‹ Journal de l'agriculture (volume 4)Chapitre 217 sur 737 · XIII. — Les bois de mine en Sologne · texte numérisé non relu

XIII. — Les bois de mine en Sologne

Nous avons publié, il y a plus d'un an {Journal du 15 décembre 1894), une étude deM. H. Boucard, président du Comité central agricole de la Sologne, sur le commerce des bois de cette région. A raison de la baisse des prix des bois de chauffage, on a cherché à trouver pour les bois un nouveau débouché dans la préparation des étais de mine. Dans la dernière réunion du Comité, M. Boucard a fait connaître, dans les termes suivants, les résultats obtenus à cet égard :

« L'année qui vient de s'écouler a été consacrée par plusieurs d'entre vous à faire des expériences sur la fabrication des bois de miyie, — et, pendant ce temps, votre bureau a continué, auprès des Compagnies de chemins de fer. les démarches nécessaires pour obtenir des réductions de tarifs permettant d'envoyer ces sortes de bois jusque dans les mines du Nord.

« Aujourd'hui, presque tous ceux qui ont fait des étais en ont effectué la livraison dans les gares les plus rapprochées, et les réceptions,' je le sais, ont eu lieu sans difficultés. S'il y a eu quelques morceaux mis au rebut, c'est que véritablement ils n'avaient pas la grosseur voulue ou présentaient une courbure plus prononcée que celle indiquée aux marchés. Il est donc bien établi que nos pins sont propres à faire des bois de mine, et que nos produits sont acceptés par les liouillières du Pas-de-Calais et du nord de la France.

« Je viens vous parler d'abord du travail ainsi fourni à nos ouvriers ; ensuite je TOUS dirai oià sont nos négociations avec les Compagnies de chemins de fer.

ce Au début, nos ouvriers répugnaient à entreprendre un travail dont ils n'avaient pas l'habitude et qu'ils trouvaient plus difficile que celui de la fabrication des cotrets ; mais bientôt, lorsqu'ils se sont mis à l'œuvre, ils n'ont pas tardé

à reconnaître que c'était le mênae travail. Il exige seulement un peu plus d'attention, pour trier les bois par sortes; encore cette difficulté peut-elle être écartée quand l'on charge spécialement un ouvrier de marquer les longueurs aussitôt après l'abatage des arbres.

« Il est même permis de dire que la fabrication des étais est plus facile que celle des cotrets pour les gens faibles ou âgés, car elle n'exige ni fendage ni liage, deux opérations qui réclament de la force et de l'habileté.

« Dans tous les cas, je tiens à le constater, les bois de mine fourniront certainement icne plus g ros-<e somme de main- cl œuvre et des salaires un peu plus avantageux que la fabrication des cotrets.

« Pour ce qui concerne nos négociations avec les Compagnies de chemins de fer, voici où nous eu sommes :

« Eu 1891, vous vous en souvenez, nous avions obtenu de la Compagnie d'Orléans l'abaissement des prix de transport des cotrets expédiés de la Sologne sur Paris. Cette concession a été un grand bienfait; elle nous a permis de tirer parti du stock considérable de nos bois gelés par l'hiver de 1879-80. Et elle nous aurait suffi si l'écoulement en bois de feu fut resté assuré.

« Mais obligés, en janvier dernier, de chercher une autre utilisation et des débouchés nouveaux, nous avons dii redemander aux Compagnies d'Orléans et du Nord de nous accorder un tarif spécial pour conduire nos étais aux houillères du Nord et du Pas-de-Calais (distance moyenne, 427 kilomètres). Nous avons obtenu une réduction de 15 fr. 80 à 9 fr. 60 par tonne, mais applicable seulement aux menus bois (maximum, G m. 80 de circonférence).

« Ce premier et important avantage, ainsi obtenu, n'a pu nous suffire, parce que les houillères nous ont menacés de ne plus recevoir nos petits bois si nous ne leur fournissions, en même temps, des bois de plus grosses dimensions allant jusqu'à 45 et 50 centimèties de tour.

« Une première démarche auprès de la Compagnie d'Orléans n'avait pas été accueillie favorablement, et nous restions dans l'embarras, lorsque j'ai appris que les Compagnies du Nord et de l'Ouest présentaient à l'homologation un tarif commun P. V. 107-109, ne contenant aucune obligation de charger sept wagons à la fois, s'appliquant aux bois de toutes grosseurs et abaissant, pour un parcours de 427 kilomètres, le prix actuel de 15 fr. 80 à 12 fr. "±4 de la tonne.

« Ce tarif est certes plus élevé que celui accordé pour les petits bois, mais il faut reconnaître que la catégorie des bois de grosses dimensions se vendant plus cher, peut supporter des frais de transport plus considérables.

« Je me suis donc immédiatement adressé à AI. le Ministre des Travaux publics po'ir lui demander de vouloir bien, s'il homologuait ce tarif, le rendre commun aussi à la Compagnie d'Orléans. Je vous ai laissé entrevoir que la Compagnie d'Orléans nous serait favorable et que la Compagnie du Nord ne refuserait probablement pas son adhésion. » ''ÂZiddîsMè

Il résulte des renseisjnements donnés à la suite de cette note, et qui proviennent de M. Nouiy, inspecteur commercial de la Compagnie d'Orléans, que le nombre des fours de boulangerie, à Paris, est passé de 2,<iT6 en 1890 a 2,204 en 1894, mais que la progression a porté surtout sur les fours chauffés à la houille, dont le nombre est passé de H'3 à 188. D'autre part, le tonnage des bois à brûler expédiés de la Sologne sur Paris, qui était de 14,528 tonnes en 1891, s'est abaissé progressivement pour n'être plus que de 10,694 tonnes en 1894. La comparaison de ces nombres montre combien il est important que des débouchés nouveaux s'offrent aux propriétaires de forêts; l'utilisation des bois de pin en étais de mine est ^donc d'un intérêt capital pour cette région. '-^ircuM

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