LES VIGNES AMÉRICAINES DANS LA GOTE-D'OR
très mauvaise (en Jarrons). La végétation est suffisante et le grossissement du pied est régulier. Plus bas, cfuclques rangs de greffes sur Solonis Riparia sont verts, mais n'ont pas la moitié da la vigueur des greffes sur Gamay Couderc. En descendant encore vers le vallon, mais toujours en terre blanche, se trouvent des greffes de deux ans et d'un an sur les divers numéros des hybrides Gouderc, parmi lesquels les n"" 601, 1202, 3303 comoaencent à se distinguer des autres.
« A Auxey, il n'y a rien de bien saillant comme reconstitution en terrain calcaire, mais l'année prochaine, je pourrai montrer quebfues résultats intéressants, grâce au Comité de vigilance qui m'a fourni une collection très complète de porte-greffes. »
III. Arrondissement de Semur. — Les champs d'adaptation sur les communes de Corrombles, Ecorsain, Flavigny, Juilly, Massinoy-les- Semur,Rouvray et Semur ont été visités par M. Belin, maire de Juilly.
Voici comment notre collègue apprécie l'état des plants mis en expérience dans ces champs d'adaptation :
« Les renseignements transmis au Comité par les directeurs sont aussi exacts
3ue possible; mais, en général, les plantations sont encore trop faibles pour avoir es résultats bien concluants. Cette faiblesse me paraît provenir :
« 1° D'une plantation un peu tardiv^e;
« 2*' De la soudure insuffisante de certains plants;
« 3° Des gelées répétées, dont ils ont eu à souffrir.
« La reprise étant néanmoins assez bonne pour la plus grande partie des pieds, dans un an ou deux on pourra se rendre compte plus exactement de la valeur des porte-greffes dans les différents terrains.
« Les champs sont assez bien cultivés, mais plus les propriétaires ont pris de soin pour planter, plus les plants sont avancés et beaux. En somme, je crois que le Riparia, le Solonis, le Vialla et le York sont très bonsdans nos terrains comme porte-greffes. Je constate aussi que l'initiative du Comité a porté se^^ fruits et que partout on se prépare à reconstituer, môme avant l'apparition du phylloxéra. »
Ces renseignements peuvent être complétés par quelques remarques tirées des feuilles transmises au Comité par les directeurs des champs d'adaptation : Solonis, bons résultats; — Vialla, bons résultats ; — Riparia, passable ; — Jacquez, mauvais ; — Ilupestris, très mauvais ; — Noah et Othello, végètent bien ; — Autres producteurs directs, végètent mal. J. Margottet.
Bulletin du 1" trimestre 1893. — II.
Horticulture. — En Normandie, un certain nombre de poiriers sont attaqués par la larve de la Saperde à échelon {Saperda scolaris).
Ce coléoptère a une longueur de 15 millimètres, le corselet à duvet jaune marqué de trois taches noires, les élytres à gra-ides taches d'un beau jaune parfois verdâtre souvent confluentes, dessous à pubescence d'un jaune verdâtre, antennes de onze articles, cétacées. garnies au-uessus de cils nomlireux, la tête à face aplatie, verticale, torse à crochets simples.
L'insecte parfait se rencontre assez rarement, on le trouve quelquefois montant le long du tronc des poiriers ou bien posé sur des fleurs d ombellifères exposées au soleil.
On rencontre bien plus souvent la larve qui creuse dos galeries tortueuses entre l'écorce et l'aubier des poiriers, des cerisiers et des noyers; on voit bientôt les branches dépérir, les feuilles s'étioler et se faner, mais la branche attaquée ne meurt que l'année suivante et est souvent cassée par le vent, les galeries creusées par la larve la rendant plus fragile que les autres.
Voici la description de cette larve :
Tête relativement petite, parallèle, mandibules robustes, taillées en biseau intérieurement, prothorax subcorné, et roux en-dessus, possédant les granulations très petites et très serrées; ampoules ambulatoires couvertes d'aspérités extrêmement denses et d'une excessive finesse.
"•'Le meilleur moyen de destruction consisle à rechercher les larves dans les branches alleinles el à les écraser; on ne tarde pas, grâce à la sciure rejetée par la larve, à découvrir facilement sa galerie.
