‹ Journal de l'agriculture (volume 3)Chapitre 531 sur 691 · TOUJOURS LE DURHAM · texte numérisé non relu

TOUJOURS LE DURHAM

Faut-il, ou non, rester fidèles « à ces enseignements et à ces sages exemples? » Pour nous, c'est là que nous voyons les précédents à suivre et les exemples à imiter, dût-on nous traiter aussi de « routiniers ».

Répétons encore que le type deDurham, voulu par M. Auclerc, est voulu par tout le monde avec lui, et que l'on discute uniquement sur les moyens de le produire; avec cette nuance pourtant que certains éleveurs craignent d'arriver au manque de développement, et cherchent à éviter ce défaut; ceci n'est qu'une nuance.

Mais, depuis M. Mâlo, le fondateur de Corbon, jusqu'à M. Chamard, bien connu comme ennemi du suif et aussi du Durham, il est admis généralement, et nous pourrions dire universellement, que le sang Bâtes est moins lymphatique que le sang Booth : l'emploi du premier est donc tout indiqué, pour éviter l'excès du dégras. Partant de cette donnée, on employait depuis longtemps à Corbon des reproducteurs Bâtes, et le Syndicat persévère à en importer.

Sur quoi repose donc la discussion actuelle, puisque ce procédé semble accepté, comme il est employé d'ailleurs, par M. Auclerc? Le type idéal du Durham, si bien décrit par lui, est celui que nous voulons tous; le but qu'il se propose à juste titre, et qui consiste à perfectionner encore le type actuel, nous nous le proposons également; nous employons tous, pour y parvenir, des moyens senblables, ou du moins nous nous servons de reproducteurs de la même provenance ; notre collègue a bien voulu admettre cette fois que nous devions chercher à conserver, et même à augmenter, les qualités laitières : mais dans ces conditions, nous sommes absolument d'accord! A tel point que nous nous demandons quel a pu être le motif de cette discussion, à laquelle paraît manquer toute base sérieuse?

Nous sommes heureux d'ailleurs que la constatation d'un accord soit le résultat de la polémique soulevée par M. Auclerc, et notre collègue ne l'a provoquée sans doute, que parce qu'il était certain d'avance d'arriver avec nous à une conclusion de ce genre.

Marquis de Chauvelin.

Saint-Jean-d'Ataux, 9 mai 1892.

Le mois d'avril 1893 marquera dans l'hisioire des phénomènes atmosphériques par une persistance de sécheresse qui n'a peut-être pas de précédents dans notre région. Si nous remontons une période de trente et un ans, date de nos cahiers d'observation, nous trouvons quelques années très sèches, notamment 1870, mais encore le mois d'avril donna cinq jours de pluie ; mars en donna huit et mai, sept, alors que cette année, au moment où nous écrivons ces lignes, nous n'avons pas eu de pluie depuis le 15 mars, soit cinquante-cinq jours, car la pluie d'orage du 27 a été absolument insignifiante.

Les conséquences de ce manque d'eau ont été d'arrêter la végétation herbifère : les fourrages artificiels sont très médiocres ; les prairies naturelles non irriguées ne donneront absolument rien ; les froments sont restés courts, les avoines ne monteront pas.

Cette année est des plus défavorables pour l'emploi des engrais chimiques qui, n'ayant pu être dissous, ont été de nul etîét ; au moment de faucher les farouchs, on retrouvait encore les feuilles blanchies par le plâtre et les nitrates de soude n'ont pas eu d'eau depuis le hersage.

Seule la végétation arbustivc étale de riches promesses et nous pensons qu'il faudrait remonter bien haut pour trouver une année où la vigne, notamment, fût

aussi chargée de mannes; non seulement les liges du bois de l'année, mais les brindilles de la souche, jusqu'aux gourmands sortant de terre, en sont couvertes. A l'épamprage il sera urgent de faire un abatage énergique de cette exubérance fruitière que la vigne serait d'abord impuissante à conduire à maturité et qui, dans tous Jes cas, aurait pour résultat de la stériliser pour plusieurs années.

Les arbres à fruits sont moins chargés que la vigne, mais donneront certainement une abondante récolte si aucun accident météorologique n'entrave leur développement, mais que de périls encore!

En somme cette chaleur insolite a accéléré la végétation qui est bien cette année en avance d'un grand mois. E. de Lentilhac.

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