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A. Expériences de M. Spechnew. — (le savant a disposé par heclaïc une soixantaine de perches portant vers le sommet des couronnes garnies de pointes en cuivre doré, sorte de collecteurs soutirant l'électricité à l'atmosphère pour la décharger lentement sur la récolte ; ces couronnes étaient reliées entre elles par des fils métalliques. Le rapport de M. Spechnew n'indique ni le mode d'isolement des couronnes, ni la hauteur des perches, ni les engrais donnés aux cultures expérimentées. Voici, convertis en mesures françaises, les résultats (moyenne de cinq années d'expériences) obtenus sur culture électrisée à l'hectare :

Blé : semence, 180 kilog. ; rendement en grain de la partie électrisée, 15 quintaux ; de la partie non électrisée, 9 quintaux et demi; rendement en paille de la partie électrisée, 20 quintaux ; de la partie non électrisée, 18 quintaux.

Avoine : semence, 235 kilog.; rendement en grain de la partie électrisée, 18 quintaux; du témoin, 11 quintaux; rendement en paille de la partie électrisée, 22 quintaux; du témoin, 14 quintaux.

Orge: semence, 160 kilog.; rendement en grain de la partie électrisée, 12 quintaux; du témoin, 7 quintaux ; rendement en paille de la partie électrisée, 21 quintaux; du témoin, 18 quintaux et demi.

Seigle : semence, 160 kilog. ; rendement en grain de la partie électrisée, 12 quintaux; du témoin, 9 quintaux et demi; rendement en paille de la partie électrisée, 33 quintaux; du témoin, 20 quintaux.

Pommes de terre : semence, 1 ,030 kilog. ; rendement de la partie électrisée, 14,500 kilog.; du témoin, 13,000 kilog.

Pots ; semence, 190 kilog.; rendement de la partie électrisée, 1,750 kilog. ; du témoin, 1,400 kilog.

Trèfle : semence, 19 kilog. ; rendement en grain de la partie électrisée, 750 kilog.; du témoin, 325 kilog.; rendement en foin de la partie électrisée, 4,500 kilog. ; du témoin, 4.000 kilog.

Lin : semence, 120 kilog. ; rendement en grain de la partie électrisée, 850 kilog.; du témoin, 600 kilog.; rendement en paille de la partie électrisée, 5,300 kilog. ; du témoin, 4,500 kilog.

On voit que, constamment, l'électricité a produit des résultats favorables. Malheureusement cette méthode d'électro-culture est coûteuse ; les 50 à 60 couronnes métalliques à pointes dorées nécessaires par hectare, ne reviendraient guère à moins de 500 ou 600 fr., et quoique cette installation durât plusieurs années, il ne semble pas que l'électricité appliquée de cette façon soit susceptible — ce qui doit être le but — d'abaisser les prix de revient de nos produits agricoles.

B. — Méthode d'électro-culture du F. Paulin. — Cette méthode, la dernière mise au jour, se présente avec deux grandes supériorités sur ses devancières ; elle est fort économique et les résultats obtenus sont tels que, si la plus grande prudence n'était pas imposée dans cette question delà culture électrique particulièrement féconde en déceptions et en résultats contradictoires encore inexplicables, on serait en droit de dire que l'emploi du géomagnéti [ère va révolutionner l'agriculture.

Les expériences d'électro-cullure instituées par le frère Paulin, ont été conduites avec toute la rigueur scientifique désirable, les résultats ont été contrôlés par des hommes compétents, et vraiment il faudrait être bien sceptique pour n'y point croire.

'782 LA.CtfLTURE ELECTRIQUE.

La première expérience a été faite en 1891 dans un champ planté en pommes de terre, et appartenant à M. Bouchet, à Merlieu près Montbrison (Loire). Deux géomagnétitères de 8 m. 50 de hauteur ont été placés au mois d'avril, et dès le mois de juillet on constatait les résultats suivants consignés dans un rapport : « Le regard est arrêté par une irrégularité sensible dans la végétation du champ. Dans un cercle limité exactement par la place occupée dans le sol par les fils conducteurs de l'électricité atmosphérique, les plants de pommes de terre ont une vigueur double de celle des plants occupant le reste de la terre. Et cela sans une lacune, sans un vide, sans un point faible dans ce groupe de tiges superbes circonscrit nettement comme par un trait de compas. »

Voici, relativement à la même expérience, le rapport de la Commission déléguée par la Société d'agriculture de Montbrison.