— Voici un nouveau procédé employé par M. Briet au domaine'de l'Habra (Algérie) pour la destruction drs altises.
. Avoir de l'eau bouillanlc obtenue sur place soit au moyen d'une éluve portative, soit au moyen d'un vase quelconque, et à l'aide d'un arrosoir muni de sa pomme en asperger les. endroits contaminés. Toute altise touchée par l'eau ou simplement par la vapeur d'eau, est instantanément foudroyée.
Dans les endroits couverts de mottes, d'herbes ou de feuilles, de branchages, il suffit de donner une aspersion assez forte à titre d'appel pour voir remonter les altises après quelques minutes, et au moyen d'une seconde aspersion les détruire.
Agir de môme sur les tas de pierres et sur les murs en pierres. Dans ces derniers, de même que sous les écorces d'arbres, il serait préférable, si possible, d'employer des jets de vapeur.
Voilà le procédé de M. Briet, Nous ne doutons pas de son efficacité et il est certain que les altises touchées par l'eau bouillante ou la vapeur d'eau seront détruites, mais il faut beaucoup d'eau pour opérer et ce moyen de destruction n'est applicable que dans les vignobles situés à proximité de l'eau el non dans les localités où l'eau fait défaut ou se trouve éloignée des vignes à traiter.
Apiculture. — L'année dernière, tout le monde vantait l'emploi de la toile cirée pour maintenir dans les ruclics un degré constant d'humidité, reconnu comme étant indispensable à la santé des abeilles, cette année on commence à médire sur l'emploi de celte toile.
M. Marcel Dupont déclare que la toile cirée occasionne en hiver par l'excès d'humidité qu'elle retient dans la ruche, la moisissure des gâteaux de cire.
Au rucher du laboratoire, la moisissure ne s'est développée que dans les ruches à population faible, sur les gâteaux vides qui n'étaient pas recouverts par les abeilles; nous détruisons 1res facilement cette moisissure au printemps tout simplement en mouillant la cire avec de l'alcool à 90 degrés et en la faisant sécher au soleil; les cadres aînsi traités peuvent être, dès le lendemain, remis dans la ruche el sont aussitôt utilises par les abeilles.
Rai/ons arti/iciels à cellules de profondeur normale. — M. le pasteur Warnstorf vient d'inventer une machine à fabriquer le rayon artificiel el unilatéral à cellules de profondeur normale.
On sait que la feuille gaufrée telle qu'on l'emploie actuellement ne représente pour les abeilles que le plan d'un rayon à bâtir ou plutôt la fondation sur laquelle elles doivent édifier leurs cellules, mais ce travail quoique incomplet économise aux abeilles le temps qu'elles emploieraient à fabriquer la cire et à en faire des rayons, ce qui leur permet de rrcoltcr immédiatement du miel.
Il est donc tout naturel qu'un rayon artificiel complet, enlièremcnt achevé, soit encore plus précieux pour les abeilles que la feuille gaufrée qui ne présente que l'impression du fond des cellules el qu'en se rapprochant du rayon naturel il soit accueilli plus favorablement que la gaufre artificielle.
Dans les difï'érents essais qui ont été faits jusqu'à présent on s'est servi pour tâcher d'obtenir des rayons complets artificiels de prismes en métal à six côtés disposés dans un moule à la façon des caractères d'imprimerie dans la forme du composteur; ces prismes étaient fixes ou mobiles; couler dans ce moule de la cire fondue et lui donner la forme d'un rayon complet était chose facile, mais la grande difficulté était de retirer cette cire sou^ forme de rayon artificiel, du moule, sans le briser, parce que la cire sous l'influence du refroidissement enserrait les prismes avec une certaine force.
M. Warnstorf a vaincu celle difficulté au moyen d'une gride métallique très mince et très solide qui occupe le fond du moule et qui se compose de mailles hexagones. Chacune de ces mailles emboîte exactement un prisme et la grille se meut mécani(|uement de bas en haut et de haut en bas ou bien elle demeure immobile à volonté. Elle est construite et tendue si solidement qu'elle permet à l'opérateur de retirer le rayon des prismes sans déformation appréciable, que le mouvement de retrait soit imprimé au moule lui-même, tandis que la grille demeure iinobile, soit que ce mouvement soil donné à la gril'c, le moule demeurant immobile.
