‹ Journal de l'agriculture (volume 3)Chapitre 613 sur 691 · V. — Marché aux laines de Reims · texte numérisé non relu

V. — Marché aux laines de Reims

La première vente publique des laines de France de 1 893 a eu lieu le 30 mai, à la Bourse de Reims, par le ministère de MM. Loilier, Bouché, Bonjean, courtiers assermentés. En voici le résultat :

80,000 toisons ont été offertes; 54,000 ont été vendues; 402 provenaient des départements suivants : Aisne, Ardennes, Aube, Aude, Gôte-d'Or, Eure-et- Loir, Gard, Loir-et-Cher, Loiret, Marne, Haute-Marne. Nièvre, Seine-Inférieure, Seine-et-Marne, Somme, Var, Yonne, Seine-et-Oise, Oise, Pas-de-Calais, Basses- Alpes.

276 lots ont été adjugés aux enchères et après vente. — Acheteurs nombreux. Bonne animation.

Suints. — Choix varié. Prix de l'an dernier à pareille époque bien soutenus et souvent 5 pour 100 de hausse, malgré l'augmentation du poids des toisons plus lourdes dans l'ensemble que d'habitude.

Lavées à dos. — Choix restreint. La plupart des lots laissent à désirer comme lavage et sont gris. Prix cependant analogues à ceux de l'an dernier.

Voici les prix des laines :

Suint. Lavées à dos.

Qualité supérieure fine 1.525 à 1.65 Néant.

Qualité courante fine 1.30 à. 1.45 2.45 à 2.65

Qualité inférieure fine 1.15 à 1.25 2.25 à 2.40

Tremière qualité croisée 1.25 à. 1.425 Néant.

Deuxième qualité croisée 1.10 à 1.25

Qualité commune défectueuse 0.70 à 1.»»'

Agneaux première qualité 1.60 à 1.775

— deuxième qualité 1-40 à 1.55

La prochaine vente est fixée au 17 juin. Les laines devront être rendues aux magasins généraux le 12 juin, dernier délai. Tout lot arrivé après cette date sera reporté à la vente suivante.

VI. — Ecole pratique d'agriculture et d'irrigation d'Avignon. Les examens d'admission à l'Ecole pratique d'agriculture d'Avignon auront lieu le 21 août prochain ; les demandes doivent être présentées avant le 20 juillet (pour tous renseignements s'adresser au directeur de l'établissement). Au dernier examen de fin d'études qui a eu lieu à cette école le 21 juillet 1892, sous la présidence de M. Grosjean, inspecteur général de l'enseignement agricole, les quatorze élèves sortants ont tous obtenu le certificat d'instruction des écoles pratiques, et cinq de ces jeunes gens, s'étant présentés à l'Ecole nationale d'agriculture de Montpellier, y ont été admis dans de bons rangs.

Vn. — Les fraudes dans le com^nerce des beurres.

On sait que la Commission du Conseil supérieur de l'agriculture a été saisie de l'examen des moyens de réprimer absolument les fraudes dans le commerce des beurres. Sur sa demande, M. le Ministre de l'agriculture a chargé M, Miintz, professeur de l'Institut agronomique, d'examiner les procédés proposés, d'étudier les meilleures méthodes d'analyse permettant de reconnaître ces fraudes et de rédiger une instruction détaillée à l'usage des chimistes experts. Le ministre, en vue de faciliter ce travail à M. Miintz, vient d'adresser à toutes les écoles d'agriculture une circulaire pour les inviter à envoyer l'Institut agronomique des échantillons authentiques de beurre pur fabriqué dans l'école même. Chaque échantillon devra être accompagné de renseignements sur la race des vaches laitières, leur rendement en lait, la nature de leur alimentation.

D'autre part, M. R. Brullé, chimiste, vient de présenter à l'Académie des sciences la description de son procédé d'analyse qui permettrait de déceler les fraudes commises par l'addition des graisses animales ou d'huiles, et de distinguer les unes des autres. La valeur de ce procédé a été contrôlé par plusieurs centaines d'analyses exécutées au laboratoire de la Société des agriculteurs de France. Quel que soit le procédé à choisir pour les expertises légales, il importe que la question soit tranchée à bref délai.

YIIL — La^résurrection de la garance.

La culture de la garance va-t-elle retrouver son ancienne activité? Il serait permis de l'espérer. En effet, à la suite des démarches de la Société d'agriculture de Vaucluse, M. le Ministre de la guerre a ordonné que les draps rouges ton garance seront, à partir du 1" janvier 1894, teints exclusivement à la garance végétale de provenance française. Toutefois l'administration de la guerre se réserve le droit, pour toute la durée des nouveaux marchés, de prescrire un autre mode de teinture dans le cas où le prix de la garance dépasserait 60 francs les 1 00 kilog.

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