‹ Journal de l'agriculture (volume 4)Chapitre 354 sur 737 · OB · texte numérisé non relu

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(Allier) Médailles de bronze. MM. Victor Parel, à Bellevue (Seme-«t-Marne); Henri beulm; a Tourville (Seine-Inférieure); Louis Garenne, à Saint-Laurent-Perngny (Saône-et-Loire).

2^^ Division. Plantes Légumineuses et fourragères. Plantes de prairies artificelles et naturelles et plantes industrielles. Médaille d'argent, M. Gilbert Aucouturier, à Saint-Just (Cher), iliedaif/es ^cVonse, MM. G. Deligny. Achille Perrin ; Frédéric Comptour, à Saint-Germain-Lembron.

3'^ Division Racines fourragères, tubercules et produits divers. Betteraves, carottes, rutabagas, choux-raves, navets et racines fourragères diverses, pommes de terre, bataies ou patates douces ignames et autres tubercules alimentaires. Rappels de médaille d or, MM. Hyacinthe Higault, a

Groslay (Scine-et-Oise) ; Vilmorin et Cie, à Paris; Georges Poulet, à Jaulzy (Oise). Médailles d'or, MM. Louis Garenne; Louis Hogel-liobiliarcI, à Nouvion (Aisne). Médailles d'argent. MM. Alexandre Picard à ViHcneuve-le-lîoi (Seine-el-Oise) ; G. Dingeon, à Paris; Cliandora. Médailles de bronze, MM. I mile Couvert, à Berny-sur-Noye (Somme); Alfred Garcenot, à Arc-sur-Tille (Côle-d'Or); Henri (lalmel, à Saint-Crépin (Oise); Vincent Compoint, à Saint-Ouen (Seine); Louis Jalaguier, a Nîmes (Gaid). ., , , .

4'' Division. Plantes industrielles. Plantes oléagmeuses, plantes textiles, houblons, betteraves à sucre, plantes à parfums, plantes médicinales, plantes industrielles diverses. Médailles d'argem. MM. Fourhé frères, à Iloudan (Seine-et-Oise); ilippolyte Joreau, à Angers (Maine-et-Loire); Jacques Butin, à Louchy-Monfand (Allier); Alphonse-Gustave Mazuriez, à Pouilly-sur-Serre (Aisne). Méd.iiiles de bronze, M. Henri Geulin, à Tourville (Sf-me-Inferieure).

5° Division. Fruits oléagineux et huiles. Olives comestibles, huiles d'olives fruitées et non fruitées, huiles diverses comes-libles. Médaille d'or, M. A. Gués et Cie, à Salon (Bouches-du- Whôtie)'. Rappel de médaille d'argent (grand module), M. Léopold Martin, à Salon (Bouches-du- Rhone). Médaille d'argent, MM. Berthout, Bruno et Cie, à Salon (Bouches-du-Hhône). Médailles d'argent. MM. L'Héritier et Cie, plaine Saint-Dt^nis (Seine); Victor Leydet aîné, à Aix-en-Provence (Bourhes-du-Uhône); Georges de Synety, à Esparronne (Var). Médailles de bronze, MM. Gaspard Dravel, à Lançon (Bouches-du-Rhône) ; Paul Ballande, à Hyères (Var); François Prère ûls, à Uigne (Basses-Alpes); Garcin, à Cadenet (Vaucluse).

G" Division. Miels et cires. Rappel de médaille d'or, M. Duviquet, à Trilport (Seine-et-Marne); Médailles d'or, MM. Mignot- Vérité; Paul Potnsignon, à Humont (Meuse). Médailles d'argent (î^rand module), M. Edmond Pommery, au Nouvion-en-Thierai he (Aisne) ; Victor Mathieu, à Saint- Mai ds-en-Olhe (Aube). Médailles d'arge^it, MM. Louis-Albert Sonnier, à Charny (Seine-el-Marne) ; Troubat el Cie, à Montiuçon (\llier). Médailles de bronze, MM. Meuvret Hacquin, à Thorigny (Yonne) ; Louis Robert, à Pithiviers (Loiret); Clodomir Demarcy, à Cavillon (Somme); Luche fils, a Pui^seaux (Loiret); Auguste Raudin, à Courteranges (Aube); Désiré Bellet, à Ville (Somme). Mentions honorables, MM. Antoine Gontharet, à Peisey (Savoie); Antoine Gaumet, à Saint-Domet (Creuse); Eugène Rullier, à Landry (Savoie).

7' Division, i'roduits séricicoles. Cocons de soie, soie grège. Médaille d'argent, M. Jalaguier, à Nîmes (Gard).

8'^^ Division Produits divers. Médaille d'or, M. Frédéric Longuet, àMarolles (Oise). Médaille de bronze. M. Charles Couvreux, à la Mancelière (Eure-et-Loii). Médailles d'argent, Mme la vicomtesse de Boislandry, à Saint-Martin-du-Bcrchet (Seine-el-Marne); MM. le comte d'Astanières, à Paris; M. Sigismond Kuhn. Médailles de bronze, MM. Jalaguier: Auguste Verville, à Foucrainville (Eure).

Prix d'honneur au producteur du plus beau lot de produits agricoles. Médaille d or (grand module), M. Honoré Gagnet, à Aubeivilliers (Seine).

Concours d'horticulture.

Exposants producteurs. — V" Division. Plantes vivantes. — V' Classe. Plantes vertes d'ornement et de pleine terre. jl/édai7/es d'or, MM. Croux et fils, à Chantenay (Seine). Médaille d'argent (grand module), M. Honoré Defresne, à Vitry (Seine). Médailles d'argent, MM. Moser, à Versailles ; Vilmorin-Andrieux, à Paris.

2" Classe. Plantes fleuries. — 1"^= catégorie. Plantes bulbeuses. Médailles d'or, MM. Vilmorin- Andrieux et Cie; G. Mantin, à Paris; Médailles d'argent (grand module), MM. Torcy-Vannier, à Melun ; Etienne Bert, à Colombes.

2^ catégorie Plantes non bulbeuses. Médailles d'or, MM Vilmorin-Andrieux et Cie; Millet fils, à Bou'g-la-Rfine. Médailles d'argent (grand module), MM. Jean Dugourd, à Fontainebleau; Torcy- Vannier. M'daille d'argent, M. 0. Dorey, à MalakolL

3"= catégorie. Arbustes d'ornement forcés. Médaide d'or, M. Honoré Defresne. Médailles d'argent (grand module), MM. Croux et fils; Louis Paillet fils, à Chàlena.^ {Seine). Médailles d'argent, MM. Mosir. à Versailles; Boucher.

