‹ Journal de l'agriculture (volume 3)Chapitre 417 sur 691 · SUR LES GELÉES ET SUR LES MOYENS DE S'EN PRÉSERVER · texte numérisé non relu

SUR LES GELÉES ET SUR LES MOYENS DE S'EN PRÉSERVER

J'ai choisi de préférence le plâtre parce que son épandage seraulile dans tous les cas,' puisque si le temps n'amène pas une gelée, il n'en sera pas moins profitable pour mobiliser les principes fertilisants en réserve sur le sol.

Pour blanchir suffisamment un hectare en répandant le plâtre à la volée, j'ai dû employer trois hommes et 1 ,800 kilog. déplâtre. On peut se procurer le plâtre à 1 fr. 50 les 100 kilog. rendu sur place; la dépense serait donc de 27 francs de matière et de 9 francs de maind'œuvre, soit 36 francs par hectare.

Si une gelée vient à se produire dans mes terres, je pourrai d'autant plus me rendre compte des résultats obtenus par le blanchiement général du sol, que les points sur lesquels j'ai fait cette expérience sont ceux qui sont le plus souvent atteints par le fléau dans mon domaine. Ce procédé se recommande en effet par cette particularité, que l'on peut le localiser et que si on recule devant la dépense de traiter ainsi une trop grande étendue de vignes, bien que l'on sache que la récolte en profitera toujours, on peut au moins protéger contre la gelée, en les blanchissant, tous les coins de terre dont les abris ou une dépression de terrain rendent plus sujets aux gelées que les autres parties du domaine moins accessibles aux mêmes effets par suite de leur configuration.

Je dois ajouter que si les résultats que je crois obtenir par le blanchiement général des ceps et du terrain sont confirmés par l'expérience, je n'hésiterai pas à me procurer une soufreuse à grand travail, comme celle que M. Vermorel vient de réaliser, et que j'espère ainsi non seulement diminuer les frais de main-d'œuvre, mais économiser aussi de la matière première.

Je crois en effet que 1 ,000 kilog. de plâtre régulièrement répandus sur un hectare, suffiraient à lui donner l'aspect qu'il prend lorsqu'il est couvert dune légère couche de neige et si dans mon essai j'ai dû en forcer la proportion, c'est qu'en le répandant à la volée on ne distribue pas aussi régulièrement la matière que l'on pourrait le faire mécaniquement. Paul Coste-Floret,

Propriétaire à Saint-Adrien, par Servian (Hérault).

La sécheresse persistante que nous traversons n'est pas de nature à hâter les progrès de la végétation. Aussi les blés sont-ils restés à peu près stationnaires, et les prairies étaient plus vigoureuses et plus vertes il y quinze jours qu'aujourd'hui. S'il survenait quelques pluies, la face des choses changerait subitement, mais à cette période critique de l'année, elles amèneraient infailliblement un refroidissement de l'atmospnère et des gelées printanières qui causeraient le plus grand mal à d'importantes productions, la vigne, le seigle, le colza, tous nos arbres fruitiers.

On ne peut donc encore rien augurer de précis de la situation. On se plaint généralement de la sécheresse, peut-être a-t-on raison ; mais un printemps sec peut être suivi d'une très bonne récolte, et c'est justement ce qui est arrivé en 1874 et 1882 qui ont été de magnifiques années de moisson.

11 n'y a qu'à continuer imperturbablement les travaux de la saison : finir de transporter et d'enterrer les fumiers, préparer les terres pour les betteraves dont le semis est en retard, planter les pommes de terre, et c'est ce que l'on fait.

Les ensemencements d'avoine sont avancés maintenant et les agriculteure qui ont semé dans leurs céréales de printemps des graines de prairies, soit tempo-

raires, soit permanentes, en se servant suivant l'état du sol de la herse et du rouleau, ont bien réussi dans cette opération.

Dans les prés on s'est livré à des travaux toujours fort utiles et rémunérateurs : on a coupé et enlevé les fourmilières, écarté les taupinières, nivelé la surface, comblé les dépressions, réparé les fossés et rigoles d'arrosage dont les terres ont servi à rechausser les plantes et ont favorisé énergiquement la pousse de l'herbe.

On a continué à récolter des topinambours, mais c'est encore le moment de les labourer et de les replanter. On sait que ce tubercule utilise les terres maigres et les calcaires secs avec grand avantage, et, quand on lui donne les façons convenables, il est très reconnaissant des soins qui lui sont appliqués. Labours croisés, hersages, buttages en long et en travers, rien ne doit être épargné sous peine de le voir se multiplier avec excès et décroître de volume, et, lorsqu'un traitement aussi énergique aurait détruit toute autre culture, c'est alors qu'il donne la récolte la plus productive. Salomon.

Séance du 19 avril 1893. — Présidence de M. Tisserand. M. le baron de l'Epée, récemment élu correspondant, remercie la Société de son élection.

M. de Vilmorin annonce la mort de M. Léopold Denille, directeur de la ferme-école de Besplas (Aude), correspondant dans la section d'économie des animaux.

La correspondance imprimée renferme les ouvrages suivants : Le marais Yernier^ par M. A. Bourgne; Annales du Conservatoire des arts et métiers, T série, tome IV ; Les populations agricoles de la France, par Henri Baudrillart, 3' série, les populations du Midi.

M. Henry Sagnier fait hommage à la Société des premiers fascicules d'une traduction italienne de son Dictionnaire d' agriculture qaï se publie à Milan. Cette traduction a été augmentée de développement sur un certain nombre de points spéciaux à l'Italie, notamment en ce qui concerne la géographie agricole.

