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PISCICULTURE : LA SARDLXE- - XV

Avec le n° 583 (juin 1880;, nous commencions notre étude sur la sardine que nous croyions bien finie avec notre communication du I" décembre 1888. n° 1008; soit une série de quatorze entretiens. Nos lecteurs jugeront de l'opportunité du quinzième par ce qui suit.

Une réunion publique provoquée par la Syndicat des fabricants de conserves de Nantes sous la présidence de M. Raymondeau, maire de Croix-de-Vic Vendée), et à laquelle sétaient rendus plus de 300 marins, sous la direction de M. Bauvois. chef de leur Syndicat, s'est tenue à la mairie de cette commune le 23 février dernier.

Deux idées, deux faits, opposés se firent aussitôt jour et furent avancés dans l'assemblée où deux intérêts si opposés se trouvaient en jeu de par 1 absence toujours plus grande de notre ancienne protégée, la sardine.

D un côté, la ruine définitive de cette industrie et la fermeture des usines: de l'autre, la lutte pour la vie, c'est-à-dire le pain quotidien.

Les fabricants de conserves se fondant sur ce qu'en Bretagne, oii le draguage sur les côtes est interdit, ils ont des quantités considérables de sardine, voudraient que la même mesure fût prise pour la côte de Vendée.

Les marins, ne croyant pas à l'efficacité de cette défense et craignant, en cessant de draguer en petits bateaux le long des côtes, de perdre un profit peu élevé, il est vrai, mais qui les aide à vivre, s'opposent énergiquement à cette interdiction.

M, Henri Renaud, avocat aux Sables d'Olonnes, proposa un ordre du jour qui, mettant tout le monde d'accord en réservant toutes opinions., fut adopté sans opposition. Pour les Sables, Saint-Gilles, Noirmoutiers et Croix-de-Vic l'enjeu est de plus de 6 millions pour ces quatre ports vendéens.

L'ordre du jour voté est le suivant :

Demander aux pouvoirs publics d'organiser une expédition maritime dont feraient partie des marins de ces quatre localités, nommés par leurs pairs, chargée de rechercher les causes de la disparition de la sardine sur la côte vendéenne et de faire un rapport.

Avant de se séparer, il fut constaté qu'aucun des sénateurs, députés et conseillers généraux ne s'étaient rendus à 1 invitation qui leur avait été adressée. Nous nous étonnerons davantage de navoir pas trouvé dans les organisateurs de cette assemblée le nom de M. Lebisuais, notre ancien correspondant de ces temps éloignés dont la baute compétence dans celte grave question est connue de nos lecteurs. Voir le n°711 (1882) da Journal).

Cet exposé impartial de la situation terminé, permettez-moi, cbers concitoyens, devons rappeler une page d'histoire.

Vous demandez une mission, une expédition maritime, aux pouvoirs publics ; mais d'abord auquel des pouvoirs vous adresserez- vous? A titre de renseignements, sachez donc que depuis 1880, en fait de missions, nous serons bientôt à la douzaine.

Causons donc de ces missions.

La première en date fut le départ du Travailleur, sous la direction de M. Milne-Edwards, notre savant confrère de la Société nationale d'agriculture, pour draguer dans le golfe de Biscaye. (Voir n"" 596 en septembre 1880.

A la mission scientifique française succéda en 1882, la mission scientifique autrichienne, dirigée par le D' Schmarda sur nos côtes d'entre Loire et Gironde. (Voir n" 674 du Journal].

Ce fut à propos du compte rendu de cette mission qu'avec un de nos correspondants du port de Joinville (île Dieu), nous protestions contre les prises des mères dites sardines de mars et, avec M. Le Biguais déjà cité, contre le vandalisme des pécheurs de Saint-Gilles; directement adressé déjà par lui en 1876 au Ministre de la marine, relativement aux pèches de l'embouchure de la Vie. Dans dix ans, il ne restera rien sur bien des milles de cette côte, prédisait-il! Le présent ne confirme que trop les tristes prédictions de cet homme de bien.

Nous eûmes l'honneur de faire le premier connaître cette mission Schmarda dont l'objectif principal fut l'ostréiculture et les travaux si curieux à cette époque du rocher de l'Estrée, menés à bien par M. de Piolan et à peu près disparus aujourd'hui. Nos lecteurs savent pourquoi et comment fut anéanti en trois ou quatre ans ce qui avait si bien réussi pendant cinq et six ans avec l'huître portugaise. Entre ces deux missions, la commission sénatoriale des eaux nommée le 20 juillet 1879 avait, par l'organe de ses deux délégués MM. Robin et Cornulier Lucinière pour l'Océan, déposé ses rapports sur les meilleurs moyens de repeupler nos côtes.