S"- Classe. Plantes forcées cultivées pour leurs fruits. — 2= catégorie. Ananas, fraisiers à fruits. Médaille d'or, M. Gustave Crémont, à Sarcelles (Seine-et-Oise).

2» Division. Fleurs coupées de la région du Midi. Médaille d'argent, MM. Vilmorin-Andrieux

Prix d'honneur au plus beau lot de plantes ou de Heurs vivantes. Un objet d'art, M. Honoré

Defresne. ^ . , , . • r> • •

3= Division. Fruits frais et secs. — l" Classe. Fruits frais. — 1™ catégorie. Raisins, i'^ sou.icalégorie. Raisins conservés. Médailles d'or, MM. Etienne Salomon, à Thomery (Seine-et-Marne); Cordonnier, à Houbaix (Nord). .. . ^ ^, ,,. ....

2° catégorie. Pommes et poires de table. Médailles d'or, MM. Gustave Chevallier, a Montreuilsous-Bois; Pierre Eupont, à Montreuil-sous-Bois. Médailles d'orgen^ (grand module), MM. Jacques Vatiiouot à Corbigny (Nièvre); N. Verrier, à Villepreiix (Seine-et-Oise). Médailles d'argent, MM. Creux et fils: Gallien, à Vigny (Seine-et-Oise) ; Alfred Vigneau, à Montmorency (Seme-et- Oise); Gemaud, à' Epinay-surOrge (Seine-et-Oise). Médailles de bronze, MM. Jean-Baptiste Legram, Breuilponl (Eure); Jourdain, à Maurecourt (Seine-et-Oise); Jacques Butin, à Louchy-

Monlfand (Allier). j , , .. t^,- r.

3° catégorie. Pommes et poires à cidre. Médaille d'argent (grand module), M. Elie Ragaine, a ïanville '(Orne). Médaille d'argent, M. Latour, à Surville (Calvados). Médaille de bronze, M. Ambroise Verhille, à Fosse (Orne). , t^,. . , .,■, „

2'=Cl\sse. Fruits secs. Médaille d'argent (grand module), M. Jean-Eli Menaud. Médailles d'argent, MM. Jean Lassalle, à Sauveterre (Lot-et-Garonne) et à Pans; Jacques Butin; Gé-

4' Division. Légumes frais el secs. — 1" catégorie. Légumes forcés ou provenant du midi de la France. Médailles dor, MM. Vilmorin-Andrieux et Cie; Vincent Compomt, à Saint-Oueu (Seine). Médaille dargent (grand module), M. Edmond Chevallier, à Argenteml (Seme-et-Oise). Médaille de bronze, M. Girardin-Collas, à Argenteuil ^Seine-et-Oise).

Fig. 38. — Taureau Salers, rouge, âgé de 43 mois, exposé par M. Joseph Labro, éleveur àGioude-Mamou (Cantal), ayant remporté un prix d'honneur au concours général agricole de Paris, en 1896.

Fig. 39. — Duc-Lily, taureau durham, rouan, âgé de 41 mois, exposé par M. Constant Aucleec, éleveur à Bruôre-Allichanips (Cher), ayant remporté un prix d'honneur au concours général agricole de Paris, en 1896.

[Diaprés les photographies de M. Bodmer, pour le Journal de l'Agriculture.)

2= catégorie. Légumes de saison. Médailles d'or, MM. Henri Buisson, à Montreuil-sous-Bois (Seine); Pruniot, à Montreuil-sous-Bois (Seine). Médailles d'argent (grand module), MM. Honoré Gagnel; Georges Frédiani. Médaille de bronze, M. Auguste Riciiebois, à Gonesse (Seine-et-Oise).

Z' catégorie. Légumes secs (pois^ iiaricots, lentilles, etc). Médaille d'argent (grand module), MM. Vilmorin-Andrieux et Cie. Médaille de bronze, M. Georges Frédiani.

Pri.x d'honneur au plus beau lot de fruits ou de légumes. Un obiet d'art, M. Etienne Salomon, à Tliomery (Seine-et-Marne).

Produits agricoles et horticoles divers.

Médaille d'argent, Syndicat de Montesson (Seine-et-Oise).

Exposants marchands. — 3" et 4" Divisions. Médaille d'argent (grand module), M. Dingeon, à Paris.

6' Div)sion. Bappcls de médaille d'or, M. Alphonse Robert, à Paris. Médailles d'or, MM. Alexandre Salomon, à Paris; Viclor Lemée, à Paris. Médailles d'argent, MM. Alfred Cottin. à Saint-Denis (Seine): Louis Douvenot, à Pantin (Seine) ; Adolphe Delaliaye, à Paris. Médailles de bronze, Mme Kraft, à Paris; MM. Louis Maire, à Levallois-Perret; G. Lagache, à Paris ; Mme C. Dienst, à Paris; M. Marcellin Pessoz, à Paris.

8-= Division. Médailles d'argent, MM. Félicien Michotte, à Paris; Dogommer, Baroche et Cie, à Paris. Médaille de bronze, M. Qiiirico Casablanca, à Pari;;.

Exposants marchands. 1" Division. 3° Classe. 2» catégorie. Médaille d'or, M. Jean-Claude Tissot et Cie. Médaille dargent (grand module), M. Henri Kaczka, à Paris.

2'' Division. 1" Classe. 2'= catégorie. Médaille d'or, M. L. Chonier,à Paris. Médailles dargent, M. Arthur Berme, à Coodes (Puy-de-Dôme); Mme Zélie Caffenne, à Paris; M. Labiche, à Dalagny (Orne).

3' Division. 2' Classe. Médaille d'or, 'bii. EWe Sergent, à Paris. Médaille dargent (grand module), M. C. Dijon, à Paris.

Prix d'honneur. Médaille d'or (grand module), MM Vilmorin-Andneux et Cie;

Concours coloniaux.

Produits de l'agriculture, de l'horticulture, de l'arboriculture et de la (loriculture de l'Algérie et de la Tunisie.

Exposants marchands, l"" section. Algérie. Médaille d'or (grand module), M. de Saint-Prix, à la Maison-Carrée Médaille d'or, MM. Royer et Raison, à Duzerville. Médailles dargent (grand module), MM. Erne>t Bonnemains, à Tizi-Ouzou (Alger); Charles Borel, à Sidi-Abdcladhi (Constantine); Mme Baudin, à Birniandreis ; M. Tuillier, à Meurad. Médailles d'argent, MM. Pierre Jost, à Berrouas:hia (Alger) ; Henri Vagnon, à Kherba (Alger). Médaille de bronze, MM. Dauvin. à Koléa; Ernest Despaux, à Meurad; Louis Naud, à TiziRenif; J.-B. Viola, à Agazga; Chuchana. à. Guelma. — 2° section. Tunisie. Médailles d'argent (grand module), M. Paulard, à Tunis. Médaille dargent. MM. Crété et Cie, à Crétéville.

