X. — Les concours régionaux en
Nous avons publié les programmes des quatre concours régionaux qui se tiendront, celte année : à Montpellier, du 18 au 26 avril; à Moulins, du 23 au 31 mai; à Chartres, du 6 au 14 juin; à Soissons, du 20 au 28 juin. Le cinquième concours régional, celui d'Agen, aura lieu du 29 août au 6 septembre. Voici l'analyse du programme de ce dernier concours :
Anim,aux reproducteurs. — Espèce bovine^ 10 catégories : 1° race garonnaise; 2° races des Pyrénées, à muqueuses roses, plus spécialement destinées au travail et à la boucherie (béarnaise, basquaise, Urt, etc.); 3° race limousine; 4° croisements des races de la V^ et de la 2'^ catégories avec la race limousine ;
5° race de Lourdes; 6» race de Saint-Grirons et d'Aure; y race bazadaise ; 8'^ race gasconne; 9'M'ace bordelaise; 10" autres races françaises ou étrangères. Trois prix d'ensemble : pour la race garonnaise, pour les races de travail et de boucherie, pour les races laitières. — Bandes do vaches laitières en lait, 4 prix. — Espèce ovine, 7 catégories : l'' races mérinos et métis-mérinos; 2" race lauraguaise; 3° race des causses du Lot; 4° races pyrénéennes; 5° races françaises diverses pures; 6'" races étrangères pures; 7° croisements divers. Deux prix d'ensemble : pour la race lauraguaise, et pour les autres races. — Espèce porci7ie, 3 catégories : I" races indigènes pures ou croisées entre elles; 2" races étrangères pures ou croisées entre elles ; 3° croisements entre races françaises et races étrangères. Un prix d'ensemble, et un objet d'art pour la petite culture. — A7iimaux de hasae-couy^ 3 catégories : 1° aviculteurs de profession et éleveurs amateurs; 2° agriculteurs exploitant 30 hectares et au-dessus; 3" petits cultivateurs exploitant moins de 30 hectares. Un prix d'ensemble, et un objet d'art pour la petite culture.
Machines et instruments agricoles, 5 concours spéciaux : 1° charrues vigneronnes; 2" houes, scarificateurs et grappins pour la culture de la vigne; 3° appareils de défoncement à traction par locomobile ; 4° petites sarcleuses à traction animale propres à la culture des plantes maraîchères; 5" étuves à prunes et appareils propres à la préparation des pruneaux.
Produits agricoles et maiières utiles à V agriculture, 14 concours spéciaux : 1° vins (récolte de 1895), répartis en 3 sections : vins rouges dits des côtes du Lot; autres vins rouges des départements du Lot, de Lot-et-Garonne, de Tarn-et- Garonne et du Gers; vins blancs des mêmes départements; 2° eaux-de-vie d'Armagnac (récolte de 1893), réparties en trois sections : Bas-Armagnac, Tennarèze, Haut-Armagnac; 3° beurres; 4*^ fromages divers; 5" produits de pépinières (arboriculture fruitière et viticulture); 6° fleurs et plantes d'ornement; 7° pruneaux; 8° produits maraîchers; 9° raisins de table conservés; 10" tabacs en manoques; 11*^ lièges; 12'» expositions scolaires; 13° expositions collectives; 14" produits divers.
Les dispositions générales sont les mêmes que pour les autres concours régionaux. — Les déclarations des exposants devront parvenir au Ministère de l'agriculture avant le 20 juillet.
XI. — Concours de U Algérie et de la Tunisie. Le concours général agricole de l'Algérie et de la Tunisie se tiendra à Constantine du 29 mai au 7 juin. Tous les agriculteurs, constructeurs, etc., résidant en France, en Algérie, en Tunisie ou dans les colonies, sans distinction de région et quel que soit leur domicile, pourront prendre part à ce concours. Seuls, les agriculteurs exploitant sont admis à concourir pour l'obtention des récompenses prévues pour les animaux reproducteurs et les animaux gras. A ce concours seront décernés la prime d'honneur, les prix culturaux, les prix d'irrigation et les médailles de spécialités accordés aux agriculteurs de la circonscription Sud du département de Constantine dont les exploitations, visitées par la Commission de prime d'honneur en 1895, auront été jugées dignes de ces récompenses. Des concours spéciaux, avec essais publics, auront lieu pour les catégories suivantes d'instruments et machines :
1" Moteurs à pétrole appropriés aux usages de la ferme.
2" Réfrigérants avec refroidisseurs d'eau.
