PRÉSERVATION DES VIGNES DES GELEES PRINTANIÈRES
L'année dernière, je signalais à l'attention des lecteurs du Journal de l'Agriculture (numéro du 27 avril) un nouveau système d'abri imaginé par un propriétaire de ma région, en vue de préserver économiquement les vignes des gelées printanières. Ce système simple et pratique est avantageusement employé, et tous ceux qui en ont fait l'essai se proposent de l'appliquer dans la totalité de leurs vignobles. Je n'en ferai pas une nouvelle description, et je ne rappellerai pas en détail les avantages qu'on retire de son emploi ; ceux qui ne le connaissent pas, pourront se renseigner en consultant le numéro du Journal ci-dessus désigné.
Depuis lors, en dehors des perfectionnements apportés dans l'utilisation des foyers, d'autres procédés de préservation ont été préconisés; tels sont, d'une part, l'emploi des toiles qui tend à se répandre dans la grande culture, parce qu'il est beaucoup moins dispendieux et moins onéreux que celui des paillassons ordinaires, souples ou rigides, et d'autre part, l'emploi d'une certaine préparation dans laquelle entrent en grande proportion des matières résineuses. Cette préparation, dite mixture résineuse, est due au capitaine Lubot-Barbon ; on l'applique sur les boutons avant leur bourgeonnement.
De l'emploi des toiles-abris. — Ce système d'abris est mis en pratique cette année sur une grande étendue, par bon nombre de vignerons de ma région. Les toiles employées ne sont pas fabriquées spécialement pour cet usage, car ce sont des toiles d'emballage à mailles assez serrées. Elles sont de différentes largeurs, suivant qu'on les destine à abriter avec une seule largeur, un ou deux rangs de vignes, ou des vignes en espalier, ou en contre-espalier, soit 0 m. 65 pour un seul rang, eti m. 20 pour deux rangs.
Parmi les systèmes de fixation des bandes de toile que j'ai vu employer, un seul mérite l'attention de ceux qui s'intéressent à la question de préservation des vignes des gelées printanières.
Ce système est aussi facilement applicable pour la protection des vignes en cordons, conduites sur fil de fer, que pour celle des vignes conduites en souches en gobelet sur échalas. Dans le premier cas, il est nécessaire de couvrir" les rangs de vignes deux par deux, pour que les supports employés pour soutenir et tendre la toile, aient deux