eaux de la Durance; les prises d'eau s'échelonnent sur les deux rives de la rivière, au point qu'aujourd'hui celles d'aval sont souvent privées d'eau au cœur de l'été, dans la saison où le besoin s'enfaitle plus vivement sentir pour les irrigations indispensables. On raconte que certaines prises en amont, notamment dans le département des Bouches-du-Rhùne, captent, avec la tolérance de l'administration, beaucoup plus d'eau qu'elles n'y ont di^oit par leurs concessions ; ainsi on a affirmé à la tribune de la Chambre, sans qu'il s'élevât de contradiction, que le canal de Marseille prendrait 15 mètres cubes, alors que sa concession n'est que de 9 mètres cubes. De là des griefs qui s'accumulent, et qui aboutissent parfois à des rébellions et même à des émeutes. Cette situation est devenue vraiment intolérable; il serait urgent qu'un règlement bien fait, et surtout bien exécuté, consacrât, pour chaque canal, les conditions de l'usage des eaux. C est ce qu'on réclame depuis longtemps au nom d'intérêts agricoles sacrés, sans avoir pu arriver à une solution équitable dont l'urgence devient cependant de plus en plus manifeste.
Xni. — Questions viticoles.
Parmi les dispositions de la loi du 1 1 juillet 1891 sur la répression des fraudes dans le commerce des vins, hgurent les mesures relatives au plâtrage. La vente des vins plâtrés renfermant plus de 2 grammes de sulfate de potasse par litre a été interdite ; mais il a été décidé que cette interdiction ne serait applicable aux vins de liqueur que deux ans après la promulgation de la loi. M. Yves Guyot vient de présenter à la Chambre des députés une proposition tendant à supprimer cette dernière disposition et à décider que la limite du plâtrage serait élevée à 6 grammes pour les vins de liqueur titrant plus de 1 6 degrés. Cette
mesure a pour objet d'éviter les vexations auxquelles pourraient être soumis les détenteurs de vins de liqueur à l'expiration du délai prévu, et à mettre la législation française sur le même pied que celles des autres pays où l'on consomme les vins de liqueur ; en effet, si lAllemaqne, la Suisse, les Etats-Unis, etc., ont limité le plâtrage à 2 grammes pour les vins courants, ils n'ont pas appliqué cette disposition aux vins de liqueur.