‹ Journal de l'agriculture (volume 4)Chapitre 282 sur 737 · V. — Insdlut national agronomique · texte numérisé non relu

V. — Insdlut national agronomique

L'assemblée générale de l'Association amicale des anciens élèves de l'Institut national agronomique se tiendra le dimanche 8 mars prochain à 9 heures du matin, au siège social, 16, rue Claude-Bernard. Le banquet traditionnel aura lieu le soir, à 7 heures, au restaurant Bonvalet, 29, boulevard du Temple. Une fête intime exceptionnelle donnera dans la journée un éclat tout particulier à cette réunion annuelle des anciens élèves de notre école supérieure de l'agriculture.

YI. — Vœux des Associations agricoles.

Un grand nombre d'Associations agricoles continuent à se préoccuper des conditions anormales dans lesquelles se pratique l'admission temporaire des blés. Partout on arrive à la même conclusion, à savoir qu'il importe au plus haut point, dans l'intérêt de l'agriculture, qu'il soit mis fin à une situation qui s'est prolongée beaucoup trop longtemps, sous le couvert de règlements mal équilibrés. Pour nous, nous n'avons rien à retrancher de ce que nous avons exprimé sur ce sujet; mais nous devons nous étonner de la lenteur que le Gouvernement apporte à réaliser une réforme dont l'urgence est désormais d'une évidence absolue et que les agriculteurs attendent avec la plus légitime impatience. — Dans sa dernière séance, la Société d'agriculture de la Haute- Garonne a émis, sur ce suje^t, les vœux suivants, proposés par M. de Capèle :

« I. — Qu'il soit promptement porté remède aux fraudes, qui se commettent sous le couvert des admissions temporaires.

« IL — Que le régime des admissions temporaires et des acquits à caution soit modifié dans un sens favorable aux intérêts de la production nationale : que notamment les types actuels soient revisés, de telle sorte que les farines exportées soient la représentation, aussi exacte que possible, du produit de la moulure des blés jouissant du bénéfice de l'admission temporaire, en vue de leur transformation et de leur réexpédition.

« IIL — Que les blés grossièrement concassés, les débris des céréales soient dénaturés à leur entrée en France, de façon à ce qu'ils ne puissent plus être employés pour la meunerie, pour faire concurrence au blé. »

Dans un autre ordre d'idées, le Comice agricole de l'arrondissement de Toul (Meurthe-et-Moselle) a, sur le rapport fait par M. J. Cordier au nom d'une Commission spéciale, émis à l'unanimité le vœu suivant contre la suppression du principal de l'impôt foncier sur les propriétés non bâties :

« Le Comice agricole de Toul, réuni le vendredi 7 février en assemblée générale, considérant que la suppression du principal de l'impôt foncier constituerait une dérogation formelle au principe fondamental de notre droit public financier énoncé par l'Assemblée nationale dans un décret du 7 octobre 1789 et qui est ainsi formulé : « Toutes les contributions et charges publiques, de quelce que nature qu'elles soient, seront à l'avenir supportées proportionnellement par ce tous les citoyens et par tous les propriétaires, à raison de leurs biens et <c facultés; »

ce Considérant d'ailleurs qu'il résulte des documents officiels qui ont été produits dans la discussion, que le dégrèvement proposé ne présenterait pour l'immense majorité des contrihuables qu'un avantage insignifiant, représentant à peine 1 fr. 03 par cote, tandis qu'il ne serait vraiment profitable qu'à la grande et à la très grande propriété, qui bénéficieraient seules d'une exemption d'impôts variant de 185 à 937 fr. par cote;

ce Considérant qu'il y a lieu, à ce point de vue, d'éclairer les populations

agricoles sur leurs véritables intérêts, par uue déclaration précise sur la ijuestion soulevée ;

« Repousse définitivement la proposition du Syndicat économique tendant à la suppression du principal de l'impôt foncier et passe à l'ordre du jour. »

Parmi les vœux émis récemment par l'Association syndicale des viticulteurs de la Gironde, nous signalerons spécialement celui par lequel elle demande que, « dans le but d'empêcher la fabrication clandestine des vins artificiels (vins alcoolisés ou mouillés) et la substitution frauduleuse au vin naturel de ces vins artificiels et des vins de sucre et de raisins secs, l'administration des contributions indirectes applique, dans toute leur étendue, les lois et règlements existants en ce qui concerne les formalités à la circulation et, spécialement, les formalités qui ont pour but d'empêcher la délivrance et l'usage d'acquits fictifs. »

VIL — Questions viticoles.