Produits, spécimens, procédé d'exploitation du sol et des eaux, matériel, modèles, plants, cartes, dessins, etc., des colonies françaises autres que l'Algérie et des pays soumis au régime du protectorat français autres que la Tunisie.

Exposants producteurs. Médaille d'or (grand module), M. Seymour-Degrange, à la Basse- Terre. Médailles d'or, MM. G. Cayrol, à la Pointe-à-Pilre ; Charlemagne Renoir, aux Vieux-Habitants (Guadeloupe). Diplôme de médaille d'or. Comité d'exposition de la Point-à-Pitre. Rappels de médaille d'or, .MM. Dubos frères, à Sainte Anne; J.-B. et 0. Gérard frères, à la Pointe-à-Pitre; Rollin, aux Vieux-Habitants (Guadeloupe). Médailles d'argent (grand module), MM. François Fanion; A. Bauper-Thuy, à Pointe-à-Pitre ; Léon Cabre, à Basse-Terre; Mme Vve Paul Dormoy, à Pointe-à-Pitre; M. Aristide Léodgard, à Pointe-à-Pitre. Médaille d'argent, M. Octave Vigne, à Pigeon. Médailles de bronze, MM. 0. Blanchet, à Capesterre; G. Bloncourt et G. Eligié, à Sainte- Rose; Hubert Anclin, à Basse-Terre; Alfred de Biaine, au Pérou de la Guadeloupe; G. CoUomb. à Garabeyre; Dagomei, à la Guadeloupe; G. Delos et Mme Vve Delos, à la Baie-Mahand; Jacques Dossaint, aux Vieux Habitants; Ovide Guyot, à Port-Louis; J.-B. Louard, à Basse-Terre; H. Longueleau, à Capesterre; François Pagézy, au Marguier; Emilien Saiat-Val, aux Vieux-Habitant.«: E. Souques et Cie. à Poinle-à-Pitre. Mentions honorables, MM. Marc Blandin, à Bovis ; Gustave Bézier, à Pointe-à-Pitre; des Grottes, à Paris; H. Hue et L. Auril, à Pointe-à-Pitre; H. Laurichesse, à Basse-Terre (Guadeloupe) ; Roulbet-Degayau, au Trois-Rivières; Auguste Villoing, à la Désn-ade.

Madagascar. Médaille d'argent, }i\. Béguinot, à Bordeaux.

RÉUNION. Diplôme de médaille d'or , Crédit foncier colonial.

Avignon, le 11 mars 1896.

Monsieur le rédacteur en chef, le numéro du 7 mars courant du Journal de V Agriculture reproduit une communication de M. Aimé Girard à la Société nationale d'agriculture, relative à « la fragmentation des tubercules de plant de la pomme de terre ». — L'autorité incontestée qui s'attache au nom de M. Aimé Girard, le retentissement qu'ont les séances de la Société nationale et la grande publicité de \otre estimable Journal me font un devoir de rectifier sur quelques points la partie de cette communication concernant mes expériences, et de vous prier de vouloir bien accorder l'hospitalité de vos colonnes

SUR LA PLANTATION DES POMxMES DE TERRE. 465

à ces rectifications, de nature à intéresser les cultivateurs de pommes de terre.

M. Aimé Girard se trompe entièrement en affirmant que mes carrés d'expériences nont atteint dans aucun cas un mètre carré de superficie: j'aurais été le premier, dans de pareilles conditions, à n'attacher aucune importance aux résultats obtenus ; je n'aurais pas osé livrer ces résultats à la publicité et en faire l'objet de deux rapports à M. le Ministre de l'agriculture. Si M. Aimé Girard avait eu connaissance de ces rapports, il aurait vu que mes essais comparatifs ont eu lieu : en 1892, sur des carrés de 96 mètres carrés (à peu de chose près 1 are) ; en 1893, sur des carrés variant de 158 à 3,737 mètres carrés; en 1894, sur des carrés de 579 à 3,916 mètres carrés; en 1895, sur des carrés de 33 à 321 mètres carrés pour six variétés de pommes de terre, de 557 à 1 ,265 mètres carrés pour deux autres variétés. En dehors des essais comparatifs, j'ai planté par taillons rapprochés, en 1895, une superficie de 76 ares. Ces expériences peuvent donc bien être considérées comme appartenant à la grande culture, d'autant plus que les pommes de terre y ont été plantées et cultivées à la charrue. J'ajouterai qu'en 1895, de même que les années précédentes, avec huit variétés de pommes de terre essayées, la plantation par taillons rapprochés s'est montrée supérieure à la plantation par tubercules entiers à 0 m. 50, donnant avec trois de ces variétés (Canada, Imperator, Chancellor) un excédent de production de près de 3,000 kilog. par hectare.

A qui pourrait supposer que, possédé d'un sot amour-propre d'auteur, je cherche à tromper le public sur la valeur de mon procédé de plantation, en falsifiant ses résultats, je dirai que depuis quatre ans mes essais sont en quelque sortepublies; les superficies sont mesurées, les plants aussi bien que les récoltes sont pesés par les chefs de pratique et les élèves de l'Ecole d'agriculture d'Avignon. Toute fraude, toute supercherie, si j'étais capable de semblables petitesses, me seraient absolument impossibles. Les indications contenues dans mes rapports peuvent donc et doivent être considérées comme rigoureusement exactes.

La deuxième objection faite par M. Aimé Girard contre la plantation de la pomme de terre par taillons rapprochés est que ce procédé ne convient qu'aux terrains arrosés et constamment frais. Ov, en 1895, ainsi qu'en fait mention mon rapport à j\I, le Ministre, j'avais prié quelques-uns de mes anciens élèves d'essayer chez eux ce mode de plantation comparativement avec la méthode recommandée par M. Aimé Girard, et de me faire ensuite connaître les résultats obtenus par eux. Dix essais furent ainsi entrepris dans les départements de Vaucluse, du Gard, des Hautes-Alpes, dans des terres de natures très diverses et avec plusieurs variétés de pommes de terre. Parmi les dix expérimentateurs, trois ont opéré sur des terrains non arrosables; leurs essais n'ont donc reçu aucun arrosage. 'S'oici les résultats obtenus par eux.

M. Emile Sauvage, à Caderousse (Vaucluse), dans une terre légère et fertile, a employé la pomme de terre Canada, en consacrant 1 are à chaque essai. Les tubercules moyens entiers, plantés à 0 m. 50 sur 0 m. 60, lui ont produit 31 kil. 5 de moins que les taillons plantés

à Om. 10 sur Om. 60: soit un excédent de production de 3,150 kilog. par hectare en faveur de la plantation par taillons rapprochés ; cet excédent était presque entièrement constitué par des tubercules gros ou moyens.

