‹ Journal de l'agriculture (volume 3)Chapitre 488 sur 691 · XIII. — Le canal des Deux-Mers · texte numérisé non relu

XIII. — Le canal des Deux-Mers

On sait qu'un projet de^canal reliant l'Océan à la Méditerranée, à travers la région du sud-ouest, est à l'élude depuis longtemps. Ce projet a reçu le patronage d'un grand nombre de Chamhresde commerce, de Chamhres consultatives des arts et manufactures, de Sociétés agricoles, de Syndicats du commerce et de l'industrie, de Conseils généraux et de municipalités. On nous prie d'annoncer qu'un grand concours national est ouvert entre tous les ingénieurs français, pour le meilleur projet d'un canal maritime de lOcéan à la Méditerranée. Cent mille francs de prix sont affectés aux lauréats de ce concours qui sera clos le 31 décembre prochain. Le programme et les conditions seront fournis à tous ceux qui en feront la demande à la Société nationale d'initiative du canal des Deux-Mers, 22, rue llossini, à Paris. XIV. — Concours des Associations agricoles.

Le concours annuel du Comice de l'arrondissement de Bourg (Ain) se tiendra à Pont-de-Veyle, les 26 et 27 août. Les primes culturales sei^ont décernées dans le canton de Pont-de-Veyle, et les concurrents doivent en voyer leurs déclarations avant le 18 juin à M. Grandvoinnet, secrétaire du Comice, à Bourg. L'exposition du bétail, des pi^oduits agricoles, horticoles et viticoles, sera ouverte pour tous les cultivateurs de l'arrondissement.

La Société d'agriculture de la Gironde tiendra son concours annuel, le 3 septembre, àSaint-André-de-Cubzac. Les principales primes seront attribuées pour la viticulture et la reconstitution des vignobles.

Le concours de la Société d'agriculture de l'arrondiss^ement deSaint- Marcellin (Isère) se tiendra à îlives le 3 septembre, sous la direction de M. Vincendon-Dumoulin, son président. Henry SagiMEU.

La Société nationale d'agriculture a jugé utile, sinon de tracer un programme, du moins de donner quelques conseils et quelques renseignements pour l'exécution des cartes agronomiques locales, qu'elle tient à encourager de tout son pouvoir. Nous parlerons successivement :

1" De l'échelle à choisir pour les cartes;

2" De la classification k adopter pour le figuré des terrains sur les cartes topographiques ;

3" Des indications adonner dans les légendes; 4" Du prélèvement des échantillons de terres et de leur analyse; 5'^ Du mode de représentation des résultats ;

I. Echelle des cartes. — Tout d'abord, quelle doit être Y échelle des cartes agronomiques?

On ne peut certainement pas se contenter, en général, de l'échelle de la carte del'élat-major au 1/80,000''; car celte échelle, trop petite, ne permettrait pas de réunir tous les détails nécessaires sans surcharger la carte au point de la rendre illisible.

L'échelle du 1/40,000" pourrait être adoptée dans différentes régions pour les cartes cantonales; elle aurait l'avantage de se prêter à une exécution beaucoup plus économi(jue que les échelles plus grandes : d'une part, à cause de la moindre dimension des cartes pour une même superficie à représenter; de l'autre, parce qu'on pourrait profiter des minutes de la carte d'état-major, que l'on obtiendrait certainement l'autorisation de reproduire pour un but aussi utile que celui-ci. Ces cartes, au 1/40, 000', avec courbes de niveau, seraient incomparablement préférables aux cartes au 1/80,000" avec hachures.

Mais, si l'on n'est pas arrêté par la question du prix de revient, on devra encore préférer l'échelle du 1/20,000'' pour les cartes cantonales et même l'échelle du 1/10,000'" pour les cartes communales. Car on aura alors un canevas beaucoup plus clair et dans lequel on pourra faire entrer toutes les indications utiles sur les qualités du sol.

D'une façon générale, à mesure que leur échelle est plus grande, les cartes deviennent plus aptes à remplir le rôle de cartes agronomiques. 11 appartient donc aux cantons, aux communes, aux sociétés d'agriculture des déparlements, de choisir l'échelle des cartes, qu'ils veulent faire exécuter, d'après le montant de la dépense qu'ils peuvent y consacrer.

