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UNE FETE A L INSTITUT AGRONOMIQUE

ment de toute ma carrière, je n'en pouvais espérer de plus glorieux : me venant de vous, mes amis, il m'est encore plus précieux, et c'est le cœur plein de reconnaissance que je vous adresse d'abord tous mes remerciements.

Cette fêle de famille que votre tendre affection me procure, c'est lajoie du père entouré de ses enfants, c'est le souvenir de mes jeunes années passées à Versailles, de mes camarades, de mes maîtres; c'est le passé uni au présent.

Vous avez voulu (la jeunesse est toujours généreuse et enthousiaste), vous avez voulu, dis-je, garder au milieu des générations qui vont se succéder sur ces bancs, l'image de vos deux premiers directeurs. Vous avez voulu que leurs traits reproduits par un artiste dont nous admirons le talent, restassent vivants dans cet amphilhéàlie; merci, merci surtout d'avoir réuni ici pour toujours, ceux qui pendant toute leur vie furent unis par la plus étroite amitié (une amitié de plus de quarante ans), qui, comme vous l'avez dit, mon cher de Malliard. ont toujours travaillé côte à côte, ayant constamment le même but, le même objectif : le développement de la science agronomique, et la prospérité du pays.

Us ne pouvaient être séparés! Votre cœur l'a compris; il n'était pas possible de le faire avec plus de délicatesse et d'une façon plus touchante.

Je remercie aussi les excellents collègues, les maîtres affectueux, tous les amis qui ont voulu se joindre à vous pour assister à cette réunion et partager notre bonheur.

Merci enfin à vous, mesdames, compagnes inséparables de nos joies comme de nos peines, qui êtes venues faire la parure de ce sévère amphithéâtre et ajouter par votre présence aux charmes de cette fête.

Votre généreuse affection, mon cher de Malliard, vous a fait exagérer mes modestes services. J'ai fait simplement mon devoir pendant la carrière déjà longue que j'ai poursuivie, soutenu par des amis dévoués et secondé par de zélés collaborateurs auxquels je suis bien heureux de pouvoir rendre ici pleine justice! Oui, la reconstitution et le développement de l'Institut agronomique ont été le but de toute ma vie.

J'avais trouvé à l'Ecole de Versailles un admirable enseignement, donné par des maîtres éminents qui avaient fait passer dans nos âmes le feu de leur amour pour la science et pour la pairie! C'étaient les dignes précurseurs de vos professeurs actuels.

J'avais quitté l'Institut agronomique de Versailles plein d'ardeur et de reconnaissance, me jurant à moi-même de ne pas laisser refroidir ses cendres!

Après avoir étudié l'organisation des grandes écoles d'Europe, visité les pays les plus renommés pour leur agriculture, et fait moi-même de la pratique agricole, mes convictions n'avaient fait que se rafiermir. Je sentais que pour utiliser complètement les admirables ressources que possède la France, pour mettre en œuvre cette énergie indomptable au travail, cet admirable esprit d'épargne qui caractérisent nos populations rurales, et sont des qualités toutes françaises, il fallait mettre au service de l'agriculture le levier puissant de la science, attirer à elle les savants les plus illustres et la jeunesse d'élite, faire rayonner la lumière dans les campagnes, la diffuser et la l'aire pénétrer partout.

Pour cela, il fallait avant tout, bien évidemment, créer l'Ecole polytechnique de i'agricultuie, l'école pouvant donner à l'armée agricole un état-major en rapport avec ses besoins.

Ce fut une des plus grandes joie de ma vie, lorsqu'après quinze ans d'efl'orts, de luttes et d'attente anxieuse, la création de l'Institut agronomique fut votée par le Parlement; il y avait encore bien des incrédules sur l'avenir, sur l'utilité même de la nouvelle institution; aussi ses organisateurs se hâtèrent-ils, pour éviter des retours comme il s'en produit ici bas, d'ouvrir, au bout de quelques semaines, les portes de la nouvelle école.

Il fallut se contenter pour le moment d'un petit coin du Conservatoire des arts et métiers. Mais si l'espace était étroit, et les crédits bien maigres, nous étions riches d'espérance, riches par la valeur des professeurs éminents qui furent chargés de l'enseignement et par l'ardeur et la foi en l'avenir de nos premiers élèves. Entre les mains de mon vieil ami Risler, l'Institut agronomique ne pouvait que prospérer et grandir; vous savez ce qu'il en a fait.

Gomme votre excellent camarade vient de le dire, nulle école au monde n'égale aujourd'hui la nôtre; nulle part on ne trouve un personnel enseignant aussi

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