‹ Journal de l'agriculture (volume 3)Chapitre 338 sur 691 · SUR LA RÉSISTANCE DES VIGNES AMÉRICAINES AU FROID · texte numérisé non relu

SUR LA RÉSISTANCE DES VIGNES AMÉRICAINES AU FROID

X. Hybrides de V. Labrusca et V. .Estivalis : York, a peu souffert, quelques sarments sont cependant détruits.

XL Hybrides de V. Yinifera, V. Labrusca, V.Riparia etV. Rupestris : Canada X Rupestris, n»^ 3,301 et 3,303; Othello X Rupestris, n" 802 (Gouderc) ont quelques yeux gelés.

XII. Hybrides de V. Vinifera et V. Rupestris : Bourrisquou x Rupestris- Marlin, n"" 601 et 603, à peu près indemne; le n" 604 a un peu plus souffert ; Chasselas X Rupestris, n"' 901, 1,103 et 2,001 (Gouderc), Colombaud x Rupestris-Martin, 3,103 (Gamay-Gouderc), Moi«rrèrf/'e X Rupestris, 1,203, ligne noire X Rupestris, n"* 503 et 504, ont quelques sarments et quelques yeux gelés.

XIII. Hybrides de V. Vinifera, \. Labrusca, etV. Riparia : Othello et Brant, puis Canada et Cornucopia, et surtout AiUuchon et Secretary ont eu un bon nombre de sarments gelés ainsi que la généralité des yeux ; Oporto X Colombaud, n" 1,401, s'est montré plus résistant.

XIV. Hybrides de V. Vinifera et V. Labrusca : Black dé/ïatice, Senasqua, Triumph ont la plupart de leurs sarments et de leurs bourgeons détruits.

XV. Hybrides de V. Vinifera, V. Labrusca et V. vEstivalis : Croton, Delaware, Duchess, York X Colombaud n" 1,106 (Gouderc), ont beaucoup souffert; York X Bourrisquou n" 1,304 (Gouderc) a été moins éprouvé.

XVI. Hybrides de \. ^'inifera, V. ^stivalis et \. Ginerea : Black July, Cunningham, Herbemont, Hei'bemont-Touzan, Jacquez, Rulander, Saint- Sauveur^ ont été complètement gelés jusqu'au niveau de la coucbe de neige.

De ces observations on peut tirer les déductions suivantes :

r Toutes les espèces américaines pures ci-dessus désignées résistent en France à la température de — 27" centigrades; on peut donc les utiliser sans crainte dans toutes les régions.

2° Les hybrides offrent une résistance qui dépend de leur origine. Le F. Vinifera paraît communiquer à ceux dans lesquels il entre comme élément une sensibilité au froid d'autant plus grande que son influence est plus manifeste sur la nature du sujet; d'autre part son action peut être modifiée suivant la combinaison des autres éléments de l'hybridation. Les F. Riparia, V. Candicans et V . Rupestris semblent donner la plus haute résistance à la gelée, puis vient le V. Labrusca, en lin le V.jEstivalis.

3° Ces indications pourront être d'un utile secours pour l'obtention des hybrides artificiels, notamment pour ceux destinés à jouer le rôle de porte-greffe ou de producteur direct dans les régions à climat rigoureux. Joseph Perraud,

Station vitir-ole de Villofranche (Kliône)

LES MACHINES AU CONCOURS DE PARIS - IV

La construction des machines à battre et des locomobiles de ferme constitue toujours une des principales branches de l'activité d'un certain nombre de constructeurs. A ceux que nous avons cités déjà à cet égard, il convient d'en ajouter d'autres qui figuraient également au dernier concours du Palais de l'Industrie et qui constituaient une de ses parties les plus intéressantes.

On connaît depuis longtemps les excellentes batteuses du système Gautreau : fixes ou montées sur roues, mues par manège ou par locomobile à vapeur, elles jouissent d'une très grande faveur auprès d'un très grand nombre de cultivateurs ou d'entrepreneurs de battage. Les locomobiles à vapeur, à détente fixe ou variable, sont établies de manière à produire le maximum de force motrice que leur volume et leur poids permettent d'atteindre ; dans les chaudières à retour de

LES MACHINES AU CONCOURS DE PARIS

flamme, la rapidité de la mise en pression est garantie par des dispositions ingénieuses et nouvelles. Depuis quelques années, M. Gautreau construit des batteuses dites trépigneuses, à plan incliné, qui se font remarquer par la solidité de la construction.

Depuis la mort de M. Gumming, sa célèbre usine d'Orléans a été

Fig. G6. - Moteur à pétrole ûxe^ du système lirouliot.

acquise par M. Samuelson, dont la réputation comme constructeur est universelle dans le monde entier. La fabrication des excellents modèles de batteuses Cumming, soit pour les céréales, soit pour les graines fourragères, de machines à vapeur, de concasseurs, coupe-racines, etc., s'y poursuit concurremment avec celle des faucheuses el des moissonneuses Samuelson, des râteaux et des faneuses, des hache-paille, etc.

LES MACHINES AU CONCOURS DE PARIS

Il eût été fâcheux de voir disparaître des ateliers d'une semblable importance.

