‹ Journal de l'agriculture (volume 3)Chapitre 468 sur 691 · METEOROLOGIE DU MOIS D'AVRIL · texte numérisé non relu

METEOROLOGIE DU MOIS D'AVRIL

Voici le résumé des observations faites au Parc de Saint-Maur en avril 1893 : '

Moyenne barométrique à midi, 759'"'". 94. Minimum, le 27, à 6 h. 5 751""'". 28. Maximum, le 8, à 9 heures du malin, 767""". 28. ' " '

Moyennes thermmnc triques : des minima, 5". 66; des maxima 22°. 9; du mois, 13°. 88. Moyenne vraie des 24 heures, 13". 76. Minimum, le" 15 à à 5 heures du matin, — IM. Maximum, le 22 vers 2 heures du soir, 28«.0. Un seul jour de gelée et 17 jours de gelée lilanche.

Tension moyenne de la vapeiir. 5'""'. 72, la moindre le 12 à 2 heures du soir, 2°>'".4; la plus grande le 23 à 2 heures du soir, 10'"''\4. — Humidité relative : 52.; lamomdre, le 24 à 5 heures du soir, 11 ; la plus grande, le 15 à 4 heures du matin, 96 ; c'est le seul mois, pour les douze de l'année et depuis vingt ans, où le degré hygrométrique n'a pas atteint 100.

Pluie : l'^"".2 en 2 heures de très petites pluies et en 2 jours ; la première pluie est tombée vers II heures et à 1 heure du matin du l"' au 2 ; le 30 dans la matinée diverses petites ondées ont donné 0'"'".1 au pluviomètre et probablement en réalité 0'""'.3 d'eau à cause de ce qui se perd à chaque nouvelle averse.

Pas de brouillard : Eclairs à l'W-WSW le l"'' de 9 à 10 heures du soir.

Nébulosité : moyenne 13.

Marne : Température moyenne le matin, 14". 03; le soir, 14°. 51 ; moyenne, 15". 30; elle a varié de 10". 70 le l", à ]7".78le26; sa ttransparence a été presque toujours d'un mètre environ; sa hauteur a décrue presque uniformément de 2'"'".62 le P--, et de 2""". 64 le 2 à 1""".82 le 30 à 3 heures du soir.

Relativement aux moyennes normales, le mois d'avril 1893 présente les résultats suivants : baromètre plus élevé de 3'"'".92thermomètre plus haut de 4". 26; tension de la vapeur moindre de 0'"'".55; humidité relative moindre de 19; pluie moindre de 40""™. 3; nébulosité moindre de 45.

Nous avons noté le commencement de la floraison des végétaux suivants : 1" avril, Lamium album, cerisier de Sainte-Lucie; 3, premières asperges hors de terre; 5, lilas, glycine, spirée à feuilles de saule; 6, marronnier, érable-sycomore; 7, pommier coigna?,sier ; 14, épine blanche; 16, belle d'onze heures; 17, chèvrefeuille; 18, iris germaniques, pivoine en arbre; 19, ancholie, rhubarbe; 21, pois vert; 24, sureau, acacia; 25, hémerocalle jaune ; 26, seringat commun;

27, acacia en pleine fleur; 28, sauge officinale; 30, baguenaudier, églantier capucine.

Arrivée des oiseaux et insectes : 4 avril, hirondelle de cheminée ; 5, rossignol; 6, hannetons; 7, fauvette; 22, tourterelle; 24, loriot;

28, caille ; 30 martinet.

Ce mois d'avril qui vient de finir présente plusieurs particularités intéressantes.

Depuis 1757, on ne trouve que le mois d'avril 1865 qui soit plus chaud; tous les autres en sont même bien éloignés. Avril 1865 a eu à l'Observatoire de Paris une moyenne de 15".l ce qui peut correspondre à 14". 6 à la campagne. La moyenne des minima diurnes a été à Ghoisy-le-Roi, 8". 4 ; ainsi toute la différence porte sur les minima tandis que les maxima ont dû être à peu près les mêmes dans les deux stations en 1865 et 1893. En 1865 il n'y a pas eu de série froide, ce qui fait que la Seine s'est échauffée le 26 à 20" 5; en 1893 à la même date du 26 avril la Marne qui diffère peu de la Seine n'a atteint qu'un maximum de 17". 78.

Le maximum de 28" a été dépassé 2 fois depuis 1 757 ; il a atteint 29". 1 en 1840 et 28". 7 en 1841 (nombres corrigés de — 0°.5).

712 MÉTÉOROLOGIE DQ MOIS D'AVHIL.

La hautour d'eau, l""".^ est la moindre qu'on connaisse en avril, il est tombé à Paris, 2""". 3 en 1701, 2""".0 en 1817 et 3""". 6 en 1870.

La nébulosité 13 du mois d'avril 1893 est à beaucoup près la moindre ffu'on connaisse depuis 1753, Les mois d'avril les plus clairs avec une nébulosité de 28 sont ceux de 1844 et 1870. TJes mois aussi clairs ne se présentent guèrcs que d'août à octobre.

Les 28 jours consécutifs sans une seule goutte d'eau ne se sont pas présentés depuis un grand nombre d'années, même pour un mois quelconque de l'année.