M. Henri Caritoux, à Mazan (Vaucluse), a opéré dans un sol argilocalcaire, avec la pomme de terre jaune ronde d Orléans, sur des carrés mesurant l'un (tubercules entiers) 266 mètres carrés, l'autre (taillons) 493 mètres carrés ; la plantation par taillons rapprochés lui a fourni un excédent de production de 3,298 kilog. par hectare, dont 1 ,350 kilog. de gros tubercules et 1 ,268 kilog. de tubercules moyens.

M. Edmond Hugues, à Fons (Gard), a établi son expérience dans un terrain calcaire jurassique, avec la pomme de terre Chardon et sur des carrés de 30 ares chacun. Les taillons rapprochés lui ont donné plus de grosses pommes de terre, mais moins de pommes de terre moyennes que les plants entiers ; l'expérience a abouti, en faveur de ces derniers, à un gain total de 757 kilog. par hectare. 11 importe toutefois d'observer que M. Hugues avait employé des taillons trop petits^ ne pesant chacun en moyenne que 12 grammes et représentant à peine la sixième partie d'un tubercule moyen. S'il avait un peu moins segmenté ses plants et avait employé des taillons de 20 à 30 grammes, je suis persuadé que, ainsi que ses anciens condisciples, et malgré la sécheresse exceptionnelle de l'été 1895, il aurait obtenu avec les taillons plantés à 0 m. 10 un rendement plus élevé qu'avec les tubercules entiers à 0 m. 50. L'expérience, d'accord en ceci avec la théorie exposée par M. Aimé Girard, paraît démontrer que pour obtenir de bons résultats des taillons rapprochés (surtoutdans un terrain sec), les fragments de pomme de terre doivent avoir un poids minimum de 15 à 20 grammes, et que, lorsqu'ils pèsent 20 à 30 grammes, le rendement est encore meilleur. C'est sans doute à la trop faible dimension des taillons employés comme plants qu'il faut également attribuer l'insuccès de mon procédé dans les essais dont M. Aimé Girard a rendu compte à la Société nationale d'agriculture.

Quoi qu'il en soit, les expériences de MM. Sauvage et Caritoux paraissent démontrer que, même dans les terres non arrosables, et dans la région méridionale (!), la plantation par taillons rapprochés peut donner des rendements supérieurs à ceux de la plantation par tubercules moyens entiers.

Enfin, M. Aimé Girard fait observer avec raison que la segmentation des tubercules en taillons et leur plantation entraîne un surcroît de frais de main-d'œuvre. En 1895, j'ai fait planter en taillons rapprochés, y compris mes essais et ma culture ordinaire, un peu plus d'un hectare de pommes de terre; en tenant un compte exact du temps employé, j'ai trouvé que ce mode de plantation avait nécessité par hectare 1 38 heures de travail d'élèves (pouvant être assimilées à des heures de travail de femmes) de plus que la plantation par tubercules entiers : soit un surcroît de dépense de 20 fr. 70 par hectare. Alors même que l'augmentation de frais s'élèverait au double de ce chiffre, un excédent de récolte de 2,000 à 3,000 kilog. de pommes de terre par hectare laisserait encore de sérieux bénéfices. Je conviens que dans de très grandes exploitations, où la pomme de terre est cultivée sur des dizaines d'hec-

tares, mon procédé serait peu praticable, à cause de la difficulté qu il y aurait à se procurer un assez grand nombre d'ouvrières ; mais, si les excellents résultats que j'en obtiens, et qu en ont obtenus huit sur dix de mes anciens élèves, se confirmaient dans la majorité des sols et des situations, j'estime que la petite et la moyenne culture (jusqu'à concurrence de 2 à 3 hectares par exploitation) trouveraient un grand avantage à suivre ce mode de plantation.

Aussi, convaincu de servir, pour une part bien humble, l'œuvre d'amélioration, de rénovation de la culture de la pomme de terre en France, poursuivie avec tant de dévouement et de succès par M. Aimé Girard, et dussé-je être taxé de présomption en ne partageant pas l'opinion de l'éminent savant pour lequel je professe le plus profond respect, je persiste à conseiller aux agriculteurs non d'adopter aveuglément, mais d'essayer comparativement avec d'autres procédés le mode de plantation de la pomme de terre par taillons de 1 5 à 40 grammes, en lignes distantes de 0 m. 60, et à 0 m. 10 les uns des autres sur les lignes.

Je les engage également à expérimenter un autre procédé qui, l'an dernier, m'a encore mieux réussi que celui des taillons rapprochés : c'est la plantation par petits tubercules entiers, de 20 à 50 grammes, aux mêmes distances que les taillons, c est-à-dire à Om. 10 sur 0 m. 60.

Veuillez agréer, etc. C. Allier,

Directeur de l'Ecole pratique d'agriculture d'Avignon

Séance du 9 mars. — M. le comte de Villoutreys donne lecture du rapport sur le concours des instituteurs (section de l'enseignement agricole). Voici les noms des principaux lauréats : médaille d'or et 100 francs à M. Daudrix, à Preyssas (Lot-et-Garonne); médaille de vermeil el 100 francs à M. Deschamps, à TricqueuUe (Eure), et 75 francs à M. Lesage à Vauxrot (Aisne), et M. Fromage à Vauxbuis (Aisne).

Le frère Abel et M. le comte de Salvandy demandent le relèvement du crédit destiné à récompenser les lauréats du concours des instituteurs. La proposition est renvoyée au Conseil.

M. A. Leroy-Beaulieu, président du Comité de défense et de progrès social, rend compte des résultats du concours institué en 1895, en vue d'une propagande contre les doctrines socialistes. Des quatre sujets mis au concours un seul : « La propriété est-elle légitime? « a donné lieu à des mémoires dignes de récompense. Les principaux lauréats sont MM. André Novard, de Saint-Genis, Maurice Construçon, Hubert-Valleroux et Paul Pouthiers. L'orateur demande que le concours soit continué pour les trois questions restées en suspens. Cette motion est adoptée.

M. Gourtin, au nom de la section d'agriculture, soutient les vœux suivants à l'appui desquels il présente des considérations fortement motivées :

1° Que le Parlement vote sans retard la loi dite du « Cadenas », sans l'application de laquelle toutes les lois douanières qui devraient devenir profitables à l'agriculture, tournent a son détriment; que les applications de la loi du a Cadenas » soient limitées aux produits agricoles.

2" Que le régime de l'admission temporaire, source de fraudes à l'infini, soit remplacé par un droit toujours payé à l'entrée; et, qu'aucune différence n'existant plus entre le blé étranger qui a acquitté les droits et le blé français, le droit soit rembourêé à la sortie des douaneb, quelle que soit la provenance ou la frontière.