Comme la ici prédit notre directeur M. Sagnier, dans ces lonsjues et dispendieuses enquêtes résumées par un rapport de M. Robin, président de la dite commission sénatoriale, on n'avait oublié que les conclusions. Ces missions ont-elles amélioré la situation? Qu'a répondu une application de près de quatorze ans? En dehors des travaux sur les zones de pêches de M. Guillard, nous ne sommes pas loin du point de départ.

Nous ne parlons pas, bien entendu, de la question de l'enseignement et des études des choses de la mer; les stations zoologiques maritimes qui ne se comptent plus, sortent du Concarneau de Coste, toujours plus nombreuses sur nos trois mers. Devant en faire le sujet

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d'entretien spécial comme nous nous y sommes engagés à propos de Tattihou, cette nouvelle station de la Manche, sous la direction de M. Ed. Perrier (voir le n° 1453) nous n'insisterons pas.

En novembre 1882, mission de la Perle, sous la direction scientifique de MM. llobin et Pouehet et du capitaine Goëtz, au point de vue pratique.

En avril 1887, nomination par le préfet maritime de Brest d'une quatrième mission dont firent partie le commandant de la Station de Granville, le commissaire de Douarnenez, un conseiller du Finistère et un du Morbihan, le directeur du laboratoire de Concarneau, un usinier, six patrons pêcheurs de la circonscription de Brest et cinq des arrondissements de Belle-Ile, Auray, Croix, Lorient, Nantes. Bien ne manquait donc à cette mission, mais quels en furent les résultats!

Sous le ministère de M. Barbey, M. l'inspecteur général des pêches, Bouchon-Brandely, fut chargé de résumer l'enquête qui venait de se terminer dans toutes les préfectures maritimes sur la sardine. Ce rapport ne contenait pas moins de quatorze colonnes de VOfficiel du 4 mai 1885. Dans le numéro 959, nous avons dit à son auteur vivant ce que nous pensions de ce long document. Qu'en sortit-il hélas! La mort de ce pisciculteur qui eut aussi son heure utile, ne nous permet pas d'y insister davantage ; renvoyons nos lecteurs à ce que nous avons dit à cette époque déjà lontaine. A propos de l'exposition maritime du Havre en 1887, nous résumions ces pages du passé, et en décembre 1888, n" 1025 du Jfmrnal, nous constations le retour de la sardine et les joies de tous.

Epuisée est maintenant la question de notre protégée, mais se dresse toute grande avec M Guiliard,de Lorient, la culture de nos côtes, ou leur aménagement, disions-nous, passant en revue les cinq ou six dernières années qui avaient amené tant de misères sur toutes nos côtes; nous rappelions comment en dehors de toutes ces missions et commissions nous comprenions l'avenir.

Au début de ces noirs temps, nous demandions l'étude de la température des eaux et surtout des courants de surface et de fonds.

Une modification, une déviation du Rennel, disions-nous timidement, ne serait-elle pas à la base de ces calamités. Ce que cette idée nous valut de lazzis de la part d'un homme de science hautement coté, que nous avions connu enfant et vu débuter dans la pisciculture!

En 1890, la Société nationale d'agriculture de France décernait une de ses médailles d'or à M. Guillard, professeur d'hydrcgraphie à Lorient, pour sa découverte des nouvelles zones de pêche.

Cette mission lui avait été confiée par M. l'amiral Aube, qui avait mis à sa disposition l'aviso le Gladiateur. Ce fut sur notre rapport que notre compagnie lui décerna cette haute récompense, dont nous allons voir les conséquences (voir n° 1099 du Journal).

Les joies de 1888 devaient être de courte durée.

En 1 891 , le mal était redevenu si aigu que M. l'amiral de Marquessac embarqua avec lui sur le Condan, M. le professeur Guillard, à la recherche de la sardine au large, c'est-à-dire à 60 ou 70 milles des côtes.

En 1892, dans son rapport au Ministre de la marine, M. Guillard écrivait : ce On savait empiriquement que c'était entre 12 à 15 degrés

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centigrades et à 10 à 12 mètres de la surface, que se tenait et pouvait travailler^ c'est-à-dire monter la sardine. J'ai l'honneur de vous le confirmer scientifiquement et pratiquement. » (Voir pour détails le n" 1285). Ce rapport valut à M. Guilîard la croix de la Légion d'honneur.Jamais honneur ne fut mieux mérité, car la grande loi de la présence ou de l'absence de la sardine était trouvée et nettement précisée.

Quand nous aurons répété ou rappelé à la future mission des délégués de Croix-de-Vic ce que leur disait notre concitoyen M. Lebiguais, il y a près de dix ans sur les dragtiages dans les eaux territoriales, sur l'inobservation des règlements, sur la maille des dragues, nous aurons rempli une grande partie du but que nous nous sommes proposé dans la présente communication.

Missionnez donc, chers comoatriotes tout à loisir, mais avant renseignez-vous si à vous aussi vous ne voulez éviter d'amères déceptions.

