‹ Journal de l'agriculture (volume 3)Chapitre 379 sur 691 · X. — Questions viticoles · texte numérisé non relu

X. — Questions viticoles

Dans notre dernière chronique, nous avons signalé le compte rendu pour 1892 publié par M. Dufour, directeur de la ferme-école du Montât (Lot). Relativement à la culture de la vigne, M. Dufour donne les renseignements suivants :

« Notre vignoble français, autrefois si florissant, a presque entièrement disparu ; mais nos vignes américaines et franco-américaines sont d'une vigueur remarquable et, si leur rendement a baissé cette année, au lieu de suivre la progression croissante à laquelle nous étions habitués, c'est que les conditions météorologiques leur ont été souvent contraires : sérieusement atteintes d'abord par les gelées d'avril, elles ont ravagées à deux reprises par le vent du midi et ont beaucoup souffert du grillage, au mois d'août.

« Malgré tant de circonstances défavorables, le produit a été de 22 hectolitres à l'hectare et, comme les raisins sont arrivés à bonne maturité, le vin est excellent.

ce Nos vignes ont été préservées du mildiou par trois traitements à la bouillie bordelaise, qui leur ont permis de conserver leurs feuilles tout à fait intactes jusqu'au mois de novembre.

<-<■ Nous avons fait le premier de ces traitements en mai, à la dose de 3 pour 100 de sulfate de cuivre et de 2 pour 100 de chaux, et les deux autres, en juin et juillet, à des doses doubles. Jusqu'à présent, nous n'avons jamais dépassé trois applications de bouillie bordelaise et nous avons toujours réussi à écarter le mildiou; mais il est très important de faire la première de bonne heure, pour prévenir l'invasion. »

Au Comité d'études et de vigilance de la Côte-d'Or, M. Margottet, secrétaire général, a présenté récemment le rapport sur l'état des plants américains à la fin de 1892 dans les champs d'adaptation organisés dans ce département. Des faits importants pour la reconstitution ont été constatés dans les arrondissements de Dijon, deBeaune etdeSemur, comme on le verra par la lecture de ce rapport que nous publierons dans notre prochain numéro.

A diverses reprises, nous avons signalé les nombreux emprunts faits par les étrangers aux travaux sur la reconstitution des vignes exécutés en France depuis quinze ans avec un succès croissant. Nous en trouvons une nouvelle preuve dans un rapport publié en Portugal par M. Antonio Batalha Reis, sur les vignes américaines et leurs hybrides. Ce rapport renferme les résultats d'une mission dont il a été chargé en France par le gouvernement de son pays, et dont il s'est acquitté en parcourant la plupart de nos régions viticoles et en rendant visite à de nombreux vignobles, parmi lesquels figurent ceux de nos hybrideurs les plus connus. M. Batalha Reis a réuni ainsi un nombre considérable de documents sur la valeur des diverses vignes américaines, et sur les résultats qui en sont obtenus. Il a pu donner des indica-

tions précieuses pour la reconstitution, dont la nécessité s'impose ie . plus en plus dans certaines parties du Portugal.

XL — La préservation des vignes contre les gelées. Chaque année, en cette saison, les viticulteurs redoutent, avec raison, les effets des gelées printanières. Ces gelées sontde deux sortes: celles qui sont dues à un refroidissement général de l'atmosphère, et celles qui proviennent du rayonnement nocturne. Contre les premières, on est sans armes; contre les secondes, au contraire, on peut lutter par l'interposition d'écrans qui arrêtent le rayonnement des organes de la vigne ; les fumées produisent, à cet égard, le plus efficace des écrans. A la demande du Comité d'études et de vigilance de Bordeaux, M. Millardet a rédigé une instruction sur les moyens de prévenir les effets des gelées et de les atténuer. Voici la partie principale de cette instruction :

« On comprend, d'après ce que nous avons dit des gelées par abaissement général de la température, qu'il soit très difficile ou même impossible de prévenir ces dernières: il n'existe, en effet, aucun moyen de réchauffer l'atmosphère tout entière d'une contrée. Mais dès que le rayonnement intervient dans le phénomène de la gelée, il devient possible de lutter contre le fléau par divers moyens qui diminuent ce rayonnement.