3" Pompes à vin, réparties en deux sections : pompes à moteur mécanique ou animal, et pompes à bras.
4» Appareils à déchaumer, extirpateurs, cultivateurs.
5» Charrues, réparties en deux sections : charrues à avant-train pour labours et araires pour labours légers.
6" Pulvérisateurs pour vignes, n'ayant pas été présentés dans les concours algé-
riens, répartis en deux sections : appareils à grand travail (à traction ou à bras), appareils à dos d'homme.
7" Appareils à sécher les fruits et les légumes.
Le Comité de la Société d'agriculture de Constantine, nous prie d'engager les fabricants de pressoirs continus pour la fabrication des vins blancs avec des raisins rouges à exposer leurs appareils ; il est persuadé que les viticulteurs seront heureux de s'en procurer.
Une médaille d'or, une médaille d'argent et quatre médailles de bronze seront décernées, s'il y a lieu, aux fabricants de machines agricoles établis en Algérie ou en Tunisie qui auront présenté les meilleurs instruments. (Ces récompenses pourront se cumuler avec les prix mentionnés dans les concours spéciaux.) Des médailles pourront être accordées par le Ministre, sur la proposition du jury, pour les machines et instruments noureaux qui seraient appropriés spécialement à la culture algérienne ou tunisienne et de nature à favoriser son développement. — Les déclarations des exposants doivent parvenir, avant le 1 5 avril, au Gouverneur général de l'Algérie, à Alger. XIL — La représentation officielle de V agriculture.
Les questions relatives à l'organisation des Chambres d'agriculture préoccupent de plus en plus vivement un grand nombre d'associations as^ricoles. Nous avons fait connaître qu'outre les propositions dont la Chambre des députés est saisie, une nouvelle proposition a surgi au Sénat; elle est due à M. Calvet, et elle a été signée par un certain nombre de sénateurs qui appartiennent aux régions les plus diverses. Dans le rapport qu'il vient de présenter au Sénat pour conclure à la prise en considération de ce projet, M. Alexandre Isaac en a présenté une analyse très claire qui fait ressortir les caractères du projet; après avoir rappelé les nombreuses discussions qui ont eu lieu sur ce sujet, il continue comme il suit :
« Cette proposition n'est pas une simple reproduction de celles dont la Chambre des députés a été déjà saisie ; elle tend, sans aller cependant au-delà des vœux qui viennent d'être mentionnés, à donner aux assemblées de l'agriculture une autorité et une individualité que les propositions antérieures n'avaient pas encore réclamées pour elles. Elle les place effectivement sur le même pied que les Chambres de commerce.
ce II serait créé, au chef-lieu de chaque département de France et d'Algérie, une Chambre d'agriculture, composée d'un membre élu par chacun des cantons du département.
« Le corps électoral du canton comprendrait tous les propriétaires et exploitants du sol, âgés de 25 ans révolus, français, jouissant de leurs droits civils et politiques.
« Seraient éhgibles tous les électeurs âgés de 30 ans, ayant à leur charge un impôt foncier agraire, et figurant nominativement, pour un minimum à déterminer, au rôle de la contribution foncière de la propriété non bâtie.
« Au-dessous de ce minimum, les électeurs non éligibles ne seraient pas soumis obligatoirement aux charges pécuniaires destinées à former les ressources des Chambres d'agriculture, mais ils pourraient acquérir la quahté d'éligibles parle payement d'une taxe annuelle, dont la quotité minima serait fixée par décret.
« Chaque Chambre départementale aurait la faculté de se diviser en sections correspondant, sans pouvoir dépasser le nomj^re de trois, aux zones de caractères économiques distincts qui existeraient dans le département.
« Des conférences interdépartementales pourraient être organisées, entre deux ou plusieurs Chambres, pour l'étude en commun des questions d'intérêt collectif.
« Indépendamment ae leurs attributions consultatives, comprenant des vœux
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rempliraient encore un véritable rôle d'initiative et d'action, pour l'étude ou la mise en pratique des formules ou des programmes qu'elles auraient jugé particulièrement recommaudables. C'est ainsi qu'elles auraient le pouvoir avec l'autorisation du Ministre, de ci'éer ou subventionner des établissements, institutions ou services d'intérêt agricole dans leur circonscription, telles que caisses coopératives d'assurance et de crédit agricoles, docks agricoles, avec récépissé de dépôt et warrants, salles de vente, pépinières, entreprises de transport, installations d'embarquement, cours ou écoles pratiques, etc.