Plus que jamais vu la persistance de l'éloignement de nos rives de la précieuse clupée et malgré la découverte de M. Guilîard, nous demanderions l'étude des courants, courants de fonds, courants de surface dans cette partie du Rennel, rabattue sur nos côtes d'entre Loire et Gironde, le Rennel, comme on sait, allant nord-ouest sud-ouest, mourir de la mer d'Irlande au golfe de Gascogne. A côté de la direction des courants et de leur température nous risquerons en 1896 une autre idée, comme le premier nous lancions en 1880 la précédente que 1892 confirmait.

La précession des équinoxes découverte par Newton qui fixait à 50 secondes par an le mouvement rétrograde des points équinoxiaux ; mouvements de précession et de mutation de l'axe de la terre si bien expliqués par |d'Alembert. Cette précession des équinoxes qui dans 20,000 ans nous ramènerait à la période glaciaire doit donc avoir une influence directe sur le pôle nord. De là augmentation des banquises qui s'y forment chaque hiver et partant refroidissement des courants de fond qui en sont la conséquence ; on sait par les observations du pôle sud qu'un effet tout contraire s'y produit dans les mers australes.

A ceux qui riraient de cette idée, nous répondrons : rire n'est pas répondre, car on a ri aussi en 1 880 ! Chabot-Karlen.

Séance du 4 mars. — La 27'^ session annuelle de la Société des agriculteurs de France, a été ouverte le 4 mars, sous la présidence de M. le marquis de Vogué, dans la grande salle de l'Hôtel de la Société. Un très grand nombre d'agticulteurs assistaient à la première séance.

M. le président, exprime le profond sentiment de tristesse qui remplit tous les cœurs et adresse un hommage respectueux et ému à la mémoire de M. le marquis de Dampierre ; il rappelle les grands services rendus au pays par cet homme éminent et redit tout ce que la Société des agriculteurs de France, doit à son dévouement infatigable, à la droiture de son jugement, à l'élévation de son caractère, à son intelligente et libérale compréhension des besoins actuels, son souvenir ne s'effacera pas. Il donne ensuite lecture du discours dont les principaux passages ont été publiés dans le précédent numéro du Journal.

M. Teissonnière, secrétaire général, présente les rapports sur les travaux des sections ou des commissions durant l'année 1895 et sur la situation financière.

^24 sogiétp: des agriculteurs de frange.

M. le Trésor de la Rocque, vice-président, président de la commission des finances croit devoir ajouter quelques mots à l'exposé de la situation financière. Il signale les améliorations survenues au cours du dernier exercice dans l'état des finances de la Société. Il sera enfin possible de commencer à doter un fonds de réserve et de donner plus d'ampleur au crédit des récompenses et subventions, c'est ainsi que le Conseil vient d'accorder au prochain congrès provincial de Saint-Brieuc, une allocation de 30,000 francs.

M. Josseau, vice-président, président de la commission de contrôle du Syndicat Central et de J'Union des Syndicats fournit à l'assemblée sur le fonctiom ement de ces deux institutions les informations les plus satisfaisantes.

Séance du 5 mars. — M. le comte de Luçay soutient, au nom de la neuvième section, la protestation contre l'impôt général sur le revenu, dont le texte a été approuvé déjà par l'Assemblée des délégués et envoyée à toutes les Associations et Comices affiliés. Cette protestation est conforme aux résolutions adoptées soit en 1887, soit en 1895. Elle peut se résumer comme suit :

La Société des agriculteurs de France, considérant qu'en 1879 la Constituante a fondé notre régime fiscal sur la double base de la réalité et de la proportionnalité de l'impôt et décidé que cet impôt serait assis d'après un tarif uniforme sur les facultés apparentes des contribuables, à l'exclusion de toute inquisition. — Que ce principe a été consacré par les diverses constitutions qui se sont succédé et notamment par celle de 1848. — Que le projet actuel, rompant avec cette tradition séculaire reprend les errements les plus justements condamnés de la taille, divise de nouveau les citoyens en deux classes, celles des contribuables et des exempts, et les soumet à un véritable exercice, assuré par des pénalités draconiennes. — Que c'est à tort qu'il est affirmé que la législation nouvelle n'atteindrait que 1,500,000 redevables; que sur les 10,000,000 ménages de France, tous, ou peu s'en faut se verraient au contraire dans l'obligation de livrer les détails de leur exploitation et de leurs affaires au contrôle du fisc, les uns, pour établir qu'ils ont droit à l'exemption, les autres pour se défendre contre les évaluations exagérés de jurys administratifs opérant dans des conditions d'impartialité des plus contestables. — Que d'ailleurs, en stipulant que les revenus du mari, ceux de la femme et ceux des autres membres de la famille, seront compris dans une même déclai-ation et imposés dans leur ensemble, le projet restreint sensiblement le nombre des exempts, en ce qui concerne les exploitants du sol. — Que le cultivateur, malgré la charge excessive d'impôts qui le frappe serait appelé à faire les frais de la réforme, car il ne pourrait se soustraire à son application intégrale; que pour lui à l'impôt sur la terre et sur l'habitation maintenus en leur entier, viendra s'en ajouter un nouveau sur les bénéfices agricoles, de telle sorte que sera taxée comme revenu la valeur du travail personnel de tous les memlires de la famille sans même qu'on en déduise la nourriture et le logement. — Renouvelle les protestations formulées précédemment contre tout projet ayant pour objet l'établissement d'un impôt général sur le revenu et l'introduction du principe de la progression et de la personnalité dans le droit fiscal.

