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XII. — Ferme-école du Montât

La ferme-écolo du Montât (Lot) compte, comme on sait, parmi nos meilleurs établissements d'enseignement agricole. Le compte rendu pour 1892 que son habile directeur M. Pierre Dufour vient de publier, montre qu'elle continue à donner autour d'elle les meilleurs exemples de bonne tenue et de prospérité. Dans ce compte rendu, nous prendrons d'abord un nouvel exemple des excellents résultats obtenus dans la culture du blé, avec les fumures de printemps. M. Dufour s'exprime comme il suit à cet égard :

« Semés dans d'excellentes conditions, les blés ont eu une température douce et suffisamment humide pour favoriser leur levée et leur premier développement. Après avoir présenté la plus belle apparence jusqu'à la fin de mai, ils ont eu beaucoup à souffrir à celte époque, de la sécheresse et du vent du Midi, qui a soufflé pendant trois jours avec une violence extrême.

« Néanmoins, comme la floraison a pu s'accomplir par un beau temps, le rendement en grain a été satisfaisant pour l'année : il a été de 1,620 kilog. par hectare.

« Ce résultat est dû en grande partie à l'emploi combiné du nitrate de soude et des fumiers phosphatés. Les fumiers sont appliqués à la plante sarclée précédant la céréale et le nitrate est répandu sur les blés, à la dose de 200 kilog. par hectare, dans la seconde quinzaine d'avril. Nos champs de blé en reçoivent sur toute leur étendue, à l'exception d'tme bande assez étroite destinée à servir de témoin.

« Cette année, le rendement par hectare a été le suivant :

Blés nitrates grain : 1,640 liilog paille : 3.300 Icilog.

Blés sans nitrate grain : 1,230 kilog paille : îj'iOO kilog.

Différence grain : 410 kilog paille : 1,100 kilog.

« En portant à 24 francs le prix de 100 kilog. de grain et à 3 fr. celui des 100 kilog. de paille, on voit que l'augmentation de recettes due au nitrate de soude a été par hectare de 131 fr. 40. Les 200 kilog. de nitrate de soude ayant cotité 52 fr. ont donc laissé, par hectare, un boni de 7 9 fr. 40. »

La ferme-école compte 32 apprentis, répartis en deux divisions. Aux examens de sortie, en octobre 1892, 16 élèves ont reçu leur diplôme de fin d'études.

Xin. — Congrès viticole de Montpellier.

La Société centrale d'agriculture de l'Hérault nous communique les renseignements qui suivent sur le voyage des membres du prochain Congrès viticole et le transport des instruments et machines.

1" A l'occasion du Congrès viticole qui sera tenu à Montpellier, les 13, 14 et 15 juin 1893, les compagnies de chemins de fer P.-L.-M., du Midi, de l'Est, d'Orléans, de l'Etat, du Nord et de l'Ouest, veulent hien accorder aux membres du Congrès une remise de 50 pour 100 sur le prix ordinaire des places.

Les billets sont valables, à l'aller, du 8 au 17 juin, et, au retour, du 13 au 19 juin inclusivement.

2" La Compagnie générale transatlantique veut bien consentir, de son côté, en faveur des membres du Congrès qui emprunteront ses lignes d'Algérie, la même remise de 50 pour 100 sur le prix ordinaire des passages.

3" Les personnes qui désirent profiter de ces avantages sont priées, en même temps qu'elles enverront leur adhésion au Congrès, de vouloir bien indiquer, soit leur gare de départ, si elles ne doivent voyager que sur le réseau d'une seule compagnie, soit leur gare de départ et celles de transit, si elles doivent circuler sur les lignes de plusieurs compagnies, enfin la gare-frontière par laquelle elles pénétreront en France, si elles viennent de l'étranger. Les membres du Congrès venant d'Algérie indiqueront leur port d'embarquement.

4" Les réductions de tarifs ne seront accordées qu'aux seuls membres du Congrès pourvus d'un billet d'un modèle spécial qui leur sera adressé, en temps utile, avec une carte de membre du Congrès, par les soins du comité d'organisation. Les billets étant nominatifs et personnels, les adhésions de collectivités devront être accompagnées d'une liste nominative des personnes qui les composeront.

5° Le registre d'inscription sera clos le 20 mai 1893 (dernier délai). Les membres du Congrès, dont l'adhésion sera parvenue au comité d'organisation postérieurement à cette date, ne pourront bénéficier de ces réductions de tarifs. La demande d'inscription n'engage en rien les personnes qui l'auront formulée. Celles qui ne profiteront pas de leurs billets n'auront qu'à les détruire.

6° Les instruments et machines, destinés à l'exposition annexée au Congrès, seront admis à circuler, sur les lignes de chemins de fer françaises, aux mêmes conditions que les instruments et machines expédiés aux Concours régionaux agricoles. Les constructeurs ou exposants n'auront qu'à réclamer, en remettant les instruments et machines à la gare de départ, l'application des tarifs spéciaux de grande ou de petite vitesse afférents à ces expositions.

7" Une commission s'occupera des logements. Les membres du Congrès trouveront, à leur arrivée à Montpellier, tous les renseignements au secrétariat de la Société centrale d'agriculture de l'Hérault.

Le programme complet du Congrès de Montpellier a été publié dans le Journal du 1 1 mars (page 362). Cette réunion et les excursions qui la suivront présenteront certainement une grande importance. XIV. — Exposition agricole à Toulouse.

