IV. — La sécheresse et les litières
Dans la séance du 6 mai de la Société centrale d'agriculture de Meurthe-et-Moselle, son président M. de Meixmoron de Dombasle, a rappelé les recherches qui ont été poursuivies depuis une dizaine d'années sur l'emploi de la tourbe-mousse comme litière et sur les résultats qu'elles ont donnés. Il a fourni ensuite des indications sur les faits constatés à ce sujet par plusieurs agriculteurs du département :
« Gomme confirmation de ces conseils, M. de Meixmoron fait part à la Société du résumé des renseignements qui lui ont été fournis par deux de nos collègues, M. Pardieu, à la ferme Saint-Jacques, près Nancy, et M. Mouët, à la ferme de Blanzcy, commune de Bouxières-aux-Ghênes.
« Ghez M. Pardieu. 2,000 kilog. de tourbe de Hollande ont suffi pour la litière de 25 chevaux pendant up mois et ont remplacé 3,000 kilog. de paille. Le prix de la tourbe éiant de 70 francs, '^t celui de la paille de 300 au moins, il y a eu en faveur de la tourbe une économie trè? importante de 230 francs pour un seul mois.
« M. Mouët se sert de la tourbe pour ses étables; ses vaches s'en trouvent très bien et sont dans un état de propreté constant, impossible à obtenir avec a litière ordinaire.
« Si l'utilisation de la tourbe se généralisait, il ne faudrait pas oublier que la France en possède de vastes étendues, qui permettront à la culture de les employer sans passer par les importations onéreuses des tourbes étrangères.
« M. de Scitivaux de Greische s'en déclare très satisfait; 1,000 kilog. de tourbe suffisent pour assurer une bonne litière à 10 chevaux pendant un mois. M. Pardieu de Saint-Jacques signale les mêmes avantages, il s'en sert pour ses chevaux et il en est très content. Pour les vaches dont les déjections sont beaucoup plus humides, la tourbe serait d'un emploi bien moins satisfaisant. »
Dans une année où la paille menace d'être très 4'are et atteint des prix excessifs, on ne saurait trop se préoccuper des succédanés qu'on peut employer avec avantage pour les litières. D'ailleurs, l'usage de
ces substances, tourbe, terre, sciure, etc., en mélange avec la paille, permet de réaliser des économies considérables dans l'emploi de cette dernière substance.
A cette occasion, nous signalons une intéressante brochure publiée (librairie Sidot, à Nancy; prix, 0 fr. 60) par M. Cli. Poirson, professeur à l'Ecole d'agriculture Mathieu de Dombasle, sur l'emploi de la tourbe comme litière et engrais. Dans cette brochure, il expose les faits acquis relativement aux avantages qu'on peut retirer de l'emploi de la tourbe et sur l'accroissement de fumier qui en est la conséquence. Il insiste, en même temps, sur l'importance des bons soins à donner au fumier; c'est un point sur lequel on ne saurait revenir trop fréquemment.