‹ Journal de l'agriculture (volume 3)Chapitre 410 sur 691 · O.SO · texte numérisé non relu

O.SO

Fig. 64. — Port du lin de Riga.

Fig. 65. — Port du lin de Pskoff.

lin vient donc généralement après une céréale qui suit une plante sarclée, fumée, ou un trèfle, ou bien après un trèfle qui suit une céréale fumée. On le voit quelquefois après plante sarclée, mais on ne le rencontre jamais à la place d'une plante sarclée, c'est-à-dire sur

fumure directe de printemps. Il en résulte que, dans la presque totalité des cas, le lin suit une céréale déchaumée de suite après la récolte. Ce déchaumage est suivi lui-même par des hersages, et enfin par un labour d hiver. Au printemps quelquefois on donne un labour léger, mais généralement on se contente de passer une ou plusieurs fois l'extirpateur. Dans les deux cas, ce labour ou ces façons à Textirpateur sont suivis de hersages qui, avec le rouleau, achèvent d'ameublir la terre. »

Le plus souvent, c'est aux engrais azotés, principalement aux tourteaux et au purin, que les cultivateurs ont recours pour le lin. Les essais dont il s'agit ici ont eu pour principal objectif de rechercher l'influence des engrais minéraux, comparativement aux fumures ordinaires. Des combinaisons très variées ont été faites dans ces essais. M. Comon applique surtout une combinaison qui est la suivante : conserver une partie des tourteaux, et ajouter des engrais minéraux. Les tourteaux, les sels de potasse, les superphosphates sont enfouis à la fin de r hiver par un labour léger, à l'extirpateur, ou même, dans certains cas, à la herse; on ameublit alors la terre par des hersages et roulages répétés, et l'on sème. Les semailles terminées, on épand en couverture la moitié des doses de sulfate d'ammoniaque et de nitrate; la seconde moitié de ces engrais est semée de la même façon à la levée. Épandus de cette façon, ces engrais à action rapide exercent le maximum d'efl'et au point de vue de la rapidité et de la durée.

Il serait impossible de donner un tableau complet de toutes ces fumures d'essai. Toutefois, nous devons en reproduire quelques-unes avec les résultats qu'elles ont donnés. C'est ce qu'on trouvera dans le tableau suivant :

Rendement

Super-

Sulfate

Sulfate

Nitrate

Prix.

Tourteaux.

phosphate.

de potasse.

d'ammoniaque.

de soude.

des engrai.s.

Lin battu.

Graine!

kil.

kil.

kil.

kil.

kil.

fr.

kil.

kil.

Chlorure de potassium.

lli.20

M. Comon expose comme il suit les conséquences des faits constatés dans l'ensemble de ses essais :

« Comparaison des fumures au point de vue du rendement en lin battu. — Si nous prenons, dans tous nos essais de fumures, les résuUats de ceux de nos collaborateurs qui nous ont fourni les résultats complets, en éliminant ceux qui ont vendu sur pied, nous nous trouvons en présence de 19 essais comparables.

« Sur ces 19 essais, 13 ont fourni des excédents positifs de rendement en lin battu, en faveur de la fumure d'essai; les rendements des deux fumures ont été égaux dans trois d'entre eux et enfin la fumure témoin l'emporte dans les trois derniers.

« Dans ces 19 champs, la moyenne des rendements a été de 4,264 kilog. de lin battu à l'hectare, pour la fumure témoin, et de 4,475 kilog. pour la fumure d'essai. Soit un excédent moyen de 211 kilog. en faveur de cette dernière.

« Comparaison des fumures au point de vue du rendement en graine. — Le rendement en graine a été supérieur pour la fumure d'essai dans 10 champs; égal dans 6 et supérieur pour la fumure témoin dans 3.

« Le rendement moyen général en graine a été de 616 pour la fumure témoin, et 642 pour la fumure d'essai, soit un excédent moyen de 26 kilog. en faveur de la fumure d'essai.

« Comparaison des fumures au point de vue du rendement en lin teille. — ^ Chacun sait que le travail de la matière textile du lin pendant l'hiver à la ferme,

3ui était une méthode très répandue autrefois, ne se retrouve plus que dans nos eux arrondissements de Dunkerque et d'Hazebrouck, et encore, beaucoup de cultivateurs vendent directement leurs lins aux marchands, soit sur pied et en graine, soit à l'état de lin battu.

a 11 en résulte que parmi nos 19 cultivateurs qui ont établi des essais de fumures, nous n'en comptons que 6 qui aient travaillé leurs lins eux-mêmes et qui ont pu nous fournir leurs rendements.

« Les chiffres que nous pouvons donner ne peuvent donc, par suite du peu de renseignements que nous possédens, n'avoir qu'une importance très relative.

« 100 kilog. de lin battu ont fourni, en moyenne, 22 kil. 17 de lin teille pour la fumure témoin et le rendement pour les fumures d'essai a été de 22. 21. Il n'y a donc qu'une différence insignifiante. »

Sous le rapport du produit brut en argent, il est en moyenne de 921 fr. 10 pour la fumure témoin et de 976 fr. pour les fumures d'essai ; c'est une différence de 64 fr. 60 par hectare.

En résumé, les fumures complémentaires, telles qu'elles ont été exposées ici, paraissent convenir particulièrement aux. conditions du département du Nord ; comparées aux fumures complémentaires ordinaires du pays, elles ont donné, en 1892, un plus fort rendement en lin battu, en graine et en lin teille, comme un produit brut en argent plus élevé.

On doit savoir gré à M. Comon du dévouement qu'il a apporté dans l'organisation de ces cultures expérimentales et du travail qu'il a développé pour en exposer les résultats avec talent et précision.

Henry Sagnier.

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