L'orateur passe en revue les divers articles du projet. Il lait ressortir que loin d'être un impôt unique l'impôt nouveau viendrait s'ajouter à l'impôt foncier sur les propriétés bâties et non bâties, que même il laisserait subsister les centimes additionnels à la contribution des portes et fenêtres et à la contribution personnelle et mobilière : ce serait donc un impôt de superposition, il met en relief le peu de garantie offert par les commissions chargées d'apprécier l'exactitude des déclarations ou de procéder à l'évaluation des revenus; il explique comment la fortune mobilière pourra se dérober à l'impôt tandis que la propriété immobilière sera condamnée à en supporter tout le poids, il montre l'énormité des pénalités infligées aux contribuables qui omettront de faire, dans les délais, la déclaration prescrite ou qui auront déclaré un revenu trop faible; puis examinant les diverses législations des pays étrangers et rappelant les traditions françaises en matière fiscale, il demande à l'assemblée de voter sans hésitation la protestation formulée par la neuvième section.

M. E. Lacombe, au nom de la section de viticulture appuie la protestation, il donne lecture d'un rapport où sont longuement énumérées les difficultés particulières que rencontrerait, dans les régions viticoles, l'application de l'impôt sur le revenu; là en effet recettes et dépenses, tout est incertain et variable.

M. H. Cochin, député, s'associe à la protestation qu'il compte combattre énergiquement devant la Chambre. Il estime que l'impôt global sur le revenu est nécessairement inapplicable, il croit donc qu'il faut en repousser même le principe, il signale les dangers que courrait la fortune publique si, à l'impôt réel qui a fait ses preuves on sunstituait témérairement l'impôt personnel : négliger les ressources sûres pour compter sur des ressources douteuses et aléatoires, c'est agir à la manière des prodigues qui méritent un conseil judiciaire. Du reste, ajoute-t-il, le Français est jaloux de son indépendance et ne supportera jamais l'intrusion du percepteur dans ses affaires.

M. E. de Monicault, président de la section d'agriculture fait connaître à l'assemblée que la Société nationale a votée à l'unanimité une résolution tendant au rejet du projet d'impôt sur le revenu ; il insiste sur ce fait que ce projet n'atteint pas seulement les rentes ou les capitaux : on ne sait pas assez que le revenu qu'il frappe c'est le travail, la nourriture, le logement du cultivateur de sa femme et de ses enfants. Il faut le répéter sans relâche et c'est une tâche qui échoit tout spécialement aux membres de la Société des agriculteurs de France,

M. A. Sénart, fait connaître les term.es du vœu par l'Union centrale des Syndicats agricoles qui ne comprend pas moins de 562 de ces associations. L'Union repousse l'impôt sur le revenu en tant que faux dans son principe, arbitraire dans son application, funeste dans ses conséquences. Repoussé en 1848, cet impôt se représente aujourd'hui sous les auspices de l'école collectiviste dont le programme renverse les fondements de la société; il faut le combattre avec la dernière énergie.

M. R. Lavollée espère que l'impôt sur le revenu ne sera admis, ni par la Chambre, ni par la Commission du budget. Mais les idées fausses répandues à son sujet dans le pays peuvent y faire des ravages. Il convient d'en neutraliser l'influence en disant aux populations des campagnes que ce n'est pas l'impôt sur les riches mais bien l'impôt surtout le monde et que, loin de réparer les inégalités fiscales, il les aggrave sensiblement.

M. le président met aux voix la protestation contre l'impôt général sur le revenu; elle est votée à l'unanimité.

M. le baron de la Bouillerie présente le rapport sur le concours des instituteurs organisé dans le département des Landes (prix Godard). — Voici les noms des principaux lauréats : MM. Tauziet, à Ygos-Saint-Saturnin, prime de 350 fr. ; Molas, à Pey, 300 fr. ; Larrieu, à Campel, 250 fr. ; Edouard, à Saint-Martin-de- Saignaux, 200 fr. ; Bourrelier, àHerm, Dumora, à Duhort-Bachen, 175 fr. ; Léonard Capdeville, à Saint-Gricq, Chibrac à Richet, 100 fr.