Dans tous les cas, votre Commission croit pouvoir recommander de prendre pour canevas une carte topographique avec courbes de niveau, pour représenter le relief du sol. Les courbes de niveau sont extrêmement utiles, quand on veut donner des renseignements sur les nappes d'eau souterraines et, en particulier, sur les nappes libres ou phréatiques, qui se trouvent à peu de profondeur, et que l'on atteint par les puits ordinaires.

IL Classiftcalion des terrains. -- En second lieu, votre Commission n'hésite pas à déclarer que les cartes agronomiques doivent prendre pour base commune la classification des terrains géologiques, telle qu'elle a été établie par le service de la Carte géologique détaiïlre de la France. Nous croyons en avoir suffisamment développé les motifs dans la première partie de ce rapport et n'avoir pas à revenir sur cette démonstration.

On entend ((uelquefois objecter que les cultivateurs pourront être rebutés par les noms scientifiques, que les géologues ont donnés aux différentes couches du sol. Mais il y a exagéi^ation. A y regarder de près, ces noms ne sont point, en général, si rébarbatifs! Que voyons-nous, par exemple, sur la légende des feuilles relatives aux environs de Paris? Voici la série des assises du haut en ba« de l'échelle :

Eboulis, dépôts meubles sur les pentes; Alluvions modernes et tourbes; Sables et graviers anciens ;

Limons; .^___________

1. Extrait dim rapport à la Société n tionale d'agncullui'o. — Voirie Journal du 4 février isy3; p. 167 de ce volume.

Marnes lacustres, travertin de la Beauce, meulière de Montmorency;

Sables et grès ce Fontainebleau, marnes à huîtres;

Marnes et calcaires siliceux de la Brie;

Marnes et glaises vertes:

Marnes blanches, gypse, etc. ;

Travertin et marnes de Saint-Ouen;

Sables et grès de Beauchamp ;

Calcaire grossier;

Sables nummuli tiques;

Argile plastique;

Marnes blanches de Meudon;

Calcaire pisolithique;

Craie blanche à bélemnitelles.

Toutes ces désignations des couches, qui forment les environs de Paris, sont vraiment faciles à saisir, même pour les 'personnes les plus étrangères aux connaissances géologiques. Sans doute on trouverait, pour d'autres couches appartenant à des périodes plus anciennes, quelques noms moins connus, empruntés à des localités françaises ou étrangères, où ces couches ont été particulièrement étudiées par les géologues; mais il serait toujours facile, pour une carte locale, d'ajouter à l'un quelconque de ces noms, à titre de synonyme, une autre désignation, emprunlce à la contrée même, de manière à rendre la carte facilement compréhensible des cultivateurs de cette région.

III. hidicaiionfi à fournir dans les légendes. — Il faut prévoir que l'adoption d'une échelle notablement plus grande que celle de la carte géologique détaillée entraînera d'aulres changements, et qui ne sont pas sans importance.

D'abord, les hachures de la carte au 1/80,000'^', qui ne donnent pas une idée suffisamment précise du relief du sol, devront être remplacées, comme nous l'avons déjà dit, par des courbes de niveau, qui existent sur les minutes au 1/40,000''.

En second lieu, le transport sur la nouvelle carte, avec changement d'échelle, des limites des formations géologiques ne pourra sans doute pas s'exécuter sans une revision de leur tracé, dont les détails ne se trouveront plus d'une exactitude suffisante pour la nouvelle échelle.

Ce travail de révision est assurément délicat. Il ne pourra être confié qu'à un géologue ou à un agronome déjà expert dans la connaissance des différentes variétés de terrains et capable de bien reconnaître les changements de nature du sol et du sous-sol.

La même personne, s'entourant avec soin des renseignements que lui fourniront les cultivateurs du pays, fera choix des emplacements les plus convenables pour la prise des échantillons, qui doivent représenter la composition moyenne du sol. Elle sera chargée de prélever les échantillons destinés à l'analyse, de noter Yépaisseur du sol arable et celle du sol vierge, enfin de déterminer la nature lillmlugique du sous-sol.