On a lu dans notre précédent numéro l'intéressant rapport présenté par M. Roy-Chevrier au Congrès viticole de Poligny sur l'organisation de champs d'expériences viticoles dans le Jura. A l'occasion de ce même Congrès, nous recevons la note suivante sur les produits d'un cépage déjà signalé, le Pinot-Cabernet du D' Du Lac :

ce II y a quelques jours à peine, un Congrès réunissait, sur un centre important de la Franche-Comté, à Poligny, de très nombreux viticulteurs des vallées de la Saône et du Rhône; tout ce qu'il y a de supérieur en viticulture régionale prenait la parole et donnait aux auditeurs vignerons Franc-Comtois les meilleurs conseils pour la reconstitution de leurs beaux vignobles si gravement compromis, leur proposant très justement pour modèle : l'énergie, la patience et la science avec lesquelles sans guide, sans résultats acquis, sans aucun précédent, le Midi a reconstitué son vignoble au milieu des plus dures épreuves.

ce Au banquet qui a clôturé le Congrès, les mêmes agronomes ont dégusté le vin de Pinot-Cabernet, que son vigneron a soumis à leur appréciation, et tous les Rourguignons eux-mêmes en ont reconnu la haute valeur.

ce Le vin de Pinot-Cabernet du Lac produit dans le Midi n'a soulevé aucune critique; on lui a unanimement reconnu : la finesse, le bouquet, le velouté et le caractère des grands vins du Pinot de Bourgogne.

ce Nous avons pleinement le droit de nous demander que sera le vin de Pinot- Cabernet du Lac produit dans les bonnes côtes de la Côte-d'Or.

ce Le Pinot-Cabernet est suffisamment connu quant à son origine. Sa production, de 80 à 100 hectolitres à l'hectare, dans les terres moyennes de l'Hérault, permet sa culture avec production abondante même dans les teri-es pauvres, et le vin obtenu, le vin soumis aux autorités du Congrès de Poligny, fait la fortune des commerçants qui le livrent à leur clientèle. »

Parmi les publications viticoles récentes, nous devons citer un excellent ouvrage que M. Joseph Perraud, professeur de viticulture à Villefranche, vient de publier sous le titre : La taille de la vvjne (un vol. in-8 avec 275 ligures; librairie de G. Masson, à Paris; prix,4fr.). Cet ouvrage consacré à l'examen des divers systèmes de taille, réunit un grand nombre d'observations d'une réelle importance, présentées avec un sens critique très développé et une méthode très nette. Il est divisé en quatre parties. Dans la première se trouve une description complète des méthodes de taille usitées dans chaque vignoble ; cette étude est accompagnée des critiques indiquant les modifications qu'il y a lieu d'apporter aux procédés locaux toutes les fois que ces derniers ne sont pas rationnels. La seconde partie comprend l'étude des

principaux systèmes particuliers de taille qui ont été préconisés dans le but de remplacer les méthodes ordinaires ; c'est ici que trouvent leur place la taille en cbaintre, les systèmes Guyot, Cazena\e,Marcon, Sylvoz, Mesrouze, Dezeimeris, la taille de Royat, etc. Cette partie renferme en outre les indications concernant la conduite des vignes greffées et des producteurs directs. La troisième partie est consacrée aux opérations que l'on peut être amené à faire subir aux vignes pendant la période de végétation, telles que : ébourgeonnement, pincement, effeuillage, incision annulaire, taille des vignes gelées et des vignes grêlées. Enfin, dans la quatrième partie se trou\ent décrits les principaux systèmes d'écbalassement et le prix de revient; l'établissement des vignes sur fils de fer qui se répand de plus en plus, donne à cette dernière partie un intérêt tout particulier.

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