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UTILISATION DE DECHETS INDUSTRIELS

usine dans laquelle on fabrique des plaques de feutre pour semelles, garnitures d'appareils à vapeur, etc.; ces déchets sont les bourres de poils.

Dans plusieurs endroits des cultivateurs instruits par l'expérience emploient ces bourres avec succès; ici les praticiens se montrèrent réi'ractaires, se refusèrent à faire des essais, et, pendant des années, les bourres s'entassèrent dans les cours de la fabrique!

Eq 1893, j'ai donc dû organiser des expériences avec le concours d'un cultivateur voisin, M. Lemarié, de Saint-Germain-des-Angles, prèsEvreux; les résultats ayant été heureux, nous avons repris la question en disposant nos essais de façon à nous rendre compte de l'efficacité des bourres ajoutées à la fumure, soit seules, soit additionnées de scories destinées à joindre leur action à celle des bourres ou à en activer peut-être la décomposition. Voici les résultats que nous avons constatés en 1894 et en 1895 sur les fumures suivantes :

Parcelle n" 1. — Fumier seul.

Parcelle n" 2. — Fumier et 1000 kilog. de bourres par hectare.

Parcelle n" 3. — Fumier -V- lÛOO kilog de bourres -f- 1000 kilog. de scories.

Ces engrais ont été enfouis à la charrue au printemps de 1894, avant l'ensemencement d'une récolte de betterave jaune ovoïde des Barres.

Rendement n" 1 : 3:^,720 kilog.; n" 2 : 42,360 kilog.; n° 3 : 50,100 kilog.

Après l'enlèvement des racines et sans qu'on ait ajouté aucun engrais, du blé a été semé à l'automne 1894. La récolte dernière a produit par hectare :

Gerbes. Grain.

No 1 320 28 heclol. 80

ivo c)' 340 32 iieclol. 30

]S[o 3 ."/■'■. * 380 37 heclol. 50

L'action des bourres employées seules ou mélangées avec les scories est bien nette. — Ces résultats portés à la connaissance de l'industriel intéressé ont été répandus par lui, et à l'heure actuelle l'usine ne suffit plus à satisfaire les demandes de ces déchets qui jusqu'ici ont été livrés à raison de 3 francs les 1 00 kilog.

En publiant ces lignes, nous n'avons qu'un but : attirer l'attention des praticiens qui souvent vivent à côté de fabriques dans lesquelles ils pourraient trouver à bon compte des matières utiles qu'on laisse perdre faute de savoir, ou qu'on laisse exporter au loin. N'en avons-nous pas encore un exemple dans une importante fabrique d'amidon de riz située près de Gaillon : les déchets, alimentaires pour le bétail, s'exportent partout ailleurs et la culture locale ne les utilise pas!

A. BOURGNE,

Professeur départemental d'agriculture.

Traité des voies rurales publiques et privées, par L.-J.-D. FÉR.vuD-GiR.iUD, président honoraire à la Cour de cassation. — 4"= édition. Deux torts volumes in-8 de 560 et de 492 pages. — Librairie Marchai et Billard, place Dauphine, 27, à Paris. — Prix : 18 francs.

Cet ouvrage est celui d'un jurisconsulte éminent, doublé d'un homme connaissant à fond les affaires agricoles pour les avoir pratiquées. Le sujet qu'il traite est, au premier chef, un sujet d'ordre agri-

eole, puisqu'il s'agit exclusivement des chemins ruraux dont le régime, incertain jusque-là, a été fixé par la loi du 20 août 1881. L'interprétation et l'explication de la législation actuelle, comme l'exposé de la jurisprudence qui s'est formée à son sujet, font l'objet de l'ouvrage de M. Féraud-Giraud. Cet ouvrage est arrivé à sa quatrième édition ; l'édition précédente avait reçu une médailled'or de la Société nationale d'agriculture; l'édition nouvelle a pris un nouvel intérêt dans le complément que la jurisprudence a permis à l'auteur d'apporter à son oeuvre.

