LETTRES AUX ASSOCIATIONS AGRICOLES
tâche de diriger les travaux de V Association de V Industrie française; je ne l'ai fait qu'avec l'espérance de servir d'intermédiaire entre l'agriculture et l'industrie pour opérer leur fusion au sein de l'Association élargie et transformée, qui deviendrait ainsi une véritable institution, l'institution organique de la production française tout entière.
A l'heure qu'il est, son centre général n'exisie nulle part et il m'apparaît que le moment est venu de le créer. Il existe pour l'industrie, bien qu'insuffisamment outillé encore, dans V Association de l'Industrie française; il n'existe pas encore pour l'agriculture, dont les nombreuses associations sont sans lien direct les unes avec les autres.
Il m'a semblé que rien n'était plus facile que do donner à l'organisation économique de l'agriculture ce dernier perfectionnement en utilisant les cadres existants, et l'administration de V Associatioyi de l' Industrie française. Il suffit pour cela d'y introduii^e la représentation de l'agriculture au même titre que celle de l'industrie.
Mais comment régler cette représentation et à quel objet doit-elle s'appliquer ?
Tout le monde comprend qu'il ne saurait être question de fonder en quelque sorte une nouvelle et immense Société agricole qui absorberait toutes les autres. Ce serait d'une impossibilité absolue. Les Sociétés agricoles existantes ont leur rôle, leur mission, dont elles s'acquittent admirablement et il faut bien se garder de toucher à leur fonctionnement intérieur. Si elles ont intérêt à se réunir à l'industrie, ce n'est pas pour traiter les questions spéciales ou techniques qui intéressent exclusivement la production agricole. C'est pour étudier en commun et résoudre les questions de principe, les problèmes d'ordre général qui intéressent la production française dans son ensemble ou qui, n'intéressant que l'une de ses branches, ont cependant besoin, pour être résolues à son avantage, de l'appui et du concours de tous.
Telles sont les questions de régime douanier, d'impôts, de travaux publics, d'administration, d'exportation, de transports, de système monétaire, de défense générale de notre viticulture ; il serait Tacile d'en trouver beaucoup d'autres, toutes très pressantes et très intéressantes. Une grande Association qui prendrait en main toutes ces questions et qui aurait le droit de parler au nom de l'industrie et de l'agriculture réunies pour faire prévaloir les solutions conformes à leur intérêt aurait auprès des pouvoirs publics une force irrésistible.
Il reste à déterminer le mode de représentation de l'agriculture au sein de l'Association nouvelle. Il nous paraît tout indiqué par le mode de recrutement de l'Association de l'Industrie elle-même. Elle se compose d'industriels adhérents pour leur compte personnel et de représentants de grandes sociétés ou syndicats industriels. L'élément agricole pourrait y être introduit dans les mêmes conditions; il se composerait des agriculteurs qui voudraient y venir à titre individuel et des délégués nommés par les Sociétés d'agriculture ou Syndicats agricoles qui voudraient s'y faire représenter. C'est à ce titre que nous nous permettons de faire aujourd'hui appel à votre concours dévoué pour soumettre la question à votre Société et solliciter d'elle son adhésion à notre proposition.
Pour la première fois et à raison de l'urgence (notre prochaine Assemblée générale ayant été fixée au 14 juin prochain), le délégué que vous voudriez bien nommer pourrait être désigne par voire bureau. Afin de faciliter la présence des délégués à l'Assemblée, nous avons demandé et obtenu pour eux, des Compagnies de chemin de fer, des billets d'aller et retour pour Paris à tarif réduit de demi-place. Les délégués qui ne pourraient venir en personne seront en outre autorisés pour la première fois à voter par mandataires en envoyant leur pouvoir à un membre quelconque de l'Association,
Le taux de la cotisation a été fixé à 30 francs par an pour les membres adhérents, qui donnent droit à l'envoi du journal hebdomadaire de l'Association le Travail National.
Telles sont les considérations générales qui appuient la proposition que nous avons l'honneur de soumettre à votre Société. Je n'ai pas besoin de vous dire combien nous serions heureux et fier de son adhésion; en nous la donnant, elle ne fera que continuer la politique d'union et d'entente qui, dans ces dernières années a fait toute notre force. Pour le Comité :
Le Président de l'Association, J. Méltné.