. On peut, au moyen de celte grille, obtenir des rayons artificiels à deux côtésf comme les rayons naturels, mais la fabrication de ces rayons est beaucoup plus difficile que celle des rayons à un seul côté, ce crui fait que l'inventeur de la machine ne s'est tenu jusqu'à présent qu'à la production des rayons à un seul côté.
Les abeilles paraissent aimer ces rayons tout autant que leurs rayons naturels pour emmagasiner le miel; dans aucun cas on n'a vu de couvain dans les rayons artificiels, bien qu'on en plaçât à dessein dans le nid à couvain.
Les rayons à un côté avec cellules d'ouvrières de profondeur normale, en sortant de la machine, pèsent une fois autant que deux gaufres ordinaires de la môme dimension et pas plus.
Nouvelles des ruches. — Aube. — Les fortes gelées de janvier et la neige qui est tombée en abondance pendant ce mois ont occasionné quelques mortalités dans certaines ruches, mais malgré le froid excessif les abeilles en général n'ont pas trop souffert et bon nombre de ruches contenaient du couvain en février,
Ain. — Les abeilles ont hiverné dans d'excellentes conditions, peu d'abeilles mortes malgré la rigueur de l'hiver, le thermomètre en janvier étant descendu à • — 30"; aucune trace de dysenterie. Les sorties générales onlcommencédepuis le 15 février.
Cher. — Les abeilles sortent en masse depuis le 25 janvier ; elles ont passé l'hiver dans d'excellentes conditions, aucune perle sensible à constalei'.
Basses-Alpes. — Les grands froids qui se sont fait sentir au commencement de janvier ont fait périr en masse les vieilles abeilles. Néanmoins les colonies sont toutes de première force et si le beau temps dure tout laisse prévoir une excellente récolte.
Marne. — Les abeilles n'ont pas souffert de l'hiver, elles ont très peu mangé pendant cette saison, les 15 et 16 février des sorties générales ont eu lieu et l'année se prépare dans de bonnes conditions.
Oime. — La récolte de la saison dernière a été inférieure aux années précédentes, rendement moyen de 15 kilog. Sorties bruyantes en février indiquant le bon état des ruches.
Haute-Savoie. — Les abeilles ont très bien passé l'hiver malgré le froid très long; la première sortie a eu lieu )e 26 janvier. Dès le 18 février des colonies rapportaient du pollen provenant des noisetiers.
Divers. — La gale des /iyues. — A l'occasion des fêtes de la Mi-Gareme et de Pâques, il est arrivé à Rouen une grande quantité de figues sèches de provenances diverses. Beaucoup de ces figues sont attaquées par un petit acarien fort désagréable, VAcarus Passularum, de Hering. Cet animal se distingue difficilement à l'œil nu, mais aussitôt que l'on place sous le champ d'observation d'une forte loupe, un peu de la poudre blanche qui recouvre les figues, on s'aperçoit que ce n'est qu'une masse grouillante d'acai'iens se remuant avec agilité dans tous les sens.
UAcarus Passularum est blanc laiteux avec deux taches brunes à l'arrière du corps, il a huit pattes el quelques longs filaments soyeux d'un beau blanc: il apparlient à la même famille des acariens qui déterminent la gale chez l'homme et chez la plupart des bestiaux.
Celui qui nous intéresse aciuellement se nourrit du suc des figues, en altère la qualité et les rend invendables au bout de quelque temps; il est dangereux pour les marchands épiciers de conserver dans leurs magasins des figues atteintes par ce ravageur, car les œufs microscopiques cju'il dépose sont susceptibles de se développer sur toute leur provision de figues, ce qui certainement leur causerait un assez grave préjudice. Il est donc nécessaire aussitôt que l'on a constaté la présence de cet acarien, de brûler ou enterrer les figues attaquées ainsi que le panier ou la boîte qui les contenait, et de laver à l'eau bouillanle l'endroit oii le tout était placé.
Maladies des écrcvisses. ^ En 1891, le Conseil général de l'Ain chargea M. Raphaël Dubois de rechercher la nature d'une maladie appelée la peste des écrevisses et qui avait, en quelques années, complètement dépeuplé les cours d'eau de ces crustacés.