L'ouvrage est divisé en deux parties, comme son titre l'indique. La première partie traite des voies rurales publiques, c'est-à-dire des chemins ruraux. Ceux-ci se divisent en deux catégories, suivant qu'ils sont reconnus, c'est-à-dire qu'ils ont fait l'objet d'un arrêté de reconnaissance comme appartenant à la commune su rie territoire de laquelle ils se trouvent, ou qu'ils ne sont pas reconnus. C'est surtout des chemins ruraux reconnus que M. Féraud-Giraud s'occupe, car ce sont les règlements les concernant qu'il importe le plus de connaître. A l'occasion des chemins non reconnus, il donne des détails intéressants sur les carraires (chemins servant au passage des troupeaux pour la transhumance dans le Sud-Est). — La deuxième partie est consacrée aux voies rurales privées, c'est-à-dire aux chemins d'exploitation. Ces derniers peuvent appartenir à un ou à plusieurs propriétaires; c'est dans ce dernier cas surtout que la législation est intervenue pour régler les droits de chacun ; c'est sur ce sujet que M. Féraud-Giraud est amené à donner les détails les plus étendus. Il complète son ouvrage par l'exposé de la législation et de la jurisprudence sur les servitudes de passage et sur les enclaves.

Cette analyse sommaire montre l'importance de l'ouvrage. Elle montre combien il est utile, tant pour les agriculteurs que pour les administrateurs de communes rurales. Les questions de chemins sont, en quelque sorte, quotidiennes dans ces communes; il est nécessaire d'avoir, pour les étudier, un guide assez éclairé et aussi sûr que celui que nous venons d'indiquer.

Analyse des engrais, par L. L'Hôte, chimiste-expert près les tribunaux, ancien répétiteur d'analyse chimique à l'Institut agronomique. — Tn volume petit in-8 de 208 pages, avec 17 gravures. — Librairie de G. Masson, r20, boulevard Saint-Germain, à Paris. — Prix 2 fr. 50.

M. L'Hôte est un des chimistes analystes qui jouissent aujourd'hui de la plus légitime autorité. C'est donc un travail très utile que celui qu'il vient de publier, dans l'Encyclopédie scientilique des aides-mémoire, sur l'analyse des engrais; ce travail constitue d'ailleurs un développement des leçons qu'il a données pendant longtemps aux élèves de rinstitut agronomique. Après des renseignements généraux sur l'installation et le matériel d'un laboratoire de chimie analytique (balances, verrerie, vases gradués, platine, porcelaine, papier à filtrer, etc.), M. L'Hôte décrit h s méthodes générales de dosage des éléments les plus importants au point de vue de la production agricole : azote sous ses différents états, acide phosphorique et potasse ; des exemples d'analyse complètent la description des procédés. M. L'Hôte examine ensuite les principaux engrais au point de vue de leur origine, de leur emploi et de leur analyse. Il est amené ainsi à parler des matières phosphatées d'origine animale et minérale : os, phosphates naturels, phos-

pliâtes précipités, scories de déphosphoration, superphosphates; des engrais azotés, salins, potassiques, etc. Un chapitre est consacré à indiquer la marche à suivre pour déterminer la valeur d'un engrais, étant donné son analyse. Enfin, on trouve, à la fin de l'ouvrage, le texte de la loi et des règlements concernant la répression des fraudes dans le commerce des engrais. IJenry Sagnier.

Décret relatif aux promotions annuelles du 1 '^ janvier et du 14 juillet dans l'ordre

du Mérite agricole.

Le Président de la République française,

Vu le décret du 7 juillet 1883, instituant la décoration du Mérite agricole destinée à récompenser les services rendus à l'agriculture;

Vu le décret du 18 juin 1887 qui crée le grade d'officier dudit ordre ;

Yu les décrets ultérieurs relatifs aux conditions de nombre et d'attribution de cette décoration;

Sur la proposition du Ministre de l'agriculture, — Décrète :

AiiTiCLE PREMIER. — A l'avcnir les deux promotions annuelles du P'' janvier et du 14 juillet dans l'ordre du Mérite agricole seront affectées ainsi qu'il suit aux différentes candidatures :

1" Les promotions faites à l'occasion du l*"" janvier seront exclusivement réservées aux agriculteurs ou aux personnes exerçant des professions utiles à l'agriculture, ainsi qu'à tous autres candidats qui, soit par des écrits ou publications, soit par des travaux spéciaux, auront rendu des services à l'agriculture;

2" Les promotions qui seront arrêtées à l'occasion du 14 juillet comprendront uniquement les fonctionnaires et agents de tous ordres relevant tant du ministère de l'agriculture que des autres administrations^publiques et qui auront été l'objet de propositions en raison des services agricoles qu'ils auront rendus.

Art. 2. — Le Ministre de l'agriculture est chargé de l'exécution du présent décret.