« Elles pourraient être admises à participer, par voie d'avances ou de fonds de concours, à l'exécution de travaux publics entrepris par l'Etat, le département ou les communes, ou d'entreprises d'intérêt collectif agricole, tels que canalisations, aménagements d'eau, création de massifs boisés dans l'intérêt de l'agriculture, dessèchements, revision du cadastre, amélioration du réseau des chemins ruraux, etc.
« Pour subvenir aux besoins de ces œuvres multiples, autant que pour assurer leur fonctionnement ordinaire elles auraient un budget ordinaire et un budo-et extraordinaire. Le budget ordinaire serait alimenté au moyen d'une taxe proportionnelle sur le principal de l'impôt foncier de la propriété non bâtie agraire. A cet effet, les Chambres d'agriculture seraient autorisées à voter, sauf approbation par décret, un maximum de dix centimes additionnels. Au-delà de ce chiffre, leur vote serait soumis à l'approbation législative.
ce Enfin, les Chambres auraient la qualité, non plus seulement d'établissements d'utilité publique^ mais d'établissements publics, et prendraient ainsi place, comme institutions fondamentales, dans notre organisation générale.
« Le Conseil supérieur se composerait de 100 membres dont 89 élus par les Chambres départementales et 1 1 désignés par le Conseil lui-môme, d'accord avec le Ministre. Il serait présidé par le Ministre et les frais de son fonctionnement seraient prélevés sur le budget de l'agriculture.
« Sa mission, essentiellement consultative, consisterait à fournir au Gouvernement des renseignements et avis. Ces avis seraient obligatoirement demandés pour tous les projets d'ordre législatif ou réglementaire intéressant l'agriculture. »
Sans entrer dans la discussion du projet, on peut dire néanmoins que quelques-unes de ses parties ont soulevé déjà de graves objections. Nous aurons à revenir sur ce sujet, lorsque l'examen en aura été confié à une commission spéciale après la prise en considération.
XIIL — Questions viticoles.
On se préoccupe, avec raison, dans la région du Sud-Ouest, de multiplier de plus en plus les expériences relatives au traitement des vignes contre le black-rot. Les pertes subies en 1895 ont été trop sensibles et le danger est vraiment trop imminent pour que des essais ne soient pas faits partout. Il est admis désormais qu'on doit, dans l'ic^norance où Ton se trouve malheureusement du développement des conditions climatériques, opérer les premiers traitements de très bonne heure, non pas à une date fixée par le calendrier, mais à une date indiquée par la végétation. C'est lorsque les jeunes pousses ont acquis une longueur de quelques centimètres seulement qu'on doit faire le premier traitement; ce ne saurait être trop tôt, car on ne doit pas oublier qu'en 1895 on a constaté les premières taches de black-rot sur les feuilles de la vigne dès le 6 mai. A cette occasion, nous devons signaler la publication de la 3' édition de l'excellente étude de MM. Gaston Lavergne et Eugène Marre, intitulée : Manuel pratique pour le traitement du black-rot (un volume in-8 avec gravures et
planches en couleur; librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint- Germain, à Paris; prix, 2 fr. 50). Les auteurs ont ajouté à cette nouvelle édition de nombreuses observations nouvelles qui résultent de lexpérience de l'année 1895; on peut dire qu'ils ont réuni dans cet ouvrage tout ce qu'on doit connaître sur la maladie dont ils s'occupent.
l ne carte jointe à cette nouvelle édition montre, en outre, que la situation est loin d'être rassurante. En efîet, si la maladie s'est développée surtout dans la région du Sud-Ouest, elle atteint aujourd'hui, dans des proportions variées, 21 départements disséminés dans la plus grande partie de la France viticole. C'est un chiffre considérable, et qu'il convient de citer, afin de fixer l'attention sur la nécessité d'exercer partout une surveillance rigoureuse, car rien n'est plus insidieux que ces maladies cryptogamiques que rien n'arrête et dont la dissémination est si néfaste.
XIY. — Société d'agriculture d' Orléans.
La Société d'agriculture, belles-lettres, sciences et arts d'Orléans distribuera, en 1896, le prix fondé par le baron de Morogues. Ce prix, d'une valeur de 600 francs, composé d'une médaille d'or de 100 fr. et de 500 fr. en argent, est attribué, cette année, à la meilleure culture de l'arrondissement d'Orléans-Sologne, comprenant les cantons de Châteauneuf, d'Olivet, de Cléry, de la Ferté et de Jargeau, moins le val de la Loire. Les concurrents doivent adresser leur demande à M. Paulmier, président de la Société, 1 his, rue Saint-Euverte, à Orléans, avant le 25 mai.