Au cours des recherches faites par M. Dubois, ce dernier rencontra dans le .tube digestif des écrevisses malades une grande quantité d'organismes inférieurs
618 LABORATOIRE RÉGIONAL d'entomologie AGRICOLE.
Se présentant sous la forme de cellules allongées, ovoïdes, cylindriques ou étranglées vers le milieu selon le degré du développement avec une enveloppe à double contour, un protoplasma vacuolaire s'échappant sous forme amœloïde d'une des extrémités par un petit orifice s'ouvrant de côté.
Des écrevisses séparées par un barrage de la région oiî la maladie était endémique restèrent indemnes, ce qui fit supposer à M. Dubois que l'agent de la transmission était un animal remontant les cours d'eau en communication libre avec la mer d'où viendrait le parasite et que c'était peut-être un poisson.
Pour éclaircirce point, des écrevisses saines furent renfermées dans un certain nombre de réservoirs, où elles furent mises chacune à un régime spécial, les unes recevant de la viande de Boucherie, les autres de la chair de diverses espèces de poissons du lac : truite, carpe, brochet, gardon.
Au bout de trois mois, toutes les écrevisses furent examinées, mais on ne rencontra des parasites anormaux que dans l'abdomen et les muscles des écrevisses nourries avec les gardons. Ces parasites sont identiques aux myxosporidies trouvées récemment par MM. Henneguy et Thélohan dans les écrevisses d'une autre provenance, mais dont les observateurs n'ont pu suivre l'évolution complète, M. Dubois se propose dans ses prochaines observations de rechercher s'il existe des rapports entre les divers parasites qui viennent d'être mentionnés.
Maladie des châtaigniers. — Une nouvelle m iladie qui atteintles châtaigniers vient d'être découverte par MM. Prillieux et Delacroix.
Cette maladie, appelée le Javart, attaque surtout les châtaigniers exploités en taillis pour la fabrication des cercles et des Jattes.
Le Javart apparaît sur l'écorce des jeunes rejets sous forme de taches allongées très apparentes, commençant presque immédiatement au -dessus de la souche et arrivant en très peu de temps à faire le tour complet de la tige. L'écorce atteinte perd vite sa coloration normale; elle prend le même aspect que si elle avait été fortement contusionnée, devient brunâtre et se déprime ; peu de temps après elle se dessèche, se crevasse en petites plaques qui se soulèvent, se détachent même sur certains points et laissent le bois complètement à nu. Les plaies de Javart ressemblent à celles du chancre du pommier, mais elles sont moins localisées.
D'après MM. Pi illieux et Delacroix la maladie serait due à un champignon appartenant au genre Diplodina. L'espèce paraît nouvelle et n'avait pas été observée jusqu'ici.
Une maladie du chêne-liège. — En Algérie, une maladie sévit sur le chêneliège et se traduit par l'accumulation d'une très grande quantité d'eau entre le bois et le liège de reproduction et par la pourriture du liber.
Ces poches, comparables à des abcès, contiennent souvent plus d'un litre d'eau sale, brune ayant une odeur désagréable d'une saveur douceâtre. Si on soulève complètement le liège, on constate que le liber est pourri et désagrégé.
Dans la région du Gonfé en allant de Bessombourg à la vallée de l'Oued- Djebel. M. le i}' Trabut a observé une assez grande tache de ce mal; plusieurs centaines d'arbres étaient fortement atteints.
D'après M. Trabut, la cause prédisposante de cette pourriture du liber serait attribuée à la nature du liège de reproduction q^ui appartient à la catégorie des lièges sans valeur nommée liège qui se vide. Le tissu satéreux, présente en efïet, une grande abondance de cellules dures qui, groupées en îlots, ayant souvent plus d'un centimètre de diamètre, se détachent en poudre par la dessiccation.
Dans les poches que contiennent ces arbres on trouve assez souvent des larves de diptères du groupe des syrphes.
Le traitement paraît assez simple : l'ouverture précoce des poches que l'on reconnaît assez facilement à quelques taches brunes du liège, puis le démasclage prématuré des parties avoisinant le mal, amèneront la dessiccation et permettront au liber de se reconstituer et de recouvrir le bois si les ulcères ne sont pas trop étendus. Enfin il serait bon aussi d'abattre les arbres très malades puis de greffer ras de terre les rejetons, avec de bonnes variétés. Paul Noël.
