A L'ÉTRANGER
L'Italie redouble d'efforts pour faciliter l'écoulement des vins de ses nationaux sur les marchés étrangers. Depuis plusieurs années, dans quelques capitales de l'Europe et notamment à Londres, à Berlin, à Munich, à Lucerne, le Gouvernement italien a créé des dépôts, ori^anisés dans diverses conditions, ayant pour objet de reevoir les envois des vins de table ou de coupage qu'elle fait centraliseï' et qu'elle place sous le contrôle d'un fonctionnaire vinicole <{ui est désigné sous le nom d' ce enotechnico », ce qui veut dire à peu près ingénieur vinicole. Ces dépôts assurent aux vins expédiés p.?r les maisons de commerce italiennes une authenticité de provenance, qui donne auxachats faits à l'étranger une sécurité fort grande. Le moyen le plus efficace, en effet, de favoriser la notoriété d'une marchandise est, avant tout, d'assurer la loyauté du commerce qui la concerne. Cette condition est particulièrement nécessaire lorsqu'il s'agit d'une denrée qui, comme le vin, exige une sécurité absolue d'origine. L'attache officielle donnée par le Gouvernement aux crus expédiés par ses nationaux peut, il est vrai, engager parfois très fortement la responsabilité morale de l'Etat. L'Italie n'a pas craint d'encourir cette responsabilité, dans le but de venir en aide à la production nationale par la facilité plus grande procurée à la vente.
L' « enotechnico » surveille le placement de ces vins dans le but de renseigner les Chambre de commerce, les Sociétés œnophileset les diverses associations Italiennes sur les goûts et les besoins spéciaux des centres où sont créés ces dépôts. Cet agent fait connaître aussi la situation du commerce des nations rivales sur la place à laquelle il est attaché. Plusieurs fois par an, mensuellement, ou par trimestre, le Ministère de l'agriculture Italien reçoit des tableaux indiquant les entrées, les sorties des dépôts, les espèces de vins favorisées par des transactions, les prix de vente, et toutes autres indications utiles. Ces tableaux inscrits au Bulletin des renseignements agricoles, publication très variée par ses objets et d'un prix assez accessible, — sont en outre adressés par les soins de la Direction de l'agriculture, aux Présidents des Comices agricoles, des Chambres de commerce, etc., dans un but de propagande pratique.
Encouragée par le succès de dépôts analogues, l'administration a traité le 8 décembre dernier avec la maison T. et Poilack, de Vienne (Autriche), pour l'établissement d'un dépôt de ses vins. Cette tentative démontre en elle-même une certaine hardiesse, par le choix même de la capitale où elle se produit. Vienne est environnée de vignobles productifs ; elle est à la porte de la Hongrie, dont les crus excellents sont vendus à un prix assez modéré. Et cependant, le Gouvernement s'est enhardi à y tenter la création d'un dépôt de vins italiens. Un traité a été passé à la date sus-indiquée avec la maison T. et Poilack, approuvé dans les quarante jours de sa date par le ministre de l'agriculture de Rome. Il ne sera peut-être pas sans intérêt de faire connaître les dispositions principales d'un traité de ce