ORIGINE DU BLÉ
L'historien grec Diodore de Sicile croit que le blé vient de la Palestine entre le Tigre et l'Euphrate ; de Candolle en dit autant.
En tous cas, si les recherches des savants ne peuvent préciser l'origine, sa culture est très ancienne. Dans les sarcophages des plus vieux rois d'Egypte, on a trouvé des grains de blé parfaitement conservés. Dans certains lacs suisses, on en trouve également enfouis dans la vase ou sous les débris antiques des habitations lacustres.
Sur les restes des anciennes civilisations, ne trouve-t-on pas des épis semblables aux nôtres, ne voyons-nous pas de vieilles médailles figurant des gerbes de blé.
Les auteurs anciens disent que les Grecs cultivaient particulièrement l'épeautre et les Romains l'orge. C'est très contestable, attendu que l'on préfère toujours cultiver les meilleures espèces.
Il y a donc là une incertitude sur le point de départ, et la culture a fait supposer à une plante créée par l'homme, non de toutes pièces, mais bien à la suite d'une sorte de sélection continue.
M. Leclerc, dans son Manuel agricole, dit que le blé semble provenir de W^gilops^ que M. Latapie, ancien professeur de botanique à Bordeaux, dans un voyage en Sicile a recueilli des graines d'/Egilops ovattty qu'il les a semées dans un sol substantiel et qu'en semant ainsi tous les ans il a obtenu du blé de la plus belle qualité.
N'est-ce pas là cette sorte de sélection continue pour laquelle penchent quelques théoriciens affamés de nouveaux phénomènes qu'ils voudraient comparer à la production de la carotte ou du panais!
L'assertion de M. Leclerc résultant de sa lecture de l'Encyclopédie moderne publiée par Firmin Didot est erronée, et les meilleures preuves que l'on puisse alléguer, sont les intéressantes études entreprises par MM. le docteur Godron et Louis Vilmorin, études démontrant que si la fécondation de Ï^-Egilops par le pollen du blé est possible, il n'en résulte aucunement que cette plante ait jamais donné du blé. Les travaux de M. Latapie auraient donc consisté dans la sélection de IzEgilops ourt/a, laquelle lui aurait fourni l\t!gilopK triticoïdes {qui n'est autre chose que l'hybride de l'/E. ovata et de VM.vulgare).
Les arguments ne sont donc pas suffisamment forts pour nous démontrer que le blé est issu de l\Egilopslriliœïdes qui retourne à un ancêtre (coup en arrière des Allemands), preuve d'un croisement. Et, depuis les temps les plus reculés, le froment n'a guère varié, malgré les diverses conditions de culture dans laquelle il s'est trouvé. Il a grossi, on a créé des variétés, mais il ne s'est pas écarté du type primitif. Dans les hypogées des Pharaons, dans les ruines de Pompéï et d'Herculanum, on a trouvé des variétés de blés à peu près semblables aux nôtres. L'oeuvre de l'homme a été d'en accroître le nombre, de choisir les meilleures à cultiver, mais jamais de les modifier dans leur structure propre. C'est un travail qui s'explique et ne reste pas dans l'ombre, comme la création. M. PiégaRd,
Attaché au service agricole de Loir-et-Cher.
Saint- Jean-d'AtauXj 10 avril 1893.
Voici le résumé des faits météorologiques observés en mars 1893 à la Station d'Ataux :
59 î SITUATION AGRICOLE DANS LA DORDOGNE.
Voici le résumé des faits météorologiques observés en mars 1893 à la Station d 'A taux :
Moyenne barométrique : 750'""M0; maximum de pression, 760""". 22 le 7; minimum, 742""". 17 les 13, 28, 30 et 31.
Moyenne thermométrique : -h 12". 43; maxima + 28° le 27; minima — 2" le 18.
Nébulosité : Temps plus ou moins couvert, 13 jours ; beau ciel, 18.
Pluie : 4 jours (1, 13, 14, 15); eau tombée, 34 millimètres.
Brouillard : 4 jours. Gelée blanche^ 3 jours. Rosée, 14 jours. Grésil^ 1 jour, le 15. Orage, 3 jours (13, 14, 15). Direction du vent, 4 jours du nord, 4 du nord-est, 15 de l'est, 3 du sud-est, 3 du sud, 1 du sud-ouest, 1 de l'ouest.
Relativement aux moyennes normales, le mois de mars 1893 a présenté les résultats suivants : baromètre plus haut de 4'"™. 29 ; thermomètre plus haut de 4». 06; nébulosité plus faible de 8 : pluie inférieure de 65™"". 33.
Durant le mois de mars, dans sa dernière dizaine surtout, la température s'est sensiblement élevée, ainsi que s'est, accrue la radiation solaire; vers le 20, le réveil de la végétation s'accentuait de toute part et ne s'est plus ralenti depuis.
C'est le mois des sourires et des promesses, hélas souvent bien trompeurs ! Tant que la période des gelées, et elle dure dans notre région jusqu'à la seconde quinzaine de mai, tiendra sur sa tète son épée de Damoclès, le cultivateur sera dans les transes. Pour le moment tout marche à souhait, plantes et cultures; Dieu veuille que cela dure! E. de Lentilhac.
Séance du 12 avril 1893. — Présidence de M. Tisserand.
M. Lhotelain, correspondant, envoie le compte rendu des obsèques de M. Charlier. A ce sujet, MM. Doniol, Gréa, Chauveau et Lavalard rappellent les services rendus à l'art vétérinaire et aux éleveurs par M. Charlier, l'inventeur d'un procédé de castration des vaches et d'une ferrure périplantaire.
M. d'Arbois de Jubainville, récemment élu correspondant, remercie la Société de sa nomination.
La correspondance imprimée renferme les volumes suivants : La culture du blé^ par F. Berger; Ànnalea de la science agronomique française et étrangère, par L. Grandeau, 9'' année, tome I, I'"' fascicule; Annales de l'Institut agricole du canton de Vaud, années 1890 et
M. de Luçay fait une très importante communication sur la question des octrois actuellement à l'ordre du jour, le Parlement devant très prochainement discuter un rapport de M. Guillemet sur le sujet. Il fait l'historique de la question depuis la Constituante jusqu'à nos jours et fait connaître les modifications présentées. 11 n'est pas partisan de la suppression des octrois, car 1,500 communes seulement y sont sujettes en France et, pour remédier à cette suppression, il faudrait faire un prélèvement sur les impôts généraux.
Il demande que les villes ne puisssnt dépasser sous aucun prétexte le tarif arrêté en 1870 par le Conseil d'Etat. En employant ce système, les villes conserveraient un impôt légitime et on aurait l'avantage d'empêcher la dépopulation des campagnes.
M. Bouquet de la Grye présente, de la part de M. Fleury-Berger, une brochure sur l'emploi des semis à la volée dans la culture du blé.
M. de Vilmorin entretient la Société de la ve.sce velue et rend compte des essais entrepris par lui en 1892. A l'aspect des parcelles
on est frappé du résultat obtenu en semant un mélange de vesce velue et de seigle d'hiver, surtout pour des coupes précoces. Ce mélange est donc très intéressant à signaîer, car il est appelé à rendre de grands services à l'agriculture surtout si l'on ajoute que la vesce velue résiste très bien au froid. — M. Palluat de Besset confirme ces renseignements et ajoute que la vesce velue a résisté dans la Loire à des froids de — 27 degrés.
L'ordre du jour appelle l'élection d'un correspondant dans la section d'arboriculture forestière. M. le baron de l'Epée est élu par 37 voix contre 3 données à M. F. Caquet, et un bulletin blanc. — Il est procédé ensuite à l'élection d'une Commission spéciale, chargée de faire fonction de section pour la présentation de candidats à une place de membre associé étranger, vacante dans la section hors cadre. Sont élus : MM. Risler, André, Chauveau, Dehérain, Milne-Edwards, Cheysson, Marie, Aimé Girard et de Noailles, auxquels se réunira le Bureau, composé de MM. Tisserand, Chatin, Louis Passy, Liébaut et de Vilmorin. Georges Marsais.
(15 AVRIL 1893) I. — Situation générale.
La prolongation de la sécheresse excite de tous côtés des plaintes relatives à la levée des céréales de printemps et à la pousse des prairies. Les prix des hlés sont mieux soutenus que dans ces derniers temps ; ceux des autres grains ne changent pas. Les fourrages sont à cours très fermes. Le commerce des vins est encore peu actif à la suite des fêtes de Pâques. Les huiles, les sucres, les alcools conservent à peu près la même tenue. Les primeurs se vendent bien; mais les produits de basse-cour et de laiterie ont une assez mauvaise vente. Le bétail conserve bien ses prix.