XII. — Ecole nationale d'agriculture de Granjouan
La réunion générale annuelle la Société des anciens élèves de l'Ecole nationale d'agriculture de Grandjouan aura lieu à Paris le samedi 4 février prochain, à 5 heures du soir. Cette réunion aura lieu dans la salle des séances delà Société nationale d'encouragement à l'agriculture (5, av.de l'Opéra); elle sera suiviedu diner annuel de la Société. XIII. — La pomme de terre pour V alimentation du bétail.
Cette année, en raison de la disette de fourrages et de l'abondance de la récolte des pommes de terre, souvent difficiles à vendre, ces tubercules jouent un rôle important dans l'alimentation du bétail. Des indications utiles à rappeler ou à connaître ont été données dans une réunion récente du Comice de Lunéville; en voici un extrait :
« M. Gazin expose qu'il voudrait savoir combien 100 kilog. de pommes de terre représentent de foin ou d'avoine.
« M. Genay répond que des expérimentateurs habiles, parmi lesquels, notamment pour les pommes de terre, il faut nommer Mathieu de Dombasle et Villeroy, ont reconnu que 100 kilog. de pommes de terre pesées crues, mais données cuites, remplaçaient 50 kilog. de foin, 35 kilog. d'avoine, 100 kilog. de bonne paille et avoine et 150 kilog. de paille de blé. La pomme de terre crue ne peut être donnée aux bêtes bovines et ovines qu'en très faible proportion, 2 pour 100 environ du poids vivant du bétail, soit 100 kilog. pour un bœuf de 500 kilog. En dépassant ces proportions, on s'expose à rendre le bétail malade. Après cuisson, il n'y a plus de danger et on peut en donner suivant l'appétit des animaux. Les chevaux aiment la pomme de terre cuite. Depuis fort longtemps cette plante est employée ainsi dans les terres légères de la plaine de Lunéville. Une des rations les plus fortes qu'ait vu employer M. Genay, c'est 21 kilog. donnés aux chevaux en trois repas avec de la paille de seigle à volonté. C'était pendant l'hiver 1870-71, la pomme de terre ne pouvant se vendre à cause de la guerre et de la récolte très grosse, et le foin atteignait de très hauts prix. Cette alimentation, pratiquée à la ferme de Chanteheux, pendant sept à huit mois consécutifs, n'a amené aucun résultat fâcheux.
« M. J. Berge, aux Mossus, confirme ces dires. Chez lui, pendant huit mois chaque année, il donne 10 kilog. de pommes de terre par jour à chaque cheval. MM. Charles Berge et Suisse donnent également beaucoup de pommes de terre cuites à leurs chevaux.
« M. Charles Berge cuit ses pommes de terre au moyen d'un générateur de vapeur dont le produit est conduit dnns un tonneau en bois contenant 350 kilog. de pommes de terre. Quand l'eau est en pression, il faut à peine une heure pour cuire le tonneau. En quatre heures on cuit 1,050 kilog. avec une dépense de 1 fr. 50 de combustible. »
11 est presque inutile d'ajouter que ces observations s'appliquent aux tubercules sains, et qu'on doit écarter ceux qui sont atteints par la maladie.