Que 1 Etat, dans la classification des droits à rembourser à la sortie, décompte l'équivalent des droits afférents à la portion de produits restant dans les mains de l'importateur, pour enlever tout bénéfice à la fraude.

'3" Qu'il soit établi un droit sur toutes les matières premières que l'agriculture produit et que l'industrie utilise et sur les matières similaires d'origine étrangère ou exotique qui font concurrence à la production française.

M. Duport, au nom de la section de législation, développe un vœu tendant «A

ce qu'il soit créé pour le transport des matières fertilisantes des tarifs uniformes, remplaçant tous ceux qui existent actuellement et conçus de façon à ce que tous les intéressés puissent facilement en contrôler l'application ; — que le minimum de tonnage exigible pour l'application de ces tarifs soit réduit à 5,000 kilog.; — qu'aucun minimum de parcours ne soit exigé pour l'application du tarif et que le tarif soit, non pas à escalier, mais absolument kilométrique, de manière à pouvoir fonctionner pour les plus petits comme pour les plus grands parcours ; — que les Compagnies soient tenues d'expédier en wagons couverts ou bâchés, par leurs soins et à leurs frais, toutes les matières fertilisantes qui ne peuvent voyager autrement sans risque d'avaries. » Après des observations de M. Teissonnière le vœu est adopté.

M. Le Breton, sénateur, présente à l'assemblée le vœu suivant : « La Société des agriculteurs de France, maintenant ses résolutions antérieures sur l'établissement à l'entrée des blés, de droits gradués, inversement au cours moyen des marchés français et spécialement que la question monétaire, signalée aux pouvoirs publics, démontre l'action qu'exerce sur le cours de nos principaux produits, la dépréciation de la monnaie de divers pays exportateurs, et, si les négociations internationales n'aboutissent pas dans un délai prochain au rétablissement du bimétallisme, émet le vœu : Que les droits de douane soient majorés de surtaxes différentielles selon l'écart du change entre la France et chacun des pays. » Pour M. Le Breton, la différence du change entre la France et les pays à circulation de papier ou à finances avariées constitue une prime énorme à l'exportation des produits de ces pays de même qu'elle s'y oppose presque absolument à l'introduction des produits provenant du dehors. C'est cette prime d'exportation qui provoque l'avilissement du prix du blé en Europe, il est indispensable de la neutraliser en appliquant aux quantités importées une surtaxe différentielle correspondant au taux du change. Si les produits venant des pays où l'écart du change est considérable cherchaient à dissimuler leur provenance, l'administration des douanes pourrait arriver le plus souvent par un contrôle sévère à empêcher la fraude. — Après une discussion à laquelle prennent part, MM. Teissonnière, Marc de Haut, E. Théry et Fougeirol, député, le vœu est adopté.

M. le docteur Despetis, rapporteur de la section de viticulture, soumet à l'assemblée un vœu tendant à ce que la labrication industrielle et la circulation des vins factices ou artificiels soient absolument interdites en France. Après quelques observations présentées par MM. Monnier et Sourbé, ce vœu est adopté.

Séance du 10 mars. — M. Jobez présente au nom de la section de sylviculture le rapport sur les récompenses accordées aux gardes-forestiers.

M. Jobez donne lecture du rapport sur le concours relatif à l'utilisation des menus bois. Une médaille de vermeil est décernée à M. Riche, à Lisors par Menesqueville (Eure).

M. Guerrapain,au nom de la section de viticulture, s'élève contre les formalités multiples qui entravent la prompte obtention des autorisations de cultiver en France des cépages étrangers tout en reconnaissant que parfois des mesures de précaution sont nécessaires. 11 soumet à l'assemblée le vœu suivant : « Que les exigences et les formalités pour obtenir l'autorisation d'importer des cépages étrangers, d'où qu'ils viennent, dans une commune reconnue phylloxérée, soient réduites et simplifiées et qu'au besoin, dans les communes récemment atteintes, l'autorisation ne soit accordée qu'avec l'obligation de soumettre les plants importés des pays phylloxérés au traitement de l'eau chauffée à 60 degrés, ^^ Ce vœu est adopté. M. Vivier, au nom de la section de viticulture, présente le vœu suivant : Considérant que la production viticole due aux efforts communs de tous ceux qui ont reconstitué ou maintenu le vignoble français, mérite un traitement égal au regard de la législation fiscale. — Qu'en présence des dégièvements considérables à la veille d'être définitivement votés par les Chambres en faveur des vins et boissons hygiéniques, il n'y a aucune raison de tenir en dehors de lout dégrèvement les producteurs de vins destinés à la chaudière. — Que les dégrèvements proposés pour le vin ayant pour but, tant de tenir compte aux propriétaires viticoles des centaines de millions par eux dépensés dans la reconstitution du vignoble national, que de favoriser en France la reprise de la consommation des produits de la vigne, le régime fiscal des eaux-de-vie de vins doit, comme celui du vin lui-même, comporter uns atténuation des droits existants. — La section émet le va^u : Que les eaux-de-vie de vins soient l'objet d'un dégrèvement spécial représentant pour elles les avantages consentis aux vins de la consommation.

M. T. Sourbé combat ce vœu. — M. Alglave en examine les conséquences pratiques; il craint que la fraude n'en soit le premier résultat. Pour atteindre

le but poursuivi il propose l'institution du naonopolede l'alcool au moyen duquel les propriétaires auraient la certitude de vendre avantageusement leurs produits. M. Dutaure ne croit pas que le iouctionnemeut du monopole de l'alcool soit chose aisée, il redoute que les espérances que fait naître ce système ne soient chimériques et il appuie énergiquement le vœu déposé par M. Vivier.

M. Roland, au nom de la Section des industries agricoles et dans l'intérêt des fabricants d'alcool du Nord, demande à ses collègues de voler le vœu suivant : « Considérant qu'un impôt exagéré sur l'alcool est prohibitif de sa production loyale, et ayant pour effet de tuer la matière imposable, empêchera la récupération du dit impôt, au détriment du Trésor et au profit des fraudeurs, la Société des agriculteurs de France demande que les droits ne soient pas surélevés et que l'alcool, corps neutre et absolu, produit par une matière française quelconque, ait droit à une protection identique de la part du législateur. »

Après un nouvel échange d'observations entre MM. le marquis de Barbentane, Muret, Vivier, Boucher d'Argis et Alglave, le vœu de la Section des industries agricoles est repoussé; celui de la Section de viticulture est adopté.

