LA DÉFENSE DE LA JEUNE BETTERAVE
FÂisne, nous avons cru utile d entreprendre aussitôt des expériences dans cet ordre didées, et quelques jours après avoir pris connaissance de cet article, nous faisions un semis de quelques mètres carrés de betteraves.
Lorsque les jeunes plantes atteignirent le développement voulu, elles reçurent une application de différents composés arsenicaux. Dans la crainte que ces produits, employés à létat pulvérulent, n'adhèrent pas suffisamment à la feuille très "lisse delà betterave, nous avons eu recours aux solutions. D'ailleurs ce procédé nous paraît mieux répondre aux besoins de la plante industrielle du Nord.
Le premier produit employé fut Tarsénite de cuivre. Il est à remarquer que ce composé est insoluble dans l'eau, mais il y reste en suspension, momentanément tout au moins.
Ce produit est livré par le commerce en poussière qui semble impalpable; mais malgré tout, une grande partie descend rapidement au fond du récipient aussitôt que Ton cesse de remuer le liquide. Il y a là une difficulté qui n'est probablement pas complètement vaincue par tous les pulvérisateurs. Aussi M. Grosjean recommande-t-il, dans son rapport de 1888, d'employer les composés arsenicaux à l'état de poussière très fine. Il ajoute que, pour favoriser la suspension des poudres dans l'eau, aussi bien que pour augmenter leur adhérence aux feuilles, lors de l'aspersion, les Américains y ajoutent un peu de farine.
Nous nous demandons s'il ne serait pas préférable d'acheter l'arsénite de cuivre tel qu'il résulte de la combinaison de l'acide arsénieux avec l'oxyde de cuivre. Au moment de la combinaison chimique, le produit se présente, en effet, sous la forme de flocons qui restent à peu près d'eux-mêmes, en suspension dans l'eau, et il conserve cet état floconneux tant qu'il ne sort pas du milieu aqueux. 11 suffirait donc de le laisser en mélange avec une petite proportion d'eau pour éviter l'agglomération des flocons. Dans ces conditions, il n'y aurait plus de dépôt à craindre dans les appareils et toute difficulté d'application aurait disparu. Le cultivateur ajouteraità 100 litres d'eau, 2 ou 3 litres de liquide plus ou moins épais au lieu de 250 grammes de matière pulvérulente.
Quoi qu'il en soit, les betteraves aspergées avec le liquide contenant en suspension l'arsénite de cuivre continuèrent à végéter vigoureusement; elles n'avaient aucunement souffert de l'aspersion; même en forçant la dose, la plante resta intacte. Nous eûmes ensuite la pensée de faire dissoudre cet arsénite pour faciliter l'opération. Le résultat fut désastreux : quelques heures après l'aspersion, les tissus de la jeune plante étaient désorganisés.
Ainsi donc, à l'état insoluble l'arsénite de cuivre, même à haute dose, laisse la plante intacte, alors qu'il la détruit radicalement quand on l'emploie dissous. C'est un fait sur lequel il y a lieu d'insister.
Nous avons également employé l'arsénite de soude, qui est soluble dans l'eau. Lui aussi détruit rapidement la plante.
Les arséniates solubles ont également une action nuisible à la plante malgré leur toxicité moins active.
Ces essais répétés ont toujours donné les mêmes résultats. On peut donc en conclure que les composés arsenicaux insolubles doivent seuls