Les points où auront été effectuées ces différentes opérations seront repérés avec soin et marqués de façon bien visible sur la carte agronomique.

Un numéro de renvoi permettra de retrouver, dans une légende, pour chacun de ces points, l'indication des épaisseurs, la composition du sol et la nature lithologique du sous-sol.

La légende contiendra, en outre, les données qu'il sera possible de recueillir sur l'existence et la profondeur des nuj^pes d'eau souterraines.

On devra indiquer, partout où il se pourra, \e niveau moyen et les oscillations de la nappe libre ou phréatique, données qui ont une importance considérable pour l'agriculture.

On signalera, au moyen de notations spéciales, la présence des substances utiles à l'agriculture reconnues au moyen de carrières, de tranchées, de puits ou de sondages, telles que marnes, calcaire, dolomie, phosphate de chaux, gypse, glauconie, schistes pyriteux ou ampéliteux, tourbe, qI^. Les dépôts ferrugineux, l'alios, la glaise seront également indicées, comme pouvant avoir une influence sur les qualités du sol.

Enfin, il y aura lieu de donner un certain nombre de coupes géologiques; car ces coupes ont l'avantage de faire mieux comprendre la constitution du sol et du

sous-sol, la superposition des couches, leur épaisseur et la position des nappes aquifères au voisinage de la surface.

Tous les renseignements, dont il vient d'être parlé, seront fournis par une notice annexée à la carte ou, mieux encore, s'il est possible, par une légende placée sur les bords ou sur les portions inoccupées de la carti^ même.

Ils compléteront foit utilement les données fournies par l'examen physique et par l'analyse chimique des échantillons de terre végétale.

IV. Prélèvement et analyse des échantillons. — Lorsque l'on creuse un trou dans la terre végétale, on traverse d'abord le sol arable proprement dit, c'està-dire celui qui est remué et ameubli par les instruments de labour, où se développent le mieux les racines des plantes et où se rencontrent le plus de débris végétaux, qui lui donnent une coloration spéciale. Son épaisseur varie dans des limites assez étendues, depuis quelques centimètres jusqu'à 30 ou 40 centimètres. La partie où ne pénètrent pas les instruments aratoires peut appartenir tout entière au sous-sol; d'autres fois, son aspect ne diffère pas beaucoup de celui de la couche arable et elle fournit un appoint notable à la nourriture des plantes à racines profondes; on la nomme alors le sol vierge.

On réserve le nom de sous-sol à la portion rocheuse, dans laquelle pénètrent plus ou moins difficilement les racines des plantes. Le sous-sol peut encore influer sur la végétation, soit parles débris qu'arrache la charrue et qui se mêlent au sol végétal en le modifiant, soit par son degré de perméabilité à l'égard des eaux de surface ou à l'égard des eaux venant de la profondeur.

On se borne, en général, à déterminer la nature lithologique du sous-sol. Le sol vierge, lorsqu'il y a lieu de le distinguer, doit être examiné au point de vue de sa constitution physique et chimique. Le sol arable surtout, débarrassé des débris végétaux grossiers, doit être analysé d'une minière très précise.

Vépaisseur de la couche arable doit être mesurée avec soin ; car c'est d'après elle, en même temps que d'après le poids spécifique de la terre et son analyse, que l'on pourra calculer la quantité des éléments utiles à la végétation contenus dans un champ de contenance donnée.

Deux méthodes peuvent être employées pour le prélèvement des échaatillons. L'une consiste à faire, avec la bêche, un trou carré dans le sol jusqu'à ce qu'un changement de nature annonce que l'on est arrivé au sol vierge et ensuite au sous-sol. On prend un échantillon du sous-sol pour l'examen lithologique; on nettoie l'une des parois du trou, en la rendant à peu près verticale et. avec la bêche, on enlève une tranche d'égale épaisseur sur toute la hauteur du trou, soit en une, soit en plusieurs fois. On met à part, en notant les épaisseurs, le sol arable et le sol vierge, lorsqu'il y a lieu de les distinguer.