Séance du 6 niars. — M. Courtin, secrétaire de la Section d'agriculture, présente le rapport sur le concours relatif à la production économique du blé. Voici les noms des principaux lauréats: Tarn-et-Garonne^ l^M. Guillaume Garrigues, métayer au domaine de Goulac par Malause, prime de 500 fr. et une médaille d'or au général Lacoste de l'Ile; 2° M. Jean Hérété, à Esparsac, par Beaumontde-Lomagne, prime de 300 fr., et une médaille d'argent à M. Paul Belmont; 3" M. Jean Garthalié, à Maubert par Albias, prime de 200 fr. — Somme, 1° M. Adolphe Demarcy, à Seux par MoUiens-Vidame, prime de 700 fr. et une médaille d'or; 2" M. Albert Hervet, à Assevillers, par Estrées-Demécourt, prime de 300 fr. et une médaille d'argent. — Aube, M. Benjamin Courtois, instituteur à Saint-Thibault par Isle-Aumont, prime de 600.fr. et une médaille d'or; 2° M. Charles Renaud, aux Riceys, prime de 400 fr. et une médaille d'argent.

M. Gouderc Minerel présente le rapport pour le prix agronomique de la Section de viticulture. Ce prix est décerné à M. H. Blin, de Blois, auteur du meilleur mémoire sur la culture de la vigne; une médaille d'or est attribuée à M. Provost Dumarchais.

M. d'Artois, au nom de la Section des relations internationales donne lecture du rapport concernant le prix agronomique, qui est décerné à M. Adolphe Schotsmans, pour son mémoire sur l'influence du cours de l'argent sur le prix du blé.

M. A. Senart, rapporteur de la Section de législation soutient le vœu suivant relatif à la représentation officielle de l'agriculture :

« La Société des agriculteurs de France : renouvelle le vœu qu'elle a précédemment émis à plusieurs reprises à l'effet d'obtenir une représentation officielle de l'agriculture, qui la place sur un pied d'égalité avec l'industrie et le commerce pour défendre ses intérêts professionnels.

ce Mais proteste contre tout projet de loi qui, d'une part mutilerait injustement cette représentation et l'affaiblirait nuisiblement en écartant du corps électoral qui doit lui servir de base, les propriétaires de fonds ruraux non exploitant et qui, d'autre part en dénaturerait et en fausserait le caractère en introduisant arbitrairement dans ce même corps électoral des éléments qui sont tout à fait étrangers aux intérêts agricoles,

« Proteste également contre toutes les dispositions de loi qui investiraient les Chambres d'agriculture qu'il s'agit de créer, du droit de contracter des emprunts et d'établir, sous forme de centimes ou sous toute autre forme des taxation-s d'impôts qui viendraient ajouter des charges nouvelles à celles qui pèsent déjà d'une manière accablante sur la propriété rurale.

ce Déclare préférer à une représentation officielle qui serait ou ainsi faussée dans sa constitution, ou ainsi rendue onéreuse dans ses conséquences, la représentation libre, indépendante et gratuite qu'elle possède actuellement dans ses sociétés, comices et syndicats agricoles. » Ce vœu est adopté.

M. R. Lavollée, conformément aux conclusions de la Section de législation demande à l'assemblée de renouveler sa protestation contre le projet de loi sur la réforme des droits de succession, qui a été voté par la Chambre et dont le Sénat est actuellement saisi. Il lui soumet le vœu suivant qui reproduit, quant au fond, celui émis en 1895.

ce Considérant que le projet de réforme des droits de succession actuellement soumis au Sénat tend à une augmentation d'impôts dontle montant est évalué, par ses auteurs mêmes, à 34 millions de francs par an.

ce Considérant qu'il introduit, à côté du tarif gradué suivant le degré de parenté, le système de la progression suivant le chiffre de la part successorale.

ce Considérant qu'il viole ainsi le principe fondamental de la proportionnalité de l'impôt et de l'égalité de tous les citoyens au point de vue fiscal, principe proclamé en 1789 et inscrit depuis dans toutes les constitutions.

ce Que des dégrèvements sont, depuis de longues années, promis à l'agriculture, mais qu'en réalité on ne lui offre qu'un surcroît d'impôts, et cela au moment même où elle souffre le plus de la mévente de ses produits.

ce La Société des agriculteurs de France proteste énergiquement contre le projet volé par la Chambre des députés.

ce Elle demande qu'il soit amendé de manière à compenser la perte résultant de la déduction du passif, soit par des économies, soit par des remaniements de taxes atteignant les valeurs ou matières imposables qui, actuellement échappent à l'impôt.

ce Enfin, pour le cas où cette combinaison ne paraîtrait pas réalisable, elle réclame avec insistance le maintien du statu quo plutôt que l'établissement de surtaxes sur les héritages ruraux et l'introduction, dans nos lois, du principe socialiste de l'impôt progressif. « Ce vœu est adopté.

