‹ Journal de l'agriculture (volume 3)Chapitre 525 sur 691 · LES FEUILLES D'ARBRES DANS L'ALIMENTATION DU BÉTAIL · texte numérisé non relu

LES FEUILLES D'ARBRES DANS L'ALIMENTATION DU BÉTAIL

les plus utilisées comme fourrage, et de vieille date. Nous voyons en effet, dans tout le Plateau central, de nombreux frênes en têtard qui sont cultivés spécialement pour la récolte des feuilles qui serviront de fourrage pendant l'hiver. Dans les Cévennes, le Yivarais, le Dauphiné, on récolte avec le plus grand soin les feuilles de frêne et aussi celle du mûrier, pour les donner sèches aux moutons, aux bœufs et aux vaches qui s'en montrent très friands. Souvent aussi dans notre région, les petites gens cueillent les feuilles de frêne pour les faire consommer aux moutons et aux chèvres ; ce fourrage aérien s'appelle de la broute.

Entre tous, un arbre mérite d'attirer particulièrement notre attention, c'est l'acacia. Il est un fixateur d'azote qui, à en juger par la richesse de ses feuilles, serait plus nutritif que la plupart de nos légumineuses. Le grand inconvénient de cet arbre tient surtout à ses épines qui hérissent ses branches ; mais les feuilles détachées avec soin, fourniront un fourrage très apprécié de notre bétail que la famine guette.

Un autre arbuste, appartenant également à la famille des légumineuses, le Cytisse faux ébénier, mérite d'attirer l'attention de nos agriculteurs. Il offre tous les avantages de l'acacia, moins l'inconvénient des épines. Se resemant de lui-même, croissant dans les plus mauvais et les plus pierreux terrains, on peut en recommander la plantation dans tous les sols stériles où ses feuilles donneront un fourrage des plus nutritifs comparable, comme richesse, à celui des meilleures légumineuses.

Mais, quelque soit l'arbre dont on cueille les feuilles, il faut toujour avoir le plus grand soin de laisser à l'extrémité des branches un petit bouquet, pour empêcher l'arbre de se dessécher, et maintenir sa vitalité.

Tels sont, résumés, les faits aujourd'hui bien étudiés par MM. Ch. Girard et Cornevin sur lesquels nous avons cru bon d'attirer l'attention des agriculteurs préoccupés, avec juste raison, d'une sécheresse continue qui est devenue un véritable fléau. Sans doute, il n'y a pas là de quoi remplir nos fenils vides; mais dans un moment de disette fourragère, comme celui que nous traversons, il faut faire inventaire de tout ce qui peut servir à la subsistance de nos animaux.

Marcel Vacher,

Secrétnire de la Société d'agriculture de l'Allier.

III. Mélhodea utilimnt l'électricité atmosphérique. — J'arrive maintenant aux méthodes d'électro-culture les plus intéressantes, celles qui utilisent au profit de la végétation l'électricité existant naturellement dans l'atmosphère à une faible distance de la terre par suite des phénomènes météorologiques (pluie, neige, vent, orages, évaporation solaire, etc.) qui en modifient presque constamment la tension.

Déjà on comprend que ces méthodes se présentent avec une réelle supériorité sur les procédés employant l'éleclricité produite par dos piles ou des machines, puisque, dans le cas actuel, l'électricité mise en œuvre est absolument gratuite. -

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