VI. — La production des vins et des cidres
La Direction générale des contributions indirectes vient de publier son évaluation sur la production des vins et des cidres en 1892; on trouvera ce document plus loin (page 24). Pour la première fois depuis l'invasion phylloxérique, un accroissement est indiqué dans la super-
ficie plantée en vignes; c'est le signe que le mouvement de reconstitution l'emporte désormais en importance sur la destruction opérée par l'insecte dévastateur. Si la récolte est accusée comme plus faible qu'en 1891, c'est que, dans une grande partie de la région viticole, les gelées printanières ont exercé une action néfaste ; néanmoins, elle est restée supérieure à la moyenne des dix années précédentes. La récolte est divisée par l'administration en deux grandes catégories : les vins de qualité ordinaire, dont la production est évaluée à 26,646,000 hectolitres, et les vins de qualité supérieure, comptés pour 2,336,000 hectolitres. La Gironde figure, pour toute sa production (1,843,805), dans la deuxième catégorie, les Pyrénées-Orientales y figurent pour 115,000 hectolitres, la Côte-d'Or pour 30,000 hectolitres, la Marne pour 111,000, le Rhône pour 100,000 et le Gard pour 125,000. La valeur totale de la production est portée approximativement à 911,932,000 fr., dont 217,892,000 fr. pour les vins de qualité supérieure et 694,040,000 fr. pour les vins de qualité ordinaire. — Il convient d'ajouter que tous ces renseignements ne sont donnés que comme une approximation plus ou moins approchée, qui ne saurait prétendre à une rigueur absolue.
En ce qui concerne les cidres, la production est évaluée à plus de 1 5 millions d'hectolitres. C'est la plus considérable qui ait été constatée depuis l'année 1883.
VIL — La clôture de la chaise.
A l'occasion de la clôture de la chasse, M. Loubet, ministre de- l'intérieur, a adressé aux préfets une circulaire que nous devons reproduire :
ce Monsieur le préfet, je vous prie de m'adresser vos propositions pour la clôture de la chasse en 1893.
« Avant de me communiquer un projet d'arrêté dans ce sens, vous voudrez bien vous entourer de tous les renseignements susceptibles de vous éclairer sur la date la plus convenable à proposer pour cette clôture.
« Les informations parvenues à mon département font ressortir la nécessité de veiller à la conservation du gibier qui devient de plus en plus rare. Les principales sociétés de chasseurs, la plupart des Conseils généraux sont unanimes à réclamer des mesures énergiques pour interdire, d'une part, la destruction des petits oiseaux, dite « petite chasse », et réprimer d'autre part, les délits de braconnage.
« J'estime qu'en ce qui concerne le braconnage et le colportage illicite une mesure efficace pour les entraver consiste, en dehors d'une surveillance sévère, dans l'adoption d'une date unique de fermeture qui rendrait plus difficile l'écoulement des produits de la coupable industrie des délinquants.
« Quant à la fixation de la date elle-même, vous examinerez, après entente préalable avec vos collègues, s'il ne conviendrait pas de choisir, de préférence, le dernier dimanche de janvier, et de concilier ainsi le maintien des traditions et des habitudes générales de lâchasse et l'intérêt supérieur de la conservation et de la reproduction des espèces de gibier. Dans tous les cas, je tiendrai compte, pour établir définitivement cette date, de l'ensemble des propositions faites par vous et vos collègues.
« En ce qui touche les moyens de protéger les diverses espèces de petits oiseaux, vous n'avez à prendre Conseil que de vous-même ; car, en matière d'interdiction, la loi vous a laissé toute latitude.
« Ainsi que je vous l'ai fait connaître au moment de l'ouverture, M. le Ministre de l'agriculture, se faisant l'écho des plaintes des cultivateurs, a demandé avec instance que l'on renonce aux tolérances admises en matière de capture des petits oiseaux. Certains départements ont compris l'utilité de réagir à cet égard contre
des coutumes locales désastreuses et ont réformé leur réglementation dans un sens suffisamment restrictif; mais il importe que l'interdiction soit généralisée. J'appelle sur ce point toute voire attention et je ne saurais trop vous recommander, en faisant figurer à la suite de votre projet d'arrêté les principales dispositions réglementant l'exercice du droit de cnasse dans votre département, d'introduire, SI cela n'est déjà fait, des clauses spéciales pour donner une sanction sérieuse aux mesures de protection dont il s'agit.
« Dans cet ordre d'idées, vous aurez soin de rappeler la suppression de la tolérance antérieurement consentie pour l'importation et le colportage des cailles exotiques. Ce gibier, quelle que soit sa provenance, doit rentrer dans le droit commun et être soumis aux prescriptions de la loi qui prohibe formellement la vente et Ife colportage du gibier dans la clôture de la chasse.
« Aux termes de l'article 3 de la loi du 3 mai 18'i4, votre arrêté devant être publié au moins dix jours à l'avance, je vous prie de me faire parvenir vos propositions aussitôt que possible, afin de me mettre à même de vous présenter, s'il y a lieu, telles observations qu'il appartiendra. «
La sollicitude dont M. le Ministre de l'intérieur fait preuve pour la conservation des petits oiseaux ne doit pas rester platonique; il importe que des mesures soient prises dans toutes les parties du pays, et surtout que ces mesures soient efficacement exécutées. VIII. — La production des céréales.
Le Ministère de l'agriculture en Angleterre vient de publier ses évaluations pour la production des céréales en 1892. D'après ce document, le rendement de la récolte du blé a été inférieur tant à celui de l'année précédente qu'au rendement moyen des huit dernières années; par contre, les céréales de printemps, orge et avoine, ont donné un rendement supérieur. Voici les rendements moyens, par hectare, pour chacune de ces céréales : blé, 23 hectol. 74; orge, 31 hectol. 15; avoine, 37 hect. 92. Ces rendements sont bien supérieurs à ceux que la statistique constate pour l'ensemble de la France, sans surpasser ceux de nos bonnes régions. Mais les agriculteurs anglais se plaignent amèrement des bas prix, comme nous l'avons constaté ; les prix de l'hectolitre étaient, à la fin de décembre 1892, de 11 Ir. 05 pour le blé, de 10 fr. ô5 pour l'orge et de 7 fr. 24 pour l'avoine, tandis qu'ils étaient respectivement de 1 5 fr. 70, de 1 2 fr. 81 et de 8 fr. 65 à la fin de 1 89 1 .
Le Ministère de l'agriculture d'Autriche vient de publier le relevé des évaluations de la récolte des céréales en 1892, établi sous la direction de M. le baron de llohenbrtlck, conseiller aulique. Voici le tableau général de ces évaluations :
Surfaces cultivées, hectares.
Froment 1,117,094
Seigle 1,958.439
Orge 1,130 267
Avoine 1,870,634
Maïs 367,030
Sur 6,443,000 hectares consacrés à la culture des céréales, la Basse- Autriche, la Moravie, la liohême et la Galicie en comptent près des quatre cinquièmes, savoir : Basse-Autriche, 536,000 hectares; Moravie, 723,000 hectares; Bohême, 1,594,000 hectares; Galicie, 2,204,000 hectares. Pour le froment, le seigle et l'orge, l'ensemble de la production a été supérieur à celui de l'année 1891 , et pour toutes les céréales, il a été supérieur à la production moyenne de la période des années 1884-91.
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•r,t total
quinlaux.
Heu dément
par lieclare
licclolitrcs.
liectol.
quintaux.