TOUJOURS LE DURHAM
Nous ne voyons pas bien pourquoi M. Auclerc tient à éterniser la discussion soulevée entre nous, — au grand ennui sans doute des lecteurs du Journal, qui nous lisent trop souvent, — et les points sur lesquels il juge à propos de revenir semblent un peu en dehors du sujet. Il suffira donc cette fois de quelques mots de réponse, pour montrer que nous sommes d'accord sur l'ensemble, et cependant éviter dans les détails toute ambiguïté.
Il faut remarquer, tout d'abord, qu'il n'a jamais été question du mérite inlrimèqne de Claire, et que cette vache a pu être digne partout des premiers prix qu'elle a obtenus. Ce dont il a été question, c'est du jury de Paris, au sujet de ses décisions critiquées par M. Housman, au grand étonnement de notre collègue. Nous avons alors cité l'exemple d'un syndicat, où l'on s'était permis aussi de ne pas admirer l'œuvre de ce jury. M. Auclerc ne semble pas bien convaincu de l'exactitude de notre assertion. Il paraît oublier qu'au syndicat, cette critique n'était pas l'œuvre de certains membres, et que la majorité n'a pas été « complètement opposante ».
Le fait est que sur la proposition d'un membre de l'assemblée, et sans un seul opposant, pas même M. Auclerc, le bureau a été chargé d'une démarche auprès du ministère, et que la démarche a été faite. Nous considérons ceci comme de peu d'importance au point de vue du jury, cette institution inévitable n'étant en quoique ce soit infaillible dans son essence. Il importait seulement de répondre avec précision au démenti, déguisé il est vrai, que notre collègue cherche à nous opposer.
Le concours de Tours n'avait pas grand'chose à faire ici. La vache qui a eu le premier prix à cette réunion, Javotte de M. Larzat, était une bête du type lailier, fort différente de Claire par conséquent. Si elle a battu des vaches remarquables du type à viande, c'est uniquement à cause de ses qualités laitières, que le jury a prises en grande considération. Ce fait n'a donc rien à voir avec les décisions du jury de Paris, au contraire ! et nous ne croyons pas que personne puisse voir aucun rapport entre les motifs qui ont guidé ce dernier jury et ceux qui avaient déterminé le jury de Tours.
Quant aux anciens importateurs de Durhams, à la mémoire desquels on a recours, il faudrait se rappeler que le rendement laitier ne leur était pas indifférent; la preuve en est dans les annotations ajoutées par M. Sainte-Marie, à plusieurs vaches dont on avait reconnu les qualités sous ce rapport. Les vacheries nationales, et en tout cas celle de Corbon, ne considéraient pas non plus, tant s'<n faut, les facultés laitières comme négligeables. D'un autre côté, des éleveurs entreprenants faisaient des importations de grande valeur, et l'un d'eux, qui touche de près à M. Georges Auclerc, nous a dotés ainsi d'une tribu fort laitière, la tribu Wharfdale Lady, l'a conservée avec toutes ses qualités, la possède même encore.