M. le baron de Ladoucette rend compte des progrès accomplis depuis un an par l'œuvre de la réforme monétaire. Il ajoute qu'un congrès a pu être organisé à Paris récemment qui a réuni les délégués oihciels des Ligues européennes et leur a permis d'arrêter les termes d'une résolution commune. Comme conclusion, il prie l'assemblée d'appuyer la motion suivante rédigée par les délégués au congrès : « La Chambre des députés, considérant que le rétablissement du bimétallisme international serait un grand bienfait pour les intérêts agricoles, industriels et commerciaux du pays, invite le Gouvernement à prendre les mesures nécessaires pour établir et assurer par une entente internationale un rapport fixe entre l'or et l'argent. » La motion est adoptée à l'unanimité.

M. Cordier, au nom de la Section de sylviculture, présente le vœu suivant et demande qu'il soit transmis aux pouvoirs publics : « Que l'article 116 de la loi du .'} frimaire an VII soit modifié comme suit : le revenu imposable de tout terrain qui sera planté ou semé en bois ne sera évalué pendant les trente premières années qu'au quart de celui des terres d'égale valeur non plantées. » Ce vœu est alopté.

M. Kergall, au nom de la Section de législation, présente un rapport sur les impôts agricoles. Après des observations de M. le marquis de la Jonquière sur les maisons d'exploitations rurales, le vœu suivant est adopté : « La Société des agriculteurs de France, sans se prononcer sur l'œuvre de la commission extraparlementaire de l'impôt sur les revenus, prenant acte des conclusions de cette commission relativement à la péréquation des charges locales et au dégrèvement de la terre qui en serait la conséquence, et s'associant au vœu de cette commission sur la participation de tous les contribuables à ces charges; proteste énergiquement contre l'établissement d'un nouvel impôt sur les bénéfices agricoles déjà imposés au-delà de leur dû et au-delà de leurs forces et se prononce pour la proposition faite par M. Kergall à la commission extra-parlementaire relativement à l'incorporation et au dégrèvement des bâtiments dépendant d'une exploitation rurale. »

M. le comte de Luçay. au nom de la Section de législation, développe le vœu suivant relatif à l'évaluation du revenu net des propriétés non bâties : « Que les pouvoirs actuels du Conseil municipal, de la Commission départementale et du Conseil général, en matière d'évaluations cadastrales, soient maintenus; — que dans les commissions cantonales d'évaluation, une place soit faite aux représentants de l'agriculture; — que la nomination des classificateurs soit désormais attribuée aux propriétaires inscrits au rôle de l'impôt foncier des propriétés non bâties ; — que les fonctions de ces mêmes classificateurs demeurent gratuites. » Ce vœu est adopté.

M. Lecour-Grandmaison, sénateur, à l'occasion du vœu présenté, signale à l'Assemblée, l'intention manifeste qu'a l'administration d'arriver à transformer l'impôt foncier en impôt de quotité. Il croit qu'il y a là pour la propriété foncière un grand danger et estime qu'il serait désirable que la Société des agriculteurs de France prît l'initiative d'avertir les intéressés de la réforme qui les menace. — M. Josseau donne à ses collègues l'assurance que dans cette circonstance comme en toute autre le Conseil ne faillira pas à son devoir.

Séance du 11 mars. — M. de Belleville lit le rapport sur les élections du bureau et du conseil. Sont élus :

Président : M. le marquis de Vogué.

Vice présidents : MM. Josseau, ie comte de Luçay, E. de Monicault, H. Le Trésor de la Rocque, le marquis de Barbenlane, Teissonnièrc.

Secrétaire rjénéral : M. Charles Ayiies.

Secrétaires : MM. le marquis de la Jonquière, Paul Senart, Josepli de Parieu, Paul Blanchemain.

Trésorier : M. H. L. de Vilmorin (a opté pour les fonctions de conseiller auxquelles il a été également élu).

Bibliotliécaire-archivisle : M. le comte de Galonné.

Conseil, : MM. de la Massardière, E. Duport, vicomte de Luppé, L. Marcliain, J. de Garidel, J. Le Conte, E. Gréa, P. Le breton, Louis de Martin, le docteur J. Michon, vicomte C. de Lorgeril, Prosper Gervais, J. de Felcourt, Ch. Petit, comte de La Vergne, R. Jacquemart, Henri Muret, A. Senart, E. Deusy, Nouelle-Delorme, Ch. Welche, Marc de Haut, Sébline, comte de Champagny, baron de Corberon, marquis de Courcy, E. Risler, d'Aillières, Decauville, Ponsard, comte de la Bouillerie, L. Milcent, J. Piou, A. Brandin, C. Leblanc, H. de Vilmorin.

M. le marquis de Vogué, en quelques paroles émues, remercie ses collègues de l'honneur qui lui est fait. 11 sera lier de présider aux destinées de la Société des agriculteurs de France qui, malgré les difficultés de l'heure présente, continuera, suivant l'expression de son regretté président le marquis de Dampierre, à faire son devoir sans découragement et sans amertume. L...

{La suite prochainement).

Décret portant que les animaux de l'espèce bovine venant de l'étranger, présentés à rimportation en France, seront soumis à l'épreuve de la tuberculine, exception faite pour ceux de ces animaux déclarés pour la boucherie.

Le Président de la République française.

Sur la proposition du Ministre de l'agriculture,

Vu la loi du 21 juillet 1881 sur la police sanitaire des animaux;

Vu le décret du '22 juin 1882, portant règlement d'administration publique pour l'exécution de ladite loi;

Vu le décret du 28 juillet 1888, ajoutant de nouvelles maladies à la nomenclature établie par l'article 1''' de la loi du 21 juillet 1881 ci-dessus visée;

Considérant qu'il y a lieu de prendre des mesures pour prévenir la propagation de la tuberculose dans l'espèce bovine par les animaux importés de l'étranger;

Vu l'avis du comité consultatif des épizooties et de l'académie de médecine, — ■ Décrète :

Article premier. — Les animaux de l'espèce bovine venant de l'étranger, présentés à l'importation en PVance, sont soumis à l'épreuve de la tuberculine et, à cet effet, ils sont placés en observation à la frontière, aux frais des importateurs, pendant quarante-huit heures au moins.

Ceux qui présentent à cette épreuve les réactions caractéristiques de la tuberculose sont refoulés après avoir été marqués, à moins que l'importateur ne consente à ce qu'ils soient abattus. Dans ce cas, l'abatage a lieu sur place, sous la surveillance du vétérinaire-inspecteur attaché au bureau de douane d'introduction.

Art. 2. — Sont exemptes de l'épreuve de la tuberculine les animaux de l'espèce bovine qui sont déclarés pour la boucherie. Ces animaux ne sont admis qu'à destination des marchés de localités où il existe un abattoir public. Ils sont marqués, et le laisser-passer mentionne la localité de destination. Ce laisser-passer est renvoyé, dans les quinze jours de sa date, au vétérinaire-inspecteur qui l'a délivré avec un certificat d'abatage émanant du vétérinaire proposé à la surveillance de l'abattoir où les animaux ont été sacrifiés.