(' En Lombardie, on saupoudre les jeunes bourgeons de plâtre ou de chaux, dès que les gelées deviennent à craindre. Ces organes, une fois poudrés à blanc, rayonnent moins qu'avec leur couleur normale. Ce moyen réussit dans les cas de gelée de faible intensité.

ce En quelques lieux on protège la vigne par des paillassons étendus plus ou moins horizontalement au-dessus d'elles. Dans les vignes du Médoc, quelques propriétaires se défendent assez bien en plaçant à 15 ou 20 centimètres au-dessus des cordons des planchettes d'une douzaine de centimètres seulement de diamètre. D'autres obtiennent le même résultat en étendant sur le cordon, à la place des planchettes, de petits paquets de sarments.

« Mais le moyen le plus recommandable consiste à produire des nuages de fumée épaisse qui, à l'instar des nuages véritables, forment un écran à la vigne et préviennent son refroidissement. On a maintes fois constaté, au-dessous de ces nuages, une température plus élevée de 2 ou 3 degrés qu'au dessus. Ces nuages préviennent donc la gelée ou la rendent moins forte. Ils peuvent aussi servira en atténuer les effets funestes, si malgré eux la gelée s'était produite, en empêchant l'action si pernicieuse du soleil levant sur les organes gelés.

« Il est de la dernière importance de ne pas oublier ce double rôle des nuages de fumée. Beaucoup du viticulteurs échouent parce qu'ils se bornent à faire de la fumée avant le lever du soleil, alors qu'il est souvent important d'en faire après le lever de l'astre, pour éviter un dégel trop brusque. On peut poser comme règle générale que la fumée, si elle n'a pas prévenu complètement la gelée, doit être entretenue jusqu'à huit ou neuf heures du matin.

« Pour produire la fumée, on peut se contenter de tas de paille humide ou d'herbes à moitié sèches, préparés d'avance auxquels on met le feu au moment opportun, et que l'on charge indéfiniment de nouveaux matériaux aussi longtemps qu'il est nécessaire. Les rameaux de pin, de genièvre, de tous les résineux en un mot, avec leurs feuilles, font une fumée très épaisse en raison de la résine qu'ils contiennent. On emploie également avec succès le goudron végétal ou minéral et les débris résineux de toute sorte. Quelques personnes pensent que les fumées chargées de vapeur d'eau, obtenues par de débris végétaux humides, sont préférables à la fumée sèche du goudron. Mais il semble que les raisons sur lesquelles cette préférence s'appuie ne soient pas encore suffisamment démontrées.

« On doit donc préparer d'avance, dès que l'époque des gelées est arrivée, dans les principales allées du vignoble, les foyers (tas de débris végétaux à moitié secs, récipients en tôle pleins de goudron, etc.), de façon qu'ils jouissent être allumés au premier signal. Une première ligne de ces foyers doit être établie tout

autour de la propriété: c'est la plus importante et c'est celle qui doit être la plus serrée, les foyers étant distants de 10 à 15 mètres suivant leur importance. Dans les allées intérieures, de 100 en 100 mètres on tiendra également des lignes de foyers préparés à la distance de 15 à 20 mètres les uns des autres.

« Le veilleur surveille attentivement, pendant la seconde moitié de la nuit où la gelée est à redouter, la température et l'état du ciel. Dès que la gelée devient probable, il avertit le personnel. On s'assure de la direction du vent, et, si le ciel est clair, au moment où le thermomètre, placé comme nous avons dit', marque 2 degrés au-dessus de zéro, ou bien dès que le linge mouillé dont il a été parlé plus haut- commence à devenir raide, on allume les foyers sur le bord de la propriété qui est du côté d'où vient le vent. On allume également les foyers des allées intérieures suivant qu'il en est besoin pour rendre la fumée plus générale ou plus épaisse. Lorsque l'atmosphère est parfaitement calme, les fumées résineuses et goudronneuses se traînent à la surface du sol au point que la tête des travailleurs émerge au-dessus du nuage. Mais souvent le vent disperse ou élève la fumée : il faut activer sa production, à moins que le vent ne soit assez fort pour la dissiper à mesure qu'elle est produite et ne paralyse complètement les efforts pour obtenir un nuage. Dans ces cas, du reste, le danger d'une gelée intense diminue par suite du mélange continuel de l'air froid avec l'air plus chaud.

