‹ Journal de l'agriculture (volume 3)Chapitre 413 sur 691 · SUR LA DÉSINFECTION DKS ÉTABLES · texte numérisé non relu

SUR LA DÉSINFECTION DKS ÉTABLES

M. Moureau, vétérinaire diplômé au k'' d'artillerie à Héricourt, chargé de visiter les animaux à leur arrivée, consignera dans un procès-verhal, le résultat de son examen. Les soins, à ces animaux d'expérience, seront donnés par un homme spécial qui aura à éviter tout contact avec l'écurie n" 2, et avec les propriétaires do la maison qui continueront à soigner les quatre animaux malades. Les fourrages nécessaires à l'alimentation de l'écurie, seront apportés d'Héricourf, et livrés par l'entrepreneur des fourrages militaires.

A un jour qui sera fixé ultérieurement, les cinq animaux d'expérience, placés dans l'écurie désinfectée n" 1, seront examinés par une commission qui complétera le dit rapport. J. Boulland.

Byans, le 5 mars 189J.

Je soussigné, Moureau, vétérinaire diplômé eu garnison à Héricourt certifie avoir visité le 5 mars 1893, à 4 heures du soir, cinq bovins, présentés' comme devant servir de sujets d'expérience.

Les cinq animaux sont trf;s maigres, mais tous sont en bonne santé, et aucun ne présente les caractères de la fièvre aphteuse.

Après avoir été chaussés pour traverser la cour de M, Pierre Canel, ils ont été placés dans l'écurie désinfectée ce matin. De même on a placé la paille et le foin au fond de l'écurie. Les indications nécessaires ont été fournies à la personne chargée de donner des soins à ces animaux. Moureau.

Fait à Byans, chez M. I^ierre Canel, le 5 mars 1893.

Nous soussignés : Rollin^ chef du service sanitaire de la Haute-Saône*

nous sommes à ce jour, transportés à Byans, canton d'Héricourt (Haute-Saône), à l'effet de visiter des animaux de l'espèce bovine, placés par les soins de M. Boulbnd, dans une des écuries du sieur Pierre Ganel, propriétaire cullivateur au dit Byans, dans laquelle se trouvaient, préalablement d'autres bovins, atteints de fièvre aphteuse; d'examiner tout particulièrement s'ils sont ou non allcinls de la maladie contagieuse, et de dresser procès-verbal de notre examen.

MM. Boulland, Jules Japy, industriel àBeaucourt, et le maire de la commune de Byans, assistent à nos opérations. M. Larnict, chef du service sanitaire du Doubs, invité à faire partie de notre Commission, se fait excuserpar lettre. ...

Les cinq animaux sont extraits séparément de l'écurie et examinés avec lapins grande attention.

Tous sont en santé parfaite, et ne portent soit sur les mamelles, soit sur les espaces intcrdigités ou dans les gueules, aucune marque, aucun caractère de la fièvre aphteuse.

En conséquence, nous certifions, à l'unanimiié, qu'à ce jour, c'est-à-dire dix jours après leur entrée à l'écurie, les animaux n'ont pas contracté la maladie contagieuse dont étaient atteints les animaux qui occupaient leurs places auparavant comme le mentionne le rapport du 5 mars.

Bien que le séjour de dix jours nous apparaisse largement suffisant pour assurer la contagion de l'affection, si contagion devait se produire, nous demandons à M. Boulland, qui y consent, de prolonger la durée de l'expérience de cinq jours. BoLuix, MuLLEH, Deysmé, Jeaxperrin.

Byans, le 15 mars 1887.

Le 22 mars 1893, nous soussignés, Deysmé, Jeanperrin et Moureau, véte'rinaires, réunis à Byans, sur convocation à nous faite par M. Boulland, vétérinaire à Montbéliard, conformément à la demande, à lui adressée, par la commission RoUin, Muller, Deysmé et Jeanperrin, avons, à nouveau examiné les cinq bovins d'expérience placés, le 5 dernier, dans l'écurie du sieur Pierre Ganel.

A la suite de cet examen, nous déclarons (jue les animaux sont en bonne santé et n'ont pas contracté la fièvre aphteuse. Deysmé, Jeanperrin, Moubeau.

Nola. — Les animaux ont été, le 23 mars, extraits de l'écurie et sacrifiés immédiatement. Leurs pesées n'ayant point été faites à leur entrée en expérience, on ne peut donner exactement leur bénéfice en poids après les dix-huit jours de séjour à Byans; mais notre vendeur, qui ne saurait nous être trop favorable à sou préjudice, nous a accuse un bénéfice total minimum de 70 kilog. Boulland.

