UN ENNEMI DES CEREALES DE MARS
qui avance peu à peu à mesure que se fait le dégât) et qu'il y achezles ravageurs, dont nous signalons la présence, un esprit de suite; c'est ainsi qu'une pièce ayant été absolument détruite, ils ont tourné un petit bois et poursuivi leur œuvre dans un autre champ d'avoine qui disparaît à vue d'œil sur une ligne parfaitement droite de 80 à 100 mètres de longueur, la zone attaquée s'éloignant régulièrement du bois.
Si l'on y fait attention, on aperçoit dans ces parties envahies, des quantités de petits insectes qui sautent autour de vous en s'éloignant; ils sont de couleur gris-jaunâtre, leurs bonds sont de 15 à 20 centimètres; sur le premier moment ils rappellent la puce des sables que Ton voit au bord de la mer^ mais ils sont beaucoup plus petits : ils n'ont guère, en effet, que 3 millimètres de longueur; on les appelle ici des puceaux.
Il y a longtemps que ces insectes sont connus dans la région, mais jusqu'ici ils n'avaient pas commis de déprédations : c'est en suçant la sève des feuilles qu'ils amènent la mort de la plante ; nous en avons vu parfois 1'2 ou 15 s'enfuir d'un pied d'orge ou d'avoine n'ayant encore que deux feuilles.
La capture de ces insectes nous a fait voir quel est leur appareil de saut : leurs pattes postérieures sont semblables à celles des cigales, et en effet ils appartiennent aux hémiptères homoptères, tribu des cicadéliens : nous n'avons pu en déterminer exactement le genre.
A. BOUIIGNE,
Professeur départemental d'agriculture.