‹ Journal de l'agriculture (volume 4)Chapitre 183 sur 737 · L'ANALYSE DU SOL PAR LES PLANTES · texte numérisé non relu

L'ANALYSE DU SOL PAR LES PLANTES

tillons récoltés en juillet. A l'état naturel, les différences sont dues principalement aux proportions plus ou moins fortes d'eau existant dans le végétal. On voit ainsi que la plante en partie malade, qui a subi un arrêt de développement, n'est pas plus pauvre en principes nutritifs que la plante saine et vigoureuse.

Au point de vue des matières minérales, la composition que nous avons trouvée pour la plante arrivée à son développement normal rentre dans les limites déjà connues pour la luzerne récoltée en vert. Les éléments dominants, sont, en première ligne, la chaux; en seconde et en troisième ligne, la potasse et l'acide pliosphorique. Entre les échantillons récoltés sur la partie B du champ, il n'existe pas de différences sensibles. Les poids d'acide phosphorique trouvés sont respectivement 0.670, 0.656, 0.655. Au point de vue de la potasse et de tous les autres principes, les variations observées sont minimes. On se trouve en présence d'une constance très nette de composition.

Les plantes altérées présentent entre elles une constance de composition de même ordre. Si l'on compare la plante vigoureuse au végétal qui a subi un arrêt de développement, on n'observe pour l'acide phosphorique, la chaux, la magnésie et l'acide sulfurique, que des différences de l'ordre de celles qui se produisent normalement entre des plantes de taille plus ou moins grande; mais, au point de vue de la potasse, les proportions trouvées varient du simple au double, s.oit que l'on compare les échantillons récaltés en juin, soit que l'on considère ceux qui ont été prélevés en juillet.

La diminution de la teneur en potasse, depuis 1.567 jusqu'à 0.742 pour 100 du poids de la plante à l'état sec, coïncide avec son dépérissement, malgré la présence de quantités normales des autres principes minéraux, et l'on peut dire que cette proportion 0.742 pour 100 est une proportion minima, à partir de laquelle il y a altération dans la végétation de la luzerne. Cet appauvrissement de la plante correspond à une insuffisance de potasse assimilable dans le sol. et il résulte de ces faits qu'en comparant avec la composition normale de la luzerne celle de la plante atrophiée et ayant subi un arrêt de développement, on peut se renseigner sûrement sur la nature du principe que le sol ne saurait lui fournir en quantité suffisante.

G. Lechartier,

Directeur de la Station agronomique de Rennes,

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