Fait à Paris, le 7 janvier 1896. Félix Faure.

Par le Président de la République. Le Ministre de V agriculture , Viger.

Séance du % janvier 1896. — Présidence de M. Risler.

M. Schlœsing, président sortant, retenu chez lui par un rhumatisme, tient à remercier la Société de la bienveillance que les collègues lui ont toujours témoignée.

M. Risler en prenant possession du fauteuil de la présidence, s'exprime ainsi :

« En succédant à un homme comme M. Schlœsing et en voyant tous les hommes si éminents qui se trouvent parmi vous, je sens tout l'honneur que vous m'avez fait: c'est une marque de votre affectueuse bienveillance. Je m'efforcerai par mon dévouement de justifier l'honneur que vous m'avez fait. »

MM. Henri Petit, agriculteur à Champagne (Seine-et-Oise), et Léon Martin, agriculteur à Ermenonville (Oise), posent leurs candidatures à la place de membre associé national vacante dans la section de grande culture.

M. Edmond Teisserenc de Bort pose sa candidature à la place de membre titulaire vacante dans la section d'économie des animaux.

M. Kenou présente le résumé des observations météorologiques faites au Parc de Saint-Maur pendant le mois de décembre 1895. Ce compta rendu est publié in extenso dans le Journal.

M. Louis Passy est heureux d'apprendre à la Société qu'à l'occasion du Centenaire de l'Institut, MM. Duclaux et Levasseur ont été promus

au grade de commandeur de la Légion d'honneur et M. Leroy-Beaulieu, au grade d'officier.

M. Bénard fournit quelques renseignements sur la destruction des hannetons dans l'arrondissement de Meaux (Seine-et-Marne).

En 1895, les hannetons ont été bien moins nombreux qu'en 1889 et 1892 où l'on avait détruit dans l'arrondissement respectivement 143,000 et 122,000 Ivilog. de hannetons. En 1895, on n'en a détruit que 35,000 kilog. La dépense s'est élevée à près de 6,000 fr.

M. Dybowski rend compte d'expériences faites sur la culture du cacao au Congo, expériences faites et poursuivies depuis cinq années. L'importation du cacao en France a varié de 7,300,0i)0 kilog. en 1865 à 28,000,000 kilog. en 1894; la consommation en France a varié dans les mêmes périodes de 6 à 14 millions de kilog. et les colonies françaises en 1894 n'en ont produit que 665,000 kilog.

Le cacao exige un climat de 22 degrés au moins et un sol recevant 1 m. 70 à 1 m. 80 d'eau par an. Le Congo remplit absolument ces conditions. La température moyenne est de 27 à 28 degrés. Sur les bords de l'Ogooué on reçoit 2 m. 50 d'eau par an et cette eau est répartie régulièrement, sauf une petite sécheresse de trois mois.

Depuis 1890, des essais ont été entrepris; les cacaoyers sont aujourd'hui en pleine production. On a récolté en septembre 1895 des grains très appréciés. La preuve est donc faite que le cacao peut être cultivé au Congo avec bénéfice. Dans l'Amérique du Sud, on compte que les arbres produisent 15 à 20 fruits et que la production totale est de 1 kilog. par arbre. Au Congo, en 1895 on a récolté 70 à 80 fruits par arbre. D'après des observations faites sur 1000 fruits, on a constaté que, sur 70 fruits par arbre, on en compte 50 de grande dimension et 20 de petite dimension. Après fermentation, on a une moyenne de 30 grains par fruit; le rendement total a été de 2 kil. 200 par arbre. La valeur de ce rendement ressortirait à 3 fr. 12 par arbre et par an. Ces expériences sont concluantes et permettent d'espérer que nos colonies, tout au moins celle du Congo, pourront être utilisées par la culture du cacao.

Il est procédé à l'élection de la commission des fonds pour rannée 1896. Sont élus pour faire partie de cette commission avec le bureau': JMM. Mascart, Muret et Josseau.

La Société se forme ensuite en comité secret pour entendre la lecture des rapports sur les titres des candidats à une place de correspondant dans la section d'économie, de statistique et de législation agricoles. La section présente : en première ligne, M. de Rocquigny; en deuxième ligne, M. Duport. L'élection aura lieu le 15 janvier.

Georges Mars aïs.

REVUE COMMERCIALE ET PRIX GOURANT DES DENRÉES AGRICOLES

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