Directeur du laboratoire.
Le Journal a signalé à diverses reprises les efïorls poursuivis depuis quelques années par le Comité linier du nord de la France pour araé-
liorer les conditions de la culture du lin. Si la production de cette plante précieuse a considérablement diminué, ce n'est pas parce que le rendement en a diminué, mais parce que les bas prix auxquels les produits se vendent ont rendu la culture ruineuse. Il importe donc de chercher les moyens propres à augmenter les rendements ; les fumures appropriées et le choix des variétés constituent les méthodes qui doivent permettre de résoudre le problème. C'est pour faire connaître les résultats acquis à ce double point de vue, et pour les propager, que le Comité linier a organisé, dans plusieurs départements, des concours pour la culture du lin.
D'un autre côté, des champs de démonstration et d'essais pratiques pour la culture du lin ont été organisés depuis 1887 par M. Louis Comon, professeur départemental d'agriculture, d'abord dans le département du Pas-de-Calais, puis dans celui du Nord. Les résultats de ces essais ont été consignés dans plusieurs rapports importants, dont le dernier, qui se rapporte aux essais de 1892, vient de paraître.
Ces essais ont porté principalement sur les fumures et sur les variétés; ils ont été poursuivis dans 57 champs d'expériences répartis dans les divers arrondissements. Sur ce nombre, 28 ont été consacrés à des essais de fumures et de variétés, et 29 exclusivement à des essais de variétés. Nous en analyserons rapidement les résultats.
Variétés. — In des meilleurs moyens d'améliorer la culture du lin, c'est de rechercher des variétés pures donnant du rendement en poids, en même temps que de la qualité. Les lins de Riga sont depuis longtemps appréciés, mais ils ne donnent plus, dans la majorité des cas, les mêmes rendements qu'autrefois ; ce fait est attribué à ce que le commerce fournit souvent, au lieu de graines pures d'origine, des mélanges qui n'ont pas les mêmes qualités. Depuis quelques années, MM. Vilmorin-Andrieux livrent aux agriculteurs des Hjis de Pskoff, de provenance russe aussi, qui donnent des résultats supérieurs aux lins de Riga du commerce. « Le lin de Pskoff, dit M. Comon, lève plus tôt que la tonne et la sous-tonne de Riga*; il prend immédiatement une avance qu'il conserve normalement jusqu'à la récolte. Sa végétation est toujours plus vigoureuse, et sa couleur meilleure. Sa taille est invariablement plus élevée que celle du Riga. 11 est toujours moins branchu, mais donne peu de graines. Par contre, sa qualité textile est meilleure. » Ce lin de Pskoff, de Vilmorin, a été, dans les essais de 1892, cultivé comparativement avec un autre lin de Pskoff importé par M. Vallet-Roger, de Lille. Une planche, dont les figures 64 et 65 sont la reproduction, donne la comparaison entre le port de ces deux principales variétés.
Voici les résultats obtenus, en 1892, dans les cultures expérimentales de M. Comon.
Sous le rapport de la taille, les lins de Pskoff ont toujours présenté de la supériorité, sauf dans deux cas. Sous les autres rapports, les résultats moyens sont présentés comme il suit par hectare :
L Rappelons qu'on appelle Un de tonne le lin obtenu avec la graine d'imporlalion directe, e lin sous-tonne ou après-tonne celui de deuxième génération, c'est-à-diie le lin obtenu avec la graine provenant d'une culture de graines importées.
Nombre Rendement Valeur du Rendement Rendement Produit des essais en lin battu lin battu du lin battu en graines brut en argent.
en lin taillé.
kilog. fr. pour 100. kil. fr.
