‹ Journal de l'agriculture (volume 3)Chapitre 458 sur 691 · VII. — Le sucrage en · texte numérisé non relu

VII. — Le sucrage en

Le Bulletin de statistique du Ministère des finances vient de fournir les renseignements suivants sur les opérations du sucrage des vins et des cidres avant la fermentation, en 1892 :

« Le nombre des récoltants et acheteurs de vendanges qui ont réclamé le bénéfice dé la modération de taxe autorisée par la loi du 29 juillet 1884 est inférieure de 13,226 à celui de la période correspondante (212,511 en 1892 et 225,737 en 1891.

« Pour le sucrage des vins de première cuvée, on a fait usage, en 1892, de 5,785,025 kilog. de sucre, contre 8,276,427 kilog. en 1891, soit une diminution de 2,491,402 kilog. C'est uue conséquence de la bonne qualité des vins de 1892, dont il a été a^sez rarement nécessaire de relever la force alcoolique.

« Les quantités du sucre ayant servi à la fabrication des vins de deuxième cuvée sont également en diminution (22,854,341 kilog. en 1892, contre 25,673,073 kilog. en IShil.)

« On remarque que ce sont surtout les récoltants qui se sont dispensés de recourir au sucrage, alors que cependant, ils devaient y être incités par l'infériorité du rendement de la récolte de 1892 (diminution de 1,057,000 hectolitres). Gela tient sans doute à ce qu'ils éprouvent de réelles difticultés à écouler les vins de sucre dans le commercd à cause de l'obligation qui leur est faite par la loi Grritfe, de vendre ces vins sous leur v Jritable nom et de ne les faire circuler qu'avec des expéditions de couleur spéciale.

a Les acheteurs de vendange, au contraire, qui se contentent le plus souvent de fabriquer des vins pour leur consommation, ont employé un peu plus de sucre qu'en li391.

« Les opérations de sucrage des cidres continuent à se développer depuis que la dénaturation du sucre a été autorisée dans les dépôts (décret du 13 mai 1891).

« En l-<92, le nombre des récoltants admis à sucrer leurs produits, qui avait déjà doublé en 1891, s'est encore élevé de 1,202 à 1,728; et si la quantité du sucre employée est restée à pou près la même, c'est que le sucrage n'a été généralement réclamé que par do très petits producieurs de cidres qui ne cherchaient qu'à parfaire le maximum de récolte nécessaire pour leur consommation, tandis qu'à raison de l'abondance générale de la récolte de 1892 dans la plupart des

départements, les principaux récoltants et les acheteurs de pommes n'ont pas eu besoin de donner un grand développement à leurs opérations de sucrage.

« Les quantités utilisées pour le sucrage des pommes et des poires d'achat, qui habituellement représente près des quatre cinquièmes du sucre employé au sucrage des cidres, ont augmenté de 24,344 kilog. en 1892; par contre, le nombre des industriels qui se livrent à ce genre de sucrage continue à diminuer (104 au lieu de J40 en 1891 et 178 en 1890).

« En résumé, il y a une diminution totale de 5,286,146 kilog. sur les sucres employés au sucrage et de 302,8*9 hectnlitres sur les vins de sucre; les cidres fabriqués après addition de sucre présentent une augmentation de 5,230 hectolitres ».

Ces renseignements confirment ce que l'on sait et que nous avons rappelé à diverses reprises relativement à l'influence du caractère des saisons sur l'emploi du sucrage par les viticulteurs.

Page 1