Dans le cas où les animaux ne seraient pas tous abattus dans la localité déclarée au moment de l'entrée en France, la réexpédition ne pourra avoir lieu qu'avec un laisser-passer délivré par ladite localité, et à destination d'autres localités également pourvues d'un abattoir public. La justification de l'abatage de ces animaux devra être fournie dans la forme et le délai indiqués au paragraphe précédent.

^P^x. 3. — Le Ministre de l'agriculture est chargé de l'exécution du présent décret, qui aura son effet à partir du 15 avril 1896.

Fait à Paris, le 14 mars 1896. Félix Faure.

Par le Président de la République : Le Ministre de VagricuUure, Viger.

LA POMME DE TERRE GÉANTE FRANCO-RUSSE. ^7l

LA POMME DE TERRE GÉAî^TE FRANCO-RUSSE

La culture de la pomme de terre semble devenir, par suite du bas prix des céréales, le point de mire des agriculteurs qui y trouvent encore un produit suffisamment rémunérateur, à l'aide des variétés qui sont tout à la fois comestibles et à grande production.

Parmi les nombreuses variétés introduites en France par les obtenteurs allemands, les espèces de ce genre sont rares, et souvent elles sont loin de donner les merveilleux résultats annoncés au début.

Voici une nouvelle variété française obtenue de semis, qui depuis quelques années que nous la cultivons en grande culture, nous a permis de constater quelle peut lutter avantageusement avec les autres Yariétés les plus méritantes.

La Géante Franco-Russe est d'une couleur bleue sur laquelle apparaissent presque toujours de petites taches blanches.

Elle est demi-hâtive : ses fanes sont moyennes et assez vigoureuses, mais elles n'ont pas cette hauteur exagérée que l'on remarque dans V Imperator et ses similaires. Les tubercules sont très gros, en forme arrondie et légèrement allongée ', la chair est blanche et peut servir pour la consommation de table comme toutes les pommes de terre riches en fécule. En un mot, cette pomme déterre se distingue parles qualités sui- Yantes : bonne teneur en fécule, bon goût et beauté. Nous n'hésiterons pas à en conseiller la culture, car elle nous a donné un rendement supérieur à toutes les autres variétés.

Au concours régional agricole de Vienne en 1895, elle a fait l'admiration des cultivateurs par sa grosseur vraiment extraordinaire pour une saison tout à fait défavorable à la culture de la pomme de terre. L7mperator et la Géante bleue était loin d'avoir la même dimension.

De même à l'exposition d'horticulture de Lyon elle a été remarquée au milieu de cent variétés cultivées avec soin par des maraîchers.

Les cultivateurs pourront donc faire leur profit des pommes de terre qui donnent de grands rendements comme celle que je signale aujourd'hui à leur intention en croyant rendre service à la cause agricole.

Flelry-Berger,

à Communay (Isère).

A l'occasion du voyage du Président de la République, par décrets en date du 29 février 1896 et par arrêtés du Ministre de l'agriculture, en date du même jour, la décoration du Mérite agricole a été conférée aux personnes ci-après désignées;

1" Grade d'officier :

MM. Gaillard (Ferdinand-Josepli), viticulteur à Brignais (Riiône) : président du comice agricole de Givors. Chevalier du 4 mai 1889.

Gillette-ArimondYj propriétaire à Cannes (Alpes-Maritimes) : auteur de diverses publications agricoles. .Nombreuses et importantes récompenses dans les concours. Chevalier du 10 novembre 89.

Imbert (Edouard)j imprimeur à Grasse (Alpes-Maritimes) : un des membres fondateurs de la société d'agriculture de Grasse. Membre de la chambre consultative des arts et manufactures de Grasse. Chevalier du 24 avril 1890.

2° Grade de chevalier :

MM. Goujon (Joanny). maire de Bois-d'Oingt (Rhône) : directeur de l'école de greffage. Création de cours de greffage dans les écoles communales. Organisateur du comice agricole du Beaujolais.

David (François-Théodore), à Saint Cyr-au-Mont-d'Or (Rhône) : vice- président de l'association horticole lyonnaise. Auteur de nombreux articles d'horticulture. Membre du jury de diverses expositions horticoles.

Nicolas (Jacques), publiciste agricole à Lyon (Uhône) : auteur de nombreux travaux botaniques et entomologiques. Plusieurs premiers prix. Membre du jury dans différents concours et e.xpositioiis.

Serve (Jean-Bapliste-François). propriétaire viticulteur à Taiuyers (Rhône): trésorier du comice agricole de divors. l'résident du syndicat aiiliphylloxérique de Taiuyers. Plusieurs récompenses pour reconstitution de vignobles, l'ius de 30 ans de pratique agricole.

Privât (François), aviculteur à Lyon (Rliône). Services rendus à l'aviculture.

QuivoGNE (Claude-Joseph Maurice), vétérinaire à Lyon (lihône) : chargé du service sanitaire et de l'inspeclion de la boucherie de Ljon.

Sabr.4n, vice-président du conseil d'arrondissement d'Aix (Bouches-du Rhône). 30 ans de pratique agricole.

Alivon (Anioine-Joseph-Maximin), horticulteur-pépiniériste à Aix (Bouches-du-Rhône) : récompense à rE.\posilion universelle de 1889. 40 ans de pratique agricole.

Delescalle, conseiller d'arrondissement, maire de Lambesc (Bouches-du-Rhône) ; a contribué à l'extension de la culture de la vigne américaine et à la propagation de l'emploi des engrais chimiques. 40 ans de pratique agricole.

Long, maire de Cuge (Boùches-du-Rhône).

JoLiVE, conseiller municipal d'Aix (Bouches-du-Rhône). 40 ans de pratique agricole.

Vare (Claude), propriétaire à Arles (Bouches-du-Rhône). Services rendus à la viticulture de sa région.

Durand (Barthélémy), fabricant d'engrais et propriétaire-viticulleur à la Cabucelle (Bouches-du- Rhône) : création et reconstitution de vignobles. Installation d'un champ d'expériences. Nombreuses récompenses dans divers concours et expositions.

Galante, propriétaire, conseiller municipal de iNice Alpes-Maritimes) : bonne tenue d'une importante exploitatit-n agricole. Services rendus à la culture de la région 20 ans de pratique agricole.

Lambert (François), directeur du jardin de la ville de Nice (Alpes-Maritimes). Création de pépinières.

Hugues (Honoré), agriculteur à Grasse (Alpes-Maritimes). Services rendus à l'agriculture de la région.