« Pendant toute la durée de la gelée, surtout au lever du soleil, il faut suivre avec le plus grand soin la température que marque le thermomètre sous le nuage, l'état des bourgeons et celui du linge mouillé. Si, au moment où le soleil paraît, les pousses de vignes n'offrent pas de signes de <^elée, si le linge mouillé n'est pas raide, tout danger est passé et on peut laisser les foyers s'éteindre. Dans le cas contraire il faut insister sur la production de fumée, d'autant plus que le ciftl est plus pur et le soleil plus vif. Dans ces dernières conditions, ce n'est guère que de huit à neuf heures du matin que tout danger peut être regardé comme conjuré définitivement, et que l'on peut cesser d'entretenir les foyers.

« La dépense est peu considérable, surtout si on la compare à l'importance du rés ultat. Elle ne semble pas devoir dépasser le plus souvent 10 francs par hectare. Le nombre des foyers à préparer est, suivant l'importance de ces derniers, de dix à vingt par hectare.

« Malgré que la pratique des nuages artificiels ne soit pas toujours suivie d'un succès complet, elle mérite d'être généralisée, car elle peut rendre à la viticulture comme aussi à l'arboriculture des services incalculables. Boussingault nous apprend qu'elle est suivie de temps immémorial par les habitants des hautes vallées du Pérou. En Europe, elle tend à se répandre de plus en plus ; un des pays où elle a pris tout à fait droit de cité est l'Alsace.

« La seule objection qu'on puisse lui faire, c'est qu'assez fréquemment la fumée profite moins à celui qui l'a faite qu'au voisin, le vent la distribuant, quelquefois, d'une manière capricieuse. Mais si tout le monde s'associait pour la production des nuas^es artificiels, la fumée, étant générale, tous en profiteraient : il n'y aurait plus de sujet de jalousie ou de découragement. La formation des syndicats de défense contre la gelée s'impose donc ; et il y a peu de mérite à prédire que, dans vingt ans, ces syndicats couvriront la France viticole. »

Il est à peine besoin d'ajouter que tant que la deuxième quinzaine de mai n'est pas écoulée, on peut redouter le retour offensif des gelées par rayonnement; la période des saints de glace (du 1 1 au 13 mai) a, dès longtemps, une réputation proverbiale.

XIL — Association des chimistes de sucrerie et de distillerie.

L'Association des chimistes de sucrerie et de distillerie tiendra son Assemblée générale à Laon (Aisne), du 17 au 19 avril. Cette réunion comporte plusieurs excursions intéressantes : à la sucrerie de Coucyles-Eppes, à celle de Vaux-sous-Laon, où MM. Legras et Midelet mon-

1. C'est-à-dire dans un endroit découvert, une allée de la vigne par exemple, à la hauteur moyenne des pousses de la vigne.

2. Ce linge, préalablement trempé dans l'eau, est étendu horizontalement sur l'herbe ou sur la vigne même.

treront les manipulations de la sélection des betteraves porte-graines, par le procédé de la digestion aqueuse instantanée à froid, de Pellet; aux distilleries de M. Beauchamp, à Bucy-le-Long et àVauxrot; à l'usine de produits chimiques de M. Fischer, à Chailvet; aux établissements industriels de M. Maguin, à Charmes. — Une exposition des appareils concernant la sucrerie, la distillerie et la féculerie aura lieu à rHôtel-de-Ville de Laon, pendant cette réunion. XIIL — Exposition de machines agricoles.

Une foire-exposition doit être inaugurée, à Toulouse, le 21 mai prochain, par la Société centrale d'agriculture de la Haute-Garonne, sous les auspices de la municipalité de la ville. Cette foire-exposition durera huit jours et comprendra tous les objets et instruments utiles à l'agriculture; elle coïncidera avec les grandes fêtes qui doivent avoir lieu à l'occasion de la fédération de toutes les Sociétés de gymnastique de France. Tous les constructeurs de France et des colonies sont invités à y prendre part. Les demandes d'admission doivent être adressées au secrétariat de la Société centrale d'agriculture de la Haute-Garonne, ruede Rémusat, 19, Toulouse.