Riga-tonne 21 4,129 17.05 21.45 700 888.40
Riga-sous-tonne 10 3 ,672 11 30 14.90 6C,9 G05.60
Pskoff Vilmorin 41 4,625 17.80 22.77 574 962.10
Pskoiï Vilmorin sous-tonne.. 10- 4,108 16.80 19.53 529 850.90
PskoffVallet 25 4,549 16.70 20.42 618 945.10
De l'ensemble de ses essais sous le rapport des variétés, M. Gomon déduit des conclusions dont voici le texte :
c Les variétés de Pskoff, comparées au Riga, donnent : l°une plus grande hauteur de tiges ; 2" un plus grand rendement en lin battu ; 3" une plus grande valeur aux 100 kilog. de lin battu; 4° un plus fort rendement en lin teille ; 5° une plus grande précocité pour la levée, mais une moins grande pour la maturation ; 6" un plus grand produit brut en argent à l'hectare.
« Par contre, les lins de Pskoff ont : 1° un moins fort rendement en graine; 2" une moins grande résistance à la verse.
ce Les deux variétés de Pskoft comparées entre elles fournissent les résultats suivants : 1° le lin de Pskoft' russe donne un rendement moyen un peu plus faible en lin battu; 2" un rendement plus élevé en graine; 3° un prix plus élevé aux 100 kilog. de lin battu; k° un produit brutmoyen en argent à l'hectare supérieur de 48 fr. 72 à l'hectare.
« Le lin de Pskoff russe semble donc, en 1892, plus avantageux que le lin de Pskoff" Vilmorin. Les différences ne sont évidemment pas grandes, et les deux vari' tés ont présenté des caractères absolument analogues. Seulement, le Pskoff' Vilmorin, depuis six ans que nous le faisons cultiver et -fue nous l'étudions avec soin, a toujours présenté des caractères exactement semblables; nous ne connaissons pas son origine, mais on peut être convaincu que la source où le prend M. Vilmorin, est bien unique. Nous ne pourrions en dire autant du Pskoff russe, que nous expérimentons pour la première fois. Il nous faut attendre en 1893 et dans les années suivantes les résultats qu'il donnera, comme tonne et comme sous tonne.
« Le Pskoff" Vilmorin est d'un prix tellement élevé, que sa valeur pour nous ne dépend que de son aptitude à non dégénérer si nous continuons à la constater. Il nous faut nous rendre compte si le Pskoff' russe aura aussi cette aptitude, mais il a un avantage qu'on ne peut actuellement lui contester, c'est que son prix est moitié moins élevé que celui du Pskoff' Vilmorin.
« Il est certain que l'année 1 892 a été très favorable aux lins de Pskoff", parce que la saison a été sèche, et que ces lins ne craignent que la verse. Nos expériences précédentes nous permettent d'espérer que ces variétés continueront à être avantageuses en année moyenne. Quant aux années pluvieuses, nous savons qu'elles sont désastreuses pour les variétés à haute et fine tige. Nous connaissons de nombreux cultivateurs qui, devant les résultats de 1892, ne veulent plus entendre parler du Riga. Le Pskoff, suivant eux, est tellement supérieur qu'ils ont l'intention de ne plus faire usage que de cette variété. Nous avons essayé autant que nous l'avons pu, dans nos réunions agricoles, de réagir contre cet engouement ; le Pskoff" a des qualités, nous le croyons supérieur, mais il faut s'attendre à des déceptions dans les années défavorables.
« Cette variété possède encore un avantage sur lequel nous tenons à insister en terminant : elle possède une aptitude à la croissance rapide que n'ont pas les Riga. Il n'y a donc pas lieu, si l'on veut être prudent, de la pousser par les engrais. En tenant compte de ce que lorsque l'on applique les engrais on est aussi exposé à avoir une année pluvieuse qu'une année sèche, il est préférable quand on fait usage du Pskoff" de limiter les doses d'engrais, et surtout celles d'engrais azotés. On s'exposera ainsi bcc.uconp moins aux inconvénients de la verse, et on réalisera une économie utile, sur une culture dont les avantages sont, actuellement surtout, si aléatoires. »
Fumures. — La question des fumures est extrêmement délicate; la solution dépend, en effet, tant de la nature du sol que des récoltes antérieures et ^es caractères de la saison.
« Un principe général, dit M. Comon, sert de guide à tous les cultivateurs de lin sans exception : c'est de ne mettre le lin que sur vieil engrais. Le lin reçoit quelquefois une fumure directe, mis alors avant l'hiver, mais ce cas est tellement rare qu'il est inutile d'en parler. Le