M. de Vilmorin fait hommage à la Société d'une étude sur la rouille du froment, qu'il a publiée avec le concours de M. Douillet, directeur de son laboratoire de Verrières (Seine-et-Oise).

M. Mascart entretient la Société de la sécheresse exceptionnelle que nous venons de traverser et qui semblerait toucher à sa tin. îl constate qu'elle n'a pas d'exemple dans nos régions depuis l'époque où les observations météorologiques ont été recueillies régulièrement. Pour les environs de Paris, la moyenne annuelle des pluies de mars est de AO à 45 millimètres. A ce point de vue les années les plus sèches ont été :

Années. Pluies de mars.

mm.

années. Pluies de mars.

mm.

Toutefois les pluies de mars ne suffisent pas pour définir les caractères du printemps, car il est arrivé plusieurs fois que les mois de février, avril et mai en ont modifié le régime. Ainsi la première moitié de l'année 1854 compte parmi les pluvieuses malgré la sécheresse de mars.

Il est plus intéressant de comparer les périodes sans pluie. On trouve ainsi :

1863 — 24 février au 7 mars. 11 jours

1865 — 12 mars au 25 mars 13 —

1875 — 8 au 23 mars 15 —

1879 — 6 au 25 mars 19 —

188C — 4 au 31 mars 27 —

1887 — 21 février au 21 mars 30 —

1892 — 29 mars au 16 avril 19 —

1893 — 3 mars au 19 avril 47 —

Cette période de quarante-sept jours est tout à fait extraordinaire et sans précédents.

M. Mallèvre fait une communication sur l'alimentation et spécialement sur les considérations qui doivent présider aux substitutions d'aliments. Il insiste sur la nécessité de tenir compte de la digestibilité des aliments. — MiVI. Duclaux et Chauveau constatent que la question théorique et scientifique est encore dans l'enfance, qu'il faut tenir compte de la constitution de l'extrait sec des aliments et ne pas oublier qu'un animal ne ressemble pas à un autre.

M. André rend compte de l'exposition horticole de Gand et spécialement du concours d'appareils de chauffage. Le premier prix a été accordé à une maison française (MM. Lebeuf et Pinon), qui avait à lutter avec des maisons beiges, hollandaises, anglaises et allemandes.

La Société se forme ensuite en Comité secret pour entendre la lecture des rapports sur les titres des candidats à une place de membre titulaire vacante dans la section de mécanique agricole et des irrigations. La section présente : en première ligne, M. Leclerc ; en deuxième ligne, M. Moisant. L'élection aura lieu le 26 avril.

Georges Marsais.

(25 AVRIL 1893) l. — Situation générale.

On continue à se plaindre de la sécheresse qui devient désastreuse pour la levée des semailles de printemps ; dans les terres légères les blés souffrent beaucoup. Le calme est toujours général sur nos marchés aux grains; les prix ne changent pas, mais l'avoine est toujours bien tenue. Les fourrages augmentent, ainsi que les graines fourragères. Les vins se vendent toujours lentement; les spiritueux sont assez fermes. Les sucres sont encore en hausse. Le bétail se vend assez bien; il y a hausse sur la viande de veau.

H. — Grains.

Les tableauxsuivants résument les cours des céréales, par QUINTAL MÉTRIQUE, sur les principaux marchés de la France et de l'étranger :

Blé. Seigle. Orge. Avoine.

fr. fr. fr. fr.

.... ., SBlé tendre. 22.25 i. 16.25 »

Algérie. ^^S^' ]u\é dur . . . , 24.75

Angleterre. Londres 15.65 20 15 20.00 15.65

Belgique. Bruxelles 15.50 12 75 14.00 16.50

— Namur 15.00 12.25 15.50 16.00

— Gand ,. 16.00 12 00 15.50 16.50

Pays-Bas. Amsterdam 15 30 13.00 » »

Alsace-Lorraine. Colmar 21.75 » 17.80 19.75

Allemagne. Berlin 19.35 16.50 » »

Suisse. Genève 19. .50 17.50 16 50 19.00

Autriche. Vienne 16.50 » » »

tionyrie. Budapest 15 95 » » »

Russie. Saint-Pétersbourg.. 15 95 » 14.50 12.80

Et iti-(Jnis. New- York 14 . 90 » » »

— (jliicaffo 14.65 » » »

— Saint-Louis 13.00 » » •

Eure.

Oise.

Aisne. Laon 20

— St-Quentin 20

— Chauny 20

Evreux 19

Le Neubourg 20

— Damyille 20

Eure-et-L. Chartres... 21-

— Dreux 20.

— Auneau 20,

I^ord. Douai 20

— Cambrai 20

— Lille 20

Beauvais 20

Compiègne 20

— Noyon 19.

Pas-de-Calais. Calais.. 19

— Arras 20

Seine. Pans 20

S.-et-Oise. Versailles... 2i

— Ktampes 21

— Ângerville 22

S.-et-Mo,rne. Egreville. 21,

— Meaux 20

— Provins 21

Seine-lnf. Rouen 19

— Dieppe 19

— Neufchâlel 19

Somme. Amiens 20

— Monldidier 19.

— DouUens 19.

5°Jrégion. — CENTRE.

Blé. Seigle

fr.

Alliei . Moiitiuçon 20.8'J

— La Palisse 19. 7b

Cher. Bourges 20.20

— Vierzon 21.10

— Sancerre 20.15

Creuse. Aubusson 20.25

Indre. La Chaire 20.25

— Valençay 20.10

— Chàteauroux. . . . 20.80 Loiret. Orléans 21.45

— Pilhiviers 21.00

— Gien 21 .lO

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