Le grand centre de mécanique agricole de Vierzon (Cher) a toujours une très grande activité. La Société française de matériel agricole, M. Merlin et M. J3rouhot avaient, au Palais de l'Industrie, des expositions très complètes, et comme toujours très intéressantes. Dans l'expo-

Fig. 57. — Moteur a pétrole, monte sur roues.

sition de la maison Brouhot figurait, pour la première fois, un moteur à pétrole, destiné aux usages agricoles, que montrent les figures 56 et 57. Ce moteur est construit sur le même principe que le moteur à gaz des mêmes constructeurs, dans lequel le mélange détonant est allumé par une étincelle électrique produite soit par des piles, soit par une magnéto à mouvement continu ou alternatif. Il y est ajouté un carburateur qui se compose d'un bidon ou réservoir de pétrole, conte-

498 LES MACHINES AU CONCOURS DE PARIS

nant plusieurs litres de liquide, d'un doseur par lequel passe automatiquement le liquide pour remplacer celui qui est consommé, et du carburateur proprement dit, où l'air vient eii contact avec le pétrole pour se charger d'hydrocarbure. Le doseur est disposé de telle manière que la richesse carburante du pétrole est toujours constante, et que le liquide garde toujours le même niveau; c'est ce qui assure la régularité de la marche de l'appareil. Les moteurs de ce genre sont précieux pour les travaux qui n'exigent qu'une force très restreinte; les plus petits modèles ont une force d'un tiers ou d'un quart de cheval; mais il en existe des types qui peu\ent développer cinq et six chevaux. En montant ces moteurs sur chariot (fig. 57), MM. Brouhot et Cie les ont rendus accessibles à tous les besoins. Un modèle spécial pour actionner les pompes de soutirage pourra rendre des services dans les chais.

A la construction des grandes machines, la Société du matériel agricole, à Vierzon (Cher), ajoute aujourd'hui les pompes et le matériel moderne des laiteries.

A Abilly (Indre-et-Loire), l'ancienne maison Pinet, universellement connue pour la construction des manèges et des petites batteuses, a repris une nouvelle activité. La jeune Société qui en dirige la construction, a ajouté aux anciens modèles la construction des faucheuses, des moissonneuses et des râteaux et plus récemment celle des charrues vigneronnes, des houes et autres instruments viticoles du système llenault-Gouin. Nous aurons d'ailleurs à revenir prochainement sur ce nouveau centre d'industrie agricole.

A diverses reprises, nous avons eu à signaler les excellentes batteuses et machines à vapeur construites par M. Hidien,à Châteauroux (Indre). Dans les dernières années, M. Ilidien s'est appliqué surtout, et avec succès, aux perfectionnements à apporter aux batteries de graines fourragères.

M. Breloux, d'une part, et MM. Pécard, d'autre part, à Nevers, soutiennent la réputation légitime de leurs ateliers, dans lesquels ils s'adonnent toujours, d'une manière spéciale,à la construction des batteuses et des machines à vapeur.

Après une assez longue période de tâtonnements, les moissonneuseslieuses ont acquis définitivement la faveur des agriculteurs. Aux anciens types lourds et mas ifs, se sont substituées déplus en plus des machines remarquables par leur légèreté, tout en conservant la solidité indispensable à ces appareils. Aux machines que nous avons eu déjà l'occasion de citer, on doit ajouter les lieuses de Wood (Pilter), deHornsby,deMassey (J)uncan),deMac-Cormick (Mot),d'Adriance,etc., parmi les constructeurs étrangers, de IJurtu, d'Albaret, etc., parmi les constructeurs français.

En parlant, dans un article précédent, des instruments aratoires de M. Bajac, constructeur à Liancourt (Oise), nous avons signalé un rouleau à couronnes mobiles, destiné surtout à réaliser un tassage inégal sur les terres semées en betteraves. Suivant que le temps est sec ou humide, la levée des graines se fait plus ou moins régulièrement, suivant que le tassement du sol a été plus ou moins fort. Cette irrégularité fatale apporte un obstacle à une bonne exécution du démariage, dans lequel on cherche à conserver les plantes les plus vigou-

LES MACHINES AU CONCOURS DE PARIS. 499

reuses, avec un écartement régulier. C'est pour réaliser cette régularité dans le placement définitif, condition importante pour la réussite de la récolte, que M. Bajac a imaginé un procédé qui permette d'opérer des tassements inégaux, quoique réguliers, et de s'armer ainsi contre les risques des conditions climatériques. Le procédé, très ingénieux, consiste dans l'adjonction au rouleau plat ou ondulé, de couronnes mobiles qu'on peut adapter à toutes les sortes de rouleaux. Ces couronnes sont formées de deux parties réunies par une charnière d'un côté, et se boulonnant à l'autre côté; quand elles sont serrées, elles font corps avec le rouleau. Ainsi la figure 58 montre un rouleau ondulé B en quatre parties, garni de huit couronnes mobiles A, boulonnées en a. Si un rouleau ainsi agencé passe sur le champ, obliquement à la direction des lignes du semoir, des tassements inégaux sont produits par les creux et les reliefs de l'instrument. Il en résulte que la levée

Fig. 58. — Rouleau à couronnes mobiles, du système Bajac.

s'opèreraTégulièrement, soit dans les parties fortement tassées s'il fait sec, soit dans celles restées meubles si le temps humide domine. Le démariage se fera, en conséquence, à intervalles forcément égaux et en quinconce, ce qui est très avantageux à bien des points de vue. Comme les couronnes sont facilement amovibles, on les change de place à volonté pour les mettre à l'écartement demandé. Actuellement le système imaginé par M. Bajac n'est mis en pratique que pour la betterave; il pourrait également s'appliquer à d'autres cultures. Enfin, les couronnes mobiles s'adaptent sur tous les rouleaux, et pouvant se démonter rapidement et facilement, elles ne constituent pas un outil spécial, mais un accessoire; le rouleau qu'elles habillent redevient, quand besoin est, l'instrument en usage pour les roulages ordinaires.

Henry Sagnier.

Page 1