RACINES -GREFFÉS ET PLANTÉS A DEMEURE
S'il est un procédé économique, éminemment pratique et employé de plus en plus pour la reconstitution des vignobles, c'est, sans contredit, le greffage sur table des porte-gretfes racines ; uivi de leur mise en place définitive.
Je ne m'attarderai pas à démontrer l'économie et l'excellence du système ; tous ceux qui savent la pratique de la greffe les ont reconnues et leurs affirmations à ce sujet, aussi bien que la prospérité des vignes reconstituées ainsi par hectares, sont de suffisants témoignages.
Je crois préférable de venir, ici, donner quelques renseignements sur la manière d'opérer ce genre de greffage, plutôt pour compléter les données que la plupart des viticulteurs possèdent déjà que pour les y initier.
Dabord, toutes les recommandations relatives aux greffes-boutures leur sont applicables.
Le diamètre des porte-greffes devra être de G millimètres au minimum et les plants racines devront être bien conslilués. Ceux qui
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auraient été endommagés à FaiTachage ou rongés plus ou moins par les vers blancs devront être éliminés. Il est indifférent de les arracher avant le greffage et de les tenir en jauge ou de ne le faire qu'au moment de l'opération.
La greffe en fente anglaise leur est applicable ; la mise en place peut avoir lieu aussitôt après. Cependant il serait préférable de leur faire subir la stratification en sable frais pendant une quinzaine de jours environ.
Cette stratification aurait non seulement pour but de faire établir rapidement un bourrelet de soudure au point grelîé, mais elle favoriserait en outre l'émission des rejets du porte-greffe (surtout chez les Rupestris) qu'on aurait ainsi plus de facilité à enlever radicalement au moment de la plantation.
Quelques semaines avant de les greffer, on pourrait aussi couper les porte-greffes un peu au-dessus de leur longueur définitive (30 à 32 centimètres) pour éviter que leurs poussées n'absorbent la sève, et les enfouir totalement dans du sable maintenu frais et en plein air, d'où on les retirerait au fur et à mesure de l'opération. Ce procédé m'a toujours donné de bons résultats.
Si après le greffage des racines on en faisait la plantation à demeure de suite et en terrain sec, il serait prudent de donner deux }'eux au greffon, afin que l'on pût mieux le butter en attendant sa soudure avec le sujet. La plantation a lieu en mai dans un terrain défoncé et amendé convenablement. Les distances à mettre entre les plants varieront suivant les sols et les variétés greffées. En coteaux on donnera 1 mètre en tous sens. En terrain ordinaire, dans la région de l'est, lorsque le travail à la charrue est possible on établit communément les rangs à 1 m. 30 d'écartement ou 1 m. 50 avec 90 centimètres sur la ligne de plantation.
Le moyen le plus sûr d'avoir une plantation bien alignée, c'est de faire auparavant le tracé dans le sens longitudinal et dans le sens transversal et de placer le plant greffé à l'intersection des deux lignes (après avoir eu soin d'enfoncer un échalas à ce point).
Avant de combler le trou de plantation, la terre sera pressée avec le pied plus ou moins selon l'état de compacité du sol. L'arrosage variera avec la plus ou moins grande humidité naturelle du sol.
La butte de chaque plant devra être faite avec soin et la terre mieux tassée autour du greffon que dans une plantation en pépinière; elle sera fortement ariondie au sommet, afin de présenter une plus forte épaisseur de résistance à la sécheresse, la terre allant jusqu'au rez de l'oeil supérieur du greffon, lequel sera ensuite recouvert de sable ou de terre fine. En vue de remplacer les manquants, on peut laisser en stratification au nord (jusqu'aux premiers jours de juin) des plants greffés correspondant à 10 ou 15 pour 100 du chiffre total de la plantation. A cette époque le remplacement peut encore très bien s'opérer en redoublant de précautions pour empêcher le dessèchement des plants au sortir de la stratification.
Tous ceux qui ont fait l'expérience de ce mode de reconstitution savent qu'il n'y a aucun retard dans la mise à fruits, comparativement à une plantation de plants greffés et soudés.
Je ne saurais donc trop recommander ce système qui n'est peu praticable que dans les coteaux secs et trop caillouteux où le buttage est très difficile.
Excepté dans les sols compacts où l'ablation totale des racines est préférable, il faut laisser à ces dernières une longueur de 10 à 15 centimètres.
Au résumé, le greffage sur plants racines se recommande aux propriétaires opérant eux-mêmes ou pouvant surveiller les opérations (peu compliquées en somme) qui s'y rattachent. La réussite moyenne est de 85 à 90 pour 1 00. F. Girerd,
Viticulteur à Briguais (Rliône).
Enquête séricicole de l'année 1892.
i-> ,j .• r> A . Cocons mis à ffrainer
^- , ., . Production Rendement , ,^d,cteur.
Nombre Graines totale moyen — '^ ' - —
de mises en en en cocons Quantités Quaniilos
Départements. sériciculteurs. incubation cocons frais, frais employées de graines
d'une once pour le obtenues
de graine. grainage.
onces. kilos. kilog. kilog. onces.