XIY. — Concours des association agricoles.

Le Comice de l'arrondissement de Gien distribuera, cette année, les primes d'honneur décernées par le Conseil général du Loiret, savoir une prime de 1 ,000 francs pour la grande culture et une prime de 500 francs pour la petite culture. Les déclarations des concurrents seront reçues par le secrétaire du Comice, à Gien, jusqu'au 20 mai.

L'Union agricole et viticole de Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire) tiendra son concours annuel, en 1893, dans le canton de Saint-Germain-du-Plain. Cette région se recommande non-seulement par les développements de la culture des céréales, des pommes de terre et racines diverses, mais encore par ses progrès dans l'élevage du bétail. XV. — La désinfection des étables.

Le Journal du 17 septembre 1892 a publié la description du pulvérisateur désinfectant construit par MM. Japy, à Beaucourt (Haut- Rhin). Cet appareil paraît susceptible de rendre des services nombreux pour la désinfection des étables et des écuries. Nous recevons, à cet égard, communication d'une expérience très intéressante qui a été faite dans le courant du mois de mars à Byans (Haute-Saône), et qui a été entourée de toutes les garanties d'exactitude qui étaient nécessaires. On trouvera les rapports sur ce sujet dans notre prochain numéro. Henry Sagnieb.

11 arrive souvent dans une ferme que le besoin d'établir des machines se fait sentir. Le chef d'exploitation n'est pas toujours expérimenté sur les questions de mécanique, aussi s'adresse-t-il au constructeur. Celui-ci dresse, d'après les données du propriétaire, un avant-projet.

Les appareils installés ne sont souvent pas en rapport avec les besoins de l'exploitation ; quelquefois, des calculs hasardeux les mettent dans l'impossibilité de fontionner faute de suffisance de force. On est alors obligé d'apporter certaines dispositions qui ne sont plus en rapport avec les anciennes. Le constructeur incrimine les défauts de ses ma-

chines à un malentendu ; celui-ci vient généralement du chef d'exploitation, dont les premières données de l'installation lui ont échappé.

Puis, nous voyons chaque jour se produire de véritables abus dans les dépenses exagérées auxquelles certains constructeurs entraînent les cultivateurs pour la pose et l'agencement des machines. Beaucoup de fermes perfectionneraient leur outillage d'intérieur si les frais de pose n'étaient aussi élevés.

On doit donc protester en faveur du cultivateur, et s'attacher à faire disparaître ces forces nuisibles qui entravent la marche du progrès. Nous pensons que la vulgarisation de quelques données pratiques sur l'établissement des machines de ferme, produiraient un très bon effet auprès des propriétaires. Elles leurs permettraient, de pouvoir se rendre compte de la force que peut donner tel ou tel moteur; ou, quel travail peut fournir une force donnée, agissant sur telle ou telle machine motrice.

Par la grande publicité du Journal de l' Agriculture ^ notre but ne saurait avoir que d'heureux résultats.

Des machines el des causes qui président dans leur bon fonctionnement. — Une machine est formée par l'assemblage de leviers mis en mouvement par des forces, dans le but de transformer celles-ci en travail utile.

Force. — On entend par force toute cause qui produit ou qui est susceptible de produire un mouvement. Un cheval qui traîne une voiture, la vapeur qui actionne le piston d'une machine à vapeur, l'eau qui fait tourner la roue d'un moulin, le vent qui met en mouvement les ailes d'un moulin, sont des forces.

Moteur. — Le corps qui produit une forcé quelconque est appelé moteur. Un cheval, l'eau, la chaleur, etc., sontdes moteurs. Parmi ces moteurs il en est d'animés, c'est-à-dire possédant la vie, tels sont les animaux. D'autres sont inanimés ou naturels, tels sont : les ressorts, la pesanteur, l'air, l'eau, la chaleur et l'électricité. Ces moteurs fournissent à très bon marché les forces nécessaires pour actionner nos machines. Aussi, l'homme ne cesse-t-il de les utiliser au moyen de machines réceptrices, comme les moulins à vent, les machines à vapeur, les roues hydrauliques, etc.