L'autre méthode est fondée sur l'emploi de la sonde, au moyen de laquelle on prélève, en une ou plusieurs fois, un échantillon de petite dimension sur toute la hauteur du sol. L'opération est beaucoup plus rapide. On peut donc multiplier le nombre de ces écnantillons élémentaires et on les réunit dans une même caisse sur laquelle on fera ensuite un malaxage parfait en vue de l'analyse. Les agronomes de Belgique donnent la préférence à cette seconde méthode, comme permettant d'avoir, dans le même temps et pour la même dépense, un ensemble d'échantillons qui représente la composition moyenne d'une surface plus fidèlement que ne le peut faire un échantillon unique.

Mais il importe plus encore de bien choisir les endroits où les prises d'échantillons doivent être faites.

Pour que les échantillons puissent être considérés comme des types et que leur analyse fasse connaître la composition générale d'une certaine formation géologique, il convient de les prendre dans des localités où la formation est bien caractérisée, en différents points assez éloignés les uns des autres, et de les analyser séparément, afin de s'assurer s'il y a uniformité de composition sur toute rétendue des terrains constitués par la même formation géologique.

On évitera d'ailleurs autant que possible de faire les prélèvements dans les champs dont le sol a pu être modifié d'une manière sensible par la culture, notamment par le chaulage, le marnage ou l'emploi répété des engrais chimiques ou des fumures abondantes.

On comprend que la question est ici tout autre que dans l'étude spéciale d'un domaine au point de vue de la mise en culture. Pour celui-ci, on doit chercher,

en multipliant les prises d'essai, à déterminer l'état actuel de chaque pièce de terre et la proportion de substances fertilisantes qui peuvent s'y trouver, soit qu'elles viennent du sol ou des engrais précédemment employés, afin de calculer celles qu'il y a lieu de lui fournir pour une nouvelle culture. Pour une carte agronomique, au contraire, où l'on ne peut pas songer àprendre des échantillons dans chaque champ, il faut choisir les emplacements, ,de façon que les échantillous présentent aussi bien que possible la composition générale des terrains de même formation.

Dans bien des cas, l'analyse de ces échantillons montrera une remarquable uniformité de compo-^ition dans les terrains compris sous une môme teinte géolo-

carte dans une même assise géolos-ique, soit par le mélange de matériaux de transport superficiels avec les matériaux du terrain sous-jacent.

L'analyse chimique des échantillons permettra donc quelquefois de rectifier ou de compléter les indications fournies par la géologie.

Nous n'avons point à nous arrêter ici sur les opérations à effectuer pour l'examen des échantillons : triage et pesée des pierres, préparation et exame^i physique de la terre, tamisage et analyse chimiipie de la terre fine.

Ces questions ont été discutées de très près, en 1891, au ministère de l'agriculture, par un Comité considtatif des Stations agronomiques et des laboratoires agricoles, dont les membres avaient été choisis parmi les savants les plus compétents comme agronomes et comme chimistes.

Les travaux de ce Comité ont abouti à la publication d'une brochure intitulée : Méthodes d'analyse des teri'es, brochure qui a été aussitôi distribuée aux laboratoires et aux Stations agronomiques, afin de leur permettre d'arriver le plus vite possible à des procédés d'analyses uniformes.

Dans cet important travail, on trouve tracée avec précision la marche à suivre : pour la prise des échantillons et leur préparation, — pour l'analyse mécanique suivant la méthode de M. Schlœsing, — pour l'analyse chimique en vue du dosage de toutes les substances fertilisantes contenues dans la terre fine, séparée des pierres, graviers et sables grossiers par un tamisage préalable, — enfin pour la correction à faire, suivant les justes observations" de MM. de Gasparin et Risler, sur les résultats directs des analyses pour tenir compte de la quantité d'éléments grossiers mis à part.

En fixant pour l'examen des terres une marche uniforme, le Comité consultatif a réalisé une œuvre considérable; car, à l'avenir, les résultats obtenus dans les différents laboratoires seront toujours comparables entre eux; ils seront susceptibles d'une interprétation agricole, que le Comité consultatif a pu indiquer d'une façon générale, en se servant des comparaisons, déjà nombreuses, faites entre les analyses des terres et leurs qualités culturales.

Au point de vue spécial qui nous occupe, les cartes agronomiques tireront une valeur toute particulière de l'unification des méthodes d'rinalyse. Car les résultats d'analyses, insci'its dsns les légendes, pourront être inlerjirétés d'une manière uniforme et les cultivateurs en tireront des indications précieuses sur les amendements ou engrais qui sont nécessaires pour la fertilité de leurs terres.