Martiny, propriétaire et conseiller d'arrondissement à Gagnes (Alpes-Maritimes).

Pastorelli, agriculteur, maire de Roquebrune (Alpes-Maritimes).

GiBAOD (Honoré), négociant en huiles, adjoint au maire de Grasse (Alpes-Maritimes) : vice-président de la société d'agriculture de Grasse. Membre de la chambre consultative des arts et manufactures de Grasse.

Arène (Casimir), arboriculteur et viticulteur à Solliès-Pont (Var) : nombreuses récompenses dans les concours et expositions. 40 ans de pratique agricole.

Baille (Jacques), aviculteur à Toulon (Var). Médaille d'or au concours régional de 189^.

L.^viLLE (\Mgustin-Gabriel), courtier maritime à Toulon (Var) : trésorier et membre du conseil d'administration de la société d'agriculture, d'horticulture et d'acclimatation du Var depuis 15 ans. Auteurs de divers articles agricoles.

Eméric (Joseph-Augustin), agriculteur à Toulon (Var) : nombreuses récompenses. Lauréat de la prune d'honneur (1»92). Plus de 20 ans de pratique agricole.

Laugier (Félix-Jules-Marie), sériciculteur à Cotignac (Var) : création de débouchés à l'industrie séricicole de la région. Plusieurs médaides d'or. 20 ans de pratique.

ICARD (Joseph-Marie-Benonin), vétérinaire à Toulon (Var) : chargé du service sanitaire depuis 1857. Membre du jury dans divers concours. 39 ans d'exercice.

DuGLAUx (Adolphe-Noël), horticulteur-pépiniériste à Draguignan (Var) : ancien directeur de la pépinière départementale. Conférences agricoles. Nombreuses récompenses. 34 ans de pratique agricole.

Guide (Lucien), propriétaire. Eleveur à Cogolin (Var).

Lebrun (Gabriel-Victor), agriculteur à Brignoles (Var) : membre de la société d'agriculture du Var. Services rendus à l'agriculture dans sa région.

Gastoud (Jean-François), propriétaire-agriculteur. Conseiller municipal de Valence (Drôme).

JouLiE (Emile), conseiller municipal de Valence (Drôme).

FuzAT (Jean-René), maréchal-ferrant expert à Avignon (Vaucluse) : reconstitution de vignobles. Nombreux premiers prix dans les concours pour ses appareils de maréchalerie.

BouNOT (Eiigôiie), propriétaire-viticulteur, maire de Lourmairn (Vaucluse) : nombreuses récompenses dans les concours, 25 ans de pratique agricole.

Yvaren (Guillauine-Marie-Henri), propriétaire à Avignon (Vaucluse). Bonne tenue d'importantes exploitations agricoles.

Mettefeu (Pierre-Simon, dit Alexandre), directeur de ferme à Avignon (Vaucluse) : éleveur distingué. 23 ans de pratique agricole.

Ali-Matile (Paul), propriéiaire à Montfavet, près Avignon (Vaucluse) : a obtenu plus de 100 récompenses dans les concours généraux et régionaux. Diplôme d'honneur de la Société d'encouragement à l'agriculture.

Emery (Pierre-Joseph), agriculteur à Avignon (Vaucluse) : membre du syndicat du canal de Courtine. 33 ans de praiique agricole.

SOCIÉTÉ NATIONALE D'AaRIGULTURE

Séance du 18 mars 1896. — Présidence de M. Risler.

La correspondance imprimée renferme les ouvrages suivants : Annuaire de la statistifjue italienne pour 1895; — Vignes américaines, choix de porte-greffes, par M. Ravaz; — Lexique géographique du monde entier, fascicule 12, publié sous la direciion de M. Levasseur; — Dictionnaire populaire d agriculture pratique^ fascicule 5, par MM. Percheron et Dubreuil.

M. le Ministre de l'agriculture transmet ampliation des décrets approuvant les élections de MM. Louis de Martin et Luzzatti.

M. Yiala offre, de la part de MM. Laverone et Marre, un ouvrage intitulé : Traitement du Black rot II présente également un ouvrage intitulé : Cépages orientaux, par M. Guillon ; enfin un traité de La taille de la vigne, par M. Joseph Perraud.

M. Viala entretient la Société des expériences faites au Mas de la Sorres (Hérault) depuis longtemps, par M. Durand. Il communique deux brochures de lui intitulées : La multiplication dn Berlandieri et Le champ d^ expériences du Mas de la Sorres. M. Viala, parlant du vignoble champenois, croit qu'on peut arriver à maintenir les vignes atteintes par le phylloxéra au moyen des insecticides, mais qu'on n'arrivera pas à anéantir l'insecte. Il estime doncqu'on doit se préparer à la reconstitution au moyen des vignes américaines; les terrains delà Champagne, d'après les analyses de M. Mûntz, étant bien moins calcaires que ceux des Charentes. Or, ajoute M. Viala, il est facile par la greffebouture d'obtenir maintenant la multiplication du V. Berlandieri.

M. Henry Sagnier communique, de la part de M. Allier, une note répondant aux critiques adressées par M. Aimé Girard à sa méthode de fragmentation des tubercules pour la plantation des pommes de terre. Le Journal publie cette communication. Mais M. Aimé Girard lient de suite à protester; il persiste à penser qu'il faut conseiller aux cultivateurs la plantation de tubercules moyens, et non celle de tubercules de 30 à 50 grammes en les rapprochant davantage, puisque M. Allier abandonne maintenant la fragmentation.

Comme le fait remarquer à juste titre M. Risler, jamais en fragmentant, on ne peut obtenir des résultats supérieurs à la plantation de tubercules entiers; dans quelques cas exceptionnels on peut obtenir des résultats identiques, si le terrain surtout est humide au moment du premier développement.

Il est procédé à l'élection d'un correspondant dans la Section de mécanique agricole et des irrigations. M. Bouvier est élu par 43 voix contre 2 à M. Maridor et 2 bulletins blancs.

La Société entend la lecture des rapports sur les titres des candidats à la place de membre associé national vacante dans la Sectionde la grande culture. La Section présente : en première ligne, M. Martin ; en deuxième, M. Brandin ; en troisième, M. de Chezelles ; en quatrième, M. H. Petit. L'élection aura lieu le 25 mars. Georges Marsais.

(21 MARS 1896) I. — Situation générale.

L'état des récolles est en général satisfaisant. Quant aux affaires en grains, elles sont toujours aussi peu actives et les cours ont plutôt tendance à la Laisse. On espère une reprise sur les vins après les soutirages de mars : les spiritueux et huiles restent à des prix peu élevés; les sucres ont eu une légère amélioration. Les verdures sont abondantes. Les produits de basse-cour et de laiterie se vendent toujours à des prix peu élevés.

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