La végétation est extraordinairement avancée et beaucoup plus qu'en 1865, beaucoup plus chaud par ses nuits, mais précédé d'un mois de mars très froid, tandis que mars dernier a été très chaud. Les lilas sont en avance de 20 jours et les acacias d'un mois entier. J'ai dans mon jardin des cerises douces presque mûres au dernier jour du mois. E. Renou,

Mnmbre i\t' la Société nntionnle d'agriculture.

Séance du 3 mai 1893. — Présidence de M. Chatin.

M. Le Cler, nommé membre titulaire, remercie la Société de sa nomination.

M. Heuzé offre à la Société les deux premiers volumes de la troisième édition de ses plantes industrielles.

M. Daubrée présente à la Société trois brochures de M. Mercey sur les phosphates de la Somme, et le rapport qu'il a présenté en 1892, au Conseil du bureau central météorologique.

M. Trasbol dépose un travail original de M. Lignières, sur deux acariens, le Tyrotjbjplins mahia et les Ihniisarcoples coccisiuniH.

M. Bouquet de la Grye l'ait hommage d'un ouvrage de M. D. Cannon, intitulé : Le propriélaire planteur.

M. Prillieux présente une note de M. Degrully sur les essais négatifs tentés pour lutter contre la maladie noire de l'olivier.

M. llenou présente le résumé des observations météorologiques faites au parc de Saint-jVIaur pendant les mois d'à' ril 1 89;3.

M. Risler présente des l'ers de c'aevaux en aluminium, portés pendant soixante jours. Le mémoire qui accompagne la présentation de M. Risler est renvoyé à la Section d'économie des animaux.

M. Pluchet présente un spécimen de vesce velue; il signale égalemeni l'emploi des pommes de terre cuites pour l'alimentation du bétail. Il estime à la suite de résultats d'expériences, que 8 kilog. Je pommes de terre correspondent à 2 kilog. et demi de tourteau d(eillette, ce qui donnerait à la pomme de terre une valeur marchande de 4fr. 50 les 100 kilog.

M. Gilbert rend compte d'un essai d'emploi de tourbe comme litière pour les moutons; il a dû renoncer à cause de la boiterie des animaux. M. Lavalard signale la nécessité de maintenir la litière meublie en l'arrosant; on évitera ainsi les accidents signalés.

M. ('ornu communique une note de M. (^larenc, de Diégo-Suarez, sur le Mouroungue, arbre qui rend de grands services.

M. de Luçay résume sa communication sur les octrois, dont voici la conclusion :

« Les conclusions que j'ai l'honneur de vous soumettre, et qui tendent uni-

quement à conférer au tarif général du 12 février 1870, sauf les révisions ultérieures reconnues nécessaires, le caractère obligaloire, et de soumettre à ce tarif l'octroi de la ville de Paris, sont d'apparences modestes; elles ne présentent pas les séduisants dehors de la proposition du 7 avril. Mais celle-ci n est en réalité qu'un trompe-l'œil avec ajournement indéfini de toute solution. La réforme, que je me permets de préconiser, est essentiellement pratique; elle est d'une application immédiate. Le tarif du 12 février a, comme je l'ai déjà dit, fait ses preuves* les taxes qui y sont inscrites ne constituant qu'une fraction relativement peu importante du prix de la denrée assujettie sont dès lors de nature à se confondre avec lui; elles n'ont pas entravé la consommation, puisque cette consommation n'a cessé de s'accroître dans les villes à octroi plus rapidement encore que dans les campagnes, — ni l'écoulement des produits ; car il est incontestable que tous les points du territoire agricole tendent chaque jour davantage à concourir à l'approvisionnement des agglomérations urbaines, fait qui ne se produirait assurément pas si le cultivateur trouvait sur un autre marché un prix plus rémunérateur, et si le prix, auquel il livre ses produits aux citadins, ne le dédommageait simultanément des gênes, des pertes de temps et des difficultés qu'il doit subir pour l'introduction desdits produits.

« Cette réforme sauvegarderait l'équilibre des budgets des villes, tout en écartant le désastreux système d'un prélèvement à leur bénéfice sur les impôts généraux de consommation. »

Une discussion s'engage à ce sujet, d'où il résulte que la principale difficulté dans la solution à apporter à la question des octrois est de trouver le moyen d'en remplacer le produit. Après des observations échangées entre MM. Léon Say, Leroy-Beaulieu, Clavé, de fJaut, Doniol, Muret, de Dampierre, Levasseur; la Société décide d'appeler l'attention de M. le Ministre de l'agriculture sur la communication de M. de Luçay.

L'ordre du jour appelle l'élection d'un correspondant dans la section d'économie des animaux. M. Bizouerne est élu par 40 voix contre 9 données à M. Elle Larzat. Georges Marsais.

^6 MAI 1893) L — Situation générale.

Les quelques pluies survenues depuis huit jours ont un peu soulagé les plantes en terre; mais elles sont encore bien insuffisantes. Aussi la situation commerciale ne se modifie pas. Les affaires en céréales restent calmes; mais les détenteurs tiennent leurs prix un peu plus fermement. Les fourrages sont de plus en plus chers. Les primeurs sont assez aboudanles et se vendent bien. Les vins et spiritueux restent dans le môme calme relatif; les sucres se maintiennent à la hausse. Les produits de basse-cour ont toujours une mauvaise vente.

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