XII. — Gi-aines de betteraves à sucre
On nous communique la lettre suivante qui a été adressée récemment par une maison allemande à la plupart des producteurs français de eraines de betteraves :
« J'ai quelques lots de graines de betteraves à sucre. Permettez-moi de vous les offrir. C'est seulement par cette raisou que j'ai vendu toutes les espèces et que ces lots me restèrent. Je vous offre des graines à 15 marks par 50 kiiog. en gare Halle-sur-Saale, sac perdu, payement comptant. Ces graines offertes sont de la meilleure germination et de richesse parfaite. Je suis prêt à vous faire remettre des échantillons selon vos désirs.
« Selon le certificat de la station d'agriculture, les graines sont supérieures aux conditions usuelles. En attendant vos nouvelles, veuillez agréer, etc. »
Il ressort cette lettre que des graines de betteraves d'origine allemande sont offertes à nos producteurs de graines au prix de 0 fr. 36 le kilog. ; les frais de douane et de transport restant à la charge de l'acheteur, le prix de revient atteindra environ 0 fr. 70 dans les gares du département du Nord. Le prix auquel on les offre doit faire naître des doutes très motivés sur la qualité de ces graines. On se demande, en effet, comment il est possible de mettre en vente au prix de 0 fr. 36 une marchandise qui revient, aux producteurs français, après préparation pour la vente, mais non compris les risques et frais considérables qu'entraîne cette dernière, à plus du triple de ce prix. On ne peut donc qu'engager les producteurs de graines, aussi bien que tous les cultivateurs de betteraves à sucre, à se méfier de ces offres fallacieuses, la bonne graine étant le premier élément du succès pour la récolte, et celle-ci ne pouvant se vendre à un prix aussi bas.