LA SÉCHERESSE ET LES FOURRAGES
En présence de la sécheresse persistante, les cultivateurs se préoccupent de se créer des ressources pour suppléer à l'insuffisance désastreuse des récoltes fourragères. Nous croyons donc, dans ces circonstances, devoir rappeler brièvement quelles sont les plantes qui, semées maintenant, promettent de donner encore dans le courant de l'année un produit satisfaisant. Sans doute, quelques-unes seulement pourront être fanées et fournir du fourrage sec, mais un certain nombre, comme les Maïs, Mohas, Millets, Sorghos^ Pois gris, Vesces, etc., produiront un excellent fourrage pouvant être consommé en vert ou conservé en silos, ce qui permettra de ménager le peu de foin que donneront les prairies naturelles et artificielles.
En première ligne, parmi les plantes dont le produit en fourrage est le plus considérable et le plus assuré, citons un Maïs de grande taille, le Maïs dent de cheval ou géant Caragua, qui peut se semer utilement de mai en juillet. Le Mais jaune gros, les Maïs blanc et jaune des Landes et les variétés plus hâtives, telles que le Maïs d'Auxonne et le Maïs cinquantino, semées jusqu'en août, donneront encore un bon produit.
Les Millets blanc et noir, le Panis d'Italie, les Mohas de Hongrie et de Californie, VAlpiste, arriveront même à mûrir leur grain si on les sème sans retard. Dans tous les cas, ils pourront être fauchés en vert, et s'ils sont fanés avec soin, ils donneront un foin un peu gros, mais de bonne qualité. Si on les destine uniquement à donner du fourrage, on pourra les semer jusqu'au 15 juillet.
Les ISorghos sucrés et le Sorgho à balais, étant semés jusqu'en juin dans des conditions de terrain favorable, peuvent produire un fourrage vert abondant et de bonne qualité.
Les Vesces et les Pois gris de printemps fourniront encore un bon produit, surtout associés à quelque plante à tiges raides (Féverole, Maïs, Millet), qui leur prêtera son appui, comme font le Seigle et l'Avoine dans les mélanges de ce genre semés à l'automne et au premier printemps.
Les choux fourragers, tels que le Chou cavalier, le Chou caulet de Flandre, le Chou d'hiver de Géorgie, les Choux moelliers, les Choux frisés d'hiver, se sèment toujours vers cette époque de l'année et commencent à produire à l'automne, permettant ainsi de ménager quelques semaines de plus la provision de fourrage sec.
Le Colza de printemps et la Navette d'été, la Moutarde blanche, les Spergules ordinaire et géante, le Sarrasin gris ou argenté et le S. de Tartarie, peuvent encore se semer pendant tout le mois de juin et même plus tard, soit seuls, soit mélangés entre eux ou avec les plantes citées précédemment.
Nous donnerons, pour servir d'exemple, quelques formules de mélanges de ce
f^enrc proposées par M. Dezeimeris ou calquées sur les siennes et consacrées par a pratique; il est évident que le choix des plantes et les proportions de chacune n'ont rien d'absolu et qu'il appartient à chaque cultivateur de les modifier selon la nature de ses terres et selon le but qu'il se propose d'atteindre.
Exemples de mélanges de fourrages à couper en vert, pouvant se semer en juin et même en juillet, calculés pour un hectare.
I. — 35 kilog. Sarrasin ; 25 kilog. Maïs janne près ; 25 kilog. Poisgris de printemps; 7 kilog, Alpiste ; 7 kilog. Moha de Hongrie ou Millets, ou Panis.
II. — 2b kilog. Sarrasin; 25 kilog. Vesce de printemps; 15 kilog. Maïs jaune gros; 10 kilog. Moutarde hiancne ; 7 kilog. Moha de Hongrie on Millets, ou Panis.
III. — 25 kilog. Pois gris de printemps; 25 kilog. Vesce de printemps; 10 kilog. Moutarde blanche ; 5 kilog. Millets oic Panis d'Italie ; 5 kilog. Spergule.