M. le marquis de la Jonquière, au nom de la Section de législation, propose de renouveler le vœu que dans le procès entre les particuliers et l'administration de l'enregistrement, le débat soit oral quand une des parties le demandera. — Ce vœu est adopté.

M. H. Muret, président de la Section des industries agricoles présente son vœu tendant à ce que l'agriculture obtienne dans le Comité consultatif des chemins de fer une représentation proportionnelle à l'importance des transports qu'elle procure aux compagnies. — Le vœu est adopté.

Séance du 7 mars. — M. E. Salle, au nom des sections de législation et d'économie du bétail soutien un projet de loi sur la tuberculose bovine qui est ainsi conçu :

Article premier. — Tout propriétaire ou détenteur d'un animal de l'espèce bovine présentant des signes cliniques de tuberculose est tenu d'en faire sur le champ la déclaration au maire de la commune où se trouve cet animal.

Sont également tenus de faire cette déclaration tout vétérinaire qui serait appelé à visiter l'animal et tout inspecteur de boucherie qui aurait constaté l'existence de lésions tuberculeuses.

Le Maire, aussitôt qu'il aura été prévenu, devra requérir le vétérinaire chargé de ce service, de procéder à la visite de l'animal.

Art. 2. — Tous les animaux de l'espèce bovine présentant les signes cliniques inclisculables de la tuberculose sont abattus par ordre du préfet.

Tous ceux présentant quelques signes cliniques de la tuberculose sont isolés et soupnis à l'épreuve de la tuberculine. Ceux qui réagissent sont abattus par ordre du préfet.

Dans les dcuv cas, l'abatage ne pourra être ordonné que sur la proposition du vétérinaire clief du service départemental.

Art. 3. — Dans le cas de tuberculose bovine constatée par le service sanitaire, soit sur un animal vivant, soit sur un animal mort ou abattu par ordre du préfet, tous les animaux de l'espèce bovine qui ont cohabité dans la même étableavec cet animal sont soumis à Tépreuve de la tuberculine. Ceux qui présentent la réaction caractéristique sont isolés des animaux sains et ne peuvent être vendus, sauf pour la boucherie.

Tout animal ayant réagi à la tuberculine est soumis à la surveillance du service sanitaire, et s'il vient à présenter des signes cliniques de tuberculose, il sera abattu par ordre du préfet dans les conditions de l'article 2.

Art. 4. — Dans le cas de saisie totale ou partielle pour cause de tuberculose des viandes provenant des animaux abattus en vertu des articles qui précèdent, il est alloué aux propriétaires une indemnité ainsi réglée :

1° Le tiers de la valeur de la viande saisie dans le cas où l'animal aurait été livré à la boucherie, dans un délai de dix-l)uit mois à partir de l'injection de la tuberculine et lorsqu'il n'aura présenté aucun signe clinique de tuberculose.

2° La saisie des viandes, dans tout autre cas, ne donne lieu à aucune indemnité.

Art. 5. — Toute infraction aux dispositions de la présente loi et a celles du règlement à intervenir pour son exécution peut entraîner la perte de l'indemnité prévue à l'article 4.

La décision appartiendra au Ministre de l'agriculture, sauf recours au Conseil d'Etat.

Art. 6. — Toute infraction aux dispositions de l'article l" sera punie d'une amende de 16 fr. à 200 fr.

Toute infraction aux dispositions de l'article 3 sera punie d'un emprisonnement de six jours à deux mois et d'une amende de 100 à 1,000 fr.

Art. 7. — Seront punis d'un emprisonnement de six mois à trois ans et d'une amende de 100 à 2,000 francs ceux qui auront détourné, vendu ou mis en vente des viandes déclarées impropres à la consonmiation pour cau^e de tuberculose.

Art. 8. — Les contraventions aux dispositions du règlement d'administration publique rendu pour l'exécution de la présente loi seront punies d'une amende de 16 à 200 fr.

Art. 9. — Si la condamnation pour infraction à l'une des dispositions de la présente loi remonte à moins d'une année, ou si celte infraction a été commise par des vétérinaires sanitaires ou par des inspecteurs de boucherie, les peines peuvent être portées au double du maximum fixé par les précédents articles.

Art. 10. — L'article 463 du Code pénal est applicable dans tous les cas prévus par les articles précédents.

Art. 11. — Un règlement d'administration publique sera rendu pour l'exécution de la présente loi.

M. Salle établit la gravité exceptionnelle que présente la tuberculose bovine et montre combien celte terrible maladie est répandue en Europe et en France; il décrit son évolution lente et ajoute qu'elle a comme cause unique la contagion résultant d'un contact direct et prolongé. Aujourd'hui, grâce à la tuberculine et à la réaction fébrile qu'elle provoque chez les tuberculeux, à l'exclusion de tous autres, il est aisé de reconnaître les animaux atteints. Dans ces conditions, le vote s'impose d'une loi qui, à l'aide de prescriptions préventives ou répressives, restreigne, dans la mesure du possible, les ravages d'un tel fléau tout en dédommageant, par une indemnité, les propriétaires de la perte subie.

