‹ Journal de l'agriculture (volume 3)Chapitre 416 sur 691 · SUR LES GELÉES ET SJR LES MOYENS DE S'EN PRÉSERVER · texte numérisé non relu

SUR LES GELÉES ET SJR LES MOYENS DE S'EN PRÉSERVER

Je ne suis pas le seul à m'être occupé de cette question et de toute part dans les journaux agricoles, on peut lire des moyens proposés pour préserver les jeunes pousses des gelées.

Un seul me paraît à la fois sérieux et pratique, c'est l'emploi des poudres blanches. Je crois pouvoir affirmer que M. Henri Mares en a parlé le premier, car, en 1886, il signalait à la Société centrale d'agriculture de l'Hérault, les bons effets que l'on pouvait obtenir du plâtre projeté en poudre fine très divisée sur les premiers bourgeons de la vigne contre l'action si dangereuse des gelées de printemps.

Les poudres .blanches projetées sur les bourgeonsont deux effets : elles diminuent le pouvoir emm^/de la plante et, par suite, en modèrent le refroidissement par rayonnement, et après le lever du soleil elles diminuent le pouvoir absorbant. Or, nous savons tous que le plus grand mal dans le cas des gelées, se produit par suite de la transition brusque des organes de la plante d'une température glaciale à une température élevée.

C'est une propriété de la coloration blanche de diminuer à la fois le refroidissement ou réchauffement des corps que la coloration noire, au contraire, favorise ; tous les animaux des régions glaciales sont préservés par leur fourrure blanche des effets qu'ils éprouveraient par suite d'un refroidissement trop brusque et nous savons que les terres naturellement blanches sont moins sujettes aux gelées que les terres noires et qu en été ces dernières s'échauffent davantage que les premières.

Nous n'ajouterons aucune importance à la faculté qu'auraient les poudres de diminuer les efîets de la gelée en absorbant l'humidité, car ces poudres, si on veut en taire un usage important, doivent être répandues quelques jours avant la gelée et sont rapidement saturées

d'eau.

D'ailleurs, comme nous avons cherché à le mettre en évidence, la condensation de la vapeur ne produit qiïe de la chaleur et ce n'est que la vaporisation de l'eau de la rosée, qui peut être une nouvelle cause de refroidissement.

Le poudrage des bourgeons, tout en donnant de bons résultats, n'est pas suffisant pour les préserver de la gelée, si l'atmosphère ambiante est devenue glaciale par suite du refroidissement du sol par rayonnement.

C'est cette observation que j'ai faite pour la première fois devant vous en 1890, qui m'a amené à entreprendre des essais pour empêcher le refroidissement général de la plante et de l'atmosphère ambiante, en blanchissant non seulement les bourgeons et le cep, mais aussi le sol.

En 1892, je vous ai parlé de l'usage que l'on pourrait faire d'un lait de chaux pour obtenir ce blanchiement général d'une terre. Cette année, ayant à ma disposition un pulvérisateur à traction Vermorel, j'ai essayé de réaliser cette idée en projetant sur le coin d'une vigne plus particulièrement exposé aux gelées> un lait de chaux composé avec 10 kilog. de chaux par hectolitre d'eau. L'appareil a bien marché, malheureusement la chaux se déposait rapidement dans le réservoir, de sorte que si les premières rangées étaient blanches, les autres ne l'étaient pas suffisamment. Je me suis donc rabattu sur les poudres.

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