Adolphe Garnot,

(La suite prochainement.) Membre de la Société nationale d'agriculture.

DE FRANCE Notre arlicle sur le rôle de celte Société a valti au Journal de l Atjricultw e une lettre de M. le marquis de Datnpierre, et nous ne pouvons à tdiis éiiards qne nous féliciter de ce fait. D'une part, le sujet en question ne saurait que i^nonerà être mis en lumière, et d'autre part, nous avons à nous léliciler de cette découNcrte inattendue, qui présente notre honorable président comme partisan de la mesure que nous dcjtiandons. Cette mesure ne tardera même pas àêtre adoptée, si

l'on en juji;e parle dernier paragraphe de la lettre de M. le marquis de Dampierre?

Nous n'aurions par conséquent rien autre chose à faire qu'à prendre acte de cette promesse, et de cet acquiescement presque formel au projet de concours, si les termes de la lettre ne nécessitaient de notre part quelques brèves observations.

Il nous importe, enefï'et,de rappeler, tout d'abord, que nous n'avons jamais nié les « formes irréprochables » toujours employées par M. le marquis de Dampierre, et dont il fait encore usage aujourd'hui. Quant au dédain et à l'ironie qu'il aurait témoignés suivant nous, dans son discours à l'assemblée, aucun de ces sentiments nétait dans son intention : nous le reconnaissons puisqu'il le déclare. Mais il était impossible de ne pas les trouver dans ses paroles — toutes courtoises qu'elles fussent, — et surtout dans la proposition qu'il adressait au groupe de la Loire, en l'engageant à faire à lui aeul ce que ne peut faire la Société des agriculteurs de France.

Il faut avouer, d'ailleurs, que les explications de l'honorable président ne nous paraissent pas fort claires. La Société se préparait à faire des concours en 1870, et maintenant qu'elle a pris un essor considérable, ce projet devrait être abandonné : pourquoi? Parce qu'on a préféré augmenter les publications : mais c'est précisément l'utilité de cette mesure, et surtout l'utilité de sa prolongation que nous nous sommes permis de contester.

Certes la Société a joué un grand rôle dans notre réforme économique, rôle des plus importants et des plus méritoires. Le développement du bulletin est-il pour quelque chose dans le résultat obtenu'!* Admettons-le si on veut, pour simplifier la discussion. La période la plus aiguë des grandes luttes économiques est passée; il serait donc possible de réduire maintenant les sacrifices, qui ont paru autrefois nécessaires sur ce point.

Quant aux récompenses données à de nombreuses sociétés, ou distribuées dans les concours régionaux, c'est précisément cet éparpillement des ressources qu'il faudrait suivant nous éviter, et la réunion de ces dépenses en un seul concours fournirait déjà une bonne partie de la dépense,

Peut-être même pourrait-on trouver ailleurs la somme nécessaire au surplus de cette dépense, en tenant compte d'une observation faite par la réunion départementale de Loir-et-Cher, au sujet de la publicité du bulletin. C'est un point que nous nous contenterons pour le moment de signaler à M. le marquis de Dampierre, mais qui mérite d'être étudié.

Disons encore, pour finir, que nous n'acceptons point le reproche qui nous est adressé, d'avoir été injuste à l'égard de notre honorable président; il eût fallu tout au moinsindiquer en (/iwi nous l'avons été. Rien dans ses paroles, ni dans ses actes, n'avait témoigné jusqu'ici des sentiments qu'il exprime aujourd'hui. Nous avions donc le droit de les ignorer, ou plutôt d'en juger d'après son discours à l'Assemblée.

Inutile de dire combien nous sommes heureux d'apprendre que nous étions dans l'erreur, et de n'avoir qu'à remercier M. le marquis de Dampierre, de ses déclarations et de ses promesses. Un grand

nombre de nos collègues des agriculteurs de France vont sans doute éprouver autant de surprise que nous, mais assurément non moins de plaisir, en voyant que la réalisation de leurs demandes est annoncée comme prochaine. Marquis de Chauvelin.

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