Ain 984 8iy "26,982 32. 942 :\i 80
Alpes (Basses-) 3,250 3,723 113,204 3i).406 47,542 116,725
Alpes (Hautes-) 512 299 14,955 50.017 » »
Alpes-Maritimes 482 fi03 19,552 32.424 » »
Ardèche 23,995 51,260 1,653,366 3.' ,254 1,714 3,925
\ude 5 7 298 42,571 » »
Aveyron loi 145 3,996 27.558 » »
Bouches-du-Rhône... 6,302 7,551 231,448 30.651 4,922 3,306
Corse 469 641 31,073 48.475 24,570 56,968
Drôffie 27,439 37,344 1,145,-597 30.676 222 4^4
Gard 28,899 57,931 2,263,119 39 065 4,034 10,850
Garonne (Haute-)... 24 26 462 16.615 4 7
Hérault -2,991 4,479 191,109 42.667 » »
Isère 10,721 1K,677 297,464 15.926 39 99
Loire 98 133 2,570 19.323 « »
Lot 1 2 2 1.000 » »
Lozère 1,849 2,647 97,668 36.897 » »
Pyrénées-Orientales.. 371 390 23,776 60.964 11,8.53 37,888
Rhône. 55 42 1,517 36 119 » v.
Savoie 1,092 925 31,768 34.343 » »
Tarn 427 434 10.084 23.235 12 13
Tarn-et-Garonne . . . . 856 772 24,062 31.168 300 564
Var 9,055 8,392 413, 9i6 49 326 156,090 428,800
Vaucluse 20,959 29,914 1 ,U,S2,187 36.176 1,146 4,168
Totaux \ 1891. 139,480 235,631 6,883,587 29.213 .349,980 998,796
et \ 1890. 142,556 253,915 7,799,423 30.716 304,172 876,996
moyennes.. / 1889. 141,101 254,165 7,409,830 29.153 276, .586 972,024
La température basse que subit maintenant un terrain dépourvu de neige constitue une période critique pour les récoltes en terre.
Jusqu'ici le mal est très limité; c'est surtout après un dégel sérieux que la situation pourrait s'aggraver, s'il survenait encore une gelée intense.
Mais le dégel ne s'est exercé qu'à une faible profondeur, le temps est sec, les terres sont bien assainies, et les faits de déchirement et d'arrachement des plantes que l'on observe après les alternatives de gels et de dégels et qui finissent par séparer les tiges des racines, et trancher la vie du végétal, ne se sont pas encore produits.
Toutefois, si le mal n'est pas consommé, le danger n'en existe pas moins et les appréhensions grandissent.
Il est d'ailleurs facile à chacun de se rendre compte expérimentalement de l'importance des dommages : il n'y a qu'à découper dans les parties que l'on
considère comme compromise, une motte de terre assez épaisse pour contenir la plante entière, cœur et racines. On fait dégeler cette motte chez soi peu à peu, à une chaleur douce, et, si la tige reverdit, on peut alors être certain que les craintes que l'on avait conçues ne reposent que sur de vaines suppositions.
On ne doit cependant pas trop se plaindre, si la saison est rigoureuse; il faut bien que l'hiver se fasse, et il vaut mieux que ce soit de suite que plus tard. La neige, il est vrai, nous manque*, excepté sur les hauteurs du Morvan; mais heureusement que la sécheresse persiste, ce qui atténue dans une grande proportion la gravité de la situation. Salomon.
ËTAT DES RÉCOLTES EN VENDEE
Jusqu'au 26 décembre, nous avons eu une température assez douce et les récoltes en terre conservaient une magnifique apparence, on souhaitait même que quelques gelées vinssent arrêter le développement des mauvaises herbes et la multiplication des insectes. Ces vœux ont été promptement exaucés. Dans la nuit du 26 au 27, le thermomètre est subitement descendu à 5''. 5 au-dessous de zéro, le froid a continué et nous avons relevé chaque matin, les minima suivants:
Le 28, — 3°.5; le 29, — 8"; le 30, —9"; le 31, — 5"; le 1" janvier, — 6«; le 2,-12"; le 3, — 11».5; le 4, — 12«; le 5, — 5°; le 6, — 7".5;"le 7 — 2^5.
Après trois jours de dégel, le froid a recommencé et le 13, nous relevions encore 10" au-dessous de zéro. Aujourd'hui, 15 janvier, le vent soufle du nord, avec une extrême violence, et quelques flocons de neige, tombés pendant la nuit, blanchissent à peine le sol ; on n'est pas sans inquiétude pour les froments, pour les choux et surtout pour les vesces fourragères qui avaient pris au commencement de l'hiver un rapide développement, on craint aussi pour la conservation des pommes de terre et des betteraves dans les granges ou dans les silos. Tous les travaux agricoles sont actuellement suspendus. Le transport des fumiers dans les prairies naturelles et la coupe des bois de feu ont seuls occupé depuis trois semaines le personnel de nos fermes.
Un groupe d'agriculteurs appartenant aux départements du Centre, réunis sous la présidence de M. le marquis de Poncins, a émi le vœu qu'un grand concours d'animaux reproducteurs fût organisé dans une ville importante, autre que Paris, par la Société des Agriculteurs de France. Ce concours aurait un programme très étendu et serait l'équivalent de ceux que tient chaque année, avec un succès constant, la Société Royale d'Angleterre. Ce vœu, nous l'espérons, sera énergiquement appuyé, dans la réunion des délégués des Comices et Syndicats qui aura lieu le 30 janvier. La Société des Agriculteurs de France, aujourd'hui puissante et forte, ne doit pas perdre de vue le rôle primordial qui lui incombe et le devoir d'initiative qu'elle a à remplir. E. Boncenne.