‹ Journal de l'agriculture (volume 4)Chapitre 212 sur 737 · IV. — Questions viticoJes · texte numérisé non relu

IV. — Questions viticoJes

On a lu, dans notre précédent numéro (p. 270), la lettre adressée aux présidents des associations agricoles des régions viticoles par la commission chargée, au Congrès viticole de Bordeaux, de poursuivre les études relatives au traitement des vignes contre le black-rot. Le Ministre de l'agriculture a adressé sur le même sujet, une circulaire aux professeurs d'agriculture. Le Journal officiel publie l'analyse de cette circulaire comme il suit :

« Par cette circulaire, le Ministre de l'agriculture, rappelant celle du F"" août 1895, signale à l'attention des professeurs d'agriculture les dégâts considérables causés parle black-rot et les invite à tout mettre en œuvre pour éviter le renouvellement de ces attaques, qui se traduisent par une perte considérable pour les cultivateurs.

« En conséquence, ils devront pouvoir, dans les conférences qu'ils multiplieront autant que cela sera nécessaire, citer, à l'appui de leur parole, des faits que les auditeurs seront à même de contrôler eux-mêmes dans les champs de démonstration où les traitements préconisés par le professeur auront été faits sous sa direction et sa surveillance.

« La circulaire entre ensuite dans le détail des opérations qui devront être eflectuées pour enrayer la maladie et recommande l'emploi des préparations cupriques à l'époque favorable, c'est-à-dire au printemps.

« Les expérimentations devront être effectuées en des points peu nombreux, afin que le professeur puisse exercer un contrôle de tous les instants. Il serait utile aussi d'étudier les nouveaux remèdes préconisés, ainsi que le mode de culture le plus propre à rendre le traitement plus efficace. Mais il est du moins bien établi que les préparations cupriques employées avec succès conti'e le mildew peuvent arrêter le développement du black-rot, à condition de faire les traitements en temps utile. Le cnampignon parasite étant ressemé chaque année par de très fines spores qui se forment après l'hiver dans les petites granulations noires qui couvrent les grappes desséchées par la maladie, il est nécessaire de détruire ces spores au moment de leur projection, c'est-à-dire au printemps, à l'époque du débourrage, afin d'en préserver les feuilles naissantes. Les premiers traitements auront pour objet de prémunir les feuilles contre cette première invasion; les traitements ultérieurs auront pour effet de lutter contre l'extension de la maladie et la multiplication des taches. Si les traitements des feuilles par la bouillie cuprique présentent le plus de durée et de sûreté, l'intercalation de traitements avec des poudres légères, telles que la sulfostéatite cuprique et le soufre sulfaté, qui pénètrent facilement jusqu'aux grappes quand elles sont cachées sous le feuillage des vignes vigoureuses qui ne sont pas palissées, a été reconnu souvent très efficace. Les professeurs devront, autant que possible, soumettre au traitement des vignes quelque peu isolées, pour éviter toute réinfeclion de la part d'autres plants et employer la plus grande partie des fonds mis à leur disposition pour effectuer leurs expérimentations. »

Les indications fournies, dans cette circulaire, sur les traitements à effectuer sont à peu près les mêmes que celles qui résultent des discussions du Congrès viticole de Bordeaux. On doit surtout insister sur ce point que la plupart des expérimentateurs en 1895 conseil-

lent d'opérer le premier traitement préventif dans les régions où la maladie a été signalée, dès le début de la végétation, c'est-à-dire lorsque les jeunes pousses de la vigne ont atteint une longueur de quelques centimètres.

Un de nos correspondants M. Nebout, à Pétrassin, par Arfeuilles (Allier), nous adresse la note suivante que nous publions volontiers :

Comme les années précédentes, j'offre à mes collègues en viticulture, les excellentes boutures de vignes suivantes, rendues en gare d'Arfeuilles (cépages fertiles et vigoureux, de maturité de première époque; ma contrée n'est paspbylloxéréej :

1" Gamay-Nlcolas du Beaujolais; 2» Gamay-Tcinturier^ à jus coloré, dit encore le fertile, à cause de sa grande production ; 3'' Portugais-Bleu, fertile, vigoureux, maturité de toute première époque, débourrant tardivement, ce qui est un avantage pour les contrées sujettes aux gelées de printemps; 4" Saint-Pierre de l'Allier; h" Mellier-Blanc. Ces deux dernières variétés sont à raisin blanc.

Ln concours spécial de filtres pour vins et lies, organisé par le Comice agricole et viticole du Beaujolais, aura lieu à Villelranche (Rbône), les 22 et 23 mars. Ce concours, placé en outre sous le patronage de la Société de viticulture de Lyon et de la Cbambre syndicale des négociants en vins de Villefranche et Mâcon, présentera une importance sur laquelle il est inutile d'insister, Villefranche étant le centre d'une des régions viticoles les plus importantes de France. Les demandes des constructeurs devront être adressées à M. le président du Comice agricole et viticole, à Villefranche (Rhône), avant le 5 mars. Par un arrêté du 14 février, M. le Ministre de l'agriculture a autorisé la Société française de viticullure et d'ampélographie, qui étend son action sur toute la France et dont le siège est à Paris, à se constituer et à fonctionner régulièrement suivant les statuts approuvés. Pour tous les renseignements ainsi que pour les adhésions, on doit s'adresser à M. Georges Couanon, secrétaire général de la Société, 4, rue de Berri, à Paris.

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