Dans le Journal du 25 mars (page 446), nous avons donné le programme de l'exposition d'instruments, de machines et de produits agricoles, organisée à Toulouse, du 13 au 20 mai, par la Société d'agriculture de la Maute-Garonne. On nous prie d'annoncer qu'un rabais de 50 pour 1 0O (retour gratuit) est accordé par la Compagnie du chemin de fer d'Orléans à tous les objets qui seront admis à l'exposition du mois de mai, à la condition de produire le bulletin d'admission. Les exposants doivent donc réclamer ce bulletin le plus tôt possi- 6/e, au siège de la Société, rue Saint-Antoine du ï, 20, àToulouse. XV. — Destruction des insectes.

Chaque année, les cultivateurs de betteraves ont à lutter contre les attaques des vers gris (nom vulgaire des chenilles des Noctuelles) ; on

CHRUNIQUE AGRICOLE (8 AVRIL 1893). 527

lira donc avec intérêt les observations présentées à l'Académie des sciences par M. Laboulbène sur un moyen de préserver les plants de betteraves, ainsi que les jeunes végétaux, contre les attaques de ces chenilles et celles d'autres larves d'insectes. Voici ces observations :

« Les vers gris, ou chenilles de diverses espèces à'Agrotis, principalement des Agrotis segetum et A. exclamationis, sont extrêmement nuisibles, nonseulement aux betteraves, mais encore à beaucoup d'autres végétaux de la grande culture et des jardins potagers. Pour combattre leurs ravages, on peut employer, suivant les conseils de M. Emile Blanchard, les semis, la plantation faite de bonne heure, parce que la betterave jeune est coupée facilement au collet par les vers gris, tandis que la plante plus avancée résiste. Le roulage, le plombage du sol, sur une profondeur de plusieurs centimètres, est très utile; les chenilles ne peuvent que difficilement se mouvoir sur une terre durcie, compacte. Plus tard les chrysalides sont empêchées de remonter pour l'éclosion; les papillons périssent sans arriver au dehors, la reproduction de l'espèce est empêchée. La cueillette, suivie de la destruction des œufs placés sous les feuilles, en plaques chacune de 40, 60, et jusqu'à 100, aurait aussi les meilleurs résultats, annihilant les jeunes chenilles qui auraient exercé leurs ravages dès leur apparition.

« A ces moyens, dont la pratique ne saurait trop être recommandée, il me paraît utile d'ajouter l'emploi, en arrosements, des macérations ou des décoctions de plantes renfermant des alcaloïdes énergiques. Ces derniers ont la propriété de s'oxyder rapidement, d'éprouver des transformations moléculaires et de ne pas persister à l'état toxique, soit '^ur la plante à préserver, soit dans le sol, tandis que les poisons minéraux offrent, au maximum, ce dernier inconvénient. L'arsénite de cuivre, le vert de Scheele, a été préconisé en Amérique par M. Riley pour combattre le Doryphore ou Leptinotarse de la pomme de terre. Le composé arsenical saupoudré sur les feuilles, après avoir été mélangé à la farine, ou projeté avec un liquide, fait courir des dangers aux ouvriers qui l'emploient et le poison reste indéfiniment dans la terre sans perdre son activité

« On sait que beaucoup de plantes Rmonculacées vertes sont dangereuses pour les bestiaux qui les mangent, mêlées à l'herbe des prairies, tandis que desséchées elles peuvent être consommées sans péril, à l'état de fourrage II en est de même pour les feuilles vertes du Colchique devenues sans nocuité dès qu'elles sont desséchées. J'en ai conclu que les macérations, les décoctions de parties vertes ou de graines des végétaux renfermant des alcaloïdes, poisons énergiques, pourraient rendre de grands services, en arrosements sur les jeunes betteraves et autres plantes récemment levées, contre les vers gris et les diverses larves dévastatrices.

« Mes expériences variées, répétées, m'ont paru probantes et elles ont été faites en grande partie avec les tiges et les feuilles du Delphinium grandiflorum vivaee, ainsi qu'avec les semences desD. grandiflorum et D. Ajœcis. Je ne doute pas que celles du Delphinium staphysagria ne soient encore plus énergiques.

« Gomme complément à ces recherches, j'ai essayé de préserver des insectes,, tels que les Halticides [Phyllotreta nemorum et P. flexuosa)^ les jeunes Crucifères des jardins. J'ai aussi trempé des feuilles de saule dans la macération de semences de Delphiniutn et les larves delà Chrysomela [Plagiodora) armoracice les ont délaissées.

« J'estime donc que les alcaloïdes végétaux peuvent rendre à l'agriculture et à l'horticulture de grands services par la macération ou la décoction des plantes et graines qui les renferment. Les macérations constituent le procédé le plus simple le plus pratique; peut-être faut-il rendre les solutions plus énergiques en les acidulant, pour dissoudre le plus possible des alcaloïdes toxiques.

« Enfin les Renonculacées telles que les Delphinium ne sont pas les seules auxquelles on peut avoir recours, mais aussi les Aconits et encore les Datura la Belladone, la Jusquiame, etc. Il y a là, en réalité, une mine à exploiter avec utilité pour l'agriculture et l'horticulture. »

Il serait intéressant que les expériences de M. Laboulbène fussent répétées dans les conditions ordinaires des cultures de betteraves.

Henry Sagnier.

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