D'après M. H. Gochin, député, on doit attendre les meilleurs efiets d'une loi basée sur le principe d'une indemnité et sur l'usage de la tuberculine comme moyen de diagnostic, mais avant tout, il faut obtenir un vote de la Chambre. Or, un vœu émanant de la Société des agriculteurs de France hâterait certainement l'adoption de l'un des projets qui sont en délibération. C'est ce vœu que l'orateur demande à l'assemblée d'émettre. Après des observations présentées par MM. Morel d'Arleux, Sénart, Nocard, de Lestapie et le baron de Ladoucette, le président met aux voix l'amendement présenté par M. Sénart, dans les termes suivants : « L'assemblée admet en principe le projet élaboré par les sections compétentes, mais demande que les dispositions qu'il contient relativement à la déclaration et aux sanctions pénales soient modifiées dans le sens des observations formulées. » L'amendement est voté. L.

SITUATION AGRICOLE DANS LA NIÈVRE

Après s'être abstenu, l'hiver a fait une petite apparition, mais elle ne pouvait être de longue durée et le temps s'est mis à la pluie et aux giboulées. Ce changement est en général bien accueilli, car il est favorable à toutes nos productions: aux blés, aux avoines nouvellement semées, à nos cultures potagères, aux herbes de nos prairies

On a profité de la douceur de la température pour exécuter d'importants semis d'avoine, et cette opération s'est faite dans les meilleures conditions sur une terre qui se pulvérisait au contact des instruments.

k28 SITUATION AGRICOLE DANS LA NIÈVRE.

Les blés acquièrent une vigueur de plus en plus grande, et les espérances qu'ils donnaient jusqu'ici s'atï'erraissent de plus on plus.

Nous avons déjà constaté l'état d'avancement des labours, des transports de fumier, de chaux, enfin de tous les travaux; cette situation permettra de faire en temps utile tous les autres semis et plantations.

En somme, les apparences prennent une heureuse tournure et tout irait bien si l'action déplorable des marchés fictifs ne venait fausser toutes les conditions d'un commerce loyal et régulier et enchaîner le blé à un prix dérisoire, constituant ainsi un scandale dont souffre l'agriculture nationale jusqu'à en mourir,

Salomon.

UiNE FÊTE A L'INSTITUT AGRONOMIQUE

Un Comité réunissant tous les anciens élèves de l'Institut agronomique a organisé le dimanche 8 mars une fête charmante qui avait pour but d'honorer ensemble les deux, premiers directeurs de l'Institut, M. Eugène Tisserand, qui en a été le directeur depuis la création en 1876 jusqu'au mois de mars 1879, et M. Eugène llisler, qui en est le directeur depuis cette dernière date. Ce Comité a eu l'heureuse idée de faire exécuter les médaillons en bronze de M, Tisserand et de M. Risler, et les a placés dans le grand amphithéâtre.

L'inauguration de ces médaillons a été faite devant une assemblée d'élite ; de nombreuses dames et de charmantes jeunes filles formaient une corbeille diaprée sur les gradins habitués à des réunions plus austères; c'étaient les familles des professeurs et des amis qui avaient voulu apporter aux héros de la fête le témoignage de leur cordiale sympathie et de leur affectueux respect pour une longue carrière de dévouement à l'agriculture et à l'enseignement des sciences agricoles. Nombreux aussi étaient les anciens élèves venus de tous côtés pour participer à cette fête.

C'est avec une réelle émotion que la réunion a écouté et coupé, à maintes reprises, par ses applaudissements, l'allocution dans laquelle M. de Malliard, président du Comité des anciens élèves, a rendu hommage, en termes élevés, aux deux directeurs de l'Institut agronomique, et à l'œuvre qu'ils ont fondée et soutenue.

MM. Tisserand et Risler lui ont répondu, en insistant surtout sur les services rendus par l'enseignement agricole et par ceux qui savent profiter de ses leçons.

Cette fête laissera des souvenirs vivants à tous ceux qui y ont assisté et qui ont pu joindre leurs vives et cordiales félicitations à l'hommage que les anciens élèves de l'Institut agronomique ont rendu, dans des termes qu'on doit louer, à leurs directeurs. H. S.

Extrait du discours de M. de Malliard.

Mesdames, messieurs, les anciens élèves de l'Institut national agronomique, ceux qui sont aujourd'hui dans celle enceinte et ceux, bien plus nombreux que leurs travaux retiennent au loin, mais unis de cœur avec nous, ont voulu organiser une manifestation en l'honneur de nos illustres maîtres, les promoteurs de l'enseignement rationnel et scientihque de l'agriculture, M. Tisserand, fondateur de l'Institut, et M. Risler, son digne continuateur.