« Les soussignés convoqués etc. pour examiner les résultats des expériences de l'influence de l'électricité sur la végétation commencées au point de vue de la grande culture, sous la direction et d'après le système du F. Paulin, directeur des écoles communales de Montbrison, par M. Bouchet, de Merlieu, ont fait les constatations suivantes :

ce Dans un champ de pommes de terre, joignant la grande route de Montbrison à Montrond, un géomagnétifère de 8 m. 50 de hauteur a fait sentir son influence sur une superficie de 20 mètres de rayon. Dans celte partie delà terre, les liges de pommes de terre, d'un volume et dune végétation extraordinaires, ont conservé jusqu'à ce jour (23 septembre) une verdure qui contraste sensiblement avec les portions voisines. Les tiges ont été mesurées, elles atteignent jusqu'à 1 m. 47 de hauteur et 2 centimètres de diamètre.

« Après cette première constatation de la végétation extérieure, les membres de la Commission ont désigné sur celle portion du champ influencée deux quadrilatères de 16 mètres chacun de superficie; puis dans le reste de la terre, deux carrés de même contenance. Ces quatre carrés ont été désignés, sans choix spécial d'un endroit dénotant une végétation plus forte, mais répondant à la moyenne, soit de la partie influencée du champ, soit de l'autre parlie.

« Les plantes ont été arrachées elles tubercules pesés sous les yeux de la Commission. Les résultats ont été les suivants :

« Les 32 mètres de superficie de la portion influencée ont fourni 90 kilog. de tubercules; les 32 mètres de superficie de la portion non influencée ont fourni 61 kilog.

« Les sillons de plantation des pommes de terre étaient à la même distance dans les qualres carrés, et le nombre des plantes était égal. » Signé : Chauve, Lafond, Roudrl, A. Brassart.

La production par hectare serait donc de 28,000 kilog. pour la parlie influencée au lieu de 18,000. Ce produit obtenu sans fumure spéciale, avec une variété d'un faible rendement (pomme de terre violette) égale les récoltes de culture intensive à grosses dépenses d'engrais chimique.

Le 1 1 octobre, on a arraché 60 pieds de pommes de terre dans la partie influencée et 60 dans la partie non électrisée. Les 60 pieds non influencés ont produit 25 kilog. de pommes de terre; les 60 pieds

influencés, 63 kilog. Encore faut-il ajouter que tandis que les tubercules non influencés étaient mûrs et n'augmenteraientplus, au contraire, les tubercules influencés n'avaient pas achevé leur croissance, leur tige était verte et la pellicule du tubercule encore à peine formée.

A la récolte définitive, le 27 octobre, il a été impossible de se rendre compte exactement du rendement par suite des nombreux larcins commis, mais on a constaté que le cercle influencé se détachait parfaitement par la grosseur de ses fruits et leur nombre ; à vue d'oeil, la récolte était doublée.

A noter dans cette expérience qu'un des deux géomagnétifères étant trop près d'une rangée d'arbres et plus bas qu'eux n'a rien produit.

La Société d'agriculture de Montbrison a sanctionné le succès obtenu à Merlieu par une médaille de vermeil décernée au frère Paulin.

L'analyse de la terre entourant les tubercules récoltés soit sur la partie influencée, soit sur la partie non influencée, a donné les résultats suivants :

Terre influencée. Terre non influencée.

Azote (méthode Kjeldall) 0.065 0.070

— ammoniacal 0.0059 0.0031

Acide phosphoriqiie 0.159 0.177

Potasse 0.-237 0.227

Chaux... 0.'2fi0 0..5'20

Ces analyses montrent que la différence de rendement provient seulement de l'influence de l'électricité et non de la composition chimique de la terre dont la composition est égale, sinon meilleure dans la partie non influencée que dans l'autre; toutefois nous ne devons pas oublier avec quelle prudence ou plutôt avec quelle méfiance on doit accueillir en agriculture les résultats des analyses chimiques, par suite des erreurs inhérentes à ces analyses. Au témoignage de la ctiimie nous sommes donc heureux d'avoir à joindre celui des agriculteurs qui ont affirmé que dans le champ de Merlieu, nulle autre cause que l'électricité ne pouvait être invoquée pour expliquer la différence de rendement constatée.

Voici maintenant l'analyse des pommes de terre :

Tubercule éleclrisé. Tubercule non éleclrisé.