Nature des forces. — Une force est dite puissance, lorsqu'elle produit du mouvement; elle est dite résistance, lorsqu'elle tend à arrêter le mouvement.

Le cheval qui tend à entraîner une charge, est une force puissance; le frottement qui s'exerce aux points où les roues touchent le sol, est une force résistance. Ceci est très important, car on dit souvent d'une machine qu'elle est d'un rendement de 70 pour 100. Cela veut dire que, sur 100 kilogrammètres de travail fournis, 70 seulement sont utilisés pour produire du travail utile. Les 30 autres kilogrammètres ont été absorbés par le frottement.

Mesure des forces. — Pour comparer les forces entre elles suivant leur intensité, il a fallu les mesurer et les rapporter à une unité. On se sert, pour cela, d'un appareil appelé dynamomètre, composé en principe d'un ressort ou lame. En tirant au milieu de cette lame, elle fléchira d'autant plus que la force appliquée sera plus grande. A cette

lame est fixé un crayon qui enregistre par un trait noir la flexion du ressort, sur une bande de papier blanc, se déroulant uniformément. De cette façon, on a pu voir qu'un cheval, un mulet ou un âne, attelés à différentes machines, peuvent exercer, par seconde, les efforts moyens consignés dans le tableau suivant :

Poids ou efTort Vitesse par Nature des machiines. moyen exercé. seconde.

Un cheval attelé à une voiture et allant au pas 70 kilog. 90 cent.

— — à un manège — 45 — 90 —

Un bœuf — — — GO — 60 —

Un mulet — — — 30 — 90 —

Un âne — — — 14 — 80 —

Travail d'une force. — Toutes les fois qu'une force quelconque parcourt un certain espace, on dit qu'il y a production de travail mécanique. Donc, le travail d'une force constante est égal au produit de la force, exprimée en kilogrammes, par le chemin parcouru suivant la direction de la force, exprimée en mètres. Si Ton représente par F la force, et par e le chemin parcouru, le travail développé s'exprimera par la formule suivante :

Travail =Fx a

1° Exemple. — - Quel est le travail développé par un cheval exerçant un effort de 45 kilog. par seconde, marchant à une allure de 0m.90 et pendant une heure.

En appliquant la formule précédente, on a :

Travail = 45x0 m. 90x3,600 = 145,800 kilogrammètres.

2° Exemple. — Quel est le travail exercé pendant une heure, par un bœuf tournant à un manège d'un diamètre de 6 mètres; ce bœuf fait deux tours par minute et exerce une traction de 60 kilog. par seconde.

Ce pro])lème est un peu plus compliqué que le précédent ; mais il se réduit à chercher les valeurs de F et de e, puis à appliquer la formule précédente. F= 60 kilog., e = 2- llx2X 60 = 6 X3,1416 X 2 X 60= 2260 m. 80. D'où, le travail T = 60 X 2260,80 = 135,648 kilogrammètres.

Unités de mesure du travail mécanique. — On emploie souvent dans la pratique les expressions de kilogrammètre et de cheval-vapeur. Le kilogrammètre est le travail qu'il faut développer, pour élever à un mètre de haut, dans une seconde, un poids de 1 kilog. On représente cette unité par les lettres Inng.

Le cheval-vapeur, équivaut à 75 kilogrammètres. On dit souvent qu'un moteur est de la puissance de six chevaux; cela veut dire que le travail dynamique produit par ce moteur, en une seconde, équivaut à 75 x6 = 450 kilogrammètres. On a: 450/75 ^6 chevaux-vapeur.

Il ne faut pas confondre le cheval-vapeur avec le cheval de nos fermes, parce qu'il ne donne pas par seconde 75 kmg. Au manège, un cheval de moyenne force, ne peut donner que 40.5 kilogrammètres par seconde, pendant huit heures. En réalité, ce cheval ne représente donc que 40.5/75 = 0.54 de cheval-vapeur.

