‹ Journal de l'agriculture (volume 3)Chapitre 590 sur 691 · SUR LA CULTURE DU MAIS-FOURRAGE · texte numérisé non relu

SUR LA CULTURE DU MAIS-FOURRAGE

M, le Ministre de l'agriculture vient, dans une circulaire récente, d'appeler l'attention des agriculteurs sur la nécessité de multiplier, dès que la pluie le permet, les semis de fourrages à croissance rapide et abondante, capables de nourrir promptement le bétail et de constituer une provision pour l'biver. Entre autres, il préconise le « maïs-fourrage ». Cette culture étant peu répandue dans notre arrondissement de Caen, je me permets d'apporter à l'appui de sa recommandation les résultats d'une expérience personnelle déplus de dix années.

Semé en terre convenablement préparée, même en culture dérobée, après seigle ou trèfle incarnat, avec demi-fumure de fumier de ferme complétée par 150 kilog. de nitrate de soude, 100 kilog. de chlorure de potassium et 400 ou 500 kilog. de superphosphate de chaux, le maïs donne en très peu de temps une récolte abondante, de première qualité, qui exerce une heureuse influence sur la production du lait et que le bétail mange avec avidité.

Les semis en lignes, espacées de 35 à 45 centimètres, sont préférables aux semis à la volée, parce qu'ils permettent les ratissages entre'les rangs.

Le maïs se sème dans le courant des mois de mai et de juin. Trois mois après pour le « maïs caragua », plus tôt même pour le « maïs quarantain », on peut commencer à le couper. Il dure jusqu'aux premières gelées.

En culture soignée, il n'est pas rare de le voir atteindre deux et trois mètres de hauteur et donner en poids 80,000 kilog. de fourrage vert à l'hectare. C'est là une précieuse ressource.

Le maïs, toutefois, ne peut se transformer en fourrage sec. Quand on veut le garder pour l'hiver, il faut le mettre en silo.

Comte DE Saint-Quentin,

Président de la Société d'agriculture de Caen.

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