Fécule.... 17.80 15 34

Cendres (p. 100 sur le résidu à 100). 5.30 5.01

Azote • 1.06 1.08

■ Eau.. 76.20 78.60

Les pommes de terre influencées sont de meilleure qualité que les autres, elles renferment plus de fécule et moins d'eau, et après six mois d'ensilage on a observé que les premières étaient en parfait état de conservation tandis que les non électrisées présentaient environ deux cinquièmes de leurs fruits gâtés^

La deuxième expérience fut faite au mois d'août 1891 : un géomagnétifère haut de 11 mètres fut planté dans un vignoble appartenant à M. le vicomte de Meaux; les fils étaient placés à 10 centimètres de profondeur et agissaient sur un cercle de 20 )nètres de diamètre. Bien que les raisins fussent déjà formés à cette époque, on constatait le 1 1 octobre que la partie influencée était plus mûre que les voisines. En vue d'une nouvelle étude, le F. Paulin fit alors, dans un quart du

1. De l'influence de Véleclricité aur la végélation, par le F. Paulin, Montbrison, 1892.

78(i LA CULTURE ÉLECTRIQUE.

cercle influencé, descendre les fils à une profondeur de 40 à 50 centimètres au lieu de 10; huit jours après, un groupe de viticulteurs se rendaient à Ecotay et constataient le résultat dans le procès-verbal suivant :

« Le géomagnétifère, placé par le frère Paulin en août dernier, dans une vigne de la propriété de M. le vicomte de Meaux, a produit les résultats suivants : La maturité du raisin est plus avancée et bien plus régulière dans le cercle influencé que partout ailleurs; l'influence se révèle dans un cercle limité exactement par le fil placé en terre à 10 centimètres de profondeur dans les trois quarts du cercle, et à 50 centimètres dans le quatrième quart; à 1 mètre en dehors du cercle, 1 influence ne se fait plus sentir. Le quart dont les fils sont à 50 centimètres depuis huit jours seulement, nous assure-t-on, est encore plus mûr que les trois autres quarts. Des raisins ont été cueillis par nous séance tenante, dans les deux parties de la vigne, en les choisissant très mûrs; le jus, exprimé et pesé au pèse-moût et à l'alcoomètre a donné les résultats ci-dessous :

Moût influencé : Sucre. IG" 2/5 i Moût non influencé : Sucre. .. 14°

— Alcool 10° 4/5 I — Alcool... 9° 1/5

Le vin produit dans la partie influencée a donné exactement à l'analyse 7°, 8 d'alcool, résultat exceptionnel dans ce pays.

Expériences de 1892. — Voici le procès- verbal d'une visite faite au jardin des frères de Montbrison :

« Les soussignés déclarent que les feuilles d'épinards décalquées sur les deux feuilles contresignées* ci-jointes ont été récoltées devant eux, et choisies parmi les plus belles de deux semis différents. Ces feuilles ont été mesurées et pesées sans le pétiole :

La l''^ mesure 0°'30 de long sur 0.285 de large et pèse 21«'5

2 o^ae — 0 305 — 19 5

« Dix feuilles pesées ensemble ont donné 175 grammes. Les quatre premières proviennent de plants d'épinards, variété fer de lance, semés en automne 1891 et placés dans la partie du jardin soumise à l'influence du géomagnétifère. Les deux dernières feuilles proviennent de la même variété et les graines ont été semées au printemps de 1892 dans la partie non électrisée. Le terrain est de consistance moyenne et il présente partout la même composition. On nous affirme qu'aucune fumure n'a été mise dans le jardin depuis l'hiver 1890-91 .

« L'époque de la semaille n'a pu produire une différence semblable de végétation entre les premières feuilles et les deux dernières ; la grande vigueur des premières paraît due surtout à l'action de l'électricité atmosphérique amenée par la géomagnétifère. Dans le même jardin les ceps placés dans la partie influencée ont une avance de végétation très sensible sur les autres. »

Dans l'établissement des frères des écoles chrétiennes à Vais, près le Puy, on a placé le 21 avril 1892 un géomagnétifère de 24 mètres de hauteur dans un enclos où des épinards avaient été semés en août

1. Ces calques de feuilles presque monstrueuses ont figuré dans divers concours régionaux, à Tours notamment.

1891 alors qu'il n'était nullement question d'installer cet appareil. Le fil collecteur avait 70 mètres de long et les fils transversaux, espacés de 2 mètres en 2 mètres, s'étendaient de part et d'autre sur une

largeur totile de 15 mètres

Les épinards arrachés et pesés avec leur racine ont fourni :

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