On voit par là que, pour un travailsoutenupendant 8 heures, il faut presque deux chevaux, pour produire le même travail qu'un clïeValvapeur.

Voici d'après le tableau suivant, le travail que peut fournir un moteur animé dans un temps donné :

Effort Durée Quantité

moyen Vitesse Travail du de

par par par travail travail

Moteurs et Machines. seconde, seconde. seconde, journalier. journalière.

Un cheval attelé à une voiture

et allant au pas 70 90 cent. 63 kgm. 10 heures 2,108,000 kgm.

Un cheval attelé à un manège

et allant au pas 45 90 40,5 8 1,166,400

Un b(Buf attelé à un manège

et allant au jjas 60 60 36 8 1,036,800

Un mulet attelé à un manège

et allant au pas 30 90 27 8 777 ,600

Un âne attelé à un manège

et allant au pas 14 80 11.2 8 322,560

Ces cliiffrês sont à considérer lorsqu'on veut établir des machines actioimées par des moteurs animés. Suivant la force exigée, on mettra 1 , 2 ou 3 animaux.

Peu d'expériences ont été faites jusqu'ici sur la force exigée par les différentes machines d'intérieur de ferme.

Ainsi, la Société des agriculteurs de France a fait des expériences dynamométriques sur les batteuses à grand travail, en 1880. Il résulte de ces expériences, que le travail exigé par kilog de gerbe de blé battu a varié entre de 525 à 680 kilogrammètres, et pour le seigle de 455 à 900 kilogrammètres. Ces écarts sont dus à la longueur de la paille et à son état de siccité.

D après M. Ringelmann, les grands coupe-racines demanderaient un travailde un cheval-vapeur ou 75 kilogrammètres par seconde, pour couper 3,'!00 kilog. de betteraves à l'heure.

M. Grandvoinnet admet qu'il faut de 700 à 1,100 kilogrammètres pour couper la paille en fragments de un centimètre de longueur; de 350 à 550 si les fragments ont 2 centimètres.

En Angleterre des expériences dynamométriques sur les hachepaille, ont donné les résultats suivants au concours d'Oxford :

Kilogrammètres dépenses Temps nécessaire

par kilogramme de pour couper 1,000 kilog.

Hache-paille. paille coupée. de paille.

A vapeur : m. s.

Premier prix 367 41' 18*

Deuxième prix 559 50 49

Troisième prix 454 58 20

Très recommandé 786 70 32

Recommandé 707 74 30

Médaille spéciale 595 49 20

A bras :

Premier prix 332 509 »

Deuxième prix 338 661 41

Très recommandé 387 601 31

Tiès recommandé 402 551 23

En résumé, il faut compter pour un hache-paille à bras de 400 à 600 kilogrammètres par kilog. de paille coupée à 1 centimètre de longueur; et de 200 à 300 kmg. si les morceaux sont de 2 centimètres. D'après ces chiffres il faudrait : pour une longueur de 1 centimètre, 400 à 600 kmg. ; pour une longueur de 2 centimètres, 200 à 300 kmg.; pour une longueur de 4 centimètres, 100 à 150 kmg.; pour une longueur de 8 centimètres, 50 à 75 kmg.

Connaissant des chiffres, il est très facile de trouver le nombre de chevaux ou la force que doit posséder un moteur pour mettre en mar-

che les machines. Supposons par exemple, qu'on ait un hache-paille débitant 400 kilog. de paille à l'heure; cette paille est coupée à un centimètre de longueur quelle sera le nombre de chevaux qu'il faudra atteler à un manège pour le mettre en marche.

Cherchons d'abord la quantité de paille coupée par seconde; celle-ci sera : 400/3,600 = 0 kil. 111.

Comme il faut 600 kilogrammètres pour couper 1 kilog. de paille, 111 gr. exigeront donc un travail de 600 XO.111 1=66.60 kmg. par seconde.

Comme un cheval au manège ne fournit que 40 kmg. 5 de travail, pour donner 60 kmg. 60, il faudra 66.60/40.5 = 1 cheval 64, ou en chiffre rond 2 chevaux. L. Fontaine,

Professeur à TEcole pratique des Faurelles (Charente).

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