A nous qui, les premiers, avons profité de leurs leçons, revenait de droit l'honneur de leur rendre ce public hommage, de faire ainsi éclater au grand jour les sentiments intimes de nos cœurs, sentiments qui serviront de base à la tradition à léguer aux futures promotions de notre chère Ecole.

Pour échapper à la banalité ordinaire des compliments, nous avons donné à

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cette réunion le caractère d'une fête de famille. N'était-ce pas la rendre plus touchante pour les raaîlres vénérés auxquels elle s'a,d''esse? C'est ici, à l'Institut national agronomique, dans le cadre familier de nos études, dans cet amphitéâtre où notre entrée a surpris la Science en négligé d'intérieur, que nous avons voulu honorer MM. Tisserand et Risler. Voyez : ni tribune, ni estrade, ni trophées, ni tentures, ni la foule des indiflerents; mais les bancs tachés d'encre où chacun de nous reconnaît sa place, la planche marbrée de craie, les tableaux de cours encore accrochés aux murs, témoignant d'un travail récent et d'une activité féconde; autour de nous des parents et des amis.

C'est ici que nous avons été élevés, que nos jeunes intelligences ont été façonnées avec des soins tout paternels. Aussi, avons-nous désiré nous y asseoir encore une fois en compagnie de nos chers maîtres, les voir à la place même où ils ont professé et nous offrir le très grand plaisir de leur exprimer toute notre reconnaissance pour les immenses services rendus par eux à l'enseignement agricole et à l'agriculture française.

Prendre la parole au nom de tous était une tâche délicate, mais combien douce ! Certes, parmi les anciens qui ont donné des preuves éclatantes de valeur ou parmi les plus jeunes qui passent à bon droit pour des sujets d'élite, il eût été facile de choisir une voix plus autorisée, mais permettez-moi de le dire, on ne pouvait trouver un cœur plus vibrant do reconnaissance. Je vais donc, puisque ce périlleux honneur m'est échu, tracer simplement, mais aussi complètement que possible, les grandes lignes de l'œuvre accomplie

Notre Institut, messieurs, n'a point son égal dans le monde. Il occupe le premier rang parmi les écoles supérieures de l'agriculture. J'en prends à témoins tous ceux de nos camarades qui ont voyagé. Aucune autre école n'offre un programme d'étude aussi méthodique et aussi complet. Nulle part, les professeurs ne sont aussi dévoués à leur enseignement et les élèves aussi assidus à l'étude. En deux ans, et sans surmenage, on y apprend et on sait ce que les étudiants en agriculture de l'étranger mettent plusieurs années à parcourir et acquièrent moins bien. La supériorité des résultats est la conséquence de la bonne organisation de l'œuvre de MM. Tisserand et Risler

Chers et illustres maîtres, tous deux vous êtes dignes et à tous les titres, de l'hommage que nous vous rendons aujourd'hui.

C'est C[uand l'homme supérieur a accompli une œuvre grande et utile comme la vôtre qu'il est juste et profitable d'honorer cet homme. L'hommage qu'on lui rend reconnaît ses services, indique la voie qu'il a tracée et engage à y persévérer.

Plus que tous autres, vos engeignements contribueront à la prospérité et au bonheur de la patrie. Aussi, ceux qui la représentent, vous ont-ils comblés de litres et de décorations. A cet égard, vous n'avez plus rien à désirer. Mais vos élèves qui vous aiment et vous admirent, ont tenu à vous rendre à leur tour un reconnaissant hommage et celui-là, ils l'espèrent, va droit au cœur.

Par la reproduction de vos traits, ils ont voulu vous associer journellement à leurs travaux, dans cette nouvelle école de la rue Claude-Bernard. Vous voilà sur ces médaillons, dominant leur amphithéâtre. Le grand artiste qui les a modelés, M. Cordonnier, a si fidèlement rendu des traits familiers à vos élèves, qu'au point de vue de la ressemblance, on les dirait sortis du cœur et de la main de l'an de nous.

Avec quelle joie un peu émue, nos yeux, en ce jour, vont de ces médaillons à vos visages! Ainsi, dans la maison paternelle, les enfants voient à la fois leurs parents et les portraits de ceux-ci. L'Institut est pour nous une famille plus grande et les deux maîtres que nous honorons sont de vrais pères pour nous.

Puissions-nous, — je termine par ce vœu, qui aura son écho dans tous les cœurs, — puissions-nous, chers maîtres, comparer longtemps encore les traits reproduits avec les traits vivants.

Allocution de M. Tisserand.

Mesdames, messieurs, mes jeunes camarades, mon émotion est grande pour répondre à une aussi touchante allocution ; les paroles me manquent pour vc-us dire ce que je ressens, mon cher de Malliard, dans l'âme.

Parmi les jours de joie et de bonheur que j'ai pu compter dans mon existence, celui-ci est bien certainement l'un des plus grands; c'est comme le couronne-

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