Olivier de Serres, après avoir recommandé un poulailler vaste et spacieux, pouvant s'aérer facilement et à la fois accessible au soleil, demande que l'entrée de chaque poulailler soit proportionné au genre de volaille. Il insiste également sur un point capital : « Et particulièrement au chacun poulailler aura une porte pour les personnes y allant et venant; laquelle on asserra où le mieux s'accordera, car en cela n'y a aucune sugection, hormis touchant l'aspect du septentrion (Nord), lequel convient éviter à cause des froidures. »

Voilà des préceptes sages. — Gomment veut-on permettre à une fille de bassecour de nettoyer un poulailler si elle ne peut y entrer et (aire librement un nettoyage en règle, deux ou trois fois par semaine. Et pourtant il importe pour la sécurité des habitants, que tout soit nettoyé à fond, les coins principalement, qui le plus souvent sont le réceptacle de la vermine (poux et autres), il est bien entendu que nous faisons restriction pour les poulaillers qui ne contiennent qu'une dizaine de volailles. Pour ce cas le nettoyage se fait par la porte d'entrée, la profondeur ne nécessitant pas l'accès du poulailler. Au point de vue de l'orientation nous partageons l'avis de notre auteur; car la volaille aime en général un climat tempéré, le nord lui est bien défavorable. Les ouvertures des poulaillers doivent se trouver au midi.

Mais poursuivons : « Les murailles en seront de bonne esloffc, bien bâties et maçonnées, proprement blanchies en dehors et on dedans. »

Le mot blandde employé ici par Olivier de Serres nous fait supposer qu'il a fait une omission et qu'il a voulu dire blanchies par la chaux. Il est bon en effet de donner tous les ans un badigeon de chaux au poulailler. C'est de l'hygiène I Plus loin un autre conseil. Il existe malheureusement dans nos fermes une coutume, mauvaise entre toutes, c'est de faire couver les poules dans les poulaillers. Le seigneur de Pradel s'élève contre cette façon de faire, et il réclame « un endroit chaud pour y mettre les poules couver et y élever les poussins. » Sur ce dernier point qu'il nous soit permis de faire un peu de critique. Non, les poussins nouvellement éclos ne doivent pis se trouver dans le même lieu que les poules couveuses. A peine ont-ils la force pour se lever, se tenir sur leurs jambes et marcher, il est nécessaire de les enlever et de les transporter en un endroit spécial, où ils pourront recevoir les soins qu'ils leur faut, sans causer de préjudice aux autres mères couveuses, qui dérangées par l'appel fréquent des petits seraient dérangées dans lear couvaison.

Il est peut-être juste d'ajouter qu'Olivier de Serres ne prévoyait qu'une seule venue de poussins; mais môme dans ce cas, pour l'élevage, ce moyen est mauvais. Il faut de l'air, de la lumière, et, qui plus est, de l'herbe et une promenade. Les poussins, enfermés, s'étiolent.

Il indique cependant les boîtes éleveuses, mais sans insister : « Au défaut desquels cabinets, serviront de grandes cages, à ce proprement accommodées. »

Mais voici un conseil excellent; il demande un poulailler éloigné de terre, où les poules puissent y avoir accès par une « eschelette, portant plusieurs petits degrés. »

Une autre appréciation d'Olivier de Serres à contester ou tout au mo.ns à discuter, c'est lorsque qu'il dit : « Telle entrée fermera-t-on à clefs tous Ues soirs, la poulaille estant retirée, et tous bs matins ouvert pour l'en sortir. «

Sans doute au temps des gelées les volailles sont sujettes au froid; mais pas tant que l'on peut le croire. Autant que possible il faut que la porte du poulailler reste ouverte par tous les temps. Faisons cependant une exception, c'est pour les trop fortes gelées. En dehors de ce cas particulier qui pourrait porter un préjudice aux crêtes des coqs, nous ne voyons aucun inconvénient à laisser les portes larges et ouvertes. — De l'air — toujours de l'air !!! Il nous est arrivé souvent de constater (et c'est une remarque d'aviculteur que l'on peut croire) que dans la saison froide lorsqu'un poulailler reste fermé, la chaleur même des volailles produit une atmosphère surchauOée et même viciée. Premier inconvénient à signaler, qui n'est rien à côté de celui de voir les volailles se précipiter d'un endroit chaud dans une atmosphère glaciale. Ces malheureuses bêtes sont saisies

LAVinULTUKE AU MOYEN AGE. 627

par le froid, de là des maladies, c'est le corysa qui décime votre basse-cour, c'est toute autre maladie des voies respiratoires qui vous prive des revenus sur lesquels vous comptiez.

Quant au perchoir, nous trouvons ce qui suit : « Il sera composé de perches de laoiséquarries, pour mieux la poulaille s'y affiermie, qu'estant rondes, lesquelles perches ne seront espargnées en ceste œuvre à ce que le perchoir estant fait bien à profit, contienne toute votre poulaille. » C'est parfait, on ne pouvait écrire plus clairement. Mais : « Voilà le logis préparé, reste maintenant à le meubler du meilleur bestial qui sera possible. La plus souhaitable race de poules est celle qui, avec la délicatesse de la chair, fournit les œufs en abondance. » Applaudissons à ces conseils, ajoutons cependant qu'il est bon de choisir une race bonne couveuse et dont les mères soient bonnes éleveuses.

Olivier de Serres se prononce nettement pour les volailles de taille moyenne. « Telles qualités se trouvent les plus souvent en celles qui sont de moyenne corpulence, qu'à autres trop grandes ou trop petites, étant noires et tassées que blanches, emplumées de couleur clair. Les noires par-dessus les autres sont louées des médecins, pour la quantité de leurs œufs, qui sont sains, et de la mesnagère pour l'abondance. Attendue que les poules de plumage noir sont plus joyeuses et robustes que celles de blanc. »

Nous ne dirons rien sur la grosseur des volailles; — sans doute nous éliminerons de prime abord les petites races — les Batam et autres.

Leur rôle est de couver les œufs du gibier et de nous procurer par leur allure vive, leur démarche fière de guerrier enfantin, une satisfaction pour notre regard. Nous n'éloignerons pas les grosses races, dont la quantité de chair qui couvre leur ossature volumineuse contient un certain poids.

Les volailles noires ! Mais ce sont nos volailles françaises? En dehors de notre vieille race gauloise, malheureusement introuvable aujourd'hui, il est bon de faire remarquer que les poules françaises sont noires, blanches ou noires et blanches. Pas de volailles de couleur?

L'Italie a bien la Leghorn, aux beaux reflets dorés (type ressemblant au vieux coq gaulois), mais où donc se trouvent cette prestance, cette ampleur de poitrine, cette force que représentent les dessins de 1 époque? Et les pattes jaunes, signe d'une vianae coriace, patte jaune, dit-on, mais nous répondrons, périoste jaune,, ossature développée, mauvaise chair.

Tel est maintenant le tableau qu'Olivier de Serres fait du coq, qui pour lui doit être l'idéal : « que le coq soit de moyenne taille, toutefois plus grand (\ue petit, de plumage noir ou rouge obscur, ayant les pieds gros garnis d'ongles et de griffes, avec les ergots forts et acérez, les jaffibes fortes, et tout cela de couleur jaune, les cuisses massives et fournies de plumes, la poitrine large, le col eslcvé et fort garni de plumes de diverses et variantes couleurs comme dorées, jaunes, violettes et rouges, la teste grosse et élevée, la crête rouge comme escarlate, grande, redoublée, crépelue, le bec gros et court, les yeux noirs et brillants, les oreilles larges et blanches (lire oreillons), la barbes longue et pendante [il veut dire barbillons longs et pendants), les aisles fortes et biens fournies de plumage, la queue grande et haute, la portant redoublée par dessus la tête, si toutefois il y a queue ; car des esqueuez s'en trouve de fort bons. Sera aussi le coq éveillé, courageux, remuant, robuste, prompte à chanter, affectionné à défendre ses poules et à les faire manger. »

Ce portrait est évident écrit de main de maître, nous nous inclinons sur ces raisonnements d'homme praticien ; mais cependant il nous sera permis de faire quelques réserves au sujet des pattes. Pourquoi insister sur la couleur jaune. Voyons de nos jours : la Gochinchine pattes jaunes, mauvaise chair ; la Leghorn, pattes jaunes, mauvaise chair et bien d'autres encore.

Il est reconnu que la couleur des pattes pour les volailles ayant une bonne chair est rosée, ou marbrée noir sur rose. Il faut ajouter qu'Olivier de Serres, un peu plus loin, dit qu'à cette volaille commune il faut adjoindre . « de celle de la grande sorte pour avoir de grands chapons comme ceux du Mans et du Landernois [Bresse de Louhans). » Est-ce également le coq gaulois au plumage doré dont il a voulu faire la description, nous en doutons au point de vue de la taille.

S'il a insisté sur la couleur sombre, c'est pour éviter les oiseaux de proie dont les yeux peiçants n'oublient pas les proies bonnes à saisir et à emporter.

Notons de plus qu'Olivier de Serres, pensant à tout, demande des volailles « naines et petites, des frisées et semblables, plaisantes à voir, pour la diversité et avec ces utiles. « Rien n'est omis, novis l'avons vu parler des volailles sans queue, le voilà maintenant s'occupant des volailles de luxe. C'est un érudit consciencieux, doublé d'un savant, joint à un praticien observateur.

Si nous en jugeons d'après ses observations, les basses-cours devaient être bien peuplées à son époque; c'était du reste une renaissance tardive de l'aviculture. SlMPLEX.

(La suile j>roc)iai ncment.)

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