‹ Journal de l'agriculture (volume 3)Chapitre 408 sur 691 · LES VIGNES AMERICAINES DANS LA COTE-D OR · texte numérisé non relu

LES VIGNES AMERICAINES DANS LA COTE-D OR

« MM. Ghouet frères ont, dans divers climats, des plantations très intéressantes à divers titres; d'abord au point de vue du mode de greffage : ils plantent en mars des porte-greffes racines et greffent surplace au mois de juin suivant; ils ont eu celte année une reprise de90 pour 100; ils greffent ainsi depuis trois ans; mais les deux premières années, les vers blancs ont ravagé leurs plantations; cela ne les a pas découragés et ils se montrent toujours très satisfaits de ce mode de greffage. C'est un des rares exemples de greffage sur place pratiqué en grande culture et ayant réussi en Gôte-d'Or. L)e plus, on trouve dans leur plantation deux cépages intéressants : l'un, la Mondeuse, très répandu dans la Savoie et l'Isère, est conduit en treilles avec branches charpentières fixes et donne ainsi très abondamment de beaux raisins; mais ce plant ne mûrit pas complètement ses fruits dans les années froides, il n'est pas à conseiller à cause de cela; l'autre a été pris dans la vallée du Grrésivaudan (Isère), où il est connu sous le nom de Jaubertin; les 100 pieds de trois ans, que MM. Ghouet possèdent, leur ont donné, cette année, près d'une pièce de vin.

« Dans les coteaux de Meursault, au-dessous des carrières, le Riparia convient bien comme porte-greffe, sauf cependant dans les climats des Genevrières et des Gharmes où le Solonis doit lui être préféré.

« Plus on monte au-dessus des carrières, plus le Solonis devient nécessaire, jusqu'à une bande^de terre blanche, heureusement de peu d'iuiporiance, où on aperçoit alors quelques insuccès. C'est ainsi qu'en Morvaux, près de la Chaume, en allant du côté de Blagny, on voit, au-dessus de quelques parcelles très belles en Portugais bleu et Gamay de Bévy sur Solonis, quelques essais de pieds mères eu con.pjet dépérissement.

a En se dirigeant du côté des grands vins blancs, on rencontre un petit climat (en Quenet), situé au-dessous de Blagny, où le Rupestris végète mieux que le Riparia.

« A paitir de là, on se trouve dans des terres rouges, caillouteuses, dont les couches augmentent d'importance jusqu'au Montrachct où on les trouve alors avec plus d'un mètre d'épaisseur. Cette terre a été citée spécialement, par M. Viala, comme type de terre à Riparia. Pas un vide n'y existe; beaucoup de vignes ont été conservées par le sulfure en état satisfaisant et celles qui n'ont pu l'être sont replantées.

« A Blagny, le coteau peut supporter le Solonis presque jusque dans sa partie supérieure, ainsi que le prouve une parcelle de quatre ans en bel état de végétation, située au-dessus d'une plantation de M. Naudin.

« A Saint-Aubin-Gamay, je me suis surtout attaché à parcourir les terrains blancs en laissant de côté les coteaux en terre rouge où l'adaptation sera facile. Le versant qui sépare Saint- Aubin de Gamay est tellement calcaire que dans maint endroit le Solonis pourra à peine arriver à la moitié du coteau ; car l'année qui vient de s'écouler a été très sèche et par suite peu propice à la chlorose, tandis qu'une année humide pourra, je crois, causer bien des déceptions dans ces sortes de terrains. Les vignes de MM. Naudin m'ont paru résumer l'ensemble des plantations du pays. On y rencontre des reconstitutions dans le bas du coteau où le Solonis domine, tandis que le Riparia et le Rupestris se rabougrissent; puis des vignes sulfurées en bon état, et enfin dans les parties très calcaires des plantations en plants français. J'ai été frappé, dans ces dernières, du peu de vigueur des jeunes ceps dans les parties très calcaires, ce qui semble prouver qu'il ne faudra pas s'étonner de la faible végétation des hybrides mis en essais dans les mêmes conditions, puisque la vigne française elle-même est si longue à s'y racincr.

« A Saint-Romain, on trouve, chez M. Sordet, la collection de tous les hybrides que M. Gouderc préconise pour la replantation des terrains calcaires. Nous y voyons surtout le Gamay- Gouderc, dans leauel M. Sordet a si grande confiance qu'à partir de l'année prochaine il l'emploiera comme unique porle-greffe. A côté du Gamay Gouderc, M. Sordet nous fait remarquer comme bons pour les terrains calcaires : les n"= 601 (Bourisquou Rupestris Martin), 1202 (Mourvèdre, Rupestris), 3303 (Canada Rupestris), 1305 (Pinot Rupestris), 901 (Chasselas Rupestris Martin), 1615 et 1616 (Solonis Riparia) 1702 (Vialla Riparia). Il a mis des Gamay Gouderc en expérience un peu partout, mais lesplus intéressants sont des Gamay Gouderc greffés et